L’herpès a envahi les membres
5. — L’herpès continue sa marche envahissante ; tout le corps en est couvert. Des godets de favus apparaissent sur le dos. Solution de nitrate d’argent.
10. — Sous l’influence des attouchements avec la solution de nitrate d’argent, le favus et l’herpès disparaissent.
20. — L’affection cutanée est complètement guérie. On examine de nouveau la malade au spéculum. La tumeur péri-utérine reste toujours stationnaire.
G octobre. — La malade a rejeté des urines qui présentent les caractères suivants : elles forment comme une bouillie épaisse; elles tachent les vases en rouge et laissent déposer par le repos une matière trouble, opaque, assez analogue à du pus. Ces urines sont alca lines; elles contiennent un peu d’albumine, et s’éclaircissent assez sensiblement quand on les traite par l’ammoniaque.
Pendant les deux mois suivants les urines oui présenté à plusieurs reprises des change-
SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES.
ments d’aspect qui se sont accompagnés de symptômes généraux très-importants au point de vue diagnostique . Voici ce qui se passait.
Pendant quelques jours la malade éprouvait des douleurs très-vives, le ventre devenait sensible ;\ la pression, la marche impossible. Tous ces symptômes atteignaient leur maximum d’intensité dans l’espace de trois ou quatre jours au bout desquels les urines qui étaient limpides devenaient troubles, épaisses, formaient comme une bouillie. Puis tout rentrait dans l’ordre et les urines reprenaient leur aspect normal.
Chacune de ces crises amenait dans l’état général de la malade une modification avantageuse. La tumeur a diminué progressivement et, lorsque la malade sortit de l’hôpital le 13 décembre 1855, le toucher vaginal fit reconnaître que la masse phlegmoneuse avait presque entièrement disparu. Cependant les brides horizontales existaient encore. Mais il n’existait plus de troubles fonctionnels, soit locaux, soit généraux.
Nous avons dû exposer dans l’article qui précède l’état de la question sur les phlegmons péri-utérins; mais depuis la rédaction de cet articleun nouveau travail d’une grande valeur a été publié sur cette affection dans les Archives générales de médecine (mars 1857) par MM. Bernutz et Goupil. Il résulterait des observations publiées par ces derniers auteurs, que le tissu cellulaire qui entoure l’utérus et ses annexes n’est point le siège de la phlegmasie, ainsi qu’on l’avait cru et avancé jusqu’à ce jour, mais qu’il faut attribuer à une péritonite partielle les divers symptômes observés pendant la vie.
La question des phlegmons péri-utérins se trouverait donc ainsi remise en cause. Toutefois, avant d’adopter les conclusions de MM. Bernutz et Goupil, nous croyons devoir attendre que des faits plus nombreux aient établi la non-legitimité des descriptions de Valleix. — Car, s’il est parfaitement admissible qu’une péritonite partielle, dépendant d’un état inflammatoire de l’utérus ou de ses annexes, puisse donner lieu aux symptômes attribués au phlegmon péri-utérin, il ne nous est pas démontré, malgré l’assertion contradictoire des' auteurs que nous venons de citer, que le tissu cellulaire qui double la matrice ne puisse dans certaines circonstances s’enflammer réellement et donner lieu à tous les phénomènes qui ont été observés.
Nous croyons devoir annexer au chapitre des phlegmons péri-utérins les deux observations suivantes relatives à deux cas d’hématocèle périutérine suppurée, la première terminée par la mort, la seconde par la guérison.
Obs. 530. — Hématocèle pré-utérine suppurée. Perforation intestinale. Mort. — Aubert (Louise), 27 ans, cantonnière, entre le G novembre 1857, à l’hôpital Lariboisière.
Bien réglée; n’a jamais eu d’enfants; constitution faible; gastro-entéralgie chronique.
Il y a trois mois, a la suite d’une violente frayeur qui amena la suppression brusque des règles, il se développa une tumeur à la partie inférieure de l’abdomen. Cette tumeur ayant pris des proportions considérables, une incision fut faite par M. Monod. Il ne s’ensuivit aucune amélioration. C’est alors que la malade sortit de la maison de santé pour entrer à l’hôpital Lariboisière. Voici ce que l’on constate.
Abdomen extrêmement ballonné; vessie refoulée en avant; tuméfaction dure, résistante, située au-devant de l’utérus et s’étendant à toute la moitié latérale inférieure droite de l’abdomen. On diagnostique une hématocèle pré-utérine. L’incision faite à la maison de santé n’a donné que du sang. La partie pelvienne de la tumeur refoule la vessie en bas ; la partie supérieure atteint l’hypochondre droit. Évacuation facile des selles et des urines. Un peu d’appétit. Une portion d’aliments ; cataplasmes, bordeaux 200 grammes.
1 1 novembre. — En pressant sur la tumeur, on fait sortir par la plaie du sang altéré. La tumeur diminue de volume.
12. — Diarrhée. Le liquide qui sort par l’incision est sanguinolent ; examiné au microscope, on le trouve constitué par un mélange de pus et de sang. La tumeur diminue; pâleur anémique de la face, langue décolorée.
14. — Douleurs très-vives à la région épigastrique, douleurs qui privent la malade de sommeil. Frictions sur la région douloureuse avec le Uniment volatil camphré ; potion calmante.