‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 11 sur 166 · SIGNES DE LA MORT. — RIGIDITÉ CADAVÉRIQUE · texte numérisé non relu

SIGNES DE LA MORT. — RIGIDITÉ CADAVÉRIQUE

remplissaient peu la poitrine. La docimasie pulmonaire prouva que l'enfant était mort-né, néanmoins le cordon ombilical était gorgé de sang coagulé, ce qui démontre que la présence des ecchymoses sur le poumon ne prouve rien dans la docimasie.

Obs. 8. — Un cas sen^lable.

L'extérieur du cadavre d'un fœlus prouvait qu'il n'avait pas encore attein l'âge de trente semaines, car les ongles et les cartilages des oreilles étaient encore mous: la longueur du cadavre était de cinquante centimètres, son poids de un kilogramme et demi. La docimasie pulmonaire n'aurait pas été nécessaire si le juge ne l'avait pas demandée expressément. Elle démontrait avec certitude que l'enfant n'avait pas respiré ni pendant, ni après l'accouchement. A l'occiput, au-dessous du péricrâne, on trouva une extravasation de sang coagulé de la grandeur d'une pièce de cinq francs. Tout le cerveau était hypérémique, et la putréfaction avancée empêcha un examen plus approfondi de ses parties.

Obs. 9. — Un cas semblable.

Un enfant du sexe féminin, attaché encore au placenta, fruit de huit mois de grossesse, fut trouvé mort dans un cimetière. Les poumons mis dans l'eau gagnaient le fond, ainsi que lorsqu'ils étaient coupés en plusieurs morceaux ; les incisions dans ces poumons ne donnaient ni crépitation, ni écume sanguinolente. Évidemment il n'y avait pas eu vie (respiration) ni pendant, ni après l'accouchement. Cependant, an milieu du front, on trouva une tache de la grandeur d'un franc, ronde, rougebrune, molle, qui, incisée, montra un foyer de sang coagulé.

'ô^ RIGIDITÉ CADAVÉRIQUE.

La rigidité cadavérique est le dernier des signes de cette première époque de la mort, et précède la première période de la putréfaction ; elle est constituée par le raccourcissement de certains muscles et laugmentation de leur densité, surtout des fléchisseurs et des adducteurs des extrémités et de la mâchoire inférieure ; ces muscles deviennent durs et donnent à tout le corps, comme le dit très bien K. Devergie, quelque chose d'athlétique. Cette roideur envahit de haut en bas, commence à la nuque et à la mâchoire inférieure, arrive ensuite aux muscles du cou, de la poitrine, aux membres thoraciques et enfin aux membres abdominaux. Elle disparait ordinairement dans le même ordre, et, une fois disparue, elle ne revient plus; alors le cadavre redevient souple et flexible comme il était auparavant.

22 PARTIS THANATOLOQtQUE.

Le moment où la roideur cadavérique survient, après la mort, n'est pas régulier, cela peut être après huit, dix et vingt heures, et elle peut persister plus longtemps qu'on ne l'admet ordinairement, savoir de un à neuf jours. M. Sommer dit que, pour les cadavres qui sont restés dans Teau fraîche, la rigidité peut se maintenir pendant quatorze jours et plus; mais je ne puis affirmer la même chose, car je ne Tai jamais observée, quoique j'aie vu un très grand nombre de noyés,

La cause de cette rigidité n'a pas été expliquée, malgré les recherches minutieuses de Brûcke, Ed. Weber, Stannius, Kfilliker, Brown-Séquard, Hachka, Kussmaul, Pelikan et autres. La répétition des mêmes expériences n'a presque jamais amené le même résuK tat. Nous ne savons pas encore quelle est Topinion qui est juste, on l'opinion ancienne, remise en vigueur par Brûcke, de la coagulation de la substance nutritive dans le muscle, ou la théorie de Stannius, de la mort des nerfs dans les muscles, ou celle de Kôlliker, d'un changement particulier des molécules des muscles.

Il nous reste, à nous, médecins-légistes praticiens, à faire de nou-

velles observations ; nous devons surtout étudier les différentes conditions qui accélèrent oa retardent ce phénomène.

Il parait certain qu*après des empoisonnements narcotiques, elle est faible et de courte durée. Je ne puis dire si le même phénomène ft'vbserve sur les hommes tués p^ir la foudre, car je n'en aï pas observé. Je nai jamais observé celte rigidité sur des cadavres de fœlus non à terme. Mais, comme d'autres obeervateurs l'ont vue, dans les maisons d'accouchement, avouant qu'elle est très faible et très court<î, on ne peut pas la nier absolument, on peut seolenent la regarder comme n'existant pas pour le médecin-légiste, car son observation ne peut avoir lieu assez vite. Chez les enfants nouveau- ■es venus à terme et chez les petits enfants, la rigidité est très faible et de très courte durée. M. Sommer a dit qu'il en était de même chez les vieillards, mais je prouverai que c'est une erreur. L'opinion, souvent énMse, que la rigidité n'existe pas ou n'arrive que très tard ou très faible el de trè»cowrt)e durée, après les morts par asphyxie, est corn-

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