PENDAISON, STRANGULATION. — CAROTIDES
ruptures à bords lisses qui ne s'imbibèrent qu'après doute heures parce que ce sujet était très exsangue. Un morceau de l*artère brachiale traité de la même manière, donna les mômes résultats.
6° Le cadavre maigre d'une fille de neuf ans morte d'une maladie interne fut pendu quarante-huit heures après la mort avec un cordon lai^e de à millimètres, le cadavre fut tiré fortement par les pieds et retiré après trois heures. La carotide droite fut préparée avec des doigts, il n'y avait qu'une faible empreinte, pas de rupture; pour la carotide gauche on se servit de la pince, il n'y avait également qu'une empreinte^ Il fallut une forte pression avec la pince ponr produire une rupture de le membrane interne. L'élasticité et l'état sain de la carotide de cet enfant expliquent ce résultat.
7"" et S"* La même chose fut observée sur une fille de sept ans et demi qui avait été étranglée par sa mère, laquelle se pendit ensuite. Chez cette enfant aussi il fallait une forte pression pour produire une rupture de la membrane interne de la carotide. La mère n'avait pas de lésion à la carotide, mais on pouvait en produire facilement.
^ Un morceau de l'artère crurale d'un homme de cinquante-six ans mort depuis quatre jours fut légèrement pincé et ou vit une rupture large de 2 millimètres, des deux membranes interne et médiane.
Des expériences analogues ont été répétées sur beaucoup de cadavres avec le même résultat , mais, comme l'observe avec raison Mildner, il n'est pas même besoin d'employer une pince, une simple pressioik.avec les ongles des doigts suffit pour produire la rupture surtout dans les carotides si fréquemment athéromateuses de sujets an-dessus de trente-cinq à quarante ans ; c'est ainsi que l'on produit, sur le vouloir, une phénomène artificiel qui peut induire en erreur surtout si les bords de la petite plaie s'imbibent de sang.
En voici encore quelques exemples :
10* Un aliéné fut pendu après sa mort et tiré fortement par les pieds, on vit dans la carotide droite qui fut retirée sans instrument deux déchirures Tune 2 centimètre 1/2 au-dessus, l'autre 1 centimètre au-dessous du sillon très profond. Nous soupçonnâmes que ces ruptures avaient été produites par les ougles des doigts du préparateur;
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nous en eûmes la preuve par la carotide gauche qui, laissée en place, était intacte, mais qui, retirée par la même personne, montra les mêmes ruptures produites par les mêmes ongles.
11"* Un ouvrier de trente-huit ans se tua par un coup de pistolet dans la bouche. Les deux carotides Corlement atbéromateuses furent retirées avec les doigts, dans la carotide gauche se trouvait une petite rupture de la membrane interne en forma triangulaire.
12® N..., tisserand, âgé de trente-six ans, se pendit au mois de septembre; après cinq jours (+ i2*' à+16* R.) , la putréfaction était très avancée. Le sillon produit par un nœud coulant tournait autour du cou. Les deux carotides furent retirées sans pmce, les vaisseaux étaient déjà couleur rouge pourpre à cause de la putréfaclion , mais intacts. Les empreintes de doigt sur les carotides retirées produisirent très facilement des ruptures.
l'a"" Un homme de trente-six ans fit une tentative de pendaison, on coupa le lien, mais cependant il mourut après quelques heures. Le sillon était très curieux , il était tout à fait superficiel k gauche du cou et d'une couleur rouge bleu. Néanmoins il n'y avait pat de trace d'ecchymose dans le tissu cellulaire sous-cutané. La carotide fut retirée sans pince, elle était athéromateuse mais intacte ; deur pressions avec la pince produisirent facilement deux ruptures. A droite, où le sillon était peu visible , la pince fut employée pour retirer la carotide , et on trouva aux endroits correspondants des ruptures de membranes internes et médianes de l'artère. Les ongles produisirent effectivement, avec facilité , de pareilles déchirures.
lA"* et lô\ Dans ces deux cas on réussit à produire la rupture des carotides sur le cadavre.
Une femme maigre, âgée de soixante-dix ans. Ait pendue au moyen d'un nœud coulant fait à un cordon large de 5 millimètres, deux jours après sa mort. Elle fut tirée fortement par les pieds, elle ne resta pendue que cinq minutes et pourtant le sillon était très profond et d'un jaune brun. La carotide droite fut ouverte sur place, on y trouva une rupture dentelée longue de à millimètres, sans tuméfaction des
PENDAISON, STRAIfOULiTlON.-^ SYMPTÔMES INTERNES. S67
bords, qui s'imbiba au bout d*un quart d'heure. La carotide gauche était iotacte.
Une femme Agée de vingi-deux ans, également très maigre, fut trai« tée de la même manière le lendemain de sa mort. Après deui heures de pendaison, le sillon n'était pas si prononcé que dans le cas prè^ cèdent. La carotide gauche ouverte sur place était athéromateuse, mais intacte. Maniée avec la pince et les ongles, elle offrit des ruptures. L'artère carotide droite était également athéromateuse et présentait aux parois antérieures une déchirure de 3 millimètres de la membrane interne.
D'après tout ce qui précède on peut conclure :
1** Dans des cas très rares il se forme chez des pendus (strangulés ) une rupture des membranes internes des carotides;
2'' Il s'ensuit que l'absence de ce signe sur le cadavre ne peut pas faire admettre qu'il n'y a pas eu mort par pendaison ;
3** Ces ruptures peuvent être également produites par pendaison après la mort ;
h"* La présence de réaction vitale peut seule prouver que la strangulation a eu lieu pendant la vie. Une seule imbibition sanguinolente des bords ne prouve rien ;
b"" La rupture des membranes peut très facilement être produite par mégarde en préparant l'artère ;
ô"" Les conditions pour la production de ces ruptures chez un vivant Mmblent être surtout : constriction très violente du cou par le lien, maigreur du cou, surtout état alhéromateux des carotides.
4® STMPTdmCS nfTCSNES.
Après ce que nous avons dit plus haut sur la mert physiologique des pendus et des strangulés et sur la mort par asphyxie en général, nous avons peu de chose à ajouter. Si la mort a eu lieu par apoplexie cérébrale, on trouve dans les organes de la tète une hypérëmie générale (pas une hémorrhagie qui, même chez les vieillards, est très rare), si toolelim, bien entendu, le sang n'a pas été évaporé par la potré-
SOS PARTIE THANATOLOGIQinS
faction. Or c'est ce qui arrive souvent, car les suicidés ordinairement choisissent des endroits déserts pour se pendre, et alors le cada^ n*est souvent trouvé qu'après plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Si la mort a eu lieu par apoplexie pulmonaire ou asphyxie proprement dite, on trouve rhypérémie ou bien dans tous les organes de la poitrine ou principalement dans les poumons, ou seulement dans le cœur droit, et le sang est liquide et foncé. L'injection rouge de la muqueuse trachéale dans ces cas est habituelle, mais récume sanguinolente dans la trachée manque plus souvent dans ce genre d'asphyxie que dans celui qui est produit par des gas irrespirables ; on trouve toujours une hjpérémie des veines de la cavité abdominale.
Il est assez fréquent de ne trouver, au lieu des hypérémies crânienne ou thoracique, que des résultats tout à fait négatifs, lorsque la mort a eu lieu par neuroparaljsie. Si dans un cas particulier il y a probabilité qu'une mort par apoplexie ou suffocation autrement qne par la strangulation et que le décédé n'a été strangulé qu'après la mort, le diagnostic peut être très difficile. Mais cette difficulté est encore bien plus grande si l'aùtopsie ne présente que des résultats négatifs. Si, enfin, dans un tel cas les symptômes locaux au cou sont absents ou si l'on ne peut savoir s'ils ont été produits après la mort , alors l'expertise médicale n*est d'aucun secours, car elle ne peut donner aucun renseignement, et la justice est obligée d'aller chercher des probabilités dans les circonstances de toutes sortes qui ont entouré la mort.
Les cas de celte espèce ne sont pas très rares, ils se présentent surtout à propos des nouveau-nés qui naissent dans des endroits froids et humides et meurent bientôt après leur naissance de neuroparalysie (ou même d'apoplexie), sans qu'il y ait eu aucune manœuvre criminelle de la paît de la mère, puis celle-ci quelquefois entoure alors le cou de son enfant d'une corde afin qu'il ne puisse revivre; j'en ai vu des exemples. Dans un autre cas très difficile l'enfant nouveauné fut trouvé dans un tonneau rempli d'eau, enveloppé d'un tablier et étranglé par le ruban de ce tablier. Il fallait décider si, comme le