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SUPPURATIONS DE LA JAMBE

On rencontre à la jambe de très-nombreuses variétés d’abcès, parmi lesquelles nous signalerons : 1° des abcès angioleucitiques ; 2° des abcès par cause traumatique directe; 3° des abcès variqueux; 4° des abcès profonds ; 5° des phlegmons diffus ; 6° des abcès sous-périostiques aigus; 7° des abcès froids; 8° des abcès critiques; 9° des abcès multiples.

Art. Ier. — Al»cès angioleucitiques.

De toutes les variétés d’abcès qu’on peut observer à la jambe, les abcès angioleucitiques sont sans contredit les plus fréquents.

Les excoriations déterminées par des chaussures grossières sur des parties saillantes, telles que le tendon d’Achille, les malléoles, les orteils, sont la cause la plus ordinaire de cette espèce d’abcès. Chez un de nos malades, c’est à l’écrasement du gros orteil que succéda l’inflammation suppurative des vaisseaux lymphatiques de la jambe. D’autres fois, il nous a été impossible de saisir la cause de cette phlegmasie.

Dans les cas assez nombreux qu’il nous a été donné d’observer, d’abcès angioleucitiques de la jambe, la maladie s’annonçait par l’apparition, sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, de plaques rosées, insuliformes; puis quelques-unes de ces plaques se transformaient en bosselures plus ou moins volumineuses, où l’on ne tardait pas à percevoir la fluctuation. Un caractère de ces phlegmons, c’était de se montrer au nombre de deux, trois où quatre, à la face interne du membre. La suppuration était leur terminaison la plus habituelle.

Par le lavage et l’occlusion, nous avons vu la réunion primitive avoir lieu chez un malade auquel un de nos internes, M. Bailly, avait ouvert un abcès de la jambe, consécutif à une angiolcucite qui avait eu pour

point de départ l’écrasement du gros orteil. Il en a été de môme dans le cas que nous allons rapporter.

Ons. 762. — Abcès àngioleucitique volumineux de la jambe. Ouverture. Lavage. Occlusion. Reunion primitive. — Grassot (Jacques), 33 ans, charretier, rue de Neuilly, 20, est entré le 1er mars 1852 à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, 37.

Écorchure déterminée par le soulier et située un peu en arrière de la malléole interne. Deuxième excoriation située au-dessus du cinquième métatarsien et ayant débuté par une ampoule.

Ces petites plaies ont amené la formation d’un abcès àngioleucitique siégeant à la partie interne du mollet gauche sur le trajet de la saphène. Cet abcès a la forme ovalaire, son diamètre longitudinal est de 14 centimètres, son diamètre transversal de 9 centimètres. Depuis cinq jours, le malade est obligé de garder le lit. Ouverture de l’abcès, lavage abondant, occlusion.

3 mars. — On peut aujourd’hui presser impunément sur la région où siégeait l’abcès. Le malade n’accuse pas la moindre douleur. On laisse le pansement occlusif.

L’engorgement des ganglions inguinaux correspondants a nécessité une application de ventouses scarifiées qui a été suivie d’un bon résultat.

4 . — Renouvellement complet du pansement. La cuirasse est à peine tachée par un peu de magma lymphatico - purulent. Point de décollement; absence complète de douleurs.

7. — On renouvelle le pansement. 11 n’y a pas la moindre humidité sous la cuirasse. La réunion est parfaite. Bain.

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