PENDAISON, STRANGULATION. — Y A-T-IL FAUTE Ï>*VS TIERS? S
le dos était intact, et il fut constaté que la cadavre avait été couché sur le côté gauche après avoir été détaché. Les hypostases internes furent également trouvées du côté gauche, au cerveau, aux poumons et aux reins.
Les cas que nous venons de rapporter suffisent pour démontrer les règles que nous avons posées dans la partie théorique de cette question. Dans le paragrapiie suivant nous étudierons comment 00 peut déterminer s'il y a eu meurtre ou suicide.
S 3. — Oéiermiiier »'il y • faute d'un tier«.
Lorsqu'on trouve le cadavre d'un homme qui parait avoir été pendu ou étranglé, et que les circonstances font naître le soupçon d'un meurtre, le médecin légiste doit résoudre cette question difficile : La mort a-t-elle été causée par la faute d'un tiers ?
Avant tout, il faut poser le diagnostic de la mort strangulatoire elle-même d'après les critériums que nous avons énoncés. Si le décédé a succombé à un autre genre de mort, il est évident que la pendaison n'a pu avoir eu lieu qu'après la mort ^ ces cas ne sont pas rares, il est facile de les reconnaître. Un matelot fut tué avec un poignard par les filles d'une maison publique à Amsterdam ; pour cacher le crime, les filles lavèrent le cadavre, lui mirent une chemise propre et le pendirent ( Vrolick). On ne trouva pas les signes de l'asphyxie, mais une blessure pénétrante du cœur. Qui aurait pu douter un instant de la cause de mort? La décision est aussi facile pour des eofiants mort-nés, lorsque la mère fait des manœuvres meurtrières parce qu'elle croit que l'enfant vit et qu'elle veut le tuer, ou bien parce qu'elle craint que sa mort ne soit qu'apparente et que la vie ne rerienne. La docimasie constatera que l'enfant est mort-né, et la question sera décidée.
Supposons maintenant que l'on trouve les phénomènes de la mort Mrangnlatoire : l'hypérémie des poumons ou du cerveau, etc. Ces phénomènes ne sont pas uniquement spécifiques de la mort par strangubtion, ils sont journellement le résultat d'autres genres de mort, l'asphyxie peut avoir eu lieu d'une manière quelconque et le cadavre
37 A PARTIE THANAT0L06IQUB.
peut avoir été pendu ensuite. M. Devergie demande dans cette eireonstance où est le malheur, puisc|ue le médecin légiste aura toiyours constaté la mort par asphyxie. M. Devergie oublie, ce qui est asseï important, que souvent plusieurs personnes sont accusées du crime. Si dans un tel cas A. et B. sont accusés, A. a éteuffé la victime, et B. Ta pendue; B. doit certainement être puni, mais A. seul a causé h mort.
Lorsqu*un homme a succombé à une maladie mortelle et que le cadavre a été pendu bientôt après la mort, le sillon fait sur le cadavre pouvant tout à fait ressembler à celui produit sut le vivant , ii peut être impossible de décider s'il y a eu faute d'un tiers par les seuls phénomènes de Tautopsie. Mais le médecin légiste doit, d'après les principes que nous avons émis dans le courant de cet ouvrage, faire la combinaison des circonstances accessoires et en tirer la conclusion qu'il trouve la plus probable.
Nous avons déjà dit que la strangulation avec les mains annonce presque avec certitude la faute d'un tiers, c'est-à-dire un crime, la strangulation avec un lien la rend très vraisemblable, tandis que la pendaison donne beaucoup de probabilités au suicide.
A Berlin, par exemple, dans les trois années 1852 à 1S5A, il y eut 368 suicides parmi lesquels 189 par pendaison, ainsi plus de la moitié.
Il faut considérer d'abord, quand le cadavre est connu, quels ont été les antécédents du décédé : était-ce un buveur^ un homme sous le coup d'une instruction criminelle, un homme plongé dans la misère, ou sous le coup d'un grand chagrin, ou bien souffrant d'une maladie incurable? Bref, ses antécédents peuvent-ils f^ire supposer qu'il avait le désir d'en fmir avec la vie? Ajoutons cependant que ces circonstances ne sont qu'accessoires et ne peuvent offrir qu'un secours dans le jugement dont la base doit toujours être les phénomènes physiques.
Il existe un fait qui donne un grand poids aux probabilités, c'est qu'il est facile d'étrangler un homme avec les mains, pas très difficile de l'étrangler avec un lien, mais presque impossible de le
PENDAISON, STRANGULATION. —Y A-T-IL FAUTE d'uN TIERS? 375
peadre si ce n*est pas un enfant, s'il n'a pas perdu connaissance, s'il n'est ni imbécile ni paralysé, enfin si la résistance n'est pas vaincue par force majeure, par exemple quand il y a plusieurs malfaiteurs contre une seule victime. Dans un crime par strangulation ou pendaison , il faut supposer un combat et chercher les traces de résistances, telles que des égratignures, blessures , luxations, frac* tures (de doigts), des ecchymoses, des cheveux dans les mains, etc. Ici je dois signaler l'erreur assez comirmne qui peut avoir les suites les plus graves et qui consiste à prendre les taches cadavériques qui se trouvent sur presque tous les sujets quand ils arrivent à la table de l'autopsie, nombreuses, rouges, jaunâtres, brunes sales à la figure, au cou, à la poitrine, aux membres, etc., qui ont été produites par la transport du cadavre, soit en le soulevant, soit en le déshabillant, soit ea le traînant sur le sol. Ces taches, plus ou moins dures à couper, ne sont jamais ecchymosées et peuvent être produites sur le cadavre, comme nous l'avons vu plus haut. (Voyez partie générale, page OS.)
Une circonstance importante encore est la position dans laquelle on a trouvé le cadavre. Autrefois on croyait que le suicide par strangulation dans la position horizontale était impossible, mais cette opinion est maintenant rejetée. Nous communiquerons plus bas deux observations indubitables (obs. 286 et 286). Il est encore erroné de croire que la pendaison n'a pas été le résultat d'un suicide lorsque le Gfidayre touche la terre avec un ou deux pieds. Nous rapporterons plus bas trois cas (obs. 289 à 291), de suicidés évidents dont les cadavres touchaient le sol avec les deux pieds.
Très instructifs sont encore les cas très vivement décrits par Mare (1), qu'il a publiés à l'occasion du suicide par pendaison du prince de Condé après la révolution de 1830, pour enlever tous les dootea qu'entouraient le suicide du prince. Dans les cas recueillis par Marc, les deux pieds d'un pendu, comme ceux du prince, touchaient le sol sur lequel se trouvait du grain ; dans un autre cas,
il) Annale ^hygiène publique^ t. V, p. 156.
376 PARTlt: TIIANATOLOGIQUE.
c'était un prisonnier qui s'était pendu à la fenêtre, le cadavre était moitié assis sur le rebord de la fenêtre, le pied droit était à plat sur le sol, le pied gauche le touchait avec la pointe. Un autre prisonnier qui s'était pendu aussi à sa fenêtre, avait le pied gauche à plat sur le rebord de la fenêtre et le talon du pied droit touchait le sol Un prisonnier anglais se pendit également, on trouva son cadavre presque assis, les fesses n'étaient éloignées du sol que de 2 centimètres, et les talons des deux jambes étendues touchaient le sol ; un ouvrier se pendit dans son lit, le corps était comme à genoux, mais les genoux étaient éloignés de '20 à 30 centimètres du matelas, et les pointes des pieds reposaient sur le lit ; une fille publique se pendit à un crochet éloigné du sol de 1 mètre, ainsi plus bas que la hautear de son corps, on trouva les membres inférieurs écartés, le droit étendu, avec le talon touchant le sol, le gauche fléchi en arrière avec la pointe touchant le sol. Le dernier cas de Marc, enfin, se rapporte encore à une fille publique pendue à une quenouille ; la tète avec la jambe droite formait une ligne oblique par rapport au sol sur lequel reposaient tout le côté gauche et le pied droit. J'ai moi-même observé un cas de meurtre commis parce que l'on avait lié la victime à une quenouille, le corps reposant complètement sur le sol.
Il est possible que dans un certain nombre de ces cas où on a trouvé les cadavres touchant plus ou moins le sol avec leurs pieds, cette position n'existait pas au moment de la pendaison et que ce n'est qu'après la mort que le poids du corps l'a fait retomber ou que la rigidité cadavérique l'a allongé. Les auteurs français ont saisi cette occasion pour diviser la pendaison en complète et incomplète. Une telle division n'a aucune utilité. Il suffit de savoir qu'il n'existe pas une seule position du corps dans laquelle la mort volontaire par pendaison ne soit pas possible ; de sorte que le corps peut être trouvé pendant dans l'air, touchant plus ou moins le sol avec un ou deux pieds, agenouillé, plus ou moins assis, reposant sur le sol dans une position oblique, même horizontale, etc. Cependant, dans certaines circonstances, la position du cadavre peut prouver le suicide ou le meurtre ; le suicide, si, par exemple, le cadavre est trouvé pendu au haut d'un arbre ; le
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meurtre, si le cadavre pendu haut a les mains liées derrière le dos, ou bien dans une position comme celle de Tobservation 277 dans laquelle les assassins ont voulu faire naître Fapparence d'un suicide.
Ainsi , pour prouver qu'il y a faute d'un tiers , il faut d'abord prouver que la constriction a été faite pendant la vie, or cette preuve ne peut être offerte que par la présence des symptômes de la mort strangulatoire, symptômes qui, comme nous l'avons dit, peuvent manquer, puis rechercher les traces de résistance, enGn étudier la position dans laquelle le cadavre a été pendu, nous venons de voir que cette position ne pouvait donner que des renseignements assez vagues; il ne reste donc pour décider celte question que de considérer la somme de tous les signes diagnostiques , de les combiner avec toutes les circonstances accessoires , d'individualiser chaque cas en l'entourant de toutes ses particularités et de donner au rapport la rédaction que nous avons déjà recommandée : c Les résultats de l'autopsie n'ont pas donné de résultat s'opposant à l'admission d'un suicide. > De cette manière le médecin n'est pas trop engagé, de l'autre il n'y a pas déclaration d'incompétence toujours pénible pour la dignité du médecin et embarrassante pour le juge. En rédigeant le rapport de la manière que nous venons de dire, le juge est satisfait, car il n'a demandé une autopsie « légale > que parce que les circonstances anormales au milieu desquelles on a trouvé le cadavre ont fait naître un soupçon et que le médecin déclare que le soupçon n'est pas justifié par les résultats de la science.
Obs. 277. — La strangulation est' elle le résultat d*un suicide ou d'un meurtre?
Le 22 avril 18**, à dix heures du matin, les habitants d'une maison aperçurent de la foonée sortant des fenêtres de l'appartement d'une vieUle femme qui vivait seule. La porte était fermée ; lorsque l'on pénétra en la forçant, on vit la chambre remplie de fumée et la paillasse du lit brûlée. On ne trouva pas la clef de la porte qui était fermée è double tour. La vieille femme était morte, elle fut trouvée astiie mr une chaise, paraissant étranglée. A quelques pas de la chaise se trouvait à la firoi de la chambre uo crochet auquel était attaché un fichu de toile dont un bout
378 PARTI6 THANATOLOGIQDE.
pendait, les Armoires do la chambre avaient été ouvertes et on y avait pris des habits et des objets de valeur. On transporta le cadavre dans le vestilmle où les médecins A..., F... et K... essayèrent de sauver l.i femme sans y parvenir. Les médecins décrivirent dans leur rapport « un sillon strangulatoire profond s'étendant du sterno-clcido-mastoïdien droit jusque derrière le môme muscle du eôté gauche ; de ce côté gauche le sillon était plus prononcé, et double à un certain endroit. La figure était très bleue. » Le docteur A... déclara que trois jours plus tard, l'autopsie légale n'avait pas encore été faite : a le sillon strangulatoire était moins visible qu'auparavant. ¥ L'ouvrier H.. , qui avait assisté aux tentatives que l'on avait faites pour sauver la femme, déposa « qu'il avait vu au cou un sillon rouge ressemblant à une plaie produite par un coup de fouet » .
Le 26, quatre jours après la mort, le cadavre fut disséqué. Il <ivait beaucoup de plume de lit dans les cheveux ; la langue tuméflée mais pâle se trouvait entre les maxillaires sani dents, les mains et les ongles étaient bleuâtres ; sur la joue gauche il y avait une petite égratignure ; au nez et à la bouche, dont les lèvres étaient bleuâtres, se trouvaient des traces de sang séché ; au milieu de la lèvre supérieure était une petite tache ecchymosée. Du cdté gauche du cou , depuis le bord postérieur du liemo-cléido- mastoïdien jusqu'au bord antérieur du môme muaele du eôté droit, se trouvait un sillon aplati, superficiel, large de 1 centimètre, profond de 1/2 centimètre en quelques endroits, d'un jaune brun sale et coloré au bord en rose à quelques endroits ; le sillon devenait de moins en moins visible à mesure que l'on se dirigeait vers le côté droit ; tout le sillon était mou à couper, il n'y avait nulle part une ecchymose ; à la partie antérieure il passait sur le milieu du larynx ; à 1 centimètre au-dessus du sillon, la peau était un peu rougie, ce qui provenait probablement d'un deuxième sillon qui cependant ne pouvait plus être reconnu. A l'angle du maxillaire inférieur gauche se trouvaient deux taches d'un bleu rouge, ecchymosées, de la grosseur d'un petit pois et de la grandeur d'une pièce de 20 centimes, et à 3 centimètres de l'angle du maxillaire inférieur droit, une tache tout à fait semblable de la grandeur d'une pièce de 50 centimes.
Les poumons étaient assez remplis de sang foncé et liquide, ainsi que les artères coronaires, peu de sang dans le cœur gauche, beaucoup dans le cœur droit et dans les grands vaisseaux de la poitrine, vive rougeur de la muqueuse trachéale sur laquelle se trouvaient quelques gouttes de sang, coloration bleu foncé de l'arrièrebouche, les veines des méninges très remplies, et une ecchymose ronde de 6 centimètres à la surface intente de la protubérance occipitale, beaucoup de sang dans les veines du mésentère, de l'épiploon et des deux reins.
D'après cela on ne pouvait pas douter de la mort par asphyxie ; mais on ne pouvait pas non plus douter qu'il y avait eu une violence produite par une main étrangère. Ou ne pouvait pas expliquer la mort d'une autre manière, puisque l^aspbyxie par la fumée de paille se serait fait reconnaître par une autre coloration de la muqueuse trachéale, puis le sillon strangulatoire, quoiqu'il fût comme celui que l'on observe chez les sigets pendus après la mort, a été vu par les médecins dans un état tout différent qui écarte toute espèce de doute ; de plus il y a un phénomène trouvé à l'autopsie qui est d'une grande importance, oe sont lea eoehymoses du
PENDAISON, STRANGULATION. - Y A-T-IL FAUTE d'uN TIERS? 879
cou, deia du côlé gauche et une du côté droit ; ccis phénomènes n*ont pu ôtre que le résultai d'unç preasloi) exercée avec des doigts pendant la vie, le pouce a été appliqué du cô(é droit, et deux doigts du côté gauche ; cette pression a été sans doutu U première atteinte faite à \^ vie de la vicUme ; on a dû ensuite avoir recours lu li^ strangulatotre, et les actes prouvent qu'entre ces 4eux manoeuvres il s*e«t pessé très peu de temps.
Il était facile d'écarter le soupçon d'un suicide, quoique évidemment les essASsins eiisieqt voulu le provoquer en attuçhaut un Qchu au crochet de la muraille. Mais iem^is j<i n'ai vu essayer une fryude plus maladroite, l^a clef de la porte fermée ne i'çstpjiaretrquvée, l'instrument strangulatoire n'était pei au cou quand en tFouvg
le ciidiivre, et l'assassin n'avait pas pensé que si la femme fi. . . s'éUit pendue au oroi> e^e\ on pe l'aurait paa trouvée mofte sur une chaise. Les assassins restèrent inconnus. /
Obs. S78. — Infanticide par strangulation.
Une ÛUe était accusée d'être accouchée clandestinement le 17 janvier ; elle nia le fait à la sage-femme chargée de l'eitiiminer, quoique oette dernière eùi trouvé dans la chambre un placenta encore frais. La saget^femme découvrit smia le dos de la («maae eeuchée un enfant mort, enveloppé dans un tablier neuf, sali par du «ang, l'enfant était encore chaud. Alors l'inculpée avoua avoir donné naissance à cet enfant dans un endroit du sol où on trouva une grande quantité de sang. Sur le bor«l du U feutre la sage-femme trouva des ciseaux, à côté du lit trois fils de coton, et à la iéle du lit un quatrième fil taché de sang était lié. Les cordons qu'on nous a prétantéi plus tard étaient longs de 50 à 60 centimètres, et larges de 5 à 6 milli* inètrsit, lei deux plus grands étaient presque tout à fait remplis de sang.
Voici fse que l'inculpée raconta sur son accouchement : La nuit, à onse heures, elle eommença à éprouver des douleurs très vives, elle s'étendit par terre el peNit eonaaissance , et ce n'est que le matin qu'elle trouva sur le soi où elle l'éUit couchée un enfant mort qu'elle prit et qu'elle posa sous elle. Gomme on lui aigoetait qu'elle devait avoir coupé le cordon, elle répondit qu'elle n'en savait rien, si jusqu'à la fin de l'instruction elle ne changea pas un mot à cette narration.
t'autopsie légale de l'enfant permit d'abord de constater tous les signes de la qaalwité ; au cdté giiuche du cou se trouvait un sillon strangulatoire passant sur la Qiiquo, peu profond, facile à couper, large de 4 millimètres, qui se distinguait par une oouloiir p)i|S blanche que le reste de la peau ; des incisions faites dans ee sillon ne domiérent point d'ecchymoses \ le (oie était hypérémiqne, la vessie vide, les gros intestins remplis, les veines de l'abdomen contenaient assez de sang fonïsé et épais, les poumons remplissaient la cavité pectorale, rouges, marbrés de bleu, leur poids avec le cœur était de 80 grammes, sans le cœur seulement de 40 grammes ; ils nageaient complètement dans l'eau, il y avait crépitation, du sang écumeux sortait quand on les incisait, des bulles d'air montaient quand on les incisait sous l'eau ; les artères cofimaires étaient aasey remplies, le cœur droit vide, le cœur gat^che assez r^DpU; larynx et trachée qqrmaux çt vides, infiltrution sanguine ^^ os crâniena* IqfpêcMft 4o lu di|re-rm4r<t Qt 4ç|8 vaia^oaux (|u cerveau ; vu tou« çea symptAmçs,
380 PARTIE THAPÎATOLOGIQUE.
nous conclûmes que l'enfant était né à terme, qu'il avait vécu après la naissance, et qu'il était mort d'apoplexie, puis nous continuâmes dans notre rapport :
« Nous pouvons nous prononcer sur la cause de cette apoplexie cérébrale; il y a quelques écorchures insignifiantes à Toreille droite et à Vos pariétal, ainsi qu'un sillon au cou, ce sont des signes de violence extérieure. IjOS mensonges de l'inculpée vis-à-vis de la sage-femme, ses contradictions devant le juge, excitent naturellement le soupçon d'un infanticide produit par la strangulation au moyea des cordons que Ton a trouvés, et la mort de l'enfant par apoplexie ne s'oppose pas du tout à cette conclusion. Il s'agit seulement de savoir si ce sillon au cou est tel que ceux qui sont produits par une strangulation pendant la vie. Nous n'hésitons pu à dire qu'il est très vraisemblable que la strangulation a eu Heu après la mort. Le sillon chez les pendus ou strangulés pendant la vie se montre ordinairement sur le cadavre plus ou moins profond et d'un jaune brun sale, la peau en est momifiée, dure au toucher et sous le couteau, et quelquefois, il y a des ecchymoses ; or nous n'avons trouvé aucun de ces symptômes; tandis que, si l'on met un lien strangulatoire à un cadavre, on obtient un sillon à peine profond, à peine visible, un peu plus blanc que le reste de la peau, mou au toucher et sous le couteau, ainsi une marque tout à fait semblable à celle que nous avons trouvée chei l'en&Dt en question, il est donc justifié d'après cela d'admettre que très probablement l'enfant a été étranglé après sa mort. Il reste maintenant à savoir comment est survenue l'apoplexie.
» L'apoplexie est un genre de mort très fréquent des nouveau-nés, et dans ce cas l'enfant abandonné par terre dans une cuisine froide pouvait facilement mourir de cette manière. La sage-femme pense que l'enfant a été tué par la pression à laquelle il a été soumis sous le corps de sa mère, cela n'est pas possible, car on aurait trouvé chez cet enfant une hypérémie pulmonaire. Nous croyons avoir rempli notre tâche en ayant donné les raisons physiologiques de la mort de l'enfant, il n'est pas de notre domaine d'approfondir les motifs qui ont poussé la mère à mettre une corde autour du cou de son enfant mort. Nous croyons seulement, d'après notre expérience, pouvoir déclarer que la mère a voulu étrangler son enfant de peur qu'il ne revienne à la vie. Les dépositions contradictoires de la mère montrent que l'on ne peut pas se rapporter à ce qu'elle dit, nous mentionnons ici que le cordon ombilical a été séparé par un instrument tranchant, cela est prouvé par les bords lisses et nets qu'il présente ; mais on ne dit pas s'il a été lié. D'après ce qui précède nous concluons : qu'il est très vraisemblable que la mort par apoplexie n'a pas été produite par strangulation, et que la corde de coton a été mise autour du cou après la mort. »
Obs. 279. Infanticide doutfmx par stranguiation.
Le cadavre d'un garçon nouveau-né, à terme, fut trouvé au mois d'avril dans un jardin; un fichu ayant un nœud à un de ses bouts entourait assez fermement le cou. A partir de ce nœud, situé à la nuque, un cordon de laine entourait deux fois le cou
PENDAISON, STRANGULATION. — Y A-T-IL FAUTE d'uN TIERS? 381
si éiroitement que Ton ne pouvail pas passer le doigt ; le cordon pissait à travers la bouche qu'il tenait entr'ouverte et était très serré à gauche. Le placenta pesant 350 grammes fut trouvé non loin de là. Les sillons strangulatoires étaient larges de 4 millimètres et profonds de 1 millimètre, complètement blancs, mous, non ecchymoses ; le diaphrame était entre la quatrième et la cinquième côte, le poumon gauche tout à fait rétracté, le droit remplissait aux trois quarts la cavité, le premier d'une couleur brune, le second d'un rouge vermeil marbré de bleu. Le gauche incisé n'offrait aucune crépitation ni écume sanguinolente, et ne nageait pas dans l'eau ; le droit nageait dans l'eau, contenait de l'écume sanguinolente et incisé, faisait entendre une crépitation, le cœur ferme, les coronaires vides, la trachée normale et vide, sur le haut de la tète le périoste avait plusieurs taches rouge pourpre de sang foncé et coagulé, épaisses de I millimètre ; il y avait hypérémie de la cavité crânienne.
De là nous conclûmes : que l'enfant né à terme et viable, avait dû naître très vite, la tète était probablement tombée sur le sol, il avait dû mourir peu de temps après la naissance d'hypérémie cérébrale, après sa mort il avait été étranglé, puis déposé dans le jardin. Dans ce cas aussi la mère, qui est restée inconnue, a voulu probablement empêcher l'enfant de revenir à la vie. Si l'enfant n'avait pas été mort lors de la strangulation, on aurait vu des phénomènes tout différents (i).
Obs. 280. — Viol suivi d^asscLssinat par strangulation.
Au mois de mai 18*^, dans une maison d'une des rues les plus animées de Berlin, on trouva deux cadavres, un homme et une femme.
Celle-ci était une Aile de dix-sept ans, que l'on disait avoir été violée puis étranglée, à côté d'elle était étendu l'ouvrier N...,que l'on soupçonnait être l'auteur du crime, fa tète avait été fracturée par un coup de feu ; ce dernier cadavre n'a pas été ouvert et nous ajoutons seulement qu'il n'y avait pas de sperme dans l'urèthre, contrairement à ce que l'on s'attendait dans cette circonstance.
L'autopsie de la femme offrit les phénomènes suivants : la couleur du corps était normale, il y avait des taches vertes de putréfaction. La langue tuméfiée était entre les dents. Il n'y avait pas de corps étrangers dans la bouche ni dans les autres cavités extérieures ; des fèces s'étaient écoulées de l'anus ; en pressant le vagin, il en sortait une écume blanchâtre qui ne consistait qu'en cellules blanches. Du côté droit du cou, au-dessous du bord maxillaire inférieur se trouvait un sillon jaune brun, long de 10 centimètres et demi (avec une petite interruption de 1 centimètre), large de 1 centimètre et demi. A la fin du sillon, se trouvait une autre marque d'un jaune brun, se dirigeant obliquement en bas, longue de 2 centimètres et enfin vers la nuque, une autre marque longue de 1 centimètre et demi. Des incisions faites dans ces marques n'indiquèrent pas qu'il y avait ecchymose. Au cèté gauche du cou, deux sillons parallèles se dirigeaient de l'angle maxillaire inférieur vers la nuque, longs de 7 centimètres, larges de 1 centimètre d'un rouge
(i) Qoant à la tobmersion partielle dc6 poumons, voyez les obt. 353 el 361 .
882 PktiTtt TltABlATOLOâtQtlfc.
brun qui n'étliieot pas plus profonds que ceut que fidus tenons de déeri^e. f «des et lèvres pftles^ non tumêflés, yeux non t)H>énilnént8, vA|in hoti b6a(it, Telitrée fermée par un hymen circulaire dont les tiords sdpêHeurs et infSfiédfe tnoHit^ient de petites déchirures, la mtiqueUse des ftetiteif lèvreft rottge clair, les iflêisloAs pratiquées dans eette muqueuse ne dotiiièrent pBS d'ecchymoses, tout le bord de l'hymen était coloré en pin Jaune par la putféfaetion Comiliencante. fl û*y avait de sang ni è l'intérieur ni à l'etttéHeur des paHies f^nitales. En dehors ûlA lêsiOhs déerites au eoui le cadavre était IHtHét.
Dans la tête : la dure-mère contenait peu de sang, la pie-mère un peu plus qu'a l'ordinaire, les sinus étaient exsangues. Le Cerveau et le cerVelet nottaâUÈ contenaient une quantité normale de sang. Dans le thorax : le larynx et la ti^chée sans lésion, la trachée vide, sa muquctlse colorée en rouge fbncépaf la putréfaction : dam les deux plèvres 60 à 80 grammes de sang foncé et liquide. I^a substance du cenir flasque, ses coronaires ainsi que ses cavités exsangues, les grandes veines exsangues. Dans l'abdomen : le (bie pâle, l'estomac rempli de ptifée de pommes de terre, les reins non hypérémiqucs, les intestins pftles, nulle part des stases sanguines, h vessie vide, la veine cave exsangde, la matrice vierge, les deux ovaires grands domme ottê tioix corttenaient des hydatidcs (chez une flile de dix- sept ans 1). Coe attestation médicale disait que le cadavre avait été trouvé les mains liées derrière le dos, une corde autour du ventre ; le cadavre ne présentait aucune trace de ces violences.
Nous rédigeâmes nos conclusions ainsi qu'il suit :
fo Ni une asphyxie ni une apoplexie n'ont été la cause de la mort de la décédcf .
2* La mort n'a pas non plus été produite par une maladie organique.
3° Rien ne parle non plus pour un empoisonnement.
A^ Malgré l'anémie générale, comme il n'y a pas de blessures sur le corps, on ne peut admettre que la mort ait eu lieu par hémorrhagie.
5° Il faut donc admettre une neuroparalysie comme cause de mort.
f)** Les lésions du cou ont l'aspect de celles que Ton trouve ordinairement chez les gens qui ont été étranglés pendant la vie.
70 Vu cette dernière circonstance, et considérant que souvent la neuroparalysie est le résultat de la strangulation, nous croyons pouvoir conclure que probablement la décédée est morte par strangulation.
8^ Le viol que l'on soupçonne avoir été commis avant la mort, n'est pas constaté avec certitude par les résultats de l'autopsie, on peut même dire qu'une entrée complète du pénis dans le vagin n'a certainement pas eu lieu, mais que des attouchements impudiques aux parties génitales peu de temps avant la mort sont vraisemblables.
Le cas n'a pas été poursuivi .
Obs. S81 . — Mort par slrangulalion. — Position horisontatt du cadavre.
Le jour de la Pentecôte 18**, le malin à onze heures, le rentier L..., revenant chez lui trouva la porte de sa chambre ouverte et sa femme étendue morte sur le sol, le cou entouré d'une corde, celle-ci liée à la tète du lit ! Sur le iront se trouvait
PEflDAlSON, STRANGULATIOII. -- Y A»t-IL rAtlTË D UN TIERS? 888
une plaie Ihdehe et il pareifsait vraisemblable que la f^tnine avait été attaquée, l'élaii évanouie par suite d*un coup porté sur la tête, et avait été Aranglée étant par terre. Le sillon strangulatoire allait de l'apophyse mastoTde dfolte au méiiM oa du côté fauche et passait sur l'os hyoïde. Cependant il était inteffdtilpti, superAciel, large de 6 millimètres d'un rouge brun sale, dur sous le Oouteati, non eeehjmoaé, enfin comme un sillon ordinaire. Il y avait hypérémie très prononcée du crâne. Les poumons adhérents étaient gorgés de sang liquide, le eœttf droit était très rempli, le cœur gauche vide, la muqueuse traehéale très ii^ectée étiK Couverte de restes d'aliments qui devaient y èlre parvenus par dei mouvements de déglutition convulsifs et par des riic(i»f, les mêmes aliments se trouvaient dans l'œsophage et remplissaient à moitié l'estomac. Les veines jugulaires n'étaient pas très rtmpliea ; dans l'abdomen, les reins étaient hypérémiques, la veine cave remplie de sang noir et liquide, le foie et Tépiploon peu hypérémiques. Lejtlgement était facile, il (allait admettre que la décédée avait succombé en même temps ft Thypérémie pulmonaire et cérébrale, que la strangulation en avait été la cause et que la plaie soperfleielle du front n'avait pas participé à la mort. Le meurtrier est resté inconnu.
Obs. 282. — Mort par étranglement ; pendaison du cadavre.
Le soir du 20 mars 18*^, on trouva une ouvrière de trente<<|uatre ans, pendue au bouton de la porte de sa chambre qui n'était qu'à 1 mètre du sol, la corde était épaisse de A millimètres, le cadavre pendait contre la porte, les jupons étaient en désordre, le genou droit fléchi, la pointe du pied touchant le sol en arrière, la jambe gauche était étendue en avant. A 30 centimètres du cadavre, il y avait une grande tacbe de sang dans la chambre, plusieurs autres petites taches se suivaient jusqu'au milieu de la chambre. La figure était taehée de sang sec.
Un médecin et un commissaire de police furent appelés. Le médecin déclara qu'il y avait eu suicide et fit couper la corde à laquelle était pendu le cadavre, l'employé de police soupçonna un crime. Le juge d'instruction, le directeur de poUce« le procureur royal et moi, nous nous rendîmes sur les lieux le soir même. Des empreintes de doigts au cou, une grande ecchymose à l'œil gauche, le sflng dana la chambre, le désordre des vêlements, une égratignurc dans la région du larynx indiquaient qu'il y avait eu le un meurtre commis. Depuis le 18, on n'avait plus vu l'ouvrière et le soir de ce jour, une voisine avait entendu un gémissement dana l» chambre, mais n'y avait pas fait grande attention.
Le 21, c'est-à-dire le lendemain du jour où on avait trouvé le cadavre, nous Qines l'autopsie ; le ventre était déjà verdAtre. Les deux paupières de l'œil gauche d'un FMife blen,acchymoséea, OMis pas tuméfiées. Sur la figure, des taches de sang sec, la langue sortait de la bouche serrée entre les dents, rouge et tuméfiée. Les parties gé- DtUles étaient déflorées, sur le devant de la chemise ni sang ni sperme, sur la partie postérieure de la chemise quelques taches de sang et de l'urine ; de l'anus pressé sortaient quelques gouUeade sang ; tout autour ducou, il y avait on sillon passant sur le larynx, profond de 4 millimètres, large de 4 millimètres, d'un jaune brun sale, dur, non eechyMoeé, nnm intemipiion, qui se perdait en haut derrière les oreilles. A
38A PARTIE THANATOLOQIQUB.
Tangle du maxillaire inférieur gauche, une tache ronde de 1 centimètre de diamètre et à l'angle du maxillaire inférieur droit une autre tache semi-lunaire, longue de i centimètre et demi, large de 2 centimètres ; ces deux taches avaient la même couleur et la même consistance que le sillon. Sur le milieu du larynx, il y avait une petite écorcbure fraîche qui provenait évidemment d'un ongle de doigt. Les bouô des doigts de cette femme étaient bleu rouge, au pouce gauche il j avait du sang séché, pas de cheveux dans les mains.
La dure-mère était très hypérémique, la pie-mère moins ; le cenreau et les plexus pas très hypérémiques. Les veines jugulaires ne contenaient pas beancovp de sang ; le larynx et la trachée contenaient quelques gouttes d*écame sanguinolente. £n pressant sur les poumons, on n'y voyait pas monter d*écumc, les cartilages en étaient tout à fait intacts, les poumons œdémateux contenaient beaucoip de sang. Dans le péricarde 1 5 grammes de liquide sanguinolent; le cœur droit tris hypérémique, le sang foncé et un peu épais. Le cœur gauche contenait peu de sang, mais les gros vaisseaux étaient gorgés. Le foie pâle, Testomac vide, les intestioi pâles, les reins très hypérémiques, la vessie remplie, la matrice vide, la veine très remplie.
Voici quelle fut notre conclusion :
1** La décédée est morte d'une hypérémie du cœur et des poumons. 2° Celte mort a été produite par une violence extérieure. 3° Elle a été produite en partie par strangulation.
A^ Les taches du cou proviennent en partie d'empreintes de doigts, en partie d'égratignures.
5" L'ecchymose à l'œil n'a pas de rapport avec la mort.
6^ On doit admettre que la décédée a d'abord reçu un coup sur l'œil gauche,
puis qu'elle a été étranglée bientôt après, car s'il y avait eu un laps de temps
long, une plus grande tuméfaction se serait produite, puis elle a été pendue étant
morte ou presque morte ; dans les deux cas, le sillon strangulatoire aurait été le
même.
1° (Répondant à une demande spéciale). Le meurtrier a été devant sa victime, il peut avoir élé couché sur elle.
8° Après le coup sur la figure, elle a saigne du nez et a fait les taches de sang qui ont été trouvées dans la chambre ; ces taches ne proviennent certainement pas des règles.
9"^ Les taches de sang derrière la chemise et dans l'anus sont un phénomène assez fréquent dans le genre de mort de la décédée.
10*^ On ne peut pas déterminer si le meuririer a eu des relations sexuell«s avec la décédce avant de la tuer, car sa défloration est ancienne et non» n'avons pas trouvé de spernie ni sur le caddvrc ni sur le linge.
11" D'après les traces de putréfaction, on peut admettre que la mort date de trois jours.
12*^ L'estomac vide montre que la mort a eu lieu si.\ à huit heures après le dernier repas.
Cette dernière question fut posée pour savoir l'heure à laquelle le meurtre a été
PENDAISON , STnANGULÀTION. — Y A-T-IL FAUTE D'UN TIERS ? 886
CMDmis, on pouTait croire, d'après la présence de tasses de thé que le meurtrier (qui devait être un homme, car on trouva un bout de cigare par terre) ayait paiaéla soirée avec sa victime.
Mais on trouva aussi du pain et des saucisses, dont la femme n'a certainement pas manfé. Or, en supposant que le diner a eu lieu à une heure, l'assassinat amit été commis k six ou sept heures du soir.
Le chaasevr Putlitz, que connaissait la décédée, fut soupçonné d'avoir commis lo crime, il fut arrêté et bientôt après son arrestation, il fit un aven complet dans lequel il raconta exactement comment il avait exécuté son crime ; son récit fat complétemeot semblable à ce que nous avions présumé lors de l'autopsie. Il raconta à an camarade de prison qu'il avait cohabité avec la décédée (1). Mais bientôt après raccusé retira ses aveux et continua obstinément à nier tout, quoiqu'on lui eût fait observer que ses premiers aveux coïncidaient exactement avec le rapport do l'expert. Les débats durèrent cinq jours ; les jurés déclarèrent l'accusé coupable.
I>ans une des audiences, on nous montra le nœud coulant trouvé autour du cou du cadavre, en nous demandant si c'est là un nœud coulant de chasseur, je dus déclarer mon incompétence, et je conseillai de prendre un chasseur comme expert. J'observerai encore que le coupable a dit entre autres choses à son camarade de prijon en lui faisant ses aveux : « La misérable m'a encore tiré la langue avant de rendre son âme au diable. » Il voulait parler de la chute de langue qui fut trouvée k l'autopsie. Celte parole fut plus tard très importante et devint une des graves circoostaoces alléguées contre lui, car on admit avec raison que le camarade de prison, qui n'avait jamais vu le cadavre, n'avait pas pu inventer qu'il y avait eu chute de la langue. Si nous n'avions pas enregistré au procès-verbal ce symptôme au mo- BKDt où nous n'en soupçonnions pas encore l'importance, le défenseur aurait eu «ne arme de plus contre l'accusation. On voit parla avec quelle exactitude le mé« dedn légiste doit tout examiner et noter ! L'assassin fut exécuté.
Obs. 283. — Déterminer si un assassinat a eu lieu par pendaison ou par étran"
glement.
Le SS avril au soir, la femme B... fut trouvée morte dans sa chambre. Un cordon de laine verte serré autour du cou tenait le corps attaché à la quenouille do lit, de telle sorte que la tête pendait sur la poitrine, et que le dos et les jambes reposaient sur le sol. Tout le cadavre était habillé, il y avait sur la tête un chapeau de femme chiifonné. Les mains étaient placées de chaque côté du corps la paume Itvnée en dehors ; les cheveux étaient en désordre ; sur le sol, près de la tète, il y avait une grande tache de sang, une tache analogue se trouvait sur la robe ée soie noire du cadavre. Les armoires avaient été forcées, les papiers dispersés, tovt indiquait qu'il y avait eu assassinat avec effraction.
Peu de temps après on arrêta lo menuisier Pfal.
Il avoua s'être glissé tout seul le dimanche dans la maison vide, et avoir livré
(I) RaaurqiM importante pour dos cas tembUblcs : il n'y avait ici aucan signe ni aux par- 6as géailatoi ni lor le liogel