‹ Traité pratique de la suppuration et du drainage chirurgicalChapitre 259 sur 264 · ABCÈS SOUS-CUTANÉS DE LA FACE PLANTAIRE · texte numérisé non relu

ABCÈS SOUS-CUTANÉS DE LA FACE PLANTAIRE

Ces abcès se forment entre l’aponévrose plantaire et la face profonde de la peau. Ils offrent ceci de particulier, qu’après avoir détruit assez rapidement le derme, ils arrivent sous la couche épidermique qui leur oppose un obstacle beaucoup plus résistant, et retarde ainsi le moment de leur ouverture à l’extérieur. L’épiderme, soulevé par le pus, se décolle au loin, et c’est habituellement à la circonférence de l’ampoule qui en résulte, et sur les points de cette ampoule qui offrent le moins d’épaisseur, que se fait la perforation spontanée de l’abcès. Lorsque le pus est retenu trop longtemps sous la carapace épidermique, il peut érailler l’aponévrose, et à travers ces éraillures se porter vers les parties profondes.

Il est donc d’une très-grande importance d’ouvrir de bonne heure ces sortes d’abcès, d’emporter soit avec le bistouri, soit avec des ciseaux, toute la portion d’épiderme décollée, afin d’ouvrir une large issue au pus et de prévenir sa migration vers les parties profondes. Le foyer étant ainsi mis à découvert, on recherchera avec soin si déjà l’aponévrose n’est pas traversée, et si la pression ne fait pas sortir par l’ouverture du derme, une quantité de pus qui serait hors de proportion avec l’étendue présumée de l’abcès, auquel cas il faudrait porter le bistouri plus profondément, et agir comme dans le cas d’abcès sous-aponévrotiques.

Page 1