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Mort à dix heures du matin

Autopsie. — Teinte jaune générale de la peau; lésions propres à la péritonite. Inliltration purulente considérable de tout le côté gauche du thorax.

Point d’abcès métastatiques viscéraux.

Léger épanchement de sérosité à la base du cerveau et dans les ventricules.

Caillot fibrineux dans la veine iliaque gauche.

La partie membraneuse du canal de l’urètre présente une listule communiquant, d’une part avec le conduit urétra], d’autre part avec le foyer purulent, et indirectement avec l’extérieur par la petite plaie signalée à la racine de la verge.

Le fus avait filtré sous l’aponévrose périnéale moyenne.

Art. *. — Suppurations des organes génitaux.

Les suppurations des organes génitaux pourraient se diviser en suppurations des organes génitaux externes, et suppurations des organes génitaux internes.

Nous avons pensé qu’il suffisait pour l’intelligence des laits d’adopter pour division celle en suppurations des organes génitaux chez lalemme, et suppurations des organes génitaux chez l’homme.

§ lor. SUPPURATIONS DES ORGANES GÉNITAUX CHEZ LA FEMME.

Elles comprennent les suppurations de l’ovaire, celles de la trompe, celles de l’utérus, celles des ligaments larges, celles du vagin et celles de la vulve.

SECT. X. - SUPPURATIONS PELVIENNES.

A. SUPPURATIONS DE L’OVAIRE.

La suppuration dans les ovaires peut se présenter sous deux aspects diiférents. Ou bien le pus est renfermé dans des loges distinctes et séparées les unes des autres, ou bien il est contenu dans une cavité résultant de la communication de plusieurs cellules entre elles. Dans ce dernier cas, le tissu de l’organe disparaît en quelque sorte et il ne reste que la membrane fibreuse dont la cavité, plus ou moins distendue, est transformée en un véritable sac purulent. — M. Cruveilhier a fait représenter [Anat. pathol., 13e livraison), plusieurs ovaires ayant acquis un volume quatre ou cinq fois plus considérable que de coutume et infiltrés de pus. M. Andral a emprunté aux journaux américains, une observation d’ovarite dans laquelle la tumeur contenait vingt pintes de pus ( Taylor, North- American mcd. acad. surg. Journal , 1826). — « Quand la tumeur est volumineuse, dit Portai dans son Anatomie médicale , elle peut atteindre le volume de la tête d’un enfant. » Dans un cas rapporté par Water, l’ovaire avait le volume d’une tête d’adulte et contenait du pus distribué dans plusieurs capsules (Haller, Disputationes med., t. IV, p. 401). Enfin, Habersham a décrit un abcès de l’ovaire que remplissaient 400 onces de pus.

Dans tous ces cas , la membrane fibreuse est épaisse et revêtue à sa surface interne par une couche pseudo-membraneuse plus ou moins épaisse. Des adhérences presque toujours récentes unissent la poche purulente, soit à la paroi abdominale, soit à l’un des organes du ventre.

Les abcès de l’ovaire succèdent le plus ordinairement à l’ovaritc aiguë. Cependant la présence du pus dans ces organes n’implique pas nécessairement une.ovarite antérieure. On sait, en effet, que des kystes ovariques peuvent devenir le siège de phénomènes inflammatoires dans leur tunique interne , phénomènes qui modifient le fluide sécrété de telle sorte que celui-ci présente tous les caractères du pus. Dans ces sortes de cas, ce n’est pas le tissu propre des ovaires qui s’enflamme , mais bien la membrane interne du kyste.

Si l’abcès est le résultat d’une ovarite aiguë, son développement donne lieu aux symptômes généraux qui annoncent la formation du pus, frissons irréguliers, douleurs pulsatives dans le bassin, etc.

Quant h l’abcès, considéré en lui-même, il est généralement d’un diagnostic très-dilficile, à moins que la collection purulente ne soit très-volumineuse. Et dans ce cas on n’a guère que les symptômes d’une liydropisie enkystée de l’ovaire.

Les abcès de l’ovaire comme tous les abcès du petit bassin peuvent amener la mort par les troubles généraux qu’ils produisent; fièvre continue avec exacerbation, amaigrissement, diarrhée et finalement mort

dans le marasme et avec tous les symptômes de la fièvre hectique.

D’autres fois c’est par le fait de complications qui accompagnent l’inflammation suppurative de l’ovaire, mètrite, péritonite, etc., que les malades succombent.

Quoi qu’il en soit, le pus des abcès de l’ovaire peut se porter dans diverses directions ou s’épancher dans différentes cavités.

Ainsi le foyer peut se rompre et le pus s’épancher dans la cavité péritonéale. — Seymour en a rapporté des exemples. Dupuylren a observé une fois cette terminaison. L’observation 17° de M. Négrier fait mention d’un accident semblable. Le plus souvent alors une péritonite suraiguë emporte rapidement le malade , ou bien des adhérences s’organisent autour du liquide épanché et finissent par l’isoler.

Lorsque la poche ovarique contracte des adhérences avec la paroi abdominale , la peau qui recouvre celle-ci au niveau de l’abcès rougit, s’amincit, se perfore et le pus est versé à l’extérieur. Lisfranc ( Clin, de la Pitié , t. III, p. G22, 1843) et Robert Lee ( Researches on the pathol . and treatm. ofsome of the most import. dis. of ivomen , Lond. 1833) ont rapporté des exemples de cette terminaison. Le docteur Lœwenhardt a ouvert avec le bistouri une tumeur semblable. ( Casper's Wochenschrift , n° 40, 1841.)

On a vu plusieurs fois le pus passer au-dessous du ligament de Poupart et se faire jour dans un point de la partie supérieure de la cuisse (Erdman, Richter, Fabrenhorst, Robert Lee). Le pus, en pareil cas, fuse soit par le canal inguinal le long du ligament rond, soit par un des points de l’arcade crurale, le plus souvent en suivant le trajet des vaisseaux fémoraux; on a rapporté de nombreux exemples de cette terminaison.

L’ouverture des abcès de l’ovaire dans l’utérus a été observée par Chambon , sur deux femmes dont une religieuse qui fut autopsiée [Mém. de l’ Ac. dessc., 1700, obs. 5), par madame Roivin. Le col de l’utérus était l’aboutissant d’un foyer traversant soit les trompes, soit les parois de l’utérus.

Des adhérences préalables de la tumeur ovarique avec les parois vaginales peuvent également donner lieu à la pénétration du pus dans le vagin. Des faits de ce genre ont été rapportés par Husson, MM. Cruveilhier, Martin-Solon, Lœwenhardt.

Le pus sort quelquefois aussi par la vessie quand des adhérences se I sont établies entre cet organe et le foyer purulent. Murat en a rapporté I un exemple d’après une observation communiquée à l’Académie royale I de chirurgie, ann. 1753. M. Andral a vu une semblable communication fl établie en trente-sept jours, entre un ovaire et la vessie, chez une femme | nouvellement accouchée (Dict. de méd., première édit., t. XVI, p. 85). ! Madame Roivin rapporte également une observation d’abcès de l’ovaire 1 s’ouvrant dans la vessie et l’utérus.

SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES. 451

Souvent le pus se fraye une issue à travers l’intestin. Dupuytren a constaté la communication du sac avec le cæcum, M. Montault, avec le côlon iliaque gauche ; mais on observe plus souvent encore sa communication avec le rectum. Dupuytren l’a mentionnée. M. Andral en a réuni trois cas; M. Montault en décrit deux autres; madame Boivin en cite un. En général, on doit considérer cette terminaison comme la plus heureuse, au moins c’est celle qui compte le plus de guérisons avérées.

Lorsque l’abcès de l’ovaire se montre soit sur un point de la paroi abdominale ou de la cuisse, soit dans le vagin ou le rectum, on peut l’ouvrir avec l’instrument tranchant. Lœwenhardt pour une tumeur de la paroi abdominale, Burdach pour une tumeur du vagin, ont pratiqué cette opération avec succès. Churchill considère les parois abdominales, puis le vagin, comme les points les plus favorables pour l’ouverture de l’abcès. Lisfranc pense que, si la fluctuation se fait sentir d’une manière bien distincte à travers l’épaisseur des parois abdominales, il faut ouvrir l’abcès de bonne heure, mais que l’ouverture par le vagin exige plus de réserve. Dans ce cas, Lisfranc conseille, en raison des difficultés du diagnostic , la ponction préalable avec le trocart explorateur ; si on donne issue à de la matière purulente, il faut achever l’opération avec un trocart à hydrocèle. (Lisfranc, loco cit ., p. 688.)

C’est surtout dans les cas d’abcès de ce genre, lorsqu’il y a eu adossement de la poche purulente, soit contre la paroi abdominale , soit contre la paroi du vagin qu’une anse à drainage installée au moyen d’un trocart droit ou d’un trocart courbe et soumise à des lavages abondants et répétés peut rendre les plus grands services.

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