La malade va très-bien. Exeat
Dans l’observation qui précède, on a vu que la cause traumatique avait produit l’abcès par l’inflammation directe des tissus lésés, mais il peut arriver que le foyer purulent résulte de réchauffement d’une collection sanguine, déterminée par la violence extérieure. Voici un cas où les choses se sont passées de cette manière.
Obs. 7G5. — Abcès delà jambe par inflammation d’un épanchement sanguin. Ouverture, lavage , occlusion. Guérison au bout de quelques jours. — Rellanger (Louis), serrurier, 54 ans, est entré à l’hôpital Saint-Antoine, le 25 mars 1852.
Il y a huit jours, le malade a reçu sur la jambe gauche un coup violent qui a déterminé au-devant de la face interne du tibia un épanchement sanguin formant un foyer assez considérable. L inflammation s est emparée de ce foyer qui a été évacué, lavé et pansé par occlusion. La peau est amincie et décollée dans une assez grande étendue ; le périoste ne parait pas être intéressé.
29. — On lève la cuirasse et l’on ne trouve à sa face interne qu’un magma lymphatique sanguin. Les bords de l’incision présentent une très-grande netteté. Occlusion.
’**■ Les parois semblent recollées dans presque toute leur étendue. Il y a encore un peu de tuméfaction autour des lèvres de la plaie qui laisse suinter un peu de magma lymphatique. Cuirasse.
1er avril. — Guérison complète.
J’ai encore observé, à l’hôpital Lariboisière, un cas d’abcès de la jambe par cause traumatique, dans lequel un vaste épanchement sanguin donna lieu à des désordres considérables qui furent efficacement combattus par le drainage. Voici l’exposé du fait.
Obs. 766. — Vaste abcès clc la jambe par cause traumatique. Épanchement sanguin considérable. Décollements étendus. Drainage. Guérison. — Depoutot (Honoré), 21 ans, maréchal-ferrant , est entré à l’hôpital Lariboisière dans les premiers jours de septembre 1855.
Le 7 août, c’est-à-dire un mois auparavant, ce malade avait reçu un coup de pied de cheval par suite duquel s’était produit à la jambe un vaste épanchement sanguin.
A son entrée à l’hôpital on le traita par le drainage à deux tubes sur une longueur de 81 centimètres depuis le point d’insertion inférieure des jumeaux jusqu’au-dessus du creux poplité. Le liquide épanché avait occasionné dans tout le membre des décollements considérables, de sorte que pour conduire les tubes perforés, la sonde s'était frayé un passage aussi facile qu’étendu.
Pendant trois semaines environ que ces tubes demeurèrent en place, il ne se produisit aucun accident. Le malade ne fut soumis à aucun traitement particuher ; il eut toujours le ventre parfaitement libre, dormant bien, ayant grand appétit.
Il sortit entièrement guéri le 25 octobre 1855.
Art. 3. — Abcès variqueux «le la jambe.
Il est cassez commun de voiries veines variqueuses superficielles de la jambe s’enflammer par une cause quelconque; coups, excoriations, fatigues excessives, marches forcées, station prolongée, etc., mais, le plus habituellement, cette inflammation est simplement adhésive. Rarement elle s’élève jusqu’au degré suppuratif. Voici cependant un cas d’abcès résultant de l’inflammation de veines variqueuses de la jambe.
Obs. 767. — Abcès variqueux delà jambe par suite de fatigues. Ouverture. Cataplasmes. — Roque (Pierre), charretier, 50 ans, est entré le 13juinl852 à l’hôpital Saint-Antoine, salle Saint-François, 21.
Le malade porte depuis longtemps à la jambe gauche des varices qui se sont enflammées il y a quinze jours à la suite de fatigues ; des abcès se sont formés sur plusieurs points de la face interne du membre. L’un d’eux s’est ouvert spontanément ; les deux autres ont été vidés au moyen de larges incisions. Cataplasmes. Les ganglions inguinaux du côté correspondant sont assez fortement hypertrophiés.
Ouverture d’un nouvel abcès situé à la partie moyenne de la jambe. La suppuration des autres foyers continue. Cataplasmes.