EXPLORATION DE LÀ FEMME
Explorer une femme pour déterminer si elle est dans l'impossibilité de supporter le coït est souvent nécessaire ; mais on trouvera rarement une cause qui fasse admettre une telle impuissance.
Une convulsibilitéy ou hyperesthésie des organes génitaux, capable de rendre impossible l'acte de la copulation, et invoquée par les anciens (Paul Zachias), est tout à fait apocryphe. En tout cas il est singulier que dans la littérature médicale, riche de celte matière, il ne se rencontre que des faits excessivement rares. Un médecin (!) fit un procès de divorce à sa jeune épouse, parce que, à chaque coït, elle avait des < convulsions » qui lui inspiraient c dégoût et répugnance et l'empêchaient d'accomplir les buts du mariage. > (§ 697 Code prussien.) Mon exploration ne fournit pas un seul indice qui pût
rendre vraisemblable Tassertion du mari, el qui, du reste, n'était émise qu'après quelques années de mariage. Lui, médecin et époux, n'avait fait aucun essai de guérir ces soi-disant convulsions, etc. Il suffit d'énoncer ces raisons dans mon expertise pour faire rejeter la demande.
Il est aussi très rare qu'un rétrécissement du vagin soit un empêchement absolu ou relatif à la copulation. Dans ce cas, les deux parties sont à examiner ; car, d'un côté, le canal, comme tous les canaux, est facilement dilatable, ce que prouve l'urèthre de la femme qui, dans des cas assez fréquents, est employé par erreur et est rendu apte au coit par une dilatation successive (1); d'un autre côté, on ne peut douter que la quantité minime de sperme nécessaire pour la fécondation de l'œuf puisse être introduite dans un vagin rétréci ; et si l'on veut la produire ainsi par une copulation incomplète, le sperme peut parvenir jusqu'à l'utérus. M. Hohl (2) a trouvé un vagin si étroit, que l'on pouvait à peine y introduire l'index, et pourtant il y eut grossesse; l'acte de la copulation avait été accompli plusieurs fois ..Le même éminent écrivain cite un rétrécissement curieux du vagin produit par le périnée pénétrant entre les deux grandes lèvres. J'ai vu moi-même, dans ma pratique, un cas dans lequel le mariage était resté infructueux pendant sept ans. L'inspection locale me fit voir la cause de l'impuissance : c'était un périnée, pour ainsi dire hypertrophié, qui se prolongeait jusqu'au premier quart des grandes lèvres. Dans ce cas, yne opération chirurgicale fit cesser l'impuissance. Il pourra en être de ipême dans les synéchies partielles du vagiuy qui, elles aussi, ne rendent pas impossible le coït, qui peut être même fécond : on en trouve des exemples assez fréquents dans les travaux compilatoires.
Les dimensions anormales du pénis , par rapport au vagin , ont été admises comme une cause de divorce (3).
Ici l'impudence féminine a le champ libre. L'observation 33 offre
(1) Dict, des scimc» médic., t. XXIV, p. 210.
(2) Lehrbuch der Geburtshulfe,L*iipzi^^ 1855, p. 263.
(3) P. Zacchias dit : « Un pénis court est une cause de stérilité et peut devenir une cause de divorce. » {Quœsty p. 278, 284.)