Mort
Autopsie. — Le testicule droit est envahi par une masse tuberculeuse ramollie contenant un pus gélatiniforme. Le gauche est également tuberculisé. Son tissu, d’une dureté squirrheuse, n’est ramolli qu’à son centre. Prostate très-volumineuse et farcie de tubercules. L’abcès strumeux de l’aine droite communique avec la fosse iliaque par l’anneau crural. Tubercules au sommet des deux poumons; pleurésie purulente. Abcès métastatiques dans le foie et le rein droit.
Suppuration du testicule cancéreux.
En 1851, M. Gosselin a été témoin du fait suivant :
Obs. 543. — Un malade âgé de 32 ans était entré à l’Hôtel-Dieu pour un gonflement douloureux du testicule gauche, datant, disait-il, de quelques jours, avec rougeur, douleur très-vive à la moindre pression, gonflement douloureux du cordon spermatique et fièvre intense ; il y avait de plus de. la fluctuation à la partie antérieure de la tumeur.
En le questionnant, on finit par apprendre que cette maladie datait déjà de plusieurs années, mais que l’inflammation aiguë remontait à quelques jours seulement et le dépérissement du malade nous fit penser qu’il s’agissait d’un cancer enflammé, peut-être même suppuré.
M. P. Boyer, dans le service duquel le malade était placé, fit la castration quelques jours plus tard, et à l’examen de la tumeur nous reconnûmes qu’il s’agissait d’un encéphaioïde dont la partie antérieure était occupée par un abcès volumineux.
B. SUPPURATIONS EP1DIDYMA1RES.
L’épididyme est, beaucoup plus fréquemment que le testicule, le siège de suppurations qui sont généralement chroniques. C’est particulièrement sous la forme tuberculeuse ramollie que se présente la suppuration de l’épididyme.
Ce dernier genre de suppuration n’est pas rare. La suppuration épididymaire tuberculeuse envahit assez souvent les deux épididymes. Toutefois l’affection ne marche pas dans les deux organes avec une égale rapidité. L’un des épididymes est souvent ramolli et fistuleux avant que l’autre n’ait effectué son travail de suppuration.
Les observations suivantes sont destinées il mettre en lumière quelques points relatifs à l’histoire de l’épididymite suppurée.
SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES.
Obs. 544. — Épididymite blennorrhagique suivie d’ inflammation de la vésicule séminale, de péritonite et de pleurésie. Anémie testiculaire. Autopsie. ( Union méd. 22 novembre 185G.) — Landais (Louis), IG ans, constitution débile, entre le 4 juin 185G à l'hôpital de la Charité, service de M. Velpeau, pour y être traité d’une épididymite blennorrhagique siégeant à gauche.
La blennorrhagie datait de 15 jours environ et l’épididymite de 5 jours.
L’épididymite marchait assez rapidement vers la résolution, et l’écoulement avait cessé, quand le 13 juin se manifestèrent les premiers symptômes d’une péritonite qui exigea le transfert du malade dans le service de M. Cruveilhier.
La mort eut lieu le 22 et l’autopsie révéla les lésions suivantes :
Urètre rouge à sa partie antérieure.
En pressant la prostate, on fait sortir par chacun de ses orifices urétraux une assez grande quantité de liquide évidemment purulent. De la prostate incisée, on fait également, sourdre une série de gouttelettes de pus qui s’échappent manifestement de chacun des follicules prostatiques et non du parenchyme de la glande qui n’est ni rouge, ni tuméfiée. C’est là une prostatite canaliculaire et non une prostatite parenchymateuse.
Dans la vésicule séminale gauche on ne trouve qu’une faible quantité de liquide purulent dans lequel le microscope démontre l’existence de globules de pus mêlés aux cellules épithéliales.
Canal déférent très-injecté au niveau de la vésicule séminale gauche, et de plus tuméfié, induré et intimement adhérent au péritoine qui le tapisse.
Épididyme gauche plus volumineux que le droit; sa tête est à peu près quintuplée de volume, son corps deux fois plus gros qu’à droite ; sa queue forme avec la tunique vaginale une masse de la grosseur d’une noisette. Incisée, cette partie de l’ épididyme offre l’aspect d’une masse fibro-cellulaire rouge, au milieu de laquelle on ne retrouve les flexuosités de l’épididyme que dans des points très-circonscrits et de l’intérieur desquels on ne peut faire écouler de pus .
Testicule gauche, plein, distendu, volumineux; incisé, son parenchyme est blanc et évidemment anémié. Le corps d’Highmore seul est rosé.
A gauche, les deux feuillets opposés de la tunique vaginale sont réunis entre eux par des adhérences nombreuses, peu résistantes, qui cèdent facilement à la traction et qui, au niveau de la queue de l’épididyme, sont infiltrées de pus. En ce point, l’inflammation de l’épididyme est évidemment plus considérable et c’est également là que la vaginalite est le plus intense.
Le péritoine et la plèvre présentaient les traces non équivoques d’une inflammation purulente et pseudo-membraneuse.
Ce fait nous a paru intéressant en ce sens qu’il nous offre un exemple, 1° de prostatite purulente canaliculaire, 2° de vésiculite purulente, 3° de vaginalite purulente.
11 est un fait sur lequel nous devons appeler l’attention, c’est la communication possible des fistules épididymaires avec la région inguinale. Il arrive parfois que, quand l’épididyme a été le siège d’une suppuration piolongée, le scrotum se décolle, et à la faveur de ce décollement le pus remonte jusque dans la région inguinale et l’on voit se produire les symptômes de 1 adénite. — Chez le sujet de l’observation suivante on \eria que des fistules épididymaires se sont ainsi accompagnées d’un double bubon, et qu’en pressant sur l’un de ces bubons on faisait manifestement refluer le pus par l’une des fistules.
Oüs. 545. — Fistules épididymaires s’accompagnant d’une double adénite inguinale. Communication fistuleuse entre l’un des bubons et l’une des fistules. Drainage des bubons. Amélioration. — Foucaud (Louis), 3G ans, manœuvre, entre le 18 avril 185G, à l’hôpital Lariboisière.
Ce malade, qui est affecté de fistules épididymaires, est en même temps porteur de deux tumeurs adénitiques dans les régions inguinales. L’une de ces tumeurs est dure et siège du côté gauche ; l’autre suppurée occupe le côté droit. Tout d'abord on ne se rend pas un compte exact de la production de ce double bubon. On croit à une adénite suppurée concomitante des listules épididymaires. Ce n’est que plus tard qu’on est arrivé à reconnaître que les collections purulentes inguinales étaient le résultat d’une infiltration qui de la région testiculaire avait gagné de proche en proche la région inguinale.
Le 18 avril, dans le but de s’assurer que la fluctuation dont la tumeur inguinale droite est le siège est bien due à la présence du pus, on pratique à l’aide d’un petit trocart une ponction explorative. Le liquide présentant bien en effet tous les caractères du pus phlegmoneux, on fait passer immédiatement un tube à drainage à travers ce bubon.
20. — L’évacuation de la matière purulente se fait très- bien. Bains sulfureux de deux jours l’un.
23. — En pressant sur le bubon du côté gauche qui ne semblait pas arriver à suppuration, on voit le pus sortir en abondance par la fistule épididymaire correspondante. Il y a donc communication entre cette dernière et le bubon, et de plus il est vraisemblable que si ce bubon ne s'est pas ouvert spontanément, c’est que le pus pouvant se porter vers les parties déclives se vidait librement par la listule. Cette évacuation facile de la collection inguinale gauche dispense de recourir au drainage de ce côté.
Le 27 mai 1856, le malade a pu sortir, sinon complètement guéri, du moins dans un état très-satisfaisant.
Quand un abcès épididymaire a donné lieu à une fistule quelque peu rebelle, le traitement par le drainage réussit à tarir la suppuration et à ramener peu à peu les organes malades à leurs conditions normales.
Obs. 54G. — Fistule épididymaire. Drainage. Guérison. — Delamare (Léon), 27 ans, garçon boucher, est entré à l’hôpital Lariboisière le 24 mars 1857.
11 y a deux ans cet homme a eu une blennorrhagie et consécutivement une orchite à gauche. 11 a parfaitement guéri, mais dans le courant du mois de janvier dernier, il s’est manifesté des douleurs assez vives dans les lombes et le long du cordon ; puis le testicule gauche s’est tuméfié, est devenu rouge, douloureux, et un abcès s’est formé, lequel s’est ouvert spontanément. Depuis cette époque l’ouverture ne s’est pas cicatrisée et a laissé continuellement suinter du pus. En un mot il y a eu fistule ; puis le scrotum s’est décollé dans une étendue d’environ 3 centimètres.
Cette fistule est évidemment le résultat d’un abcès épididymaire, mais cet abcès est-il d’origine tuberculeuse? Cela parait douteux, car le malade est d’une forte constitution et n’offre aucun signe de tuberculisation.
G avril. — On passe, à l’aide de la sonde cannelée et du bistouri, un tube a drainage dans toute la longueur de la fistule le tube sort par le fond de cette fistule après avoir traversé toute l’épaisseur des tissus.
Les jours suivants, il s’est manifesté des symptômes d'inflammation locale et de réaction générale, tuméfaction du scrotum, douleurs aiguës, fièvre intense, dévoiement.
Ces accidents s’amendent peu à peu, les bourses et l'épididyme reviennent à leur volume normal, et le 28 mai 1857, le malade qui porte encore son tube peut sortir de l’hôpital el retourner à pied chez lui.
Ce jeune homme est revenu à la consultation dans le courant de juin. Aucun acculenl
SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES.
n’étant survenu depuis sa sortie, le tube a été enlevé et aujourd’hui la guérison de la fistule est parfaite.