‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 140 sur 264 · Application de six sangsues · texte numérisé non relu

Application de six sangsues

, 20. — Sept coups de scarillcateur .

21. — Toute trace d’engorgement ganglionnaire a disparu. Le phlegmon s’est terminé j par résolution.

Il nous reste une division importante à établir et qui repose sur ce i fait que 1 angioleucite est suivie de l’inflammation suppurative tantôt des r ganglions axillaires, tantôt du tissu cellulaire qui les environne. En d’aui très termes les abcès angioleucitiques de l’aisselle sont tantôt gan-

glionnaires, tantôt péri-ganglionnaires. Nous allons étudier séparément ces deux variétés.

Abcès ganglionnaires de l’aisselle. — Cette variété d’abcès reconnaîtpour cause toutes les solutions de continuité dont la partie antérieure de la poitrine, le sein, la partie postérieure de l’épaule ou le membre supérieur peuvent être le siège. C’est presque toujours à des adénites suppurées de l’aisselle que donnent lien les piqûres anatomiques. Cependant on voit aussi quelquefois ces abcès ganglionnaires se manifester sans qu’il existe de lésion traumatique, soit voisine, soit éloignée. Dans ce cas la marche de l’abcès est moins aiguë, la suppuration moins franche. Généralement le tissu cellulaire péri-ganglionnaire est envahi assez rapidement par la suppuration. Toutefois, quand le phlegmon a revêtu une forme subaiguë ou chronique, il peut rester borné aux ganglions.

Quoi qu’il en soit, l’ouverture prompte est indiquée pour les adénites suppurées de l’aisselle comme pour toutes les autres variétés d’abcès de cette région. Nous pratiquons ensuite le lavage et l’aspiration avec la ventouse. Lorsque l’abcès a présenté quelque tendance à la chronicité, comme cela s’observe dans les suppurations ganglionnaires des phthisiques ou des scrofuleux, nous avons recours avec avantage aux injections iodées.

Le mode de traitement que j’ai définitivement adopté comme donnant lieu à de très-bons résultats, c’est le drainage au moyen des anses élastiques. Sans abandonner en quoi que ce soit mes convictions premières sur la valeur du traitement par lavage suivi d’occlusion, je donne la préférence à l’emploi des anses élastiques comme étant d’une exécution beaucoup plus -rapide et plus facile.

Comme exemple très -net et très-remarquable de guérison par première intention des abcès ganglionnaires volumineux de l’aisselle, nous rapporterons l’observation suivante :

Obs. 56G. — Abcès ganglionnaire volumineux de l’aisselle. Évacuation du pus. Lavage. Occlusion. Réunion primitive. (Observation recueillie par M. Charnal, interne des hôpitaux.) — Brémont, 19 ans, charbonnier, entre le 17 février 1855 à l’hôpital Lariboisière, salle Saint-Augustin, 2G.

Ce malade se plaint d’une douleur vive dans l’aisselle droite, douleur qui s’exaspère par le moindre mouvement du bras et dont le début remonte a 7 ou 8 jours environ.

Un premier examen pratiqué avec ménagement provoque des douleurs intolérables. On constate cependant dans l’aisselle l’existence d’une tumeur molle, fluctuante, volumineuse, présentant tous les caractères d’un abcès franchement aigu et paraissant avoir son siège dans les ganglions de cette région.

La cause de cet abcès est inconnue. Le malade dont la constitution est très-robuste dit ne s’étre blessé ni à la main, ni au bras. Aucune douleur dans le membre supérieur droit.

19 février. — Le malade est endormi au chloroforme.

Une ponction est faite avec le bistouri et donne issue à un demi-verre environ de pus phleginoneux et de bonne nature. Des pressions sont exercées dans tous les sens sur l’ab-

cès afin de le vider complètement, puis on lave le foyer avec un irrigateur. De nouvelles pressions expulsent jusqu’aux dernières gouttes du liquide introduit. Cuirasse sur la plaie d’ouverture. L’aisselle est garnie d’un fort coussin de charpie destiné à faciliter la compréssion de la région. Le bras est maintenu dans une écharpe de Mayor comme pour la fracture de la clavicule. De plus une bande circulaire allant de l'aisselle gauche sur la partie inférieure du deltoïde droit maintient encore le bras dans l’immobilité en exerçant une compression modérée.

20 février. — On ôte le bandage. L’exploration, qui, avant l’opération, était très-douloureuse, ne cause actuellement aucune douleur. On rétablit le pansement.

21. — Même exploration, même insensibilité. La plaie de la ponction est cicatrisée. Pas une goutte de pus sur les pièces de pansement.

Le bandage est maintenu par précaution pendant deux ou trois jours, puis le bras est laissé complètement libre, sans que pour cela les douleurs se reproduisent. Il ne reste à la place de l’abcès qu’un petit point induré résultant probablement de la cicatrisation des parois de la cavité.

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