ABCÈS DE LA CLOISON
11 se forme quelquefois, sans cause connue, à la suite de coryzas répétés, mais le plus souvent après une contusion, des collections purulentes siégeant de chaque côté de la cloison. Ces abcès apparaissent quelques jours après la blessure, quand ils succèdent à un coup. En voici les symptômes :
Tuméfaction générale du nez avec rougeur, tension et état luisant de la peau qui le recouvre. Les parties malades sont le siège d’une douleur tensive, pulsalive. Alors on aperçoit de chaque côté de la cloison, le plus souvent à sa partie antérieure, deux tumeurs circonscrites, à large base, fluctuantes, communiquant librement l’une avec l’autre, ainsique le démontre la fluctuation. Cette communication résulte de la rupture du cartilage de la cloison qu’on a observée dans tous les cas, depuis que Fleming a appelé l’attention sur cette circonstance. Quand la tumeur purulente est peu volumineuse, elle ne détermine pas de gène bien notable, mais, quand elle oblitère la narine, elle intercepte le passage de l’air, gène l’odorat et la respiration. Ces collections ne sont pas dangereuses; cependant, abandonnées à elles-mêmes, elles pourraient déterminer l’exfoliation des cartilages ou des os de la cloison, et par suite une déformation du nez. Il faudra donc inciser de bonne heure l’une de ces tumeurs; leur communication entre elles leur permettra de se vider après cette unique opération. Si cependant il y avait encore accumulation du pus, il y aurait lieu à Lune des meilleures applications du drainage à anse. Le tube fenêtré serait passé d’une des narines dans l’autre, à travers la cloison. Les douches nasales sont de rigueur en pareil cas.
Nous citerons l’observation suivante, en preuve de la facilité avec laquelle se reproduisent ces abcès, et de la nécessité d’y remédier par les moyens que nous venons d’indiquer.
Obs. 319. — Rabé (Adolphe), 16 ans, tourneur en cuivre, entre à l’hôpital Saint-Antoine le 25 juillet 1850.
Quelques jours auparavant le malade s’était présenté à la consultation avec un phlegmon sous-muqueux double siégeant de chaque côté de la cloison. Ces phlegmons s’étaient développés sans cause connue. Une incision lut pratiquée des deux côtés et il s’écoula un mélange de sang et de pus.
Lors de l’entrée du malade à l’hôpital, le 25, l’abcès s’était de nouveau formé de chaque eôté de la cloison. De nouvelles incisions sont pratiquées et un mélange de sang et de pus s’écoule encore de l’ouverture.
En explorant les plaies avec une algalie, on s’assure que l’algalie passe d’une des fosses
SECT. IV. - SUPPURATIONS DE L’APPAREIL OLFACTIF
nasales dans l’autre, non parce que la cloison est perforée, mais parce que la sous-cloison
est décollée. , .{
Le 27, les ouvertures s’étant cicatrisées, on est obligé d’en pratiquer de nouvelles pour
livrer 'passage «\ une certaine quantité de pus qui s’était accumulée une troisième fois.
Le 29 le malade va très-bien. Rétablissement de l’état normal.
Interrogé sur la cause de cette afl'ection, le malade répond qu’il l’attribue à .des démangeaisons qui l’ont obligé de gratter les parties affectées.
3i. — Sortie et guérison.
Le fait de la récidive immédiate à deux reprises différentes vient montrer toute l’utilité du drainage en pareil cas.