Insomnie; pas de douleur à la cuisse. Pansement
31. La veille, au soir, le malade a eu un peu de fièvre; langue sèche, soif vive, pouls à î)(i, chaleur à la peau. On palpe la cuisse au travers de l’appareil; rien d’anormal.
i«r août. — Pouls à 120, peau brûlante, langue sèche, soif vive, un peu d'agitation nocturne ; tuméfaction et douleur a la cuisse, rougeur a la partie externe de la cuisse et de la jambe gauches, depuis le coude-pied jusqu’à la région iliaque. Le pansement est immédiatement enlevé. La plaie, réunie par les aiguilles, présente une adhésion en apparence complète; on parvient cependant à en décoller les deux lèvres, et alors il s’échappe une assez grande quantité de pus sanieux et inlect. Cataplasmes.
2. — Langue sèche, prostration très-marquée, suppuration toujours abondante.
3. — Il semble qu’il y ait un peu d’amélioration dans l’état général ; pouls toujours très-fréquent; cuisse et jambe douloureuses.
4. — U y a eu du délire pendant la nuit; langue sèche et fuligineuse; soif très-vive ; pouls très-faible, très-fréquent. Je pratique au côté externe du membre deux larges incisions qui donnent issue à de la sérosité moitié lactescente, moitié sanguinolente.
5. — Prostration encore plus marquée, rougeur érysipélateuse qui a envahi la partie interne du membre. Deux nouvelles incisions sont pratiquées, l’une à la parlie interne de la cuisse, l’autre à la partie externe de la jambe ; écoulement de pus sanieux et incomplètement formé.
G. — Mort à cinq heures du matin.
Autopsie. — Tous les organes ont été examinés ; ceux de la poitrine n’ont olTert aucune altération.
Abdomen. — L’intestin grêle présentait de petits foyers hémorrhagiques disséminés dans toute sa longueur; dans le cæcum, ils étaient plus nombreux et avaient plus de volume; les plus petits avaient la grosseur d’une tète d’épingle, les plus gros celle d’une lentille. L’examen attentif des parois de l’abcès fit reconnaître l’exactitude de ce qui avait été avancé, pendant la vie du malade, sur l’absence complète d’altération osseuse. Le trochanter et les parties adjacentes étaient isolés du foyer purulent par des tissus sains; tous les muscles de la jambe et de la cuisse étaient infiltrés de pus. Dans l’épaisseur des muscles biceps, demi-tendineux et demi-membraneux, on apercevait des traînées purulentes, ainsi que dans les muscles jumeaux.
Le tissu cellulaire, à l’extérieur de l’aponévrose, était moins infiltré de pus que le tissu cellulaire sous-aponévrotique; il était sphacélé dans plusieurs points. Au milieu du pus, flottaient des lambeaux putrides et gangréneux.
Les incisions, quoique profondes, n’avaient pas dépassé l’aponévrose d’enveloppe.
L’altération ne remontait pas au-dessus du niveau de l’os iliaque.
Relativement au traitement des collcclions purulentes qui sc forment dans les bourses sous-cutanéês ou aponévrotiques nous croyons pouvoir établir les propositions suivantes :
La collection est-elle sous-cutanée ? Si l’on juge à propos de l’ouvrir il faut l’ouvrir de bonne heure au moyen d’une incision peu profonde et peu etendue en longueur. En agissant avec promptitude, on prévient la diffusion du pus dans toute la partie externe de la cuisse, diffusion rendue imminente par le peu de résistance des parois de la bourse sous-cutanée.
La collection au contraire est-elle sous-aponévrotique ? on peut, à raison des digues plus puissantes qui la contiennent, ouvrir plus tardivement sans danger; mais quand on se décide à cette opération l’incision doit être profonde, elle doit avoir toute la longueur de la collection ellemême, et il convient de remplir de charpie le foyer qui a été ouvert, afin de modifier la nature de la surface et de faciliter l’adhésion de ses parois après suppuration.
Le cas que nous allons rapporter montrera par la simplicité de ses suites la différence qui existe entre les résultats du traitementde l’hygroma trochantérien suppuré par la méthode du drainage, et les résultats du traitement par les procédés ordinaires et notamment par l’incision.
Obs. 711. — Hygroma suppuré de la bourse trochantérienne du côté droit. Drainage. — Auclair (Jean), 25 ans, cultivateur, est entré le 11 juin 1855 à l’hôpital Lariboisière.
A l’âge de 18 ans, il a éprouvé dans les membres inférieurs des douleurs qu’il attribue à la nécessité où il s’est trouvé de travailler dans les mines pendant plusieurs mois. Ces douleurs ont été en augmentant d’intensité, elles ont gagné les membres supérieurs, si bien que le malade fut obligé de renoncer à ce genre de travail et de garder le lit pendant plusieurs mois.
Au mois de mai 1852, il fut traité à la Pitié d’une lièvre typhoïde pour laquelle il dut rester deux mois dans cet hôpital.
En mars 1854, le malade s’aperçut de l’existence dans la région trochantérienne du côté droit d’une tumeur qui acquit promptement le volume d’un œuf de poule et devint douloureuse au toucher. Par le repos et quelques liniments, les douleurs se dissipèrent, mais la tumeur conserva le même volume.
Vers le printemps de 1855, les douleurs reparurent dans la région trochantérienne avec une très-grande intensité, la marche devint difficile, et le malade fort inquiet se décida à entrer à l’hôpital le 11 juin de la même année.
On constate dans la région trochantérienne droite l’existence d’une tumeur inégale, fluctuante, paraissant constituée par le développement anormal de la bourse trochantérienne et présentant la forme en coup de hache qui existe souvent dans les affections hygromateuses de cette partie.
18 juin. — On plonge de bas en haut dans la tumeur un trocart qui donne issue à un liquide purulent, roussàtre, grumeleux, puis on pratique dans la poche une injection iodée et l’on panse par occlusion.