Cicatrisation. Absence complète de douleurs
G. — On reconnaît qu'il s’est établides adhérences entre les enveloppes du testicule.
10 — Guérison parfaite. Nous avons revu ce malade. Il y a deux points de la peau déprimés et adhérents.
Nous regardons ce fait, malgré la reproduction très-partielle, il est vrai, d’un abcès, comme l’un des plus beaux exemples de succès du lavage suivi de réunion immédiate. Cette séreuse vaginale, suppurante, rempli de flocons membraneux une fois ouverte, il n’y avait pas, dans l’ordre des voies ordinaires, d’autre perspective qu’une suppuration assez longue, une inflammation peut-être très-violente, une fistule séreuse peut-être très-longue à tarir. Quand une séreuse, siège d’une inflammation suppurative, est mise en communication avec l’extérieur, elle donne habituellement lieu aux conséquences que nous venons d’indiquer, Ici, au contraire, un lavage très-complet avec abstersion de tous les flocons pseudo-membraneux, ainsi que de la totalité du pus dans toutes les anfractuosités juxta-épididymaires de la tunique vaginale, est suivie d’une adhésion d’emblée, d’une cessation instantanée et complète de l’inflammation : voilà le fait dans son caractère essentiel. Maintenant, parce qu’un seul point purulent aussitôt guéri qu’aperçu, puisque ce petit foyer s’est x'éuni d’emblée par première intention; parce que ce très-léger incident dénué, en somme, de toute portée, est survenu, n’en est-il pas moins très-remarquable de voir clôturer ainsi un abcès de membrane séreuse en suppuration, et cela avec des résultats aussi heureux et aussi prompts que celui que j’ai obtenu? J’ai eu de nombreuses occasions d’observer des suppurations soit totales, soit partielles, de la tunique vaginale. C’est durant le cours du double travail que j’ai fait sur le traitement de l’hydrocèle par les injections de nitrate d’argent, et sur le traitement de la même maladie par le drainage.
Le traitement par le nitrate d’argent m’adonné quelquefois des suppurations totales de la tunique vaginale.
SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES.
Le traitement par le drainage ne donne jamais lieu qu’à des suppurations partielles qui se réduisent à la seule dimension du trajet parcouru par le tube.
Je rapporterai une des observations de suppuration partielle produite après l’emploi de l'injection au nitrate d’argent.
Obs. 539. — Hydrocèle de la tunique vaginale du côté gauche. Traitement par l’injection. Suppuration partielle de la tunique vaginale. — Grenet (Louis-Joseph), âgé de 33 ans, marinier, est d’un tempérament sanguin, d’une constitution vigoureuse. Get homme s’est toujours bien porté; il a été militaire et servait encore au mois de janvier dernier dans un corps de cavalerie. Il- nie qu’il ait jamais contracté de blennorrhagie; cependant l’induration et l’augmentation de volume de l’épididyme à droite portent à croire qu’il a été atteint de cette affection, laquelle aurait donné lieu consécutivement à l'inflammation de cette portion de la glande testiculaire.
Au mois d’août de l’année 1 852, deux ans environ après avoir commencé l’exercice du cheval, cet homme constata un accroissement de volume de la bourse gauche. Cet accroissement avait lieu sans douleurs, des applications de cataplasmes émollients, décompresses imbibées d’un liquide résolutif ne diminuèrent en rien le volume de la tumeur; celle-ci fit des progrès et lors de l’entrée du malade à l’hôpital Saint-Antoine, le 1er avril 1853, elle présente le volume du poing d’un adulte, elle est régulièrement ovoïde, aplatie d’un côté à l’autre. La fluctuation et la transparence sont d’une constatation facile. Les veines du scrotum sont développées et forment des arborisations bleuâtres très-apparentes.
Le 2 avril, ponction avec le trocart à l’extrémité inférieure de la tumeur; un verre environ d’une belle sérosité citrine s’en échappe. Injection d’une quantité à peu près égale de solution d’azotate d’argent au deux millième.
4. — La bourse a recouvré à peu près le volume qu’elle avait avant l’opération. Absence complète de douleurs; le malade se Mctionneles bourses toutes les deux heures avec pommade composée d’axonge et d’iodure de potassium.
G. — Quelques signes d’embarras gastrique, malaise, inappétence, langue revêtue d’un enduit saburral. Tartre stibié, 10 centig.
10. — La langue est chargée, sale; anorexie, il existe encore de l’embarras des voies digestives. Vomitif.
12. — Stupeur prononcée, appareil fébrile léger, même état de trouble des fonctions digestives, la résolution de la tumeur ne parait pas s’effectuer. Unebouteille d’eau de Sedlitz.
15. — La bourse du côté gauche est tuméfiée, rouge et douloureuse. La pression exercée suivant le trajet du cordon à travers la paroi abdominale détermine de vives douleurs. En même temps, les phénomènes d’embarras gastrique persistent au même degré, l'ne bouteille d’eau de Sedlitz. Cataplasmes émollients.
18. — Tous les signes rationnels d’une suppuration des bourses étant constatés, une ponction exploratrice est faite en dehors du cordon. La canule de l’instrument laisse échapper un pus très-crémeux. Les tissus sont alors largement ouverts avec le bistouri et la collection purulente évacuée ; elle ne paraît occuper qu’une partie de la cavité séreuse. Cataplasmes, bouillons, potages.
20. — Les bourses sont encore tendues, rouges. La fluctuation est évidente à la partie antérieure du scrotum à gauche. Un bistouri est plongé en ce point, un demi-verre s’écoule d’un pus peu lié, mais sans odeur fétide.
23 — La pression exercée sur les bourses fait sortir chaque jour une assez grande quantité de pus. Un lavage du foyer est pratiqué au moyen de l’irrigateur. Les troubles généraux s’amendent.
2.). Le malade éprouve une amélioration très-grande dans son état général; il repose paisiblement. Rouillons, potages.
30. — La suppuration est de bonne nature et moins abondante. Deux portions.
8 mai. — La pression ne détermine plus la sortie que d’une très-petite quantité de pus, les bourses sont indolentes, sans rougeur ; à gauche, il existe encore un empâtement léger des tissus.
L’usage des cataplasmes est abandonné. Sorti le 12 mai 1853.
Art. — Suppurations testiculaires proprement dites.
Nous emprunterons à l’excellent ouvrage de Curling plusieurs documents relatifs aux suppurations testiculaires.
Orchite aiguë suppurée.
L’inflammation du testicule se termine rarement par suppuration ; quand celle-ci a lieu, le pus arrive lentement à l’extérieur, à cause de l’épaisseur et de la densité de la tunique albuginée; tantôt il est infiltré dans la glande dont il désorganise la structure délicate; tantôt il s’en kyste et donne lieu à un abcès distinct. Dans l’un et l’autre cas, lorsque l’inflammation a cessé ,1a partie séreuse du pus se résorbe et il reste une masse concrète indolente qu’on a souvent prise après la mort pour un dépôt tuberculeux. En effet, le pus ainsi solidifié rappelle à première vue la matière tuberculeuse crue; mais un examen plus attentif fait voir qu’il est contenu dans un kyste distinct dont on peut aisément l’isoler; tandis que dans l’affection tuberculeuse le dépôt morbide est en contact immédiat avec la substance testiculaire désorganisée. On pourrait aussi prendre le pus concret pour la matière jaune et ferme qui s’épanche dans l’inflammation chronique; il en diffère cependant par sa friabilité et par la facilité avec laquelle il se désagrégé, aussi bien que par son enkystement; la substance fibrineuse jaune, au contraire, est homogène et consistante, elle est intimement infiltrée au sein de la substance tubuleuse qui l’environne.
Curling a examiné les testicules augmentés de volume d’un homme qui mourut presque subitement d’une affection du larynx. Tous deux avaient été autrefois atteints d’inflammation aiguë, et depuis quelques mois ils n’avaient pas cessé d’être douloureux. Sur le gauche qui était le plus gros et dans sa partie centrale, il y avait 8 à 10 grammes de pus jaune et épais entouré d’un kyste distinct; il ne restait aucune trace des vaisseaux séminifères et on ne voyait autour du kyste que du tissu fibreux; le sac de la tunique vaginale était oblitéré par des adhérences intimes. Du côté droit, la cavité de la séreuse contenait au moins 15 grammes de liquide jaunâtre; et au centre du testicule se trouvait une petite collection purulente solidifiée; mais la substance tubuleuse était apparente et très-peu altérée.
Du pus ainsi concrète ou épaissi peut être pendant longtemps pour le
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testicule une cause habituelle d’irritation et de douleur, en môme temps qu’il l’expose à de fréquentes récidives d’ihtlammation.
La suppuration a lieu aussi quelquefois dans l’épididyme; si par exemple l’orchite blennorrhagique est mal soignée, un abcès peut se former dans le tissu cellulaire qui avoisine la queue de cet organe et la portion réfléchie du canal déférent, et s’ouvrir à la partie la plus déclive du scrotum.
Orchite chronique suppurée.
Dans l’orchite chronique la suppuration peut avoir lieu en môme temps que les dépôts de matière jaunâtre décrits par Curling. Dans un cas de ce genre, j’ai trouvé, dit Curling, des globules de pus jusque dans les vaisseaux séminifères. Le pus et la lymphe plastique peuvent être infiltrés ensemble dans la substance du testicule; ou bien la lymphe se dépose dans le testicule, tandis que l’épididyme suppure seul. La formation du pus en pareil cas est une aggravation sérieuse de la maladie et compromet gravement le testicule.
Épanché dans le corps de la glande, le pus en désorganise la texture; et quand, l’ulcération s’en étant suivie, la matière purulente s’échappe au dehors, il en résulte des fistules qui communiquent avec l’intérieur de l’organe et qui ont peu de tendance à se cicatriser. Ces fistules laissent écouler un pus clair, mêlé dans quelques cas à de la liqueur séminale, et forment alors des fistules spermatiques.
M. Gosselin ne croit pas qu’il y ait de véritables fistules spermatiques, c’est-à-dire, des orifices anormaux laissant sortir avec le pus de la matière séminale. Sur le vivant, il a souvent examiné au microscope le liquide fourni par des fistules soit de l’épididyme, soit du testicule, sans y trouver jamais de spermatozoïdes. Sur le cadavre il n’a pu faire passer de l’essence de térébenthine par les fistules, et il lui a toujours paru
Iqu’autour de ces dernières les vaisseaux séminifères étaient oblitérés.
On doit diriger contre l’orchite suppurée chronique le traitement de toutes les inflammations chroniques afin d’améliorer la santé générale et de conduire les fistules vers la guérison.
Mais quelquefois les trajets fisluleux sont tellement rebelles et altèrent à tel point l’état général que la castration devient nécessaire. Curling a vu pratiquer une fois cette opération chez un homme âgé pour-un cas de cette nature; on trouva l’épididyme enchatonné par la membrane séreuse avec induration et épaississement; la tunique vaginale contenait beaucoup de sérosité; il y avait sur trois points différents de l’épididyme des collections de pus épais et, à la queue de cet organe, une cavité suppurante tapissée par une membrane d’aspect rugueux, et qui s’ou- ' rail à 1 extérieur par un trajet fistuleux aboutissant à la partie inférieure
du scrotum. Le corps du testicule était complètement sain. La maladie datait de huit mois et avait résisté au traitement ordinaire.
D’autres fois, le pus épanché dans le testicule ne trouvant aucune issue à l’extérieur, il y a une tuméfaction presque indolente et très-rebelle de l’organe, qui est une cause incessante d’ennui et d’inquiétude. Le malade finit même par désirer qu’on le débarrasse de son testicule pour revenir à la santé et reprendre ses occupations habituelles.
Obs. — Je fus appelé, dit Curling, en mars 184-1, chez un capitaine de vaisseau, âgé de 43 ans, affecté d’une tuméfaction chronique du testicule droit, qui s’était développée graduellement depuis plusieurs mois. On avait, sans aucun résultat favorable, déterminé une stomatite mercurielle et appliqué localement plusieurs topiques stimulants. Cet homme ne souffrait pas beaucoup et désirait retourner à son navire; mais le médecin considérait comme une imprudence de reprendre la mer avec une pareille affection. La tumeur n’ayant point cédé aux remèdes qui avaient été judicieusement essayés et continués, je conseillai l’ablation de l’organe, ce à quoi le malade consentit plutôt que de garder plus longtemps le repos. Je pratiquai donc l’opération, et le patient guérit assez vite pour pouvoir reprendre son navire au bout d’un mois. Le testicule avait plus que triplé de volume; les surfaces opposées de la tunique vaginale étaient extrêmement adhérentes. La tumeur incisée ne laissait voir aucune trace de la structure normale de la glande, que remplaçaient des masses régulières de lymphe et des collections purulentes séparées par d’épaisses cloisons de tissu fibreux. ( Traité prat. des mal. du testicule , trad, par M. Gosselin, 1837, p. 349.)
Je repousse de la manière la plus formelle l’extirpation du testicule pour les cas du genre de ceux qui sont mentionnés par Curling. Le drainage au moyen des anses élastiques fenêtrées m’a conduit, dans des cas de ce genre, aux résultats les plus heureux, notamment sur un vieillard et sur un jeune homme qui en 1857 se trouvait dans mon service, et dans la même division (salle Saint-Louis) à l’hôpital Lariboisière.
Sur ces deux malades qui, à ma prière, sont revenus me voir plusieurs fois à la consultation, j’ai été à même de constater la solidité de la guérison.
Voici quel est le mode d’installation du tube à drainage. On sonde aussi profondément que possible le trajet de la fistule au moyen du poinçon retourné d’un trocart à drainage. Aussitôt que l’instrument est arrêté par le cul-de-sac de la fistule, on glisse sur le poinçon qui a été dégagé de son manche la canule de l’instrument. Dès que celle-ci est mise en place, on retire le poinçon, on l’articule avec son manche, la pointe étant libre, et l’on sort à travers les téguments en perforant par conséquent d’outre en outre le fond de la fistule.
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L’anse à drainage est alors établie, nouée par ses deux extrémités et recouverte de cataplasmes enveloppés eux-mémes avec le taffetas gommé. Des bains sulfureux sont donnés tous les deux jours et l’on prescrit un traitement approprié à la nature de la lésion générale à laquelle on a des raisons de croire que la fistule doit son origine.
Dans certains cas où le pus est emprisonné dans le testicule, cet organe reste tuméfié, sensible, et cet état se prolonge parce que le pus est une source continuelle d’irritation. On peut amender ces symptômes par le repos, des déplétions locales et les mercuriaux; mais les avantages n’en sont généralement que momentanés; le malade continue à souffrir plus ou moins et éprouve de fréquentes rechutes.
On avait admis, mais à tort, qu’il n’y avaitguère pour cet état de l’organe d’autre remède que la castration ; c’est ce qu’on voit dans le fai t suivant rapporté par sir A. Cooper :
« Un chirurgien de cavalerie eut une inflammation avec tuméfaction chronique du testicule, qu’on avait à plusieurs reprises soulagée par le repos aü lit, des déplétions locales et l’usage des mercuriaux; mais toutes les fois qu’il se livrait de nouveau aux exercices nécessités par sa profession, les symptômes reparaissaient. Fatigué de ces retours incessants qui le rendaient incapable de continuer son état, il me pria de lui faire l’ablation de l’organe et j’y consentis. En examinant le testicule, je trouvai dans son centre un abcès chronique qui avait entretenu l’irritation de la partie et produit des inflammations répétées. »
Les faits de ce genre, s’ils se reproduisaientaujourd’hui, appelleraient une critique extrêmement sévère. Quel est le chirurgien qui, avant de recourir à la mutilation testiculaire dans des cas analogues à celui dont il vient d’être parlé, ne se ferait pas un devoir de compléter par l’emploi du trocart explorateur un diagnostic toujours incertain, et si du pus était ramené par l’instrument d’exploration, ne devrait-on pas recourir au drainage qui remplacerait, au grand avantage du malade, l’amputation d’un organe aussi important que le testicule?
M. Nélalon a observé à l’hôpital des Cliniques un fait analogue à celui d’A. Cooper. Ce fait est publié dans le Moniteur des hôpitaux (1855, p. 156), sous le titre : Abcès chronique ou kyste suppuré du testicule.
Le malade, âgé de 36 à AO ans, avait vu paraître deux années auparavant sur le testicule droit une tumeur qui ''s’était accrue peu à peu, sans donner lieu à aucune douleur; elle était fluctuante et l’existence d’une crépitation particulière due au frottement des deux feuillets opposés de la séreuse, recouverts de fausses membranes, et qui était incompatible avec 1 idee d’un épanchement vaginal, fit penser h M. Nélalon que la collection ôtait bien dans la tunique albuginée. La castration fut faite, et 1 on put reconnaître qu’il s’agissait d’un kyste renfermant du pus et contenu en effet dans la cavité même de la tunique
albuginée où il ne restait plus que quelques traces du tissu de l’organe vers la partie supérieure. M. Robin a donné une longue description des caractères microscopiques de ce kyste.
M. le professeur Denonvilliers a rencontré un cas du môme genre à l’hôpital Saint-Louis; il a pratiqué la castration et sur la pièce qu’il a montrée à la Société de chirurgie, on a pu reconnaître un abcès volumineux enkysté dans l’intérieur de la tunique albuginée.
Obs. 540. — Orchite chronique suppurée, consignée par M. Gosselin dans sa traduction du Traité des maladies du testicule de Curling, I, p. 354. — Un homme de 40 ans, qui n’avait jamais eu de maladie syphilitique, et qui avait eu quatre mois auparavant une fièvre typhoïde, avait vu survenir pendant sa convalescence un gonflement du testicule gauche; ce gonflement s’était accru peu à peu sans jamais être très-douloureux; il avait Uni par acquérir le volume d’un œuf de dinde et par devenir très-dur. Quelques jours avant l’entrée à l’hôpital Cochin qui eut lieu le 12 juin 1855, la tumeur était devenue un peu plus douloureuse; elle ne tarda pas sous nos yeux à se ramollir en avant et à présenter les caractères d’un ahcès en communication avec la tunique albuginée.
Le 17 juin, la peau étant fort amincie, je l’incise avec précaution de façon à être sûr que la tunique albuginée n’a pas été touchée par l’instrument. Le pus s’échappe avec peine, et nous voyons se présenter derrière lui une petite masse grisâtre au milieu de laquelle je reconnais facilement des vaisseaux séminifères. Comme il restait un gonflement et une induration considérables, j’ai pensé que peut-être un fongus ne tarderait pas à paraître. Mais il n’en a pas été ainsi. Le pus a entraîné tous les jours des pelotons de substance séminifère ; la tunique albuginée s’est ainsi vidée peu à peu, de telle sorte que, le 28 juin, le malade ne conservait plus que son épididyme.
J’ai vu en -1847, à l’hôpital de la Charité, un cas analogue au précédent, dans lequel l’orchite parenchymateuse s’était également développée à la suite d’une fièvre typhoïde et avait eu une marche chronique avant d’arriver à suppuration. La substance séminifère fut entraînée peu à peu avec le pus, mais ne forma pas de fongus.
Orchite syphilitique suppurée.
L’orchite syphilitique se termine quelquefois par suppuration et peut amener alors l’atrophie de la glande.
M. Ricord n’admet, pas que le testicule syphilitique arrive jamais à suppuration, ou du moins Rassure n’avoir pas été une seule fois témoin de ce fait. Ce sont les gommes sous-cutanées du scrotum qui suppurent et s’ulcèrent, et il pense que les observateurs n’ont pas établi cette distinction lorsqu’on a parlé de la suppuration du sarcocèle syphilitique.
Cette opinion de M. Ricord doit être prise en grande considération parce qu’elle est basée sur un bon nombre de faits bien étudiés.
Moi-môme, dit M. Gosselin, je n’ai eu qu’une seule fois l’occasion de voir une suppuration du scrotum consécutive à une syphilis constitutionnelle, et j’ai bien constaté que celte suppuration avait pour point
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de départ une production sous-cutanée et non point testiculaire ; je suis certain, d’autre part, de n’avoir pas vu arriver k suppuration les orchites syphilitiques que j’ai eu l’occasion de traiter. Cependant je dois rappeler ici qu’il n’est pas démontré que les sarcocèles syphilitiques non traités ou mal traités, surtout chez les sujets affaiblis, ne puissent arriver à suppuration: ce serait seulement une terminaison tout à fait exceptionnelle.
Orchite tuberculeuse suppurée.
Quand le testicule est envahi depuis un certain temps par la matière tuberculeuse, le dépôt caractéristique se ramollit et se change en une matière jaune pultacée; l’inflammation s’établit, donne naissance kde nouveaux produits morbides, et la suppuration a lieu. Il en résulte un abcès qui chemine vers le scrotum et vient s’ouvrir en dehors. Quand le pus a été évacué, il reste des cavernes et des tissus semblables aux cavernes tuberculeuses des poumons, et, lorsque la glande a été complètement envahie, elle est sillonnée de trajets fistuleux dans tous les sens.
La marche de cette affection est lente. Au bout de plusieurs mois, d’une année ou môme davantage, pendant lesquels la maladie a fait peu de progrès et souvent est restée stationnaire , une des bosselures commence k s’accroître et à proéminer davantage, en môme temps qu’elle devient sensible et douloureuse; la peau qui la recouvre contracte avec elle des adhérences, prend une couleur livide, s’ulcère et livre enfin passage k une matière molle et caséeuse mélangée de pus. Il en résulte une fistule d’où s’écoule un pus séreux, clair et peu abondant, mêlé k des parcelles de matière tuberculeuse et quelquefois k de la semence, particulièrement après une excitation vénérienne.
Un travail analogue peut s’opérer dans d’autres parties du testicule, d’où la formation de deux ou de plusieurs trajets fistuleux, qui aboutissent dans l’intérieur de la glande, communiquent parfois entre eux et peuvent persister pendant longtemps.
Quand tout le produit morbide a été évacué, si la maladie primitive s’arrête et s’il ne se dépose pas de nouvelle matière tuberculeuse, il se fait un travail de réparation; l’écoulement cesse, les fistules se ferment et le testicule reste plus ou moins diminué de volume, ou môme entièiement atrophié, suivant l’étendue de la désorganisation qu’a entraînée le dépôt tuberculeux. Une légère dépression au niveau de laquelle la cicatrice adhère au testicule, indique pour toujours le point ou se trouvait la fistule. L’ouverture de l’abcès et l’issue de la matière tuberculeuse sont rarement suivis de la hernie de la substance testiculaire, dont une grande quantité a d’ailleurs été détruite k cette période de la maladie.
On ne voit pas souvent l’affection strumeuse du testicule arriver h suppuration chez les enfants, ou avant la puberté.
Oiis. 541. — Un jeune garçon de 5 ans, blond, aux yeux brillants et aux joues roses, me fut apporté, dit Curling, à l’hôpital, en mars 1 S 4 2 , pour une affection du testicule gauche. Cet organe avait trois ou quatre fois le volume de celui du côté opposé; sa forme était ovale, sa surface inégale et bosselée; sa consistance se rapprochait de celle du cartilage, et il était presque insensible à la pression. Je prescrivis le mercure (éteint avec la craie) à petites doses et des onctions mercurielles camphrées sur la partie malade. Comme au bout de trois semaines la tumeur avait peu changé, je fis prendre la décoction de quinquina avec l'iodure de potassium, et faire des onctions iodées sur le scrotum.
En mai, la peau contracta des adhérences avec la partie inférieure du testicule; puis il forma un abcès qui s’ouvrit vers le milieu de juin, donna issue à de la matière caséeuse fi du pus séreux, et se transforma en fistule. La santé commençant a s’altérer, je fus conduit à substituer les ferrugineux à l’iodure de potassium. La mère, qui était phthisique, devint trop malade pour m’apporter son enfant, de sorte que je n’en avais plus entendu parler, lorsqu’au mois de novembre suivant le père vint me le faire voir; la fistule était fermée, le testicule avait diminué de volume, mais était encore dur, bosselé et adhérent à la partie inférieure du scrotum. La santé de l’enfant était très-améliorée. Un autre petit abcès se forma ultérieurement et s’ouvrit comme le premier; depuis lors j’ai perdu de vue ce malade.
M. Lloyd rapporte le fait suivant :
Un enfant de trois ans et demi lui fut apporté avec une maladie du testicule droit. La peau amincie du scrotum laissait voir le pus qui la distendait et donnait à la région l’aspect d’un abcès froid. On mit un cataplasme sur la tumeur qui s’ouvrit peu de jours après ; mais l’ulcération s’agrandit bientôt à tel point que la moitié au moins du testicule fit saillie hors du scrotum et offrit une matière scrofuleuse jaune qui s’élimina au bout de quelques jours ; l’autre moitié de la glande resta à sa place, mais tuméfiée et indurée. Le gonflement diminua assez vite, et le testicule sembla marcher vers une atrophie complète.
Quand la suppuration se forme dans un testicule tuberculeux, on a recours aux cataplasmes; plus tard, lorsque l’abcès est ouvert, on maintient béantes les ouvertures pour faciliter l’issue des produits morbides. Dans quelques cas où le testicule est complètement désorganisé et inutile, et dans ceux où les fistules se montrent très-rebelles et très-gênantes, la castration peut être nécessaire; mais cette opération est rarement indiquée et on ne doit jamais la pratiquer lorsqu il y a des signes d’une affection pulmonaire grave.
Le drainage que j’ai employé à plusieurs reprises dans des cas semblables a toujours amélioré très-notablement l’état général, et il reste démontré pour moi que la mauvaise canalisation des fistules de ce genre , et l’abandon du mal à ce que l’on appelle les efforts de la nature, exercent sur la constitution une influence des plus fâcheuses, sans parler de ces recrudescences inflammatoires aiguës qui viennent par intervalles aggraver l’état général et local du sujet.
SECT. X. — SUPPURATIONS PELVIENNES.
Il résulte de là que, lors même qu’on ne guérit par le drainage, ni l’état général, ni môme l’état local chez les sujets dont nous venons de parler, du moins amène-t-on par ce moyen des changements très-marqués qui sont tout entiers à l’avantage de la constitution et de l’étal local.
Chez un malade venu à l’hôpital avec une suppuration épididymaire, nous avons eu l’occasion d’observer que dans l’affection strumeuse, pouvait se présenter une circonstance que M. Ricord a surtout observée pour l’affection syphilitique. Nous voulons parler de l’envahissement du ganglion le plus interne de la rangée sus-inguinale par l’affection strumeuse coïncidemment à une suppuration épididymaire de môme nature. C’est sous nos yeux, pour ainsi dire, que s’est formé l’envahissement du ganglion qui, ouvert, nous a présenté la matière tuberculeuse caractéristique. Le môme sujet ayant succombé aux suites d’une pleurésie purulente, nous avons pu constater la coexistence déjà signalée par M. Dufour des tubercules prostatiques avec les tubercules épididymaires. Voici d’ailleurs l’observation :
Obs. 542. — Suppuration tuberculeuse du testicule droit. Adénite tuberculeuse consécutive du ganglion le plus interne de l’aine. Mort par suite d’une pleurésie purulente. Autopsie. — Desvergnes (Martial), 25 ans, tailleur, est entré à l'hôpital Lariboisière le 3 juillet 1855.
Ce malade a été traité pendant trois mois à l’hôpital militaire d’Angouléme pour un abcès du testicule droit. On lui fit une large incision qui fut suivie d’une abondante suppuration, puis on appliqua des cataplasmes, en même temps qu’on prescrivit à l’intérieur l’iodure de potassium, l’huile de foie de morue, etc.
Sous l’influence de ce traitement le testicule diminua de volume, mais il demeura toujours sensiblement plus gros que l’autre et conserva une fistule qnin’apas cessé de fournir du pus.
Le malade prétend n’avoir jamais eu de maladie vénérienne. Depuis environ un mois le testicule a recommencé à devenir douloureux et tuméfié ; puis un engorgement douloureux s’est manifesté dans l’aine droite.
A l’examen on trouve le testicule très-dur, douloureux au toucher, ayant acquis le volume d’un gros œuf de poule et présentant une suppuration fistuleuse. L’aspect général de l’organe donne lieu de penser qu’il s’agit d’une affection tuberculeuse. Dans la région inguinale existe à la partie la plus interne de la rangée ganglionnaire une tumeur rouge, sensible au toucher et offrant une mollesse fluctuante. On pratique sur cette tumeur une incision qui donne issue à un pus manifestement strumeux. Cataplasmes. Frictions sur le testicule avec la pommade iodurée. Huile de foie de morue; iodure de potassium. Bains sulfureux tous les deux jours.
15 juillet. — Meme état du testicule; l’abcès inguinal suppure toujours. Le pus sécrété est mélangé d’une matière évidemment strumeuse. Même traitement.
21. — Recrudescence de douleurs et d’engorgement dans le testicule et l’épididyme. La fistule fournit toujours un liquide purulent. L’auscultation et la percussion laissent supposer qu’il existe une tuberculisation pulmonaire . Même traitement.
29. — État fébrile. Les nodosités testiculaires augmentent sensiblement de nombre et de volume. Eau de Sedlitz.
22 octobre. Douleur thoracique, dyspnée, grande anxiété respiratoire, fièvre intense. Ventouses scarifiées dans le côté malade. Looch avec 20 centigr. de kermès.
25. — Frissons, tremblement, redoublement fébrile très-intense; pâleur générale de la peau et des muqueuses. Sulfate de quinine; même looch.
2L — Teinte ictérique; excavation des yeux; grande agitation ; encore un accès fébrile comme l’avant-veille. Le testicule gauche est envahi à son tour par l’affection tuberculeuse. Le droit lui-même est plus gonflé et plus douloureux. L’abcès de l’aine suppure à peine ; il a pris une teinte blafarde. La fistule testiculaire semble tarie. Sulfate de quinine; alcoolature d’aconit.