LA BOUCHE , DE L ANUS , DE LA MAMELLE ET DE LA PEAU
Le traitement de ces ulcères n’offre rien de particulier. Il faut suivre les règles établies pour ceux des autres parties.
Il est bon pour ceux de l’anus de mettre une mèche, afin de développer les plis de cette partie, et d’appliquer , immédiatement, le médicament sur l’ulcère.
Dans 1 exposé que je viens de l'aire des principes du traitement des symptômes primitifs de la syphilis, je n’ai parlé que de la thérapeutique locale sans m’occuper de la médication interne. Ce sujet est d’une grande importance et mérite d’être étudié sous deux rapports.
Doit-on ordonner un traitement interne dans les cas d’apparition de symptômes syphilitiques primitifs? Cotte première question sera résolue affirmativement. En effet l’expérience a toujours prouvé et dans ces derniers temps plus que jamais, que si on ne faisait pas subir un traitement antisyphilitique, les symptômes consécutifs apparaissaient peu de temps après la guérison des primitifs, et qu’au contraire on ne les voyait pas quand les malades avaient fait un traitement. On a objecté qu’ils se manifestaient quelquefois chez des personnes qui avaient pris du mercure. Cela est certain, maison doit distinguer les circonstances. Quand le traitement antisyphilitique est bien fait, est complet, on ne voit pas de symptômes consécutifs; quand il est mal fait, incomplet , on en
SYPHILIS PRIMITIVE
, -té
observe. Des malades m’ont dit souvent avoir subi un traitement, et je suis parvenu par mes questions à savoir quelle dose de mercure ils avaient employée. J’ai trouvé qu’ils avaient pris douze , quinze, vingt grains de deutochlorure , ou deux ou trois onces d’onguent mercuriel. Or, je le demande, estce là un traitement antisyphilitique ? Non , certes , et cependant on avait mis deux et quatre mois à le faire de cette manière. Il y a des circonstances où l’on peut, je crois, se dispenser de faire un traitement : c’est quand les individus doivent être exposés à une nouvelle infection immédiatement après leur cure, comme cela Se voit chez les filles publiques. C’est encore quand les malades ne peuvent pas suivre le traitement et le faire complet. Il faut alors attendre pareequ’il est, suivant moi, préférable de ne pas se traiter que de le faire incomplètement. Dans le premier cas, on n’a pas de peine à guérir les symptômes consécutifs, dans le second, on en éprouve beaucoup.
La deuxième question est celle-ci : Doit-on avoir recours au traitement contre tous les symptômes primitifs? Elle est aussi grave que l’autre, et sera aussi décidée affirmativement. Malheureusement on ne peut mettre à exécution ce que la raison et l’expérience commandent. Ordonncra-t-on , par exemple, un traitement antisyphilitique contre l’urétrite et la vaginite'1 Les anciens savaient qu’elles étaient dans la majorité des cas le résultat de l’infection syphilitique, et ils les traitaient comme les chancres. Plus tard on observa qu’elles guérissaient aussi bien sans mercure qu’après l’administration de ce médicament, et qu’assez souvent il ne survenait aucun symptôme syphilitique consécutif, mais seulement un rétrécissement de l’urètre. On en tira la conclusion quel inflammation de l’urètre et du vagin n’étant pas toujours syphilitique, il était au moins inutile de faire un traitement.
TRAITEMENT
tèr^^^hi-
D’ailleurs, ajoutait-on, h quoi reconnaître le caractèr litique? Je crois qu’alors on avait raison, mais je pense qu’aujourd’hui on aurait tort de raisonner ainsi, puisqu’il y a un signe certain de diagnostic, le bubon. Aussi je n’hésiterai jamais à ordonner un traitement antisyphilitique au malade, qui ayant une urétrite ou une vaginite, sera attaqué d’un engorgement ganglionnaire qui ne se résoudra pas complètement.
L’elïicacité du traitement interne se fait bien sentir par la rapidité de la guérison. Je l’ai constaté un grand nombre de lois pour les chancres. J’ai fait des expériences, à cet égard, et j’ai observé que le chancre pansé avec de la charpie sèche ou enduite de cérat simple guérissait pius vite, quand le malade prenait le mercure l\ l’intérieur, que lorsque je le cautérisais avec le nitrate d’argent, ou le pansais avec une pommade mercurielle, et que le malade ne faisait pas de traitement interne. Je n’ai jamais trouvé l’occasion de fairé la même épreuve pour l’inflâminalioli des membranes muqueuses.
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
TRAITEMENT
Traitement des inflammations syphilitiques consécutives.
Les inflammations syphilitiques consécutives n’exigent pas un traitement antiphlogistique. On peut, quand on en fait usage, procurer une amélioration momentanée, mais elle n’est pas de longue durée ; souvent même on ne l’obtient pas. Le seul moyen de les combattre efficacement est d’avoir recours au traitement antisyphilitique. J’ai souvent vu dans des périostoses, dans des inflammations de la gorge, les sangsues et les fumigations émollientes soulager le malade pendant quelques jours, et lesaccidens revenir avec la même force. Alors l’emploi des antisyphilitiques les faisait complètement disparaître. J’ai observé plus fréquemment encore la même chose pour les diverses maladies de la peau. Le traitement de cette inflammation en général se rattache trop à chaque inflammation en particulier , pour qu’ici j’en dise plus long.
Teinte jaune de la pean.
Elle guérit par les mêmes moyens thérapeutiques que
TRAITEMENT
la maladie avec laquelle elle existe : elle disp avant.
Fièvre syphilitique consécutive.
Elle demande le même traitement que la maladie qu’elle accompagne.
Névrose syphilitique consécutive.
Le traitement antisyphilitique la fait disparaître au bout de dix à quinze jours.
Quant à la cachexie syphilitique, qui souvent est incu- 1 aide, on peut espérer la laire disparaître en mettant en usage les médicamens toniques et une alimentation tout à la lois douce et nutritive, pour passer ensuite h une nourriture tonique et forlifiante. Quand elle coexiste avec une affection locale grave, il laut traiter celle-ci par les applications mercurielles, opiacées et toniques mêlées et employées en très petites proportions; on en augmente progressivement la dose. On donne le mercure à l’intérieur, mais à doses très-minimes, et on va toujours croissant. Les bains gélatineux, légèrement sulfureux, le lait, les viandes blanches, plus tard les viandes noires, le vin de Bordeaux, le quinquina, l’opium, l’habitation dans des appartenons et surtout un pays chauds, les lrictious sur la peau, eu un mot tout ce qui peut fortifier, tels sont les moyens auxquels on doit avoir recours.
Syphîlides de la peau.
Les syphilides de la peau réclament deux sortes de traite-
SYPHILIS COJJSÉCCTIVE.
ment : ni? traitement général, qui est celui de la syphilis en général, et un traitement local qui varie pour chaque espèce. Léssÿphili des exanthématique, vésiculèuse, papuleuse, squammeuse etmaculeuse, n’exigent d’autre traitement local que les bains tièdes simples. La première se dissipe ordinairement d’ellemême : c’est la même chose pour la première variété de la papuleuse. Quelquefois les bains et les boissons sudoriliques et acides continuées pendant long-temps produisent de l’amélioration dans les symptômes des autres espèces citées, et même parviennent à les guérir : mais elles reparaissent au bout de peu de temps.
La syphilide pustuleuse diminue aussi sous l’influence d’un traitement semblable, mais sa guérison est plus difficile, surtout dans le cas de pustules psydraciées. Les cautérisations avec le nitrate d’argent deviennent quelquefois nécessaires.
Les syphilides tuberculeuses arrondie et plate sont parfaitement guéries par l’emploi des cautérisations et des bains. J’ai même vu la seconde être dissipée par les soins de propreté. Mais l’une et l’autre reviennent bientôt, et au bout de deux ou trois mois, le malade n’est pas plus avancé. On n’obtient une guérison complète et permanente que par le traitement antisyphilitique général. On peut aider son action par les cautérisations avec le nitrate d’argent, ou les onctions avec un onguent mercuriel.
La syphilis tuberculeuse végétante exige toujours pour une guérison complète et permanente l’emploi combiné du traitement antisyphilitique et du traitement local. J’ai vu deux ou trois fois les végétations coupées ne pas repousser, quoique les malades n’aient pas fait un traitement général. Je les ai vues aussi tomber sous l’influence d’application d’un onguent fait avec parties égales d’opium brut et d’axonge , ou d’une
THAITEMKNT. lÜ’J
solution saturée d’opium brut. Mais ces cas sont très-rares en comparaison de la fréquence extrême de celle affection , et se rapportent h des circonstances, en quelque sorte , exceptionnelles. Ainsi, c’esl quand les végétations sont trèsanciennes et stationnaires que l’excision seule les guérit ; et c’est, au contraire, quand elles sont aiguës, que les frictions ou les lotions opiacées les guérissent. Des hommes de l’art ont avancé que , si les végétations coupées repoussaient , la cause de la récidivé était qu’on excisait seulement le pédicule, sans enlever la peau sur laquelle il repose. C’est une erreur; quelque soin que j’aie pris de couper la peau, j’ai vu revenir la maladie. D’autres ont dit qu’on était sur de la guérison si on cautérisait la plaie le jour ou le lendemain de l’excision ; l’erreur est la même. La végétation repousse soit è la même place, soit h côté, et elle semble avoir d’autant plus de vigueur qu’on l’a excisé plus souvent.
Après avoir fait un grand nombre d’essais de tout genre , voici le traitement que mon expérience m’a appris être le plus convenable. Je fais faire au malade un traitement antisyphilitique que je pousse jusqu’aux deux tiers ou aux trois quarts , et si alors les végétations ne tombent pas, ou 11e s’affaissent pas, je les cautérise ou les excise. Ce mode thérapeutique m’a constamment réussi. Jamais je ne les ai vues revenir. Deux fois j’ai éprouvé un désagrément; les végétations ont continué d’augmenter pendant le cours du traitement ; et dans un de ces cas , elles ont au moins quadruplé : il y en avait quatre ou cinq médiocres h la couronne du gland, et le malade n’était pas arrivé h la moitié de son traitement que toute la circonférence du gland était envahie dans une largeur d’un travers de doigt. J’espérais que la fin du traitement les ferait tomber; mais elles restèrent stationnâmes : alors je les excisai et elles ne reparurent pas. Dans le second
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
cas, l’augmentation fut très peu de chose ; et la cautérisation les détruisit, et compléta la cure. Lorsqu’elles doivent tomber sous l’influence du traitement , on observe les phénomènes suivans. Si elles sont pédiculées, le pédicule se resserre peu è peu, et le malade trouve ses végétations dans son lit. La peau n est pas ulcérée à sa place, à moins qu’il ne soit gros. Si elles ont une base large, elles s’affaissent , se rétrécissent, et elles finissent par tomber sous forme de lamelle, en laissant à leur place une ulcération qui guérit promptement. J’ai souvent vu vingt, trente , quarante végétations chez le même malade et même plus tomber ainsi. Je fais la cautérisation avec le nitrate d’argent. Ce caustique a l’avantage d’agir peu profondément, de faire par conséquent peu souffrir le malade , et de produire une escarre sèche qui tombe après deux ou trois jours. Très-frcquemment les malades l’emploient eux-mêmes. Je fais l’excision avec des ciseaux courbes sur leur plat, ayant soin d’enlever la peau sur laquelle est pousséela végétation. Lorsque les végétations sont très-grosses et très nombreuses, on peut les exciser sans crainte d’hémorrhagie. Chez la malade dont j’ai parlé plus haut, et qui avait quatre rangs de végétations aux parties génitales et aux plis des cuisses, il y eut, pendant l’opération , un écoulement de sang considérable, et je craignis une hémorrhagie ; une compression médiocre suffit pour arrêter le sang qui ne venait que des veines. Lorsque la végétation est très-volumineuse, comme celle de l’anus que j’ai décrite, on la prend dans la main gauche, et on la coupe avec un bistouri.
La syphilide ulcéreuse beaucoup plus grave que les autres syphilides exige aussi plus de soins. La première variété se guérit quelquefois avec facilité par l’emploi des moyens locaux. Si on leur adjoint le traitement général, la cure est
traitement.
très-prompte. Cependant celle qui survient pendant le cours d’une infection récente, celle qui succède aux piqûres de sangsues , et surtout celle qui offre des bourgeons charnus en champignons sont ordinairement très-rebelles.
J’en ai rapporté plus haut deux exemples, et dernièrement encore je n ai obtenu la guérison de deux ulcères semblables qu’au moyen de la pommade du docteur Stafford. Lis cautérisations avec le nitrate d’argent me réussissent dans les cas ordinaires. Le pansement sc lait avec un onguent ou pommade mercuriels.
Dans les deuxième et troisième variétés de syphilide ulcéreuse, les bains simples, les applications mercurielles, et le traitement antisyphilitique procurent une guérison rapide De toutes les préparations mercurielles, le proto-iodure de mercure a 1 extérieur et à 1 intérieur est celle qui m’a paru avoir une action plus prompte. Cependant je l’ai abandonnée, parce que je l’ai trouvé infidèle, h moins que les malades n en prissent une trop grande quantité. J'ai quelquefois opéré avec elle des cures presque merveilleuses dans les syphilides tuberculeuse et serpigineuse, mais la maladie revenait peu après. Dans les cas d ulcères syphilitiques aux jambes, j’ai souvent employé avec succès le traitement général et un traitement local avec des bandelettes de sparadrap d’emplâtre de Vigo-cum-mercurio. D’autrefois ce dernier moyen n a pas réussi, et j ai été forcé d’avoir recours au séjour au lit. J’ai, dans un cas , essayé, pendant 14 mois, de guérir par ce mode thérapeutique, un jeune homme qui avait des ulcères syphilitiques aux jambes. Je n’ai pu obtenir une guérison parfaite. Au bout de trois semaines de séjour au lit,
et de pansement avec le cérat mercuriel , la cicatrisation était complète et solide.
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Syphilides des membranes muqueuses.
La sypliilide exanthématique des membranes muqueuses se dissipe quelquefois par l’emploi de médicamens légèrement astringens, les seuls que i’on puisse employer avec les antiphlogistiques chez le plus grand nombre des malades qui ne veulent pas croire que l’inflammation, qui les tourmente, est syphilitique. Mais elle revient bientôt, ou quelque autre symp tome apparaît. Quand elle coexiste avec une autre maladie syphilitique consécutive, elle se dissipe par l’emploi du traitement antisyphilitique. C’est le seul qu’on devrait mettre en usage constamment pour la combattre.
Les syphilides tuberculeuse et ulcéreuse réclament le traitement général, et quelquefois un traitement local variable selon les circonstances.
Système osseux.
La nécrose ne peut être combattue par aucun traitement quand elle est formée : il faut favoriser la chute de la portion d’os morte par des applications locales, et par des tractions ménagées. Dans ce cas un traitement antisyphilitique peut-il être de quelque utilité ? Je ne pense pas qu’il serve contre la portion nécrosée, ou qu’il facilite sa séparation; mais il empêche la formation d’une autre nécrose, il accélère la cicatrisation des parties ulcérées, et il combat le virus syphilitique dont l’existence dans l’économie animale est démontrée par la maladie de l’os.
La cure des exostoses exige qu’on établisse une différence
TRAITEMENT
entre elles. L’exostose éburnée est incurable par les topiques ou le traitement anlisyphilitique interne. L’altération de l’os est trop profonde pour qu’on puisse espérer qu’il revienne à son étal primitif. L’exostose laminée peut être tout h fait guérie, ou au moins beaucoup diminuée par les topiques et le traitement interne. L’on fait sur elles des frictions mercurielles, elon applique constamment un emplâtre de Vigo-cummercurio. Il e>t nécessaire quelquefois d’employer à l’intérieur une dose considérable de mercure pour obtenir la résolution de la tumeur osseuse; mais on y parvient avec le temps par un traitement bien dirigé.
La névrose des os est toujours guérie par le traitement anlisyphilitique interne.
Système fibreux.
La périostose récente guérit par le traitement antisyphilitique interne et par 1 application d’un emplâtre de Vigo-cummercurio. La périostose suppurée disparaît souvent aussi par l’emploi des memes moyens. Toutes les fois que j’en ai rencontré au front j’ai essayé ce mode thérapeutique, et j’ai été assez heureux pour réussir fréquemment à obtenir la résolution. Dans les cas de suppuration avec rougeur et amincisse ment de la peau, je n ai jamais ouvert la tumeur comme on en donne le conseil : quelquefois les parties sont revenues à leur état naturel, d’autrefois la suppuration a eu lieu, le pus ou le bourbillon sont sortis, et la peau désorganisée en grande partie a laissé h découvert un ulcère que les topiques mcrcuriaux ont guéri. J’ai remarqué que si dans ces cas, j’avais ouvert la tumeur, la gangrène de la peau était également survenue à cause de son peu d’épaisseur. Si la périos-
SYPHIÏ.ÏS CONSECUTIVE.
tose est indurée, il faut ouvrir la coque osseuse, si elle est peu épaisse, la vider et l’enlever avec des ciseaux forts ; et si l’on ne peut, il faut la scier h son point d’union à l’os.
Les maladies des capsules fibreuses, qui surviennent dans la syphilis consécutive et celles des aponévroses d’enveloppe exigent le traitement général et les applications mercurielles, mais celles des capsules fibreuses qui se manifestent pendant le cours d’une vaginite ou d’une urétrite, ne demandent pas d’autre traitement que celui de la maladie avec laquelle elles coexistent. J’en ai vu plusieurs cas; mais quelquefois il faut avoir recours à un traitement antisyphilitique. Je citerai 1 observation d’un individu, qui a eu deux fois une inflammation de l’urètre, et deux fois des douleurs totalement semblables aux rhumatismales, qui n’ont disparu après l’urétrite que par un traitement interne.
Système épidermique.
L’épaississement de l’épiderme désigné sous le nom de syphilide cornée , et l’alopécie exigent un traitement général. On peut dans le premier cas faire avec avantage quelques onctions mercurielles sur la partie malade.
L’onyxis réclame aussi le traitement général, mais il est souvent nécessaire d’avoir recours à un traitement local. Quandil y a des ulcères au pourtour de l’ongle, il fautles couvrir de linges onde plumasseaux enduits de cérat mercuriel. Quand l’ongle est en partie détaché, il faut achever de l’enlever; quand il est difTorme, il faut l’extirper; s’il repousse malsain et mal conformé, il faut l’arracher et comprimer la matrice soit dans le but d’empêcher le nouvel ongle de naître informe, soit dans celui d’obtenir l’adhérence des parties quiconstituentlamatriceun-
TRAITEMENT. 'X'j'i
guiale, et de priver le doigt de son ongle, ce qui est préférable à l’altération de l'orme et de couleur.
Système séreux.
Les maladies syphilitiques du système séreux qui coïncident avec une urétrite ou une vaginite ne demandent pas d’autres soins que ceux employés pour la guérison des inflammations qu’elles accompagnent. Les deux affections se dissipent en même temps.
§. il.
Système musculaire.
Les deux cas de maladies du système musculaire, dont j’ai fait mention, ontpersislémalgréletraitementgénéral fait pour les affections qu’elles accompagnaient, et malgré lesbains d’eau ou de vapeur, et les douches de vapeur.
Système cellulaire.
L’endurcissement du système cellulaire se dissipe par les frictions ou les onctions mercurielles locales, et le traitement général. La compression méthodique contribue h sa guérison.
Système nerveux.
Les lésions syphilitiques du système nerveux doivent être combattues par le traitement général. Quand on croit avoir administré une dose suffisante de mercure, on peut avoir rn-
SYPHILIS CONSÉCUTIVE
cours aux excitons dirigés sur la colonne vertébrale ou le nerf affecté.
Tête. — Poitrine. — Abdomen.
i°. Crâne. Les exostoses du crâne et la céphalée cèdent au traitement général. Les exostoses externes deviennent moins douloureuses et diminuent de grosseur par l’application d’un emplâtre de Vigo-cum-mercurio.
20. Œil. Quoique je n'admette pas que la cataracte puisse être produite par le virus syphilitique, je dois cependant citer ce que dit Guérin à cet égard dans son traité des maladies des yeux. — « J’ai vu une cataracte vérolique se guérir par l’u- » sage bien administré du mercure. Monsieur Maréchal ,
» membre de notre compagnie, m’a rapporté un fait sem- » blable. » Je ne prononce pas contre ces deux chirurgiens, mais il est permis de douter, et on doit surtout regretter que Guérin ne donne pas plus de détails sur deux faits aussi curieux.
L’iritis syphilitique, que j’ai vu quelquefois se développer pendant le cours d’un traitement interne , a toujours cédé à une saignée générale ou locale selon les circonstances, et à l’emploi du calomel continué tous les jours à la dose de six ou huit grains jusqu’à la diminution notable des symptômes. Quoique je l’aie employé ainsi pendant huit ou dix jours de suite, et même pendant un plus long temps dans quelques cas, je n’ai pas observé qu il produisit rapidement la salivation , comme le craignent quelques praticiens. Ce traitement guérit ordinairement 1 iritis en deux semaines, je ne l’ai pas vu se prolonger au delà du troisième septénaire. Il est nécessaire que le malade se ifenne dans une
TRAITEMENT
chambre peu éclairée, et que l’œil soit couvert d’un linge lin et sec.
Les ulcères des paupières cèdent au traitement général et au traitement local. Quand la conjonctive est ulcérée, les cautérisations avec le nitrate d’argent, cl les lotions avec un collyre excitant ou tenant du mercure en solution accélèrent la guérison. Quand la peau et les cartilages tarses sont malades, il faut appliquer soit un linge soit un plumasseau enduit de cérat mercuriel.
5°. Nez et fosses nasales .' Toutes les maladies syphilitiques consécutives du nez et des fosses nasales réclament un traitement antisyphilitique général. Les syphilides tuberculeuse cl ulcéreuse de la peau demandent des onctions ou des pansemens avec les onguens mercuriels. Les syphilides tuberculeuse ou ulcéreuse de la membrane pituitaire sont guéries plus promptement quand on joint au traitement général les fumigations de cinnabre.
L’on doit, dans les cas où l’on craint l’oblitération des narines, les maintenir ouvertes jusqu’à parfaite cicatrisation avec une sonde de gomme élastique, ou un boulon d’ivoire percé. Lorsque la portion cartilagineuse du nez est complètement détruite, on peut mettre un faux nez ou pratiquer la rhinoplastie.
If . Joues. Les maladies syphilitiques consécutives des joues, soit qu’elles attaquent les parties molles, soit qu’elles aient leur siège dans les parties osseuses , exigent un traitement général. Les syphilides tuberculeuse et ulcéreuse de la peau demandent beaucoup de soins afin d’éviter la difformité.
5°. Lèvres. Les syphilides tuberculeuse et ulcéreuse des lèvres guérissent par un traitement antisyphilitique : quand la première est accompagnée de l’induration du tissu cellu-
SYPHILIS CONSECUTIVE.
laire, il faut comprimer la lèvre sur les dents au moyen d’un bandage. Les végétations seront cautérisées avec le nitrate d’argent.
6°. Os maxillaire inférieur. La périostose et l’exostose doivent être traitées par le mercure à l’intérieur. Si la seconde devient trop volumineuse, il faut l’enlever. Dans la nécrose, on enlèvera les portions d’os malades.
70. Langue. Toutes les maladies syphilitiques consécutives de la langue ont besoin, pour guérir, du traitement antisyphilitique général. 11 faut y joindre dans les cas d’ulcères les cautérisations avec le nitrate d’argent, et dans ceux de «ronflement les collutoires de suc de laitue ou de solution de
deutochlorure de mercure. Très fréquemment je me contente de ceux de miel rosat dans l’eau pure , ou dans la décoction d’orge.
8°. Foute palatine. La nécrose d’une portion de la voûte palatine réclame un traitement antisyphilitique général, quoiqu’elle puisse guérir sans lui lorsqu’elle est bornée : parce qu’elle est le signe d’une altération profonde de la constitution par la syphilis , et qu’elle présage soit une nouvelle nécrose soit tout autre accident consécutif, comme on le voit tous les jours, quand on n’a pas eu recours h cette médication. Les collutoires indiqués plus haut, et l’ébranlement de la portion d’os sont nécessaires pour hâter la guérison, et procurer du soulagement au malade. Quand la cicatrisation des bords de la perte de substance est obtenue, il faut appliquer un obturateur. Si quelques dents ont été entraînées avec Los, on les remplace.