L’éruption marche bien. Les plaies sont en bon état
3 novembre. — Ombilication des pustules; point d’accidents.
8. — Dessiccation des pustules. Les plaies ont très-bon aspect.
11. — Un vaste abcès bien manifestement fluctuant s’est formé à la partie interne et supérieure de la cuisse. Il s’étend jusqu’aux muscles, ainsi qu’on le reconnaît au moyen d’une incision qui donne issue à une grande quantité de pus verdâtre, mal lié, de mauvaise nature. Canules. Cataplasmes.
12. — Suppuration abondante. État général assez satisfaisant. Un peu de fièvre hier. Dessiccation complète des pustules varioliques.
21. — Les plaies vont bien. Sous l’influence des cataplasmes, les chairs ont pris une teinteiblafarde. Occlusion.
1er décembre. — Les plaies sont tout à fait cicatrisées.
Bien que guérie de ses abcès et de sa variole, la malade est restée dans nos salles jusqu’au 28 décembre.
Art. ï. — Alicrs «le la jambe par «liaMrèse purulente.
Sous la dénomination de diathèse purulente , nous n’entendons point parler seulement ici de cette affection qui se montre à la suite d’une plaie soit accidentelle, soit produite par le chirurgien et qui est caractérisée par la formation de collections purulentes ordinairement multiples dans divers points de l’économie. Nous y comprenons aussi cette disposition particulière que présente l’organisme à sécréter du pus à la suite de certaines affections, telles que les fièvres graves, l’érysipèle, la fièvre puerpérale, etc. — Nous avons déjà, dans l’article précédent, rapporté une observation d’abcès multiples du membre inférieur survenus dans la convalescence d’une fièvre grave. Nous rapporterons ici une
SECT. XII. — SUPPURATIONS DU MEMBRE INFÉRIEUR. 75ü
observation d’abcès de la jambe qui s’est manifesté chez une femme nouvellement accouchée.
Obs. 772. Vaste abcès phlegmoneux de la jambe droite chez une nouvelle accouchée.
Ponctions multiples au moyen d’une lancette ; évacuation du pus ; adhérence rapide des parois du foyer sans inflammation suppurative. — Une femme âgée de 25 ans, d’une constitution délicate, faiblement musclée, entra à l’hôpital Cochin le 26 avril 1842.
Elle était accouchée à la Maternité trois semaines auparavant et en était sortie au bout de sept jours dans un état satisfaisant. Les lochies coulaient avec abondance; les seins étaient peu volumineux, et, quoiqu’ils ne fournissent pas beaucoup de lait, ils suffisaient cependant à nourrir l’enfant. Il n’y eut pas de suppression des sécrétions naturelles.
Depuis sa sortie de la Maternité, la malade eut une diarrhée très-abondante qui amena un amaigrissement considérable et une teinte jaunâtre de la peau. 11 était survenu en même temps sans cause connue une douleur à la jambe droite dans la région antéro-externe. Impossibilité de marcher pendant dix jours. C’est alors qu’elle entra à l’hôpital. Faiblesse générale ; toux légère, diarrhée. A la jambe droite, partie antérieure et externe, il existe une tumeur allongée s’étendant depuis l’articulation du genou jusqu’au tiers inférieur de la jambe, elle n’est pas bosselée, et ne s’accompagne pas de rougeur marquée de la peau; elle est fluctuante dans toute son étendue. Au moyen de cette fluctuation, on peut constater qu’elle ne forme qu’un seul foyer très-vaste; la peau qui la recouvre et qui en constitue la paroi antérieure est amincie. La tumeur est indolente à la pression, et bien circonscrite. Le foyer est à l’extérieur de l’aponévrose et ne communique pas avec l’articulation du genou, car les mouvements d’extension et de flexion sont faciles et non douloureux.
Ponction avec un bistouri à lame fine à l’extrémité inférieure de la tumeur. Évacuation de 300 grammes environ d’un pus blanchâtre, bien lié, inodore.
On ne vida cette tumeur qu’à moitié afin de permettre à la peau de revenir peu à peu sur elle-même par sa contractilité naturelle. Mais le lendemain le pus s’était reformé avec une grande rapidité, la tumeur était aussi volumineuse que la veîlle ; M. Chassaignac fit alors au moyen d'une lancette sur toutes les régions de la tumeur des piqûres multiples par lesquelles le pus fut complètement évacué. Pansement avec de la charpie.
Les jours suivants la tumeur avait disparu, la peau était revenue sur elle-même ; elle adhérait déjà à la paroi profonde, lorsqu’il survint une inflammation assez intense, qui nécessita l’application de larges cataplasmes arrosés de laudanum. Disparition rapide des symptômes inflammatoires, adhérence complète des parois du foyer.
Pendant quelques jours, on établit une compression uniforme au moyen de bandelettes de diacliylon. Les petites piqûres faites par la lancette se sont cicatrisées rapidement, et le malade sortit complètement guérie trois semaines environ après son entrée.