La malade quitte l’hôpital complètement guérie
Ici, comme dans les observations précédentes, la réunion primitive a parfaitement réussi, avec cette différence que la face interne de la cuirasse, au lieu d'être, au moment de la levée de l’appareil, tout à fait exempte d’humidité, a présenté une sorte de magma constitué par une certaine quantité de lymphe plastique consistante. On peut donc dire de la réunion primitive, dans le cas précédent, qu’elle est sèche ; dans celui-ci, qu’elle a été accompagnée de magma lymphatique.
Obs. 458. — Abcès du sein. Lavage. Occlusion. — Reton (Marianne), âgée de 23 ans, jardinière, chemin de Lagny, 48, entre à l’hôpital Saint-Antoine le 1er juillet 1850.
Cette femme est nourrice depuis huit mois; elle est habituellement d’une bonne santé.
Il y a huit jours, le sein devint douloureux sans cause connue, mais ensuite vint s’ajouter
aux premières causes ignorées, la chute d’un morceau de bois sur la partie antérieure de l’épaule.
Le premier jour on applique des cataplasmes sur le sein, à la partie inférieure duquel existe un abcès ayant le volume d’un œuf de poule.
Le lendemain, 2 juillet, une ponction est faite avec la lancette au centre de la collection. Après avoir comprimé pour expulser le pus renfermé dans l’abcès, plusieurs injections d’eau tiède furent faites à l’intérieur de la poche, et dès que le liquide injecté revint avec une limpidité parfaite, le pansement par occlusion fut appliqué.
Le 4 juillet, on enlève la cuirasse. On ne trouve pas une goutte de pus. La petite plaie est cicatrisée. La malade, se trouvant très-bien, veut sortir. Elle quitte l’hôpital le 5 juillet.
Dans le cours de ces recherches, nous nous sommes imposé un devoir : celui de garder toujours les malades assez de temps pour contrôler la solidité de la guérison. Mais le passage de l’état de douleur à l’état de tolérance est tellement rapide dans les cas de réussite d’emblée, qu’il n’est pas toujours facile de retenir à l’hôpital un malade qui se croit définitivement guéri. Toutefois, nous devons dire que nos recommandations de revenir à la consultation, s’il y a retour du moindre accident, sont assez pressantes pour nous donner à penser que ces malades, presque tous habitants des environs de l’hôpital et qui nous ont quitté dans de bons termes, n’hésiteraient pas à revenir nous voir s’il leür survenait quelque chose, en sorte que l’on peut regarder leur non-réapparition comme une preuve morale, non scientiüque de la durabilité de leur guérison.
Obs. 45g. — Privé (Rosine), nourrice, âgée de 20 ans, passage de la Madeleine, n» 4.
Le 5 avril, ouverture d’un abcès du sein droit. L’ouverture est faite assez largement, parce que l’abcès est très-volumineux. Lavage; aspiration par la ventouse; occlusion.
Dès le lendemain 6 avril, aucune douleur ; on peut presser le sein assez fortement à travers la cuirasse sans déterminer de sensibilité.
8 avril. — L’abcès s’est réuni par première intention.
Cette malade est revenue nous voir à la consultation, ainsi que nous le lui avions recommandé ; la guérison s’est parfaitement maintenue.
Obs. 460. — Abcès du sein. Lavage. Occlusion. — Vassel (Augustine), 17 ans, rue des Haies, à Charonne, jardinière, entrée le 24 août 1850 au n° 18 de la salle Sainte-Marthe.
Six semaines avant son entrée à l’hôpital, la malade a reçu dans le sein droit un coup assez violent. Depuis cette époque, le sein n’a pas cessé d’étre douloureux, La malade y éprouve des élancements , parfois assez vifs. Des cataplasmes sur le point douloureux ont été le seul traitement. A l’arrivée de la malade, on constate la tuméfaction rouge et douloureuse du sein, avec fluctuation très-distincte.
25 août. — On pratique, à la partie centrale du gonflement, une incision qui donne issue à une quantité assez considérable de pus bien lié. On lave ensuite avec soin l’intérieur de 1 abcès par une injection d’eau, ce qui nécessite un temps assez long. La douleur était d ailleurs assez forte pour que l’on ait jugé nécessaire de recourir au chloroforme. Pansement par occlusion. Le bras est maintenu contre la poitrine au moyen de longues bandes de sparadrap.
29 août. Levée du pansement qui est souillé d’une assez grande quantité de pus- L abcès est de nouveau rempli par delà suppuration.
Pensant alors que la petite ouverture de la ponction était insuffisante, on débride plus
largement, et de plus on pratique une seconde incision à la partie déclive de l’abcès, on y engage un linge ciblé qui passe d’une ouverture à l’autre en manière de séton.
4 septembre. — La malade va mieux. Il s’échappe par les deux ouvertures, du pus mêlé à de la lymphe plastique ; depuis la seconde opération on panse avec des cataplasmes.
7. — Le pus sort très-librement. On remplace le séton par deux tubes en caoutchouc en Y.