ABCÈS SUS-MAXILLAIRES
Dans la nécessité où nous sommes d’adopter une division topographique, nous comprendrons sous le nom d’abcès sus-maxillaires tous ceux qui sont placés au-dessus du rebord saillant qui constitue la base de la mâchoire inférieure.
Ces abcès doivent leur principale importance au groupe parotidien qui s’y rattache et qui offre des particularités pathologiques toutes spéciales.
Art. I cr. — Abcès plklegmoneux simple sus-maxillaire.
L’observation qu’on va lire est un cas d’abcès phlegmoneux simple de la région sus-maxillaire.
Obs. 347. — Abcès consécutif à un gros furoncle. Incision. Guérison. — Morizot (Philippe), 17 ans, commis, entre le 4 novembre 1851 à l’hôpital Saint-Antoine.
Ce malade porté au menton un abcès assez considérable qui a commencé par un gros furoncle il y a quatre jours. On ouvre la tumeur au moyen d’une incision verticale, puis 1 on introduit une petite mèche en caoutchouc dans la plaie pour l’empêcher de se refermer.
Lne très-légère suppuration a lieu pendant quelques jours et le 12 novembre, le malade sort parfaitement guéri.
Nous avons pour habitude d’ouvrir de très-bonne heure les abcès, particulièrement ceux de la face.
fj ouverture prématuré© ou d’emblée prévient plusieurs genres d’accidents :
1° L’intensité de l’inflammation locale et de la douleur;
2° La diffusion de la suppuration dans les régions limitrophes ;
3° Les phénomènes d’érysipèle et d’angioleucite.
Art. î. Altcès sus-maxillaires anglolcucitiqucs.
Si les abcès sus-maxillaires sont peu fréquents lorsqu’on les compare aux abcès sous-maxillaires, cela est surtout frappant à l’égard des abcès angioleucitiques. En effet, le système lymphatique de la face ayant ses aboutissants à la région sous-maxillaire, il est excessivement rare de rencontrer à la région maxillaire supérieure des abcès qui aient une origine bien évidemment angioleucitique. C’est à cela qu’est due dans notre travail l’absence d’observations relatives à ce genre d’abcès. Toutefois, nous devons faire remarquer que la région parotidienne constitue une exception à cet égard et qu’elle nous a fourni plusieurs exemples de ce genre d’abcès. Mais nous avons pensé qu’il était plus utile de réunir les abcès préauriculaires angioleucitiques aux abcès parotidiens, que de les décrire d’une manière isolée.
Obs. 348. — Abcès sus-maxillaire intéro-ganglionnaire. Ouverture; lavage; occlusion. Guérison. — Mazurier (Jules), 29 ans, menuisier, rue Pastourelle, 9, entré le 26 juin 1851, au n» 10 de la salle Saint-François à l’hospice Saint-Antoine.
Ce malade porte à la partie inférieure de la joue gauche, au niveau de l’angle du maxillaire inférieur, une tumeur du volume d’un gros œuf de pigeon, d’une coloration rouge lie de vin, nettement tranchée, de forme très-régulièrement ovalaire, fluctuante, ayant l’aspect d’un ganglion suppuré.
1er juillet. — Ouverture de 2 centimètres de longueur; lavage, occlusion. Nous avons reconnu que le pus n’est pas péri-ganglionnaire. 11 siège très-positivement dans l’intérieur même du ganglion. Il y a un mois que sans cause connue, l’abcès a commencé. Il y a huit ans, le malade a eu, du côté opposé, une tumeur qui s’est résorbée spontanément.
2. — Cessation complète des douleurs qui étaient vives; on renouvelle l’occlusion.
3. — Point de réunion. Je fais remarquer la teinte caractéristique de la peau qui recouvre l’abcès. Cette teinte est uniformément violacée et diffère essentiellement du point central foncé des abcès ordinaires, point central dont la coloration s’atténue d’une manière insensible en gagnant la circonférence. Le cercle rouge de la suppuration intéro-ganglionnaire représente habituellement la limite exacte de l’ulcération qui succède à l’abcès.