‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 123 sur 264 · Mort · texte numérisé non relu

Mort

Autopsie. — La cavité abdominale étant ouverte, on trouve la masse intestinale en bas et à droite d’une couleur noirâtre, comme sphacélée; cependant on n’y découvre pas i’pdeur caractéristique de la gangrène. Les anses intestinales sont unies par des adhérences nombreuses qui paraissent le résultat d’une péritonite partielle. L’S iliaque du côlon est déplacée ; eüe décrit un trajet remarquable par suite des adhérences qui se sont établies.

La collection occupe la fosse iliaque droite ; l’existence d’un épanchement sanguin et purulent entre la vessie et l’utérus, semble indiquer que le point de départ des accidents était en ce lieu même; l’utérus est libre par la face postérieure, adhérent a la vessie par la face antérieure. 11 semble que le cul-de-sac vésieo-ulérin lormé par le péritoine se soit rompu et que l’épanchement ait pénétré dans l’abdomen. 11 existe à quelques centimètres au-dessus de la valvule iléo-cœcale une perforation qui n’est, selon toute apparence, que le résultat du travail ulcératif auquel aurait ddnné lieu 1 épanchement.

La vessie est un peu épaisse à sa partie supérieure. L’utérus ne contient qu un peu de mucus ; sa cavité n’a jamais été en rapport avec la collection.

Ors. 531. — Hématocèle rétro-utérine suppurée. — Tranchant (Joséphine), 38 ans, domestique, entre à l’hôpital Lariboisière le 3 novembre 1857.

Cette malade a déjà été traitée dans le service pour une tumeur fibreuse siégeant dans l’épaisseur de l’utérus, tumeur qui avait donné üeu à une hémorrhagie et à de très-vhes douleurs. Après sa sortie, la malade lit des imprudences qui l’obligèrent à rentrer à l'hôpital dans l’état suivant :

SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES.

Il existe un phlegmon péri-utérin suppuré ayant son siège probable au-dessous du cul-de-sac rétro-vaginal, phlegmon qui résulte, selon toute apparence, d’une hématocèle rétro-utérine échauffée. Au toucher on trouve tous les tissus qui entourent l’utérus engorgés; la matrice est dans une immobilité complète, le fond en rétroversion manifeste. — Ces diverses parties sont le siège d’une extrême sensibilité. On prescrit à la malade quelques calmants, le décuhitus horizontal et de grands cataplasmes laudanisés sur le ventre.

6 novembre. — La malade s’aperçoit qu’elle rend par l’anus une très-grande quantité de matière purulente. On constate par le toucher rectal l’existence d'une ouverture à la paroi antérieure du rectum. C’est par cette ouverture que le pus pénètre dans le rectum.

Du 6 au 25 novembre, la malade continue d’excréter du pus, mais la quantité de ce liquide diminuant progressivement, il en résulte un grand soulagement.

ler décembre. — La poche purulente semble tarie; les douleurs sont devenues trèssupportables.

31 . — On trouve par le toucher vaginal l’utérus très-gros et très-dur, surtout à gauche, où Ton reconnaît la présence de la tumeur fibreuse pour laquelle la malade était entrée une première fois à l’hôpital. L’ouverture qui fait communiquer le fond de l’utérus avec le rectum existe toujours, mais elle ne s’est pas agrandie. Elle présente la forme d’une fente transversale que le doigt ne peut plus franchir. Il s’écoule toujours un peu de pus par l’anus, mais les douleurs sont tolérables. Retour de l’appétit et des forces.

F. SUPPURATIONS DU VAGIN.

Les suppurations du vagin peuvent présenter deux sièges très-divers. Ou bien elles occupent la surface de la muqueuse, ou bien elles intéressent l’épaisseur même des parois vaginales.

Dans le premier cas, il y a vaginite proprement dite.

Dans le second, il y a abcès de vagin.

Suppurations par vaginite.

C’est durant notre séjour à Lourcine, comme chirurgien, que nous avons institué le traitement de la vaginite par les douches continues d’eau froide. Les résultats que nous avons constamment obtenus par ce traitement, comparés cliniquement par nous à toutes les méthodes qui ont été proposées, nous ont largement démontré la supériorité de ce traitement sur tous les autres.

Si, au moyen d’appareils convenables, on parvient à établir, non pas de simples irrigations, mais de véritables douches lancées avec force, on modifie dans un très-court espace de temps le caractère de la sécrétion, et on guérit très-promptement la maladie.

Dans le cas où le manque d’appareils convenables empêche de recourir à l’emploi de la douche continue, de fortes injections, avec 8 gr. d’alun par litre d’eau, lancées deux fois par jour dans le vagin, constituent un mode de traitement qui, à défaut de la douche, donne des résultats supérieurs ù ceux de tous les autres moyens de traitement qui ont été proposés, n.

Tout cela du reste n’est qu’une conséquence de notre principe sur le traitement des flux blennorrhagiques, tel que nous l’avons exposé à l’occasion de l’ophthalmie des nouveau-nés, et de l’ophthalmie blennorrhagique. ( Voyez tome I, Suppura, dons oculaires.)

Abcès du vagin.

Ces abcès peuvent succéder à des violences, soit obstétricales, soit d’une autre nature, exercées sur les parois du vagin. Ce sont des abcès idiopathiques.

D’autres sont symptomatiques et surviennent dans le cours de diverses maladies occupant des organes contigus au vagin, ou placés même à une distance plus ou moins considérable de cette cavité. L’on sait comment le cul-de-sac postérieur du vagin est le siège fréquent d’abcès à origine plus ou moins éloignée. — Comme nous avons eu l’occasion de parler de ces abcès, en nous occupant de ceux de la fosse iliaque, de l’ovaire et des ligaments larges, nous n’y reviendrons pas en ce moment.

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