Exeat. Guérison complète
Quoique la terminaison de cet abcès ait été heureuse d’une manière relative, en ce sens du moins que le malade a complètement guéri et dans un espace de temps qui n’est pas considérable, ce fait comparé à ceux dans lesquels on emploie la méthode du lavage et de l’occlusion ou celle du drainage par les tubes élastiques montre la grande supériorité de ces méthodes sur la manière ordinaire de traiter les abcès. On a
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vu en effet qu’il a fallu à plusieurs reprises inciser les tissus, que l’inflammation ne s’est point apaisée immédiatement après les premières incisions et qu’en somme la maladie a exigé, pour sa guérison beaucoup plus de temps que cela n’a lieu dans le cas de drainage.
L’observation suivante nous offrira l’exemple d’une extension de la collection purulente primitive sans rupture de la bourse muqueuse et par suite sans épanchement du pus dans le tissu cellulaire circonvoisin. On sait en effet que la bourse muqueuse olécranienne envoie des prolongements dans le tissu cellulaire suivant diverses directions. L’un de ces prolongements s’étend d’avant en arrière à partir du bord inférieur de l’épicondyle. C’est là ce qui nous explique l’existence , dans le cas dont il va être question , d’un diverticulum de la principale collection purulente qui s’étendait dans la direction indiquée.
Obs. 002. — Phlegmon de la bourse muqueuse du coude à la suite de violences extérieures. Extension consécutive de la collection purulente. Large ouverture. Linge céraié. Cataplasmes. Puis occlusion. — Le 7 avril 1842, entre à l’hôpital Cochin, salle Sainte-Marthe nD 7, Dufour (Jean-Louis) , 43 ans, carrier à Arcueil.
Cet homme a fait une chute sur le coude. Plaie légère, mais contusion forte. Sans faire attention à cette plaie si simple en apparence, cet homme continue à travailler. Une petite croûte s’était formée sur la plaie et le malade n’éprouvait aucune gêne dans les mouvements du bras. Quelques jours plus tard, de l’inflammation se développe; chaleur des parties environnantes ; mouvements de l’articulation difficiles et douloureux. Entrée à l’hôpital.
A la hauteur delà région olécranienne, tumeur large d'environ deux pouces assez régulièrement circulaire, représentant assez exactement lés limites de la bourse muqueuse, offrant une fluctuation très-manifeste. Rougeur et chaleur considérable de l’avant-bras avec tous les caractères d’un érysipèle phlegmoneux au début.
8 avril. — Incision dans toute la longueur de la tumeur. Issue d’un pus mal lié mêlé de grumeaux. Compression méthodique depuis la main jusqu’au pli du coude. Linge cératé, cataplasmes. Le stylet promené dans l’abcès n’indique pas de communication anormale de la bourse muqueuse. La pression du stylet ne détermine pas d’écoulement sanguin, ce qui aurait sans doute lieu si on agissait sur une membrane pyogénique. Il est donc bien évident que l’abcès s’est formé dans la bourse muqueuse et y est resté.
0. — L’empâtement n’a pas diminué. Douleur accusée au côté externe du coude. En effet la pression dans ce point donne lieu â un jet de pus mélangé de grumeaux. Il y a là un prolongement de la principale collection purulente s'étendant d’avant en arrière dans une longueur de deux pouces et demi environ, à partir du bord inférieur de l’épicondyle.
Large ouverture.
Le lendemain l’engorgement a beaucoup diminué sous une légère compression»
11 et 12. — Linge cératé. Cataplasmes.
13. — L’œdème de l’avant-bras a complètement disparu. Bandelettes.
14. — L’adhésion des parois s’effectue. Solution. Bandelettes.
15. — Il est survenu un peu d’œdème. Linge cératé, pas de bandelettes, cataplasmes.
Du IGau 21, la cicatrisation fait des progrès rapides sous le pansement par occlusion.
22. — Le malade demande sa sortie. Les plaies ne sont pas encore complètement cicatrisées.
Chez ce malade nous avons remarqué une particularité assez curieuse relativement au diagnostic. A la partie externe du bras un peu au-dessus de l’épicondyle, on apercevait une tumeur du volume d’une coque de noix qui à première vue en eût imposé pour un déplacemeut osseux. En y portant la main on reconnaissait un épaississement assez considérable de la peau, une espèce de durillon du matelas graisseux. L’os môme semblait avoir subi en ce lieu une hypertrophie partielle. Ce coussinet graisseux existait sur les deux bras, mais plus marqué sur \* bras droit. C’était évidemment le résultat des habitudes professionnelles de cet homme. En effet, dans les carrières, certains ouvriers travaillent dans une attitude telle que, couchés sur le côté et le coude appuyé sur le sol ils dirigent leurs outils contre la pierre qu’ils veulent extraire. C’est là sans doute la cause du durillon qu’ils portent au côté externe du coude.
Obs. G03. — Vlilegmon par diffusion de l’avant-bras consécutif à une déchirure de la bourse séreuse sous-cutanée du coude. Drainage. Guérison. — Sédillot (Gustave), 20 ans, garçon boucher, demeurant boulevart Rochechouart n° 10 , à Montmartre, entre le 18 avril 1857 à l’hôpital Lariboisière.
Cet homme est tombé de cheval il y a dix jours ; son coude gauche a porté sur le sol et il a ressenti une vive douleur dans cette région en se relevant. Cette douleur a persisté, puis le coude s’est tuméfié, et l’avant-bras a participé bientôt à cette tuméfaction.
Des renseignements fournis par le malade et de l’examen de son membre il résulte 1° qu’en frottant violemment sur le sol, la peau du coude a été contusée et la bourse séreuse sous-jacente déchirée ; 2» qu’une inflammation suppurative à été la conséquence de ce traumatisme; 3° que les produits de cette inflammation, au lieu de séjourner dans la bourse séreuse en s’y accumulant, se sont épanchés dans le tissu cellulaire de l’avant-bras et ont donné lieu aux accidents du phlegmon par diffusion.
On pratique une incision profonde à la partie supérieure de l’avant-bras. C’est alors que l’on constate l’existence d’un vaste décollement. Pour épargner au malade de nouvelles incisions, on passe un tube à drainage dans toute l’étendue de ce décollement.
Grâce à l’emploi de ces moyens, et avec l’aide des cataplasmes, l'inflammation a cessé de faire des progrès. Les parties décollées ont recouvré leurs adhérences normales et le malade peut quitter l’hôpital le 28 avril dans l’état le plus satisfaisant.
Huit jours après, il est revenu â la consultation. Toute suppuration ayant cessé, on a pu lui retirer son tube.
II est, des hygromas à forme aiguë qui peuvent, en raison des phénomènes inflammatoires qu’ils présentent, en imposer pour des hygromas suppurés. — L’observation suivante en est une preuve. Or, bien que nous ayons admis en principe qu’il ne faut pas trop différer l’ouverture des hygromas suppurés, il est aussi de règle de ne pas trop se presser dans la crainte de les ouvrir prématurément, ainsi que cela a eu lieu dans le cas que nous allons rapporter. 11 est probable que, si dans ce cas on eût fait une application de sangsues, on eût prévenu le développement ultérieur de la suppuration. — Voici d’ailleurs le fait.
Obs. 604. — Uygroma du couclc à forme aiguë. Incision. Cataplasmes. Guérison.
Le 15 avril 1854 , entre à l’hôpital Lariboisière, salle Sainte-Jeanne, n« 12, le nommé Alma (Félix) , âgé de 20 ans, né à Paris, garçon boucher, Chaussée de Clignancourt 15. Ce jeune homme porte au coude droit une petite tumeur du volume d’une noix, dont l’existence remonte ù environ quinze jours. Il se rappelle être tombé sur le coude, et depuis cette époque il a éprouvé des douleurs assez vives â la région du coude. La peau est rouge, douloureuse et un peu tuméfiée. La proéminence de la tumeur sur le point correspondant à la bourse séreuse de l’olécràne, sa sphéricité bien circonscrite, la fluctuation que bon perçoit aisément, le peu de temps qui s’est écoulé depuis son apparition, font diagnostiquer un hygroma aigu. Une incision longue d’environ trois centimètres est pratiquée sur la tumeur et laisse écouler un liquide filant, transparent, de couleur citrine. Après l’opération, application de cataplasmes émollients, immobilité dumembre à l’aide d’une gouttière.