Suppuration. L’incision conserve sa netteté
Le malade sort, il reviendra à la consultation. Je l’ai revu le 24 juillet. La peau ne s’est nullement altérée, elle a perdu de sa rougeur. La petite plaie n’est pas cicatrisée, quoique la tumeur ait subi un notable affaissement. Je parviens au moyen de pressions fortes à en faire sortir une certaine quantité de tissu ganglionnaire très-friable. J’expulse cette substance aussi complètement que possible. Au bout de quelques jours, le malade revieut présentant une cicatrisation complète.
SEGT. VI. — SUPPURATIONS PÉRI-MAXILLAIRES.
4r( 3 Ai»cès sus-maxillaires ortontopatlilques.
Les abcès odontopathiques de la région sus-maxillaire sont, nous l’avons déjà dit, beaucoup plus rares que les abcès du même ordre dans la région sous-maxillaire. Il y a de cela plusieurs raisons tout à fait péremptoires. D’abord l’éruption de la dent de sagesse à la mâchoire supérieure ne s’accompagne presque jamais de phénomènes douloureux et suppuratifs. Rien de plus commun pour la môme dent à la mâchoire inférieure.
En second lieu, les suppurations odontopathiques qui proviennent de la mâchoire supérieure, s’ouvrant très-facilement et d’elles-mômes dans la cavité buccale, ne donnent pas lieu à des abcès susceptibles d’acquérir un développement notable avant leur ouverture. Il est vrai de dire que, parce qu’ils sont moins aperçus, ils ne sont pas moins réels. Seulement, ils ne fournissent pas aussi facilement matière à des descriptions pathologiques.
En troisième lieu, les irritations odontopathiques de la mâchoire supérieure considérées en tant que susceptibles de provoquer des abcès angioleucitiques font toujours apparaître ceux-ci dans la région sousmaxillaire et non ailleurs.
Toutefois, nous ferons remarquer qu’il serait encore plus exact de dire que les abcès odontopathiques sont principalement sous-muqueux à la région sus-maxillaire, tandis qu’à la région sous-maxillaire ils sont plutôt sous-cutanés.
L’observation suivante est un exemple d’abcès odontopathique de la mâchoire supérieure.
Obs. 319. — Abcès odontopathique sus-maxillaire à gauche. Œdème de la joue et des paupières du même côté. Guérison. — Maillet (René), 30 ans, domestique, est entré le 23 octobre 1854 à l’hôpital de la Charité.
La dent canine supérieure gauche est douloureuse depuis trois mois. Mais les accidents qui ont amené le malade à l’hôpital ne datent que de quelques jours. 11 y a eu d’abord des douleurs assez vives dans l’oreille gauche, puis dans les gencives du même côté, et au bout de quarante-huit heures de ces souffrances apparut dans la région sus- maxillaire correspondante, un gonflement qui s’accompagna de chaleur, d’un certain degré de rougeur avec élancements fréquents très-intenses, et envahit insensiblement la totalité de la joue. Les deux paupières de l’œil gauche étaient elles-mêmes œdématiées. 30 sangsues. Cataplasmes.
24 octobre. — Le gonflement a diminué; mais il n’y a pas encore apparence de collection. Cataplasmes.
20. — L’abcès, qui a dû se former très-rapidement, puisque le 24 on ne percevait pas encore la fluctuation, s’est ouvert spontanément à l’intérieur de la bouche. Infusion de feuilles de noyer pour laver fréquemment la cavité buccale.
27. — La tuméfaction de la joue a considérablement diminué et l’œdème des paupières qui avait déterminé 1 occlusion de l’œil les jours précédents a presque entièrement dis-
paru. Le malade crache du pus, mais déjà en moins grande abondance que la veille.