Léger délire; pouls serré. Même traitement
19. — Dilatation considérable des pupilles; délire presque continuel; mouvements désordonnés, agitation des bras et des jambes ; rétention d’urine ; pouls petit. Dix sangsues à Phypogastre, orge, diète. Cathétérisme facile, paraissant causer peu de douleurs ; urines sanguinolentes.
20. — Tension du ventre; fièvre; délire; pupilles dilatées; froid des extrémités; mort sans convulsion ni paralysie.
Autopsie.— Abdomen. Adhérence de deux portions d’intestin grêle au sommet de la vessie par le moyen de fausses membranes récentes, non organisées. Membrane muqueuse vésicale injectée d’un rouge noir, tapissée de fausses membranes grisâtres; épaississement de la membrane musculeuse ; urines troubles.
Canal déférent. Du côté droit, plus gros, plus dense que le gauche, â parois plus épaisses et moins transparentes, augmentant de volume vers la vésicule séminale correspondante, contenant dans toute son étendue du pus épais, bien lié et d’un blanc jaunâtre;
surface interne de ce même canal déférent tomcnteuse, inégale, comme alvéolaire, d’un blanc jaunâtre, tapissée d’une espèce de fausse membrane formée de pus concret, jusqu’à l’orifice du canal éjaculateur correspondant.
Vésicule séminale du même côté. Plus volumineuse, plus saillante que la gauche, moins bosselée à sa surface, à parois beaucoup plus épaisses ; d’un tissu plus dense et d’une teinte jaunâtre, contenant plus d’une cuillerée de pus d’un jaune verdâtre, moins épais que celui du canal déférent, tout à fait semblable au pus d’un phlegmon aigu. Anfractuosités alvéolaires de la vésicule effacées, détruites, de manière à ne former qu’un vaste sac un peu inégal; dans le fond des cellules détruites, pus beaucoup plus concret, tout à fait semblable à de la matière tuberculeuse.
Vésicule séminale gauche. Saine.
Prostate. Volumineuse, inégale, bosselée, offrant à sa surface une foule de petits points blanchâtres, isolés comme dans le furoncle, ou groupés comme dans certains anthrax^ légèrement saillants au-dessous de l’enveloppe fibro-celluleuse de la prostate, à travers laquelle on les aperçoit à cause de la couleur foncée des parties environnantes. Le lobe droit de la prostate est plus saillant que le gauche; incisé, il ressemble à un gros tubercule cru. Le parenchyme paraît remplacé tout entier par de la matière tuberculeuse concrète. Cependant en examinant cette altération avec attention, il est facile de voir que ce n’est pas une matière homogène, mais- une agglomération de follicules muqueux dilatés et remplis de pus. En les disséquant séparément depuis leur orifice à la membrane muqueuse, jusqu’au fond de leur cul-de-sac, on voit que chacun d’eux a participé à l’inflammation du canal éjaculateur, de la vésicule, du canal déférent, et qu’ils sont remplis de pus semblable.
Le tissu lamineux qui les unit n’ayant pas participé à l’inflammation, il est facile de les isoler dans toute leur étendue, et de s’assurer que les points blancs remarqués à la surface de la prostate ne sont que les culs-de-sac de ces follicules muqueux, gorgés de pus et recouverts par la tunique fibro-celluleuse.
Dans le lobe gauche, le nombre des follicules muqueux enflammés est moins considérable ; ils sont plus isolés, ce qui permet de constater encore mieux la nature de l’altération.
Poitrine. Tubercules miliaires gris et transparents dans les deux poumons ; point de cavernes .
Crâne. Méninges sèches; circonvolutions aplaties; anfractuosités peu prononcées; six ou sept onces de sérosité laiteuse dans les ventricules ; septum lucidum ramolli, diffluent comme de la crème, sans trace d’injection ni de pus. Rien dans le cerveau ni le cervelet (Lallemand, Des pertes séminales involontaires, t. I, p. 46).