Le malade sort guéri
Obs. 321. — Une malade, âgée de 20 ans, nommée Legrain (Hortense), domestique, atteinte de suppuration extrêmement fétide des fosses nasales, entra à l’hôpital Lariboisière le 20 août 1855. Son moral était très-vivement, affecté par cette infirmité qui était devenue pour les personnes de son entourage quelque chose d’insupportable. Encouragé par les heureux résultats obtenus au moyen des douches abondantes lancées avec force, soit dans les cas de suppuration buccale par enchatonnement de la dernière molaire, soit dans des cas d’angine ou de coryza couenneux et en un mot dans tous les cas de foyers putrides et anfractueux, quelque soit le lieu où ils se développent, je fis administrer, trois fois par jour, et avec la pompe, atmosphérique, de ces douches lancées très-fortement et que j’appelle douches à toute volée. Dès le deuxième jour, l’odeur avait cessé ; les jours suivants, le résultat se continua et la malade put sortir parfaitement guérie dix jours après, c’est-à-dire le 1er septembre.
Je dis parfaitement guérie, attendu qu’ayant fait prendre des informations à plusieurs reprises auprès du confrère qui m’avait adressé cette malade, j’ai su de la manière la plus positive qu’aucune rechute n’avait eu lieu.
Du drainage dans les suppurations nasales.
J’ai obtenu d’excellents résultats dans les cas de suppurations nasales invétérées et putrides, en recourant au traitement que je vais indiquer, j
Deux bougies sont introduites chacune dans une des narines, et pénètrent toutes deux dans le pharynx; on ramène au moyen du doigt indicateur recourbé en crochet, leurs extrémités pharyngiennes, au dehors de la bouche ; on les attache l’une à l’autre au moyen d’un fil. On a alors une anse qui passe sans interruption d’une des fosses nasales dans l’autre, en contournant la partie postérieure de la cloison. Il n’y a plus ensuite qu’à substituer une anse à drainage à celle qu’on vient de former au moyen des deux bougies réunies.
C’est en lançant journellement de deux à trois douches abondantes et vives à travers le tube à drainage, qu’on parvient à déterger complètement les cavités nasales. Voici un exemple des bons effets de cette thérapeutique :
Obs. 322. — Ozène. Douches internasales. Guérison. — Cédille (Uranie), 15 ans, demeurant rue de Mulhouse, T, entre à l’hôpital Lariboisière le 29 octobre 1857.
Cette jeune fille, d’une constitution lymphatique, se plaint d’une affection nasale qui aurait débuté il y a 5 ans et ne se serait pas amendée depuis cette époque. Il y a eu dans • le principe des douleurs de tète, mais ce n’est qu’il y a un an que le coryza a pris une forme ulcéreuse franche et que la malade a commencé à rejeter des mucosités purulentes • et très-fétides par les fosses nasales. L’odeur insupportable qu’exhale la malade ne lui permettant pas de continuer son état, elle s’est décidée à entrer à l’hôpital.
On constate, au moment de son arrivée, tous les signes du coryza ulcéreux, la fétidité de l’odeur, les croûtes expulsées par les efforts de la malade, etc. On a recours aux douches internasales abondantes et répétées. Au bout de quelques jours les fosses nasales sont détergées, l’odeur fétide détruite et l’amélioration assez notable pour que la malade soit : en état de reprendre son service.
SECT IV. SUPPURATIONS DE L'APPAREIL OLFACTIF