‹ Traité pratique de la syphilisChapitre 2 sur 38 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

DE LA SYPHILIS EN GÉNÉRAL

La syphilis est une maladie contagieuse dont l’agent a reçu le nom de virus syphilitique;

Elle se transmet par contact, par inoculation ou par génération;

La transmission par contact ou inoculation se manifeste par deux symptômes locaux qui peuvent exister ensemble ou séparément ;

Leur apparition indique l’introduction du virus syphilitique dans l’économie animale , et la nécessité d’avoir recours à des moyens thérapeutiques pour neutraliser son action.

Lorsque l’on n’a pas employé ces moyens, la présence du virus syphilitique dans l’cconomie animale se manifeste h une époque plus ou moins éloignée de son introduction par des symptômes généraux et locaux très-variés.

2 DE LA SYPHILIS EN GÉNÉRAL

La transmission <lu virus syphilitique par génération se manifeste par des symptômes généraux ou locaux semblables à ceux que fait naître sa présence dans l’économie animale après la transmission par contact ou inoculation.

Je vais examiner successivement chacune de ces questions.

Depuis que la syphilis est connue, on n’a jamais douté qu’elle fut une maladie contagieuse ; on n’a différé que sur le mode de transmission de la contagion. Dans le principe on a cru que le contact immédiat n’était pas nécessaire, que l’air pouvait la transmettre , et qu’il suffisait de cohabiter et même de parler de très-près avec un individu attaqué de syphilis pour la gagner. Plus lard, ou est revenu de cette idée, et on a pensé que le contact immédiat était de toute nécessité, et qu’en couchant avec un individu affecté de symptômes syphilitiques à la peau, on gagnait la maladie. Aujourd’hui on sait qu’il n’en est pas ainsi, et qu’il faut le contact immédiat de certaines parties pour que la contagion ait lieu; mais je crois qu’il y a encore sur ce sujet quelques points d’obscurité que je tâcherai d’éclaircir plus bas.

L’agent de la contagion de la syphilis, le virus syphilitique avait été admis généralement jusque dans ces derniers temps, où des pathologistes ont pensé et écrit que l’on pouvait rapporter les accidens produits par la syphilis à l’inflammation des parties malades, suite de l’irritation occasionée par le rapprochement des sexes; que le virus syphilitique était une chimère; et que le mercure employé comme remède spécifique de cette maladie était plus propre à faire naître les accidens qu’à les combattre. Si les principes morbifiques , que nous appelons virus, tombaient sous nos sens, il serait facile d’en donner une définition, de dire ce qu’ils sont, d’établir en quoi ils différent des autres maladies ou en quoi

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ils leur ressemblent : mais nous ne le pouvons pour aucun d’eux, pas plus pour le virus syphilitique que pour celui de la rage, de la variole, du vaccin. El c’est de Üi que vient le grand argument de ces pathologistes : Vous ne pouvez montrer le virus syphilitique , donc il n’existe pas. Ils n’ont pas remarqué qu’en substituant l’inflammation au virus syphilitique, ils prenaient un inconnu pour un autre inconnu. Car l’inflammation est un effet, cl non une cause. Elle est un effet de l’irritation. Or quelle est donc l’irritation qui précède le développement des premiers symptômes de la transmission de la syphilis. Qu’on la trouve dans un coït répété quatre, six, huit , dix ou quinze lois en moins de vingt-quatre heures , s’il est suivi de l’apparition de ces symptômes, je suis tout-àfait de l’avis des pathologistes antisyphilitiques ; mais on ne peut admettre une irritation dan* un coït accompli une lois, ou dans l’application des lèvres malades sur des lèvres saines. 11 faut donc qu’il y ait dans ces derniers cas, un principe autre qu’une irritation mécanique. Eh bien ! c’est ce principe actif, ce principe malfaisant que j’appelle avec la presque totalité des pathologistes, virus. Si je connaissais sa nature, je pourrais lui donner un outre nom; mais comme je no la connais pas, je lui conserve le nom de virus qu’il a dans la science; et comme ce principe, ce virus a la propriété de faire naître dans des circonstances semblables, des maladies dont le développement , la marche et les consé-

quences sont toujours les mêmes, dont les différences sont des variétés dans les genres et non dans la famille, maladies que l’on désigne sous le nom de syphilitiques , je le nomme virus syphilitique.

La transmission par contact ne peut avoir lieu qu’avec les parties du corps qui sout en rapport avec l’air, par conséquent, seulement avec le système cutané externe ou peau, et

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avec le système cutané interne ou membranes muqueuses. 1 ouïes les parties de ces deux systèmes ne sont pas également aptes h recevoir la contagion : quelques portions seules jouissent de ce triste privilège. Je les indiquerai en parlant des symptômes de la transmission de la syphilis. Le contact doit être immédiat.

La transmission par inoculation peut avoir lieu dans toutes les parties du corps. 11 faut pour cela que le virus syphilitique soit introduit dans l’épaisseur du système cutané, soit externe soit interne.

Les symptômes locaux, qui annoncent la transmission de la syphilis par contact ou par inoculation sont : i° L’inflammation des membranes muqueuses de l’urètre et du vagin ? 2° les ulcères de la peau. Le plus ordinairement ils existent isolément, quelquefois ils apparaissent ensemble. On leur a donné le nom de symptômes primitifs.

Leur apparition indique l’introduction du virus syphilitique dans l’économie animale. Jamais elle n’a lieu sans qu’ils se déclarent. Jamais ils ne se déclarent sans qu’elle ait lieu. On a pensé et écrit que la contagion de la syphilis pouvait se faire sans leur apparition. C’est une grande erreur qu’on doit complètement rejeter.

L’apparition de ces symptômes indique la nécessité d’avoir recours h. des moyens thérapeutiques pour nfeutraliser l’action du virus syphilitique : lorsqu’on ne les a pas employés, la présence de ce virus dans l’économie animale se manifeste h une époque plus ou moins éloignée de son introduction par des symptômes généraux et locaux très -variés. L’expérience a prouvé depuis plusieurs siècles , que lorsque les symptômes de la syphilis ont paru chez un individu et qu’on n’a pas combattu par une médication convenable l’action du virus syphilitique , il survient à une époque indéter-

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