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Amélioration de plus en plus marquée

15 janvier 1851. — Le malade a éprouvé la veille un frisson qui a duré deux heures.

On craint une suppuration profonde et la pénétration du pus dans l’articulation.

18. — On perçoit tous les signes d’un épanchement articulaire; des traînées angioleucitiques s’observent à la partie supérieure du membre. L’amputation est décidée et pratiquée le jour même. L’examen de la pièce a démontré en effet l’ouverture d’un abcès dans l’enceinte articulaire.

Art. G. — Suppurations concomitantes «les tumeurs Planches

«lu genou.

Les abcès qui accompagnent les tumeurs blanches peuvent se présenter sous trois formes très-différentes : ou bien il y a suppuration complète de la cavité articulaire avec ou sans rupture de la synoviale, ou bien il y a une suppuration circonscrite etostéopathique dont le siège se trouve sur l’une ou l’autre des bordures osseuses des têtes articulaires, ou enfin il existe des abcès de voisinage dans les gaines des tendons, ou sur tel ou tel point des tissus cellulaire et membraneux qui entourent l’articulation.

Nous avons appliqué avec succès la méthode du drainage par le séton perforé à toutes ces formes de la suppuration concomilanle des tumeurs blanches du genou.

Nous devons ajouter qu’il est deux autres affections péri-articulaires dans lesquelles nous avons eu recours à l’emploi des mêmes moyens avec un succès non moins marqué; nous voulons parler de certaines fongosités péri-articulaires, qui n’ont aucune connexion directe avec les articulations elles-mêmes, et de certains abcès circonscrits ayant leur origine dans une affection parfaitement localisée de l’extrémité épiphysaire des os tout près de l’articulation, et cependant complètement étrangère à celle-ci.

Quelques exemples sont nécessaires pour bien faire comprendre le sens des divisions qui viennent d’être énoncées :

1° Suppurations capsulaires dans les tumeurs blanches du genou. Nous avons traité à l’hôpital Lariboisière et complètement guéri de sa tumeur blanche un malade, dont l’articulation fémoro-tibiale gauche était assez profondément altérée pour que deux chirurgiens très-distingués et trèssages des hôpitaux eussent cru devoir proposer l’amputation de la cuisse. Une collection intéro-articulaire existant chez ce malade, la ponction explorative fut faite et nous fit reconnaître du pus. Trois injections iodées, à plusieurs mois de distance, furent poussées dans la cavité articulaire qui finit par suppurer à découvert. Les surfaces articulaires, complètement dépouillées de leur cartilage, donnaient une suppuration abondante qui ne s’est tarie à la longue que grâce à l’emploi du drainage par les canules en Y. Le traitement de ce malade n’a pas duré moins de dix-huit mois, mais il a fini par obtenir une guérison complète de sa tumeur blanche, conservant, cela est bien entendu, une ankylosé rectiligne du genou.

2° Suppurations circonscrites et ostéopathiques. — Chez un malade, atteint de caries multiples sur le membre supérieur droit et de tumeur blanche du genou gauche, nous reconnûmes, après la réduction du gonflement périphérique par notre traitement ordinaire des tumeurs blanches, une collection parfaitement circonscrite et siégeant au niveau de la ligne inter-articulaire sur la bordure interne de la tête du tibia. — Ponction explorative avec un instrument très-fin, existence du pus bien constatée, dénudation très-circonscrite de l’os, transfixion, au moyen du trocart à drainage, d’une des extrémités de la collection à l’autre et installation d’un séton perforé; guérison complète de l’abcès au bout de cinq septénaires.

3° Abcès de voisinage non ostéopathiques. — Les exemples d’abcès de ce genre, que nous avons traités et guéris par le drainage au moyen de canules en Y et du séton perforé, sont tellement nombreux que nous regardons comme superflu d’en citer des exemples, le fait ayant des occasions de se vérifier, pour ainsi dire, journellement.

4° Abcès epiphysaire sans connexion aucune avec les articulations et sans concomitance de tumeur blanche. — Pour ceux qui n’ont pas dirigé d’une

manière spéciale leur attention sur ce genre de faits, il est difficile de comprendre à quel degré le voisinage des articulations peut être criblé de trajets fistuleux dont l’existence se concilie avec une intégrité parfaite de l’articulation, avec la conservation de ses- mouvements et du poli de ses surfaces.

Nous avons en ce moment (octobre 1855), dans la salle Saint-Augustin, à l’hôpital Lariboisière, un sujet de 17 à 18 ans, atteint, à l’articulation du coude droit, de trois trajets fistuleux ostéopathiques, qui siègent, sur des points extrêmement rapprochés de l’articulation du coude. L’un de ces trajets correspond un peu au-dessous de la bordure articulaire du radius, le second à l’apophyse olécrane, le troisième, placé au milieu du pli du coude, tout près des vaisseaux, provient évidemment de l’extrémité inférieure de l’humérus, au-dessus du cul-de-sac articulaire. Au fond de ces trois trajets, le stylet fait découvrir une altération osseuse. C’est merveille de voir comment, au milieu d’un pareil désordre, l’articulation du coude a conservé le jeu et l’intégrité de ses surfaces. Grâce au drainage par les canules en Y, aidé cette fois de l’emploi des injections iodées, nous sommes parvenu à cicatriser d’une manière complète les trois trajets fistuleux et à conserver l’intégrité de l’articulation du coude, dont les mouvements sont restés souples et moelleux, sans posséder, toutefois, toute leur étendue normale. Car, sous l’influence de l’endolorissement péri-articulaire, il y a eu contracture du muscle biceps, et le mouvement d’extension de l’avant-bras sur/ le bras ne peut aller jusqu’à la ligne droite.

Voilà donc un exemple de suppuration parfaitement circonscrite dans chacune des trois têtes articulaires concourant à la formation d’une même jointure, suppurations complètement étrangères à l’articulation, définitivement localisées et guéries sur place par le secours du drainage.

5° Abcès produits par les fongosités péri-articulaires. — Nous avons retiré du drainage, au moyen des sétons perforés et des canules en Y, le résultats les plus heureux dans le traitement d’un certain nombre de cas où existaient de ces fongosités péri-articulaires, suites, par exemple, de contusions violentes portées sur une articulation, et notamment sur les parties lalérales de l’articulation du pied avec la jambe.

Lorsque ces fongosités entrent en suppuration, elles donnent lieu à des abcès de mauvais caractère. Les grandes incisions ne font quelquefois qu’aggraver le mal. Si, au contraire, on traverse ce genre d’abcès par des sétons perforés, ou si on les larde de canules en Y, on voit les trajets se convertir en tissu fibreux et même modulaire, qui finit par amener la condensation et, dans certains cas, la guérison définitive de ces fongosités.

Avant de recourir, pour le traitement de cette rebelle et dangereuse affection, à l’emploi des tubes à drainage sous leurs diverses formes, je

les traitais par des scarifications, ou plutôt par des lacérations profondes consistant à plonger un bistouri étroit sur cinq ou six des points de la tumeur, et ii en faire jouer la pointe profondément de manière à sectionner, dans une beaucoup plus grande étendue, en profondeur qu’en surface. Le résultat de ces ponctions dilacérantes était la transformation progressive du tissu fongueux et enfin la guérison.

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