‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 105 sur 166 · PENDAISON, STRANGULATION. -7- CAROTIDES . SOS · texte numérisé non relu

PENDAISON, STRANGULATION. -7- CAROTIDES . SOS

(ce qui cependant n*aurait pas été extraordinaire dans ce caa). Les jugulaires étaient gorgées ; l'asphyxie avait eu lieu par hypérémie des artères pulmonaires.

2** Le 25 mars le maçon R..., âgé de trente ans, se pendit dans sa maison, le lien fut coupé bientôt après, on lui ouvrit la veine jugulaire et Ton fit une saignée au bras ; mais le pendu ne put ôtre sauvé. Le lendemain le cadavre fut examiné. Je ne me rappelle pas avoir jamais vu un sillon si peu prononcé ; cet homme avait le faciès pâle, les yeux fermés, la langue à sa place ordinaire, des lividités au cou. Tout autour du cou qui était gros et court se trouvait un sillon large de 3 millimè* très, superficiel, blanc et mou, qui était un peu plus visible à droite qu'à gauche et à la nuque, le sillon était situé entre le larynx et l'os hyoïde ; en remuant le cadavre on vit s'écouler de la veine jugulaire beaucoup de sang foncé et liquide. Les carotides furent ouvertes, elles contenaient encore un peu de sang. La carotide droite présentait audessous de sa bifurcation, à l'endroit qui correspondait au sillon, une déchirure très fine de la membrane interne de la paroi antérieure. Celte déchirure avait 3 millimètres de longueur et était très faiblement colorée; il n'y avait ni tuméfaction ni renversement des bords, et la déchirure avait absolument l'aspect d'une déchirure artificielle faite sur le cadavre. La carotide gauche ne présentait rien, les deux carotides étaient trèsathéromateuses. Il était très curieux de trouver une rupture dans ce cas où le lien n'avait fait qu'un sillon si peu prononcé. La mort avait eu lieu par hypérémie du cœur et des poumons. La trachée-artère était injectée, enduitedemucussanguinolent, le cœur droit très rempli de sang foncé et liquide, de même les grands vaisseaux et la veine cave ascendante, les poumons hypérémiques ainsi que les reins. Pas de spermatozoaires dans l'urèthre.

Excepté dans les deux que je viens de rapporter, je n'ai jamais trouvé une rupture de la membrane interne de la carotide, quel que soit le corps strangulant ou sa position sur le cou.

3* Le cas suivant donna lieu à une série d'expériences sur le cadavre J'en citerai quelques-unes des plus importantes. Un cocher de trenle-lrois ans, robuste , grand de 1 mètre 78 centimètres , se

S6& PARTIE THANATOLOGIQUR.

pendit. Le lendemain nous trouvâmes le sillon entre le larynx et Tos hyoïde y large et peu profond , d'une couleur jaune brun, mon, plos prononcé à gauche qu*à droite ; la carotide droite fut retirée avec une pince comme à l'ordinaire, elle était très athéromaleuse; il y avait une déchirure de la membrane interne longue de 5 millimètres, dentelée avec faible imbibition sanguinolente des bords. Les circonstances de Tautopsie firent soupçonner que cette déchirure avait été produite artificiellement avec la pince, alors l'artère fut pincée deui fois et nous produisîmes de suite à l'intérieur y deux déchirures tout à fait analogues à la première qui, après quelques minutes, s'imbibèrent du sang qui se trouvait encore dans l'artère. Comme contrepreuve on retira la carotide gauche, mais sans se servir d'une pince, on n'y trouva pas de rupture, on pinça l'artère trois fois et on pro« duisit trois déchirures.

V L'ouvrier N. . ., âgé de quarante-six ans, mourut de phthisie pulmonaire. Deux heures après la mort, le cadavre encore chaud ayant le cou très maigre fut pendu avec un cordon de chanvre très mince, large seulement d'un millimètre 1/2, puis le corps fut fortement tiré par les pieds. L'examen fut fait deux jours après. Le sillon placé très près et au-dessus du larynx allait sans intermption de chaque côté jusqu'aux apophyses masloïdes, large d'un millimètre 1 /2, d'un jaune brun sale, parcheminé, non ecchymose et très prononcé.

La carotide droite fut retirée avec beaucoup de précaution sans que Ton se fût servi d'une pince. Elle était intacte. On pinça trois fois l'artère et on fit trois ruptures des membranes internes â bords lisses qui ne s'imbibèrent pas de sang parce que le sujet était très anémique. La carotide gauche fut retirée de la manière ordinaire avec la pince, et à l'endroit correspondant à celui où on avait touché il y avait une rupture de la membrane interne large de h millimètres.

6° Un homme de trente-cinq ans qui s'était suicidé au moyen d'une arme â feu fut strangulé le lendemain avec un cordon de chanvre large de 5 millimètres. Les deux carotides furent préparées sur place sans pincette et furent ouvertes. On ne trouva pas la moindre Irace de rupture. Par une pression modérée avec la pince on produisit des

Page 1