‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 109 sur 166 · IL · texte numérisé non relu

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886 PARTIS THANATOLOOIQUË.

un combat avec la décédée qui, en le voyant, avait crié au leconn : il dit Taviii saisie par la cou et lui avoir fermé la bouche parce qu'elle criait eootiimeUaoïeirt, être tombé avec elle par terre et lui avoir a pressé la forge pendant nna mianta», tandis qu^elle se défendait, et lui égratignait les mains, jusqu'à ce qu'enfin elk pontit connaissance ; puis il s'est levé, il a coupé un morceau du alora pour lii mettre autour du cou et l'empêcher de crier, et alors elle aurait dit : «Ah! saos Dieu, l'ai-je donc mérité I » Mais il ajoute qu'il a mis le cordon trèê lâche, aflf qu'elle pût se délivrer plus tard*

Parmi les mensonges évidents de cette déposition, je mentionnerai d'abofi fai PftU n'a pas pu exécuter seul le crimes comme il l'a prétendu, et <|tt'il a dû aviii au moins un complice. Toutes les phalanges des doigts de cet homme étaient atripbiées, de sorte que les ongles n'atteignaient pas le bout des doigts. Lea égrali* gnures trouvées sur le cadavre n'avaient donc pu être ftdtea avec lea mains de cil homme ; il ayooa plus tard, en effet, avoir été aidé par le garçon de qnatone aai Schuls; celui-ci, disait Pbl, a coupé le store et a lié les coudes et les pieds de li femme qui furent déliés ensuite* Gomme la femme criait toigours» Pial dit avoir ooupé un troisième cordon et lui aroir entouré le cou. « le suis sûr, dit«il, qn'db vivait encore a ce moment-là, je l'entendis encore râler ayant la corde autour di cou, et je lui vis remuer les pieds. » Les deux assassins disent que la feanme vivait encore lorsqu'ils quittèrent la maison (aprèa y avoir déjeuné).

Schuls, de son cété, déposa : Pial aaisit la femme par le derrièra du cou avec ses deux mains, et engagea avec elle une lutte pendant laquelle la femuM cria beaucoup, et quand elle fut tombée, lui, Schuls, lia les pieds. PCil la tint dan cette position pendant quinse minutes. La femme vivait encore, ear elle si remua et mordit la main de lYal, qui posa ensuite le cordon autour da cou avei beaucoup de difiOcultés, le tira par les deux bouts, après quoi U femme ne reaui plus.

L'autopsie, pratiquée deux jours après, donna à l'intérieur les résultats tout i fkit négatifs de la neuroparalysie, aussi je ne parlerai que des phénomène locaux.

La langue tuméfiée, serrée entre les dents, sortait delà bouche, dans l'éteodoi de 4 millimètres, la chemise était très tachée de sang et d'urine dans la région de parties génitales. Au milieu du front, une tache ecchymosée de i oeatimètie dt longueur et de largeur, sur le menton une égratignurc rouge et ecchymosée Tout autour du cou, sur le larynx, se trouvait un sillon se perdant derrière lei oreilles, large de 4 millimètres, profond de 1 millimètre, verdàtce (le lien strang» totoire était vert), dur à couper, non ecchymose, au-dessous du aaenten, une tach longue de i centimètre et demi, dure, d'un rouge brun, non ecchymosée ; à h joue gauche, près de l'angle du maxillaire inférieur se trouvait une tache analegoe longue de 4 millimètres, semi-lunaire, le dos du nés était brun rouge et ecchymose. Au cou, il y avait sept taches s'étendant de gauche à droite, qui étaien encore colorées en rouge, mais que l'on voyait déjà revêtir «ne couleur d*mi bmi sale. Toutes ces taches étaient plus ou moins semi-lunaires, longues de 4 à 6 mil- Kmèlres, molles et non eeehymosées, une partie de ces taches ayaient leur con-

PENDAISON, STRANGULATiON. — Y A-«T-IL FAUTE d'UN TIERS? 387

fexilé à droite, d'autres l'avaient à gauclie. Une tache jiialogue se trouvait au dos du pottcn dfoiU ▲ la partie supérieure du sternum, ou voyait une égratignure fralclie. La f urliice interne des deux carotides était intacte.

Nous devions déclarer, d'après ces résultats, qu'il y avait eu luUc, ce qui était, in reate, prouvé par lo* nombreuses égratignures qui se trouvaient sur lea auins de Pfa). Puis nous expliquâmes que la mort par neuroparalysie a lieu tréa aouveol ptr étranglement au moyen dea doigts et par rétranglemeoi au moyeo d'na yen, B a'agîasait de savoir auquel de eas deux sortes d*étraagleBient était due la nort

Nova disions : « Les dem^ procédés tuent également vita, ainai même, si laa davpc attaques ont eu lieu à peu prés an même temps, il y en a une qui a été frite sur im cadavre ou un mourant, et on ne pourrait asaigner la priorité avec quelque aertitude, que ai une de%attaques avait donné lieu à des phéneménes de réactioa à reieluaion de l'antre ; c'est ce qui n'a pas eu lieu ici, puisque l'empreinte dea doigta sur le cou est aussi bien prononcée que le sillon strangulatoire.

Cea ëeiix réactiona ont présenté absolument le même aspect, la même eouleur qae lorsque l'on a affîitre à des gens qui ont été étranglés pendant la vie. Nous afens déjà dit q«e le eause physiologique de la mort est la même dans lea deux oaa.

Aiontons qu'un âillon strangulatoire produit aussitôt après la mort est absolu* Beat identique avec m sillon produit sur un vivant. Si dans le cas qui nous occupe la mort a eu lieu par étranglement au moyen des doigta, un peut, au moina, affirmer que la strangulation au moyen du Uea a été pratiquée aussitôt après. Le contraire peut être vrai, mais est moina probable. Les deux accusés s'accordent à dire fie rélraoglement au moyen des doigts a eu lieu avant la strangulation au moyen du lien, cette déposition devient vraisemblable par suite de cette circonstance que les empreintea de doigta au cou du cadavre sont encore rouges de sang, et que qeelqiieimpea seulement avaient pris la couleur sale brune. Or cette couleur rouge clair ne se présente pas pour des égratignures faites sur un cadavre môme immé« diatement aprèa la mort.

D'aprèa cela nous admettons que la femme était encore vivante lorsqu'elle a reçu lea blessures sur la tète et la Agure, sans quoi une ecchymose aussi importaaie n'aurait paa eu le temps de se former, et qu'elle était eneore vivante quand elle a reçu les égratignures du cou et qu'elle a donc été étranglée avec les doigts avant d'être itrangulée avec le lien.

Quant à déterminer si la strangulation au moyen du lien a eu lieu lorsque la femme était déjà tout à fait morte, nous dirons que la femme était, à l'époque de ses rèfiea, par cooa^uept, dans une période de grande surexcitation, ce qui fait penser qu'elle a ét4 tuée v^e. Un homme vigoureux comme Pfal, qui presse de toutes ses foreea le cou, la poitrine, la bouche de ses deux mains, avec l'assistance de Schula, doit amener une mort prompte. Ajoutez que la mort par étranglement est unedea plva promptes ; nous ne devons tenir aucun compte de la déposition de Schuli qui dit que Pfel a preasé pendant « un quart d'heure » sur le cou.

De plus, la position des mains tournées en dehors prouve que la décédée était iiaaed on l'a a^achée au lit et qu'elle y a été Usinée n'étant plua qu'un

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cadavre. Car les mains d'une vivante n'auraient pas gardé cette position. Kous oe pouvons pas décider si la tache jaune, provenant du parquet, qui se trottre sur la robe de la femme, a été faite pendant la lutte, ou bien lorsqu'on Ta traînée par terre.

Maintenant pourquoi les meurtriers ont-ils pendu leur victime après sa mort! La réponse à celle question nous paraît facile, car on sait qu'il arrive souvent que les meurtriers tâchent de cacher leur crime en lui donnant Tapparenee dTwi suicide, ou bien ils continuent à frapper leurs victimes de crainte qu'elle ne revienne i la vie, etc. Nous croyons que dans ce cas les meurtriers ne pouvaient pas penser à faire croire à un suicide, en laissant toute la maison dépouillée. Aussi la pendaison du cadavre a clé faite dans la seconde intention, c'est aussi pour celte raison que Pfol et Schulz lièrent seulement i ce moment les jambes et les bras de la femme jusqu'à ce que, sprès un s^*jour prolongé dans la maisoe, ils fiissent convaincus qu'elle était bien réellement morte. Ce que nous venons de dire est contraire aux déclarations de Pfol, qui prétend avoir espéré que la femme pourrait encore se sa«* ver et que pour cela il a attaché le cordon très lâche autour du cou ; c'est d'anlanl moins admissible que Schulz déclare l'avoir vu serrer très fort avec ses deux mains; de plus nous avons trouvé le sillon profond d'une ligne. Il n'est pas vrai non plus que la décédée ait encore râlé et remué après avoir eu le cordon serré autour du cou, encore moins vrai qu'elle ait été encore vivante lorsque les meurtriers oot quitté la maison. D'après cela, nous déclarons :

i" La femme R..., est morte de neuroparalysie.

2® Celte neuroparalysie a été produite par des violences exercées sur le cou.

3® Les violences sur la lèle et le nés, ainsi que la pression sur la bouebe et le cou ont précédé la strangulation avec le lien.

4® La décédée vivait encore lorsqu'elle fut victime de ces violences.

5*^ On peut admeltre que la mort a été produite par étranglement au moyen des doigts.

6^ Elle était déjà morte lorsqu'on lui a mis le cordon autour du cou.

7** La manière, dont on a noué le cordon au cou, ne permet pas de douter que la femme B... n'ait dû élre tuée par la strangulation.

PIbI a été exécuté, le garçon Schulz a été condamné aux travaux forcés à temps.

Obs. 284. — Suicide douteux* — Position horizontale du cadavre,

La femme Claasen fut trouvée morte pendant la nuit dans l'atelier de son mari, à cété del'éUbli, moitié sur le côté, moitié sur le dos. Elle était toirt à fait habillée en noir et avait le cou plusieurs fois entouré par un cordon noué du cété gauche. Dans sa ceinture, il y avait deux lettres signées de son nom, dans lesquelles elle exprimait l'intention de se tuer et dans lesquelles étaient répétés plusieurs fois ces mots : « Mon mari est innocent » . Les vêlements étaient en ordre, mais les cheveux pendaient en désordre autour de la léle. Le mari fut trouvé ivre, et si peu inquiet qu'il prenait une tasse de café à côté du cadavre.

Il prétendit (jusqu'à la fin du procès) être complètement innocent de la mort de

• PENDAlSONi STRANGULATION. — V AT IL FAUTE d'uN TIEIlS? 889

sa femme : mais sa fille âgée de sept ans raconta avoir vu son père prendre sa mère par le eou, la traîner de la chambre dans l'atelier, de là, dans un cabinet, puis qu'il était allé chercher un cordon dans la chambre, qu*il était revenu dans le cabinet, airalt fermé la porte ; il était sorti plusieurs fois dans la journée et avait menacé ses enftints de les tuer s'ils disaient quelque chose. Enfin, le soir, il traîna la femme dans Talelier et la déposa a côté do rétabli. Puis, continua l'enfant, U avait saisi la phia petite de ses filles, il lui avait mis un cordon autour du cou et il était allé se promener, pendant ce temps, l'enfant avait dénoué sa sœur.

Les résultats essentiels de l'autopsie faite cinq jours après la mort de la femme Glaasen, furent les suivants : coloration verte du ventre, la langue derrière les dents, absence de blessures, coloration bleue rouge du vagin, fèces s'écoulant de l'anus» coloration bleu rouge de la figure et des oreilles, rougeur foncée des deux lèvrea avec quelques écorchures. Tout autour du cou, un double sillon profond de î millimètres, visible partout, d'un rouge brun à la partie antérieure, dur, non eodiymosé, aux autres parties, pâle et mou. A droite, près de l'angle du maxillaire infirieur, ae trouvait une tache ronde plus rouge, de la grandeur d'un petit pois, la peaa intacte, moUa, non ecchymosée. Les poumons plus foncés qu'à l'ordlnaire^et gorgés de sang foncé. Le cœur droit, les coronaires et les grands vaisseaux de la poitrine très remplis. Dans le ventricule gauche, se trouvaient 8 grammes de sang, le larynx et la trachée intacts et vides, la muqueuse injectée fortement. La cavité du crâne hypérémique, ainsi que les reins et les grandes veines. Il était certain que la déeédée était morte par asphyxie et par apoplexie, c'est-à-dire par arrêt subit Je la circulation, dont on a trouvé les symptômes sur le cadavre.

Nous admîmes d'abord qu'une asphyxie et une apoplexie annoncent en ellesmèmes une mort violente et nous déclarâmes que le cordon trouvé au cou était un instrument apte à produire les accidents qui ont eu lieu. Néanmoins nous déclarâmes que le cordon n'avait pas été la cause de la mort, qu'il n'avait été mis qu'après la cessation de la vie. Ce cordon n'avait que 40 centimètres de longueur, et ne pouvait avoir serré le cou très fort; il (allait supposer une autre |6rce plus violente, par exemple, une preasion avec les mains. L'absence de réaoUon au cou ne pouvait être objectée, puisque souvent les violences les plus grandes produisent des blessores internes très graves sans provoquer rien à la surface du corps. Il n'est également pas surprenant que la femme n'ait pas crié, puisque, comme cela est constaié, elle était malade, que le mari était très grand et très fort, et que Tassasstnat a doré très peu de temps.

Passant ensuite à l'état du sillon strangulatoire, nous disions que ce sillon ressesablait à cevs que l'on produit après la mort, et que le lien n'aTait vraisembla- Meaaent été mis après la mort que pour faire croire qu'il y avait eu suicide. Noos fûaioQS de plus observer les faits suivante qui militaient en fiiveur de la jusleiae de notre opinion. Le nœud qui se trouve à la partie postérieure du cordon est noué avec grand soin, le nœud antérieur montre également une certaine précaution ; il u'est pas probable qu'un suicidé s'amuse à fermer de cette Bttnière le lien qui l'étrangle, et Ton peut se demander pourquoi, ti la femme fonlait absolument être étranglée, elle n'a pas choisi le procédé ordi-

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naire, la pendaison. Quant à la position dans laquelle on a trouvé le caUaTre, il n*e8t pas difficile de démontrer qu'il est impossible que la femme se soit suicidée â côté de rétabli. D*abord pourquoi cette femme, voulant se suicider, ne l'a-t-elle pas fait (lans son lit, et serait-elle allée se coucher sur le plancher de l^atelier; puis qu'elle fut trouvée à moitié de côté, la tête appuyée un peu sur le brai droit ? Or, il n'y a pas un seul cas dans les annales de la science dans lequel oo puisse trouver une telle position après un suicide. Au contraire celle position confirme la déposition de la petite fille qui dit que le cadavre de sa mère a été traîné et déposé dans l'atelier. L'accusé fiit condamné aux travaux forcés à perpétuité.

Obs. 285. — Suicide par strangulation, l^osilion horitontoUe.

Dans une nuit d'avril, la belle-fille de la veuve L... entendit cette dernière se leter et aller dans la cuisine voisine ; elle se rendormit, et le lendemain matin elle fkit étonnée de trouver le lit de sa mère vide ; elle alla dans la cuisine et y trouva le eadavre de celte dernière gisant sur le sol. Elle était sur du linge près de la porte de la cuisine, qui était fermée en dedans et qui était la seule sortie. Sur une chaise à côté du cadavre se trouvaient un couteau et un canif, l'un et l'autre tachés de sang ; le cadavre avait une blessure superficielle à l'articulation de la main gauche, et une autre à l'articulation du coude gauche ; autour du cou, il y avait un cordon mince serré très fort, faisant trois fois le tour, et noué par ud nœud ordinaire devant le larynx.

A l'autopsie, il était remarquable de trouver, comme dans le cas précédent, une couleur violette de la muqueuse vaginale, tl y nVait à l'articulation de la main gauche une coupure tout à fait horizontale ; une autl*e au coude (longue de 1 centimètre) allait de haut en bas et de dehors en dedans, ce qui naturellement indiquait que la femme s'était blessée elle-même. Au cou il y avait un triple sillon large de 2 millimètres, superficiel, blanc, mou à couper, bleu seulement à quelques endroits, nulle part ecchymose ; il passait sur le larynx, mais il n'y avait qu'un sillon qui tournait san^ interruption autour du cou. Ce sillon sans aucun doute avait été produit pendant la vie.

La veuve L... s'était étranglée. Les poumons étaient gorgés de sang foncé et liquide, et il y avait des ecchymoses p^léchiales sous la |>lèvrc. Les coronaires du cœur étaient très remplis, le cœur lui-même ne contenait pas beaucoup de sang. Nous trouvâmes une insuffisance des valvules du cœur, ce qui n'était pas tout à fait insignifiant pour l'admission du suicide, la muqueuse trachéale était fortement injectée et couverte d'écume sanguinolente, les jugulaires ne contenaiant que peu de sang, le cerveau ne présentait pas de congestions apoplectiques ; le foie, les veines du mésentère, les deux reins, la veine cave étaient remplis de sang foncé et liquide.

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