‹ Traité pratique de la syphilisChapitre 35 sur 38 · V oile du palais · texte numérisé non relu

V oile du palais

io°. Amygdales,

n°. Pharynx. L’inflammation syphilitique consécutive et la syphilide ulcéreuse de ces trois parties exigent absolu-

traitement.

ment un traitement antisyphililique général, sans lequel on ne peut obtenir que du soulagement dans les symptômes saris guérison parfaite. On donne des gargarismes détersifs ou mercuriels; on louche fréquemment les ulcères avec le nitrate d’argent. Si on rencontrait une syphilide tuberculeuse végétante de l’amygdale, on ferait la rescision de la tumeur. S’il y a des végétations sur le voile du palais, on les excise. Pourrait-on dans les cas de division du voile du palais par une ulcération en faire la suture ? Je pense qu’en général la perte de substance s’y oppose ; il faudrait pour que cette opération fûtpratiquable que la syphilide ulcéreusceût été serpigineuse, et n’eût fait en quelque sorte qu’une fente.

12°. Je ne dirai rien du traitement des maladies syphilitiques consécutives du larynx, ni de la poitrine, parce que je n’ai pas de faits relatifs aux lésions de celle cavité, et que je n’ai observé qu’une seule maladie du larynx dont j’ai indiqué le traitement, en rapportant l’observation.

i5°. Je ne parlerai pas des maladies qui peuvent appartenir à la syphilis consécutive et qui altèrent les fonctions des organes contenus dans l’abdomen. L’observation que j’ai citée, est tout ce que je sais h leur égard. Il n’en est pas de même des maladies du rectum, de l’anus et des organes génitaux.

i°. Rectum. Les syphilides tuberculeuse et ulcéreuse du rectum doivent être traitées par le mercure à l’intérieur et par les applications locales. Celles-ci consistent en mèches enduites d’un onguent mercuriel, dont on augmente progressivement la grosseur. Il est quelquefois nécessaire de substituer à cet onguent tout autre topique irritant pour exciter le développement des bourgeons charnus. Les cautérisations ont besoin d’être fréquemment répétées dans la syphilide ulcéreuse parce qu’elle a peu de tendance à la cicatrisation,

SYPHILIS CONSÉCUTIVE

2°. Anus. La sypliilide ulcéreuse de l’anus exige le même traitement que celle du rectum. Dans le cas de végétations il faut en faire la rescision.

3°. Organes génitaux de l’homme. Les végétations du pénis doivent être excisées avec des ciseaux courbes , et pour prévenir leur retour , il faut faire un traitement antisyphilitique général. J’ai plusieurs fois obtenu la chute des végétations aiguës au moyen des frictions avec l’onguent d’opium brut. Quand tout le gland en est couvert, il faut, pour empêcher Feffusion du sang après leur section, faire le pansement avec la charpie sèche, la croix de malthe et une bande, comme dans l’opération du phimosis. Le testicule vénérien doit être traité par les frictions mercurielles sur l’organe, et les cataplasmes émolliens. Cette médication suffit presque toujours pour la guérison complète. Cependant 1 emploi du mercure à l’intérieur la favorise beaucoup. Quand la suppuration est déjà formée, on peut y avoir également recours; il facilite la résorption du pus et la diminution de la tumeur. J ai eu à me louer de l’avoir suivi dans plusieurs cas , qu’on aurait pu prendre pour des engorgemens tuberculeux. Si la maladie se termine par induration , il faut enlever le testicule.

4°. Organes génitaux de la femme. Les végétations des organes externes doivent être excisées. Qnand une petite lèvre est couverte de végétations et qu elle est très-longue, il vaut mieux l’amputer d’un seul coup de ciseaux, que d enlever chaque tumeur. La syphilide tuberculeuse arrondie ou aplatie doit être cautérisée. Dans lescas de végétations du vagin, il faut faire ou l’excision ou la cautérisation, si on veut avoir recours aux moyens locaux seulement. Mais si 1 on veut employer en même temps le traitement général, on peut se contenter de frictions avec un onguent mercuriel, oui onguent d’opium brut. La syphilide ulcéreuse du vagin exige de fré-

TRAITEMENT

quentes cautérisations, et souvent l’usage de médicamens topiques irritans pour changer la nature de la surface ulcérée. J’ai dit que je ne croyais pas qu’on dut rapporter à la syphilis les excoriations du col de l’utérus qu’on trouve fréquemment dans les cas de syphilis consécutive ; il faut bien se garder de les cautériser avec le nitrate acide de mercure, on augmente presque toujours le mal au lieu de le diminuer : le nitrate d’argent suffît. Quand il y a boursouflement du col , les cautérisations de nitrate d’argent, et les applications de calomel ou d’alun en poudre faites régulièrement ramènent les parties à leur état naturel. Les solutions légères de nitrate d’argent, et de nitrate acide do mercure dont on a recommandé l’usage dans ces derniers temps agissent comme irritans, et n’ont aucune vertu particulière.

i4°. Membres. Les membres sont le siège de tumeurs blanches contre lesquelles on doit employer le traitement général, et les frictions mercurielles sur le siège du mal. Il faut une grande persévérance dans le traitement, et il sera couronné de succès. Les ulcères de la peau des orteils guérissent promptement par les applications d’un ongnent mercuriel.

SYPHILIS CONGÏNIALE.

SYPHILIS CONGÉNIALE.

TRAITEMENT

Le traitement de la syphilis congéniale peut se faire de deux manières, soit en traitant la nourrice soit en traitant l’enfant. Pendant les premiers mois de la vie surtout quand l’enfant est très- chétif, il est préférable de suivre le premier mode; mais plus tard, c’est-à-dire lorsque l’enfant est parvenu au quatrième mois, je crois qu’il vaut mieux le traiter lui-même en lui administrant le mercure à doses très-minimes à l’extérieur. Je préfère cette médication à l’emploi du mercure à l’intérieur parce que l’estomac ne se trouve pas fatigué. L’on peut cependant faire usage des préparations mercurielles à l’intérieur quand l’enfant est plus âgé : j en ai obtenu de bons effets : on commence par un dixième, ou un huitième de grain de solution de deuto-chlorure : puis on monte jusqu’à un quart de grain par jour. On proportionne suivant l’âge de l’enfant la dose de mercure que l’on doit administrer pour un traitement complet. Le quart, le tiers , la moitié de la dose ordinaire suffisent suivant l’âge auquel ont paru les symptômes. En agissant avec prudence, il y a moins d’inconvéniens à pousser loin la dose, qu’à ne pas en donner assez.

TRAITEMENT

En résumant ce que j’ai dit sur le traitement de la syphilis, je poserai les principes suivans.

i°. Le mercure est un remède certain contre la syphilis.

2°. Pour en obtenir l’effet désiré, il faut le donner àdose plus forte qu’on ne le fait ordinairement.

5°. Employé seul, il a autant d’efficacité, que si on Punit à d’autres médicamens.

4°. Son usage interne sulïit pour guérir les symptômes généraux et locaux. Cependant l’emploi de certains topiques accélère la guérison de ces derniers.

5°. Un traitement incomplet est inutile, et a de plus l’inconvénient de rendre très-difficiles à guérir les symptômes consécutifs qui se développeront plus tard.

6°. Un traitement complet guérit les symptômes primitifs et empêche l’apparition des consécutifs.

7°. Un traitement complet guérit radicalement la syphilis consécutive.

8°. Le mercure bien administré, quelle que soit la dose à laquelle on le porte , n’occasionne aucun accident général ou local.

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