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Réunion complète des lèvres delà plaie

11 est survenu une variole qui n’a apporté aucun obstacle à la guérison de l’abcès, car l’engorgement périphérique a presque complètement disparu, et les bords de l’incision sont bien réunis.

2° Phlegmons et abcès sous-cutanés simples de la mamelle. — L’inflammation phlegmoneuse circonscrite du tissu cellulaire sous-cutané de la mamelle peut se développer sous l’influence des causes les plus diverses.

L’état puerpéral et l’allaitement en sont certainement les causes prédisposantes les plus fréquentes et les mieux établies. Si les gerçures, les excoriations, les crevasses, les affections eczémateuses, érythémateuses, impétigineuses, dont le mamelon et l’aréole ou les parties voisines sont souvent le siège pendant la lactation ont été considérées comme des causes d’abcès simples, cela tient à ce qu’on a pris pour simples abcès phiegmoneux de véritables abcès angioleucitiques dont l’origine n’avait pas été suffisamment appréciée. Mais en dehors de ces circonstances l’affection qui nous occupe se produit bien plutôt par suite de coups, de chutes, de violences extérieures de toute sorte, d’irritations causées par les frottements de la chemise et du corset, par des vésicatoires, une brûlure, etc., que la femme nourrisse, qu’elle soit enceinte ou qu’elle ne le soit pas.

Quoi qu’il en soit, le phlegmon sous-cutané simple circonscrit s’annonce par les symptômes ordinaires du phlegmon, douleur, tuméfaction, chaleur et rougeur plus ou moins intense. La mamelle ne paraît point, soulevée, comme dans les phlegmons postéro-mammaires que nous décrirons plus tard. Mais on observe sur un point quelconque du sein , le plus souvent à la région inféro-exlerne, une saillie ou plutôt

une sorte de boursouflement correspondant à la portion du sein la plus rouge et la plus douloureuse.

Il y souvent des symptômes généraux dont l’intensité est proportionnelle à l'acuité des symptômes locaux. Ces phénomènes généraux consistent dans un frisson léger suivi d’un mouvement fébrile avec céphalalgie, courbature, malaise, anorexie, état saburral de la langue, caractères qui rappellent assez bien par leur intensité et par leur durée ceux qu’on observe dans la fièvre éphémère ou dans la fièvre synoque des auteurs.

Le phlegmon sous-cutané simple de la mamelle sera distingué de l’érysipèle par les caractères suivants :

Dans le premier, la tuméfaction est fixe et siège principalement entre les téguments et la glande, la rougeur qui l’accompagne est régulière, et d’une teinte tantôt rose et tantôt brunâtre et violacée ; la chaleur est médiocrement intense, quoique augmentée , la douleur sourde et un peu profonde. Dans l’érysipèle la rougeur est parsemée de plaques légèrement jaunâtres et limitée par une bordure festonnée, la chaleur est âcre et mordicante et la douleur superficielle.

Le phlegmon angioleucitique sera différencié aisément du phlegmon simple sons-cutané, si l’on se rappelle que, dans celui-ci, on n’a pas, comme dans le premier, de traînées lymphatiques rougeâtres allant de la mamelle au creux axillaire.

Les terminaisons les plus ordinaires du phlegmon sous-cutané simple de la mamelle sont la résolution et la suppuration.

Sa durée varie en raison de son intensité, de son étendue, de ses causes et de ses complications ; mais elle est généralement moindre que celle du phlegmon parenchymateux.

Lorsqu’elle se termine par résolution, et c’est le cas le plus rare, la phlegmasie sous-cutanée de la mamelle laisse après elle des noyaux d’induration qui deviennent autant de germes propres à reproduire l’inflammation.

Le travail de suppuration une fois établi, voici ce qu’on observe :

L’abcès sous-cutané peut siéger sur tous les points de la périphérie de la mamelle; mais il occupe plus souvent la moitié externe et inférieure que toute autre partie de l’organe. Le volume qu’il peut acquérir est parfois considérable et atteint quelquefois celui du poing. S’il est vrai de dire qu’en général l’abcès sous-cutané est unique, nous devons ajouter qu’il n’est pas rare d’en voir survenir deux et môme un plus grand nombre sur la mamelle. M. Velpeau en a vu jusqu’à six chez une femme qui avait été affectée d’un érysipèle ambulant.

L’abcès sous-cutané unique se produit ordinairement en dehors de l’état degrossessc, découches ou delactation. Il dépendplutôt de quelque cause mécanique, telle qu’une violence extérieure, ou d’une disposition géné-

raie de l’organisme. L’abcès sous-cutané multiple se manifeste, au contraire , le plus souvent sous l’influence de l’état puerpéral.

On comprend qu’en raison de cette origine différente, les abcès souscutanés présentent des apparences distinctes suivant qu’ils sont uniques ou multiples. Uniques, ils ont une base assez ferme, diffuse, mal limitée, et ne se ramollissent que par degrés du centre à la circonférence. Multiples, ils offrent une base généralement souple et régulière.

L’abcès sous-cutané simple de la mamelle présente des signes trèsanalogues à ceux de l’abcès angioleucitique : saillie, amincissement, couleur livide ou teinte bleuâtre de la peau.

Comme l’abcès angioleucitique, l’abcès simple sous-cutané met à s’ouvrir un temps plus ou moins long (quinze jours, un mois), quand on l’abandonne à lui-même. Il peut aussi s^étendre, fuser vers l’aisselle, l’épigastre , l’hypochondre , ou gagner en profondeur, contourner la glande et devenir postéro-mammaire.

L’abcès sous-cutané simple de la mamelle doit être ouvert, aussitôt qu’on aura reconnu la fluctuation. La ventouse à pompe facilitera l’évacuation du foyer. On achèvera de déterger à l’aide de douches à l’eau tiède dirigées dans la poche, puis on tentera la réunion primitive en pansant d’après la méthode de l’occlusion. Si cette tentative échoue, les tubes à drainage seront placés dans la plaie.

Pour faire apprécier les avantages de cette méthode de traitement, nous citerons les observations suivantes :

Obs. 455. — Abcès sous-cutané phlegntoneux simple du sein droit. Lavage. Occlusion. Réunion primitive. — Andri (Marie-Julie), 3S ans, rue de la Roquette, 20, entrée le 7 septembre 1852 à l’hôpital Saint-Antoine.

Il y a un mois, le sein droit de la malade s’est enflammé sans cause connue. Des cataplasmes, un emplâtre de Vigo ont été appliqués sans succès. La suppuration s’est établie, et à présent la partie supérieure et externe du sein droit présente une collection purulente, du volume d’un œuf de poule, qui est aussitôt évacuée. Une quantité considérable de pus s’écoule par l’ouverture artilicielle, sans mélange aucun de liquide laiteux. Lavage. Douches répétées jusqu’à épuisement de la matière purulente. Occlusion.

10 septembre. — Levée de la cuirasse. Réunion des lèvres de la plaie par première intention. Pas de traces de pus sur la face interne de la cuirasse; seulement humidité résultant du suintement d’une certaine quantité de lymphe plastique.

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