‹ Traité pratique de médecine légale v. 2 (volume 2)Chapitre 6 sur 98 · PRÉFACE DE L* AUTEUR POUR L'ÉDITION ALLEMANDE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L* AUTEUR POUR L'ÉDITION ALLEMANDE. XVII

leroeni Télat présent du malade, mais ses antécédents et tout ce qui enfin est capable de jeter quelque lumière sur raflection en question, n'est-il pas extraordinaire, dis-je, que ce médecin, parce qu'il est appelé par la justice, ne doive tenir aucun compte ni des antécédents, ni des probabilités, ni des combinaisons du sens commun, et doive s'en tenir strictement aux « preuves absolues » présentées par le sujet exploré au moment même de l'exploration ! Que pourrait-on dire avec une pareille théorie dans des expertises de maladies mentales ou de mort attribuée à un assassinat f

Cette fâcheuse erreur, trop fréquente en Allemagne, provient de ce que beaucoup d'auteurs, très distingués du reste, n'ont pas pu contrôler ce que leur érudition littéraire et leurs théories de cabinet leur a inspiré par le résultat d'une expérience personnelle étendue.

Je citerai comme exemple feu Henke, qui mérite d'être nommé avant tous les autres, à cause de la grande autorité dont ont joui ses écrits pendant si longtemps, et qui pourtant n'a jamais fait une seule autopsie légale, ni franchi le seuil d'une prison, ni expertisé les parties génitales d'une fille violée, ni examiné l'état mental d^un criminel, etc. Il en est beaucoup parmi ses prédécesseurs et ses successeurs qui sont dansle même cas. Aussi, que d'erreurs se sont propagées parce que ces auteurs se sont contentés d'enregistrer des < citations > acceptées comme des vérités sans contrôle. Nous citerons un exemple grossier :

P. Zacchias {Quœst.^ liv. I, tit. II, VIII) prouve (!) par des c citations > la possibilité de la naissance de 8, 9, 12, 36, 72, et même 150 enfants néstino enixu^ il cite même une comtesse de Henneberg qui a donné le jour à 365 enfants à la fois, mais il a soin d'ajouter prudemment à propos de ce cas : ego judicium abstineo. Aujourd'hui évidemment de pareilles absurdités n'ont plus cours, mais on trouve encore dans des auteui*s modernes cité comme source authentique un livre que peu de gens ont lu et qui est intitulé : Lucbia sine conaibitu.

XVIII PRÉFACE DE l' AUTEUR POUR L'ÉDITION ALLEMANDE.

Les criliques que nous avons faites dans cel ouvrage sur la théorie de la docimasie pulmonaire de Ploucquet, sur les attentats à la pudeur, sur la possibilité des naissances tardives, des monomanies instinctives, prouveront combien d'erreurs graves se sont glissées en médecine légale par suite de cette habitude de compiler sans contrôler par l'expérience.

Etant à même, par suite d'une pratique médico-légale étendue et datant de plus de trente ans, de recueillir tous les jours de nouvelles observations, j'ai pu vérifier et redresser toutes les théories acceptées jusqu'à ce jour ; aussi cet ouvfage n'est-il basé que sur mes propres observations; partout où mon expérience n'a pas suffi pour résoudre les questions qui se sont présentées, j'ai préféré l'avouer franchement, plutôt que de copier servilement et aveuglément ce qu'ont dit les autres. Les critiques nombreuses auxquelles ont été soumises les éditions antérieures de cet ouvrage ont bien voulu constater qu'il s^y trouvait des travaux tout à fait originaux, et qui me sont personnels ; ce sont ceux qui traitent de : l'aptitude physique à l'emprisonnement, les attentats a la pudeur, les naissances tardives, la superfétation, la chronologie des symptômes de la putréfaction, les blessures, les empoisonnements, les brûlures, la responsabilité médicale, les nombreuses expériences faites sur le cadavre, et toute la partie psychologique.

Pour cette dernière partie j'ai besoin de répondre à quelques psychologues qui Vont critiquée. C'est avec intention que j'ai évité toutes les discussions purement philosophiques et spéculatives ; elles auraient été superflues dans le côté médico-légal de la question, et tous les praticiens sont d'accord pour se plaindre de la confusion qu'elles entraînent toujours. J*ai vu avec une grande satisfaction que les meilleurs praticiens ont approuvé ma manière de voir, et ont déclaré qu'une ontologie trop spéciale des maladies mentales était très funeste en médecine

légale.

On ne trouvera pas dans cel ouvrage Tétude des questions

PRÉFACE DE L'âUTEUR POUR L'ÉDITION ALLEMANDE. XIX

purement physiologiques ou chirurgicales que tout médecio doit savoir.

Je ne me suis pas non plus étendu sur la chimie légale^ nonseulement parce qu'il existe d'excellents ouvrages sur ce sujet, mais encore parce que j*ai toujours considéré comme une faute de la part des auteurs de consacrer une grande partie d'un ouvrage de médecine légale à Tétude d'une question se présentant proportionnellement très rarement, et pour la solution de laquelle (du moins en Allemagne) la loi ordonne d'appeler un expert de la spécialité.

Les observations sont la partie essentielle de cet ouvrage. Je ferai remarquer que dans cette édition le nombre en a été beaucoup augmenté -, que dans la partie biologique elles atteignent le chiflre de deux cent vingt et une, et dans la partie thanatologique le chiffre de quatre cents. La plupart des autopsies ont été faites devant un auditoire nombreux, composé d'élèves et de jeunes médecins allemands et étrangers ; on ne peut offrir une plus grande garantie pour l'exactitude des faits publiés. Mon intention ayant été de publier un travail clinique de mé' decine légale^ j'ai choisi avec soin dans le monceau d'observations qui me sont personnelles, celles qui présentaient un intérét spécifique à la question que je venais de traiter.

Le grand nombre et la diversité de combinaison de ces observations présentera aux praticiens des analogies, même pour les cas les plus difficiles qui se présenteront a eux \ j'aurais bien voulu pour cette raison pouvoir doubler le nombre de ces observations, mais j'aurais craint de donner trop d'étendue a l'ouvrage.

Cette troisième édition a reçu de nombreuses augmentations dans sa partie théorique, surtout dans la thanatologie, pour les questions suivantes : les spermatozoaires, le tatouage, les poids et mesures des nouveau-nés, le noyau d^ossification de l'extrémité inférieure du fémur, les sillons strangulatoires produits sur les cadavres \ enfin ont été refondus et rédigés à nou-

SX PRÉFACB PK L'AUTEUB l'OUR l.'ÉriTlON ALLRHAKUK.

veau li's c'hapiln's suiviiiiU : la vial)itili>, les naissiiiiccs lardivcs, le moniiliealioii, le diagiiosLic des laclies de sang, les cristaux d'Iiémitic, l<>5 blessures par armes à feu, les lirùlures, les ctiipeisonnomenls, les ruptures des carolides dans In (icridaison, l'étal (lu sang après l'empoisonnement par l'oxydo de carbone, les mouvements de déglutition précédunl la respiration, les lilossures in Ira -utérines dn fœtus, la docimasie pulmonaire. Quant à larcf^iionsabiltlé métlicale, ma manière de voir a été assez sou~ vent combattue; il n'y a rien d'étonnant qu'il se présoiile des divergences d'opinion sous ce rapport, mais je n'ai rencontré dans toutes les crilif|ues qui m'ont été adressées, aucune théorie que j'aurais voulu accepter.

Les lois prussiennes ont été rapportées in extenso en tûlc des cbapîtres auxquels elles se rapportaient; je n'ai cependant pas passé conq)lélement sous silence les autres codes. Du reste tous les codes pénaux modernes ont de grandes ressemblances, et on aurait tort d'appeler cet ouvrage un livre de médecine légale prussienne. L'idée d'ajouter à cet ouvrage un atlas de planches coloriées comme complément des descriptions toujours insuHîsantes, était nouvelle, et le bon accueil qu'elle a trouvé auprès du public prouve qu'elle remplit une lacune.

Le succès, si flatteur pour moi, des premières éditions épuisées en si peu de temps, et les diverses traductions qui en ont été faites à l'étranger m'ont Tait contracter une dette de reconnaissance envers le public médical, et je n'ai pas eni pouvoir m'en acquitter mieux qu'en redoublant de soin dans la pulilî- CBlioti de l'édition actuelle.

TABLE ANALYTIQUE

m (diMêetkm de I'), II, 164.

ABOLIB, 320.

ACQMICHBIIBBIT, 161 ; comme cause 4e maladie mentale, 312 ; diagnostic de r— , 162 ; doulears de 1'—, 1 63 ; troubles généraux de 1' — , 163; debout, 561.

èOUM méuieux, il, 277; cyanhydri- ^M, U« 285 ; oxalique, II, 2U \ sul- AuiqM, II, 27tt ; urique déposé dans les reins, II, 527.

ABIHKURB, II, 34.

A6B, U, 7A ; de TeiiAuit, II, A70 ; influence de r — dans la putréfaction, II,

AmM^HÉAlQUE, son influence

dans la putréfaction, II, 27.

AMOOL, II, 287.

ALIÉNÉS (eiploration des), 272 ; lieu

d'eiplonUon des —, 274 ; questions

à adreiseDiUZ— , 275.

ALIAHATIOII ■BIITALB (foy. Maladies

— tatos), 266.

âHAOMH simulée, 248.

AlULTSBehimkiue des poisons, II, 275;

«rhimique des taches d'acide sulfuri-

^■e, n, 160 ; chimique des taches de

Aees, U, 158 ; chimique des taches

de sang sur les instruments. II, 147 ;

chimique des taches de sang sur les

vêtements, II, 151 ; des taches de

spenne, II, 458.

ANÉHIB comme cause de mort, II, 51 ;

dans la mort par le rhloroformp. 11,

ANOMALIES du bassin, 47 ; présentées par le cadavre, II, 80 ; du pénis, 46. ,

ANUS (état de 1') dans la pédérastie,

APPAOVRISSEHBIIT du sang, II, 239.

APLATISSEMENT du tissudes muscles, II, 13.

ARÉOLE (coloration) du mamelon, 1 36 ,

ABMES à feu, II, 1 08 ; présence de 1'—,

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