Le malade sort parfaitement guéri
Comme les bourses sous-cutanées n’ont pas une grande force de résistance ni des limites aussi nettement arrêtées que celles des autres poches membraneuses, on ne doit pousser l’injection qu’avec beaucoup de douceur pour ne pas envoyer le liquide dans tout le tissu cellulaire du membre.
Obs. 599. — Abcès de la bourse sous-cutanée du coude. Extension de la rougeur et du gonflement à la face postérieure de l'avant-bras. Lavage. Occlusion. Guérison au bout de sept jours. — Yaudmann (Charles), 29 ans, ébéniste, rue Traversière, 85, entre le 25 novembre 1850 à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, n° 20.
Sans chute, sans coup, sans cause appréciable enfin, cet homme éprouve depuis cinq jours de la douleur au bras, ce qui rend les mouvements impossibles.
Le 20 novembre, on constate à la hauteur de l’olécràne du côté gauche une lluctuation bien manifeste, bien circonscrite. On trouve réunies toutes les apparences d’un abcès de la bourse sous-cutanée du coude. L’abcès à la vérité est circonscrit, mais là ne s arrête pointla maladie. La rougeur et le gonflement s’étendent en s’irradiant jusqu’à une certaine distance de l’abcès et surtout à la face postérieure de l’avant-bras.
On fait une ponction à l’abcès, puis on lave au moyen de l’irrigateur. Seulement au lieu d’une canule de seringue à hydrocèle qu’on emploi ail jusque-là, on coiffe l’extrémité de la canule avec un petit tube Gariel en caoutchouc très-flexible. Cette manœuvre permet de laver bien complètement l’intérieur de l’abcès. Pansement par occlusion.
SECT. XI. — SUPPURATIONS DES MEMBRES SUPÉRIEURS. ô39
27. — Absence complète île douleur, même à la pression, sur le centre (le l’abces. Un peu de pus rougeâtre sort par l’ouverture. On rétablit la cubasse.
28. — On trouve encore un peu de pus qu’on expulse au moyen de la pression. Il y a
encore de la douleur. Cuirasse.
(11 est à remarquer que la douleur très-vive qui a lieu pendant l’opération se calme constamment très-peu de temps après l’application de la cuirasse et fait place le lendemain a une insensibilité complète.)
29. — On lève la cuirasse. La pression sur le coude n’éveille pas de douleur vive. La rougeur périphérique qui s’étendait principalement sur l’avant-bras diminue d’intensité et prend une teinte rose pâle.
Le 2 décembre, le malade est complètement guéri. Il sort de l’hôpital quelques jours après, sans que rien soit venu troubler la guérison.
C’est là encore un de ces exemples qui, sans pouvoir être invoqués comme preuve de la réunion immédiate et d’emblée, témoignent de la bénignité que présentent les collections purulentes, de la tolérance qui s’établit, de la rapidité des terminaisons sous l’influence du traitement par le lavage. Dans ces cas, aussi bien que dans une foule d’autres, nous avons constaté avec autant de surprise que de satisfaction qu’il n’y avait point d’antiphlogistique comparable au procédé opératoire dont nous nous occupons. La disparition subite de ces rougeurs et de ces empâtements qui, dans le voisinage d’une collection purulente, principalement dans certaines régions comme celle du coude, sont des indices presque assurés de la diffusion imminente ou déjà commencée du pus dans le tissu cellulaire, nous a prouvé que la pratique du lavage était la méthode abortive la plus énergique contre la diffusion purulente.
Obs. 600. — Lésion traumatique de la bourse muqueuse du coude gauche. Propagation /le l'inflammation à la région postérieure externe de l’avant-bras. Contre-ouverture. Cataplasmes. Attouchements avec la solution de nitrate d’argent. Cuirasse. Guérison. — Cartigny, carrier, 40 ans, constitution robuste, entre le 9 avril 1842 à l’hôpital Cochin, salle Sainte-Marthe, n"> 5.
11 y a quinze jours, chute sur le coude, plaie de quelques lignes d’étendue pénétrant en profondeur jusque dans la bourse muqueuse olécranienne gauche. L’inflammation s’est bientôt étendue sur la région postérieure externe de l’avant-bras. Tuméfaction œdémateuse considérable.
La sonde cannelée introduite dans l’ouverture faite à la bourse muqueuse pénètre de trois pouces sous la peau de l’avant-bras suivant un trajet oblique à la partie interne. Contre ouverture sur l’extrémité de la sonde sentie à travers la peau. Issue de pus et' de sang. Linge cératé. Cataplasmes.
Le lendemain, rougeur et douleur diminuées, détente marquée. Même pansement. Solution a 5 grammes sur la plaie du coude.
Les jours suivants, marche rapide vers la cicatrisation. Encore un peu d’empâtement à la partie interne de. l’avant-bras.
Sous une cuirasse au sparadrap, la cicatrisation s’efl’ectuc rapidement. C’est-à-dire que neuf jours après l’entrée à l’hôpital, cet homme a pu sortir sans offrir aucune trace de son accident.
Dans ce cas, comme dans les précédents, on voil que c’est vers la
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partie postérieure et externe de l’avant-bras que l’inflammation suppurative de la bourse muqueuse du coude a le plus de tendance à se propager. Dans l’observation qui va suivre on verra que par exception le décollement produit par l’abcès s’est étendu vers la partie postérieure du bras. Mais dans quelque sens que la phlegmasic se porte, elle s’étend constamment bien au delà des limites de la bourse muqueuse et un traitement énergique permet seul d’arrêter dans leurs progrès ces inflammations consécutives à la maladie première.
Obs. COI. — Abcès de la bourse muqueuse du coude. Extension de la suppuration à la partie postérieure du bras. Incision. Cataplasmes. Nouveaux abcès. Nouvelles incisions. Guérison au bout de quinze jours. — Le 5 mai 1842, entre à l'hôpital Cochin un homme de 47 ans, charpentier. Il y a huit jours, chute sur le coude ne produisant qu’une légère écorchure. Le hlessé continue son travail, mais bientôt l’inflammation se manifeste; douleurs, engorgement.
5 mai. — Engorgement érysipélateux de toute la région du coude. Collection liquide remplissant la bourse muqueuse dont la capacité s’est considérablement accrue. L’empâtement a envahi tout l’avant-bras. Le décollement produit par l’abcès n’est point circulaire. Il ne se propage pas, connue nous l’avons déjà observé chez plusieurs malades, à la partie postéi’ieure externe de l’avant-bras. Il remonte, au contraire, vers la partie postérieure du bras. La peau est excessivement amincie. Incision à la hauteur de T olécrane. Linge cératé. Large cataplasme.
G. — Cessation des douleurs. Un peu moins d’engorgement dans les parties environnantes.
7. — L’engorgement n’a pas diminué depuis hier. La partie externe du coude est rouge, violacée, luisante. On craint un décollement. L'incision n’a pas été suffisante pour un dégorgement complet. Pourtant l’inflammation ne gagne pas l’avant-bras.
8. — L’abcès semble envahir la partie postérieure du bras. L’avant-bras n’offre plus qu’un peu d’empâtement.