‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 255 sur 264 · CHAPITRE YI1I · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI1I

SUPPURATIONS DU PIED.

Nous étudierons successivement à la région du pied les suppurations de la face dorsale et celles de la face plantaire.

Art. 1er. — Abcès «le la face «lorsale «Im pied.

Les abcès de la face dorsale du pied peuvent succéder à des plaies contuses ou bien survenir à l’occasion de fractures et de luxations compliquées. Dans ce dernier cas ils sont très-graves, attendu qu’ils peuvent fuser dans la gaine des tendons, remonter vers la jambe, s’infiltrer dans l’espace inter-osseux ou même pénétrer dans l’articulation tibio-tarsienne. — Le foyer une fois ouvert, le drainage est le meilleur remède à opposer aux progrès du mal. Si cependant la suppuration continuait ses ravages, on pourrait être conduit à pratiquer l’amputation.

Les abcès pédieux dorsaux, qui ne reconnaissent pas pour cause les grands délabrements dont nous avons parlé, sont à la fois beaucoup plus fréquents et beaucoup moins graves. Ils ont une grande tendance à se porter vers la peau, et fusent rarement au loin. Cependant nous trouvons là cette môme disposition anatomique que nous avons signalée dans la région péri-malléolaire, savoir : la mobilité extrême de la peau, la facilité avec laquelle se déchire le tissu cellulaire et par suite une tendance toute particulière aux décollements cutanés dans les abcès de la face dorsale du pied.

On trouvera une preuve à l’appui de ce que nous venons de dire dans l’observation suivante qui offre un exemple d’abcès angioleucitique de la face dorsale du pied. Dans cette observation on verra que, malgré un décollement assez étendu, la guérison put être obtenue assez rapidement.

Obs. 780. — Abcès angioleucitique considérable du cou-de-pied. Décollement étendu. Lavage. Occlusion. — Jalabert (Jean), plâtrier, 43 ans, rue des Saints-Pères, 15, est entré à l’hôpital Saint-Antoine le 9 avril 1852.

Depuis trois semaines environ, le malade présente à la malléole interne une écorchure qui suppure un peu. Il y a cinq jours, le pied est devenu rouge, tendu et douloureux. Depuis ce moment, le malade a continué de souffrir, et aujourd’hui il y a un gonflement considérable au niveau du cou-de-pied et dans les parties environnantes. La fluctuation est on ne peut plus manifeste. On pratique une incision à travers laquelle il s’écoule au moins un verre de pus épais et bien lié. On lave le foyer avec soin, et l’on tente la réunion primitive malgré l’épaisseur et la rigidité que la peau présente au point où l'on a fait l’incision.

11 avril. — On lève la cuirasse au-dessous de laquelle se trouve encore une certaine quan titéde pus. Nouveau lavage. Cuirasse.

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