SUBMERSION.— SYMPTÔMES INTERNES. A
meraon, mais par la même raison, on le trouve dans tous les genres de mort qui sont produits par rempéchement de rentrée de l'air dans les voies airiennes. Il se rencontre aussi après les empoisonnements par substances narcotiques, les fièvres putrides, et même, dit-on, par le foudroiement du tonnerre. Ce signe combiné avec les autres critériums, pourra prouver si le corps tiré de l'eau y est mort ou non. Il ne oiaDcpie jamais chez les cadavres frais, mais il est facilement effacé parla pnIréEaction.
Les signes trouvés dans l'abdomen sont beaucoup moins sArs ; le plus important est :
10* Lafrétence du liquide datu l'estomac. Il s'agit d'abord de savoir. ce. que Ton observe en général sur les cadavres, certainement morts par submersion. La plupart du temps, on trouve plus ou moins de liquide dans l'eslomac, depuis une gorgée jusqu'à la réplétion complète* U est irês rare que Testomac des noyés soit complètenent videt» escepté quand la putréfaction est avancée, car alors le Mqmde, lii aussi, est évaporé. Ceux qui ont nié le contenu liquide de l'eatomae, sont tombés dans une erreur très facile à commettre, car, quand on trouve du chyme dans l'estomac, surtout du chyme très liquide, il est très difScile de dire combien d'eau avalée pendant l'agonie du noyé, y a été mêlée ; mais il arrive fréquemment, surtout ehes lea cadavres qui n'ont pas séjourné longtemps dans l'eau, que Peau se trouve dans l'estomac non mêlée avec le chyme, ou que le chyme est excessivement liquide, et alors la présence de l'eau est évidente; quelquefois même l'on trouve de l'eau sans chyme. Personne ne doute plus que l'eau contenue dans l'estomac n'a pu y pénétrer après la mort, c'est ce que prouvent des expériences multiples faites sur des animaux. Riedel expérimenta sur cinq chats, morts jQtés à l'ean, et trois cadavres d'enfants, mis dans l'eau dans la position la plus favorable, il ne trouva, après un ou deux jours, aucune trace de liquide. Kanzler jeta des cadavres d'animaux dans de l'encre en leur fendant la bouche jusqu'aux maxillaires et les plaça, la bouche OQvertei dans la position la plus favorable pour que le liquide y entrât, et il n'a pas trouvé de liquide dans l'estomac.
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Néanmoins, nous devons ajouter que la présence de Team dau l'estomac n*est pas du tout un signe sûr, car rien ne s'eppoae i et que le sujet ait bu de l'eau peu de temps avant sa mort (oba. SM). Cela ne peut donc être qu'une probabilité.
On a imaginé une explication pour donner une raison à la pré-
sence de Teau dans l'estomac, on a dit qu'il pouvait arri?er qu'ia assassin injectât de l'eau dans l'estomac de sa victioie avant de la jeter à l'eau, afin de simuler la mort par submersion» mak ce sont là de ces théories que l'on peut bien imaginer dans son caUnet, mais qui ne se trouvent pas confirmées par l'observation. A-t^on jamais vu, en effet, une telle manière d'agir? Ne iandrait41 pas que l'assassin fût médecin ou connût tris bien l'usage de la seringne ds l'estomac et la théorie de la submersion ?
Outre l'eau ordinaire, on peut trouver dans l'estomac un liquide spécifique qui ne sert jamais de boisson, et par conséquent dont la présence est toute une révélation : le jus de fumier» la Yise des marais (observations 79 et 811). Alors il y a preu?e eartiiBe de la mort par submenion^ puisque ce liquide, comme nous venons de le prouver, n'a pu entrer dans l'estomac mort et que la déglutition est un acte vital.
Mais pour les nouveau ^ nés j il faut restreindre cette thèse; la composition du méconium prouve que le fœtus fait déjà dans l'œuf des mouvements de déglutition et avale réellement; l'es"* tomac, en effet, contient souvent du méconium et de l'enduit sébacé (1).
Ces corps étrangers , en entrant dans les organes de la respiration et de la déglutition, la bouche, le nex, l'arrière-boucbe, les irritent et provoquent des mouvements de déglutition, sans qu'il se produise en même temps des mouvements respiratoires. C'est ce que l'on voit, quand on essaye de Muver des asphyxiés, en leur chatouillant l'arrière -bouche avec des barbes déplume, ceux-ci
(1) Fœrsler prétend même que le méconium est principaiemcnt conttUeé ptr renduit sébacé. {Wiener medic. Wockenschrift, tS58, u<> 32.)
SUBMRRSION. — SYUPTÔlHilS INTERNES. &07
font des mouvements de déglutilion avant que la respiration ait repris son cours; chez les marmottes endormies, qui ont une respi* ration très réduite, on peut aussi produire des mouvements de déglu» tition de la môme manière. Or, pendant l'acte de la naissance, après que les eaux se sont écoulées, il peut se produire le même phénomène que dans Tœuf. Ce qui explique chez les enfants indubitabk^. ment morts-nés, la présence d*eau d'amnios, et de mucus utérin dans la boacbe, l'arriëre-hpucbe et l'estomac.
Lorsque le fruit en naissant arrive pour ainsi dire subitement dans un liquide même boueux, il faut accepter la possibilité pour hii de faire dans ce milieu des mouvements de déglutition et d'introduire dans l'arrière-bouche et dans l'estomac une certaine quantité de ce milieu, même sans avoir respiré. Des faits, quoique très rares, prooTent que celte possibilité est réelle; c'est-à-dire que l'on trouve des matières étrangères dans l'estomac de nouveau-nés, dont les poumons n'ont certainement pas respiré ; la présence de ces corps éCnDgersenelle-mêmenepeutdonc pas faire conclure quel'enfanta été mis à l'eau vivant (respirant). Ce sont des cas qui se présentent sur- (ool en médecine légale dans les accouchements qui ont eu lieu dans des lient d'aisances, sur des chaises percées ; nous en rencontrons plusieurs exemples chaque année.
Dans les cas ci-dessous cités (obs. 392 à 395), nous trouvâmes des
fèces dans l'estomac, ces enfants avaient indubitablement respiré, et
noos devions déclarer qu'il y avait eu vie et mort par submersion ;
mais dans un autre cas, nous trouvâmes le résultat surprenant, dont
nous venons d'expliquer la possibilité plus haut. L'enfant né à terme
iîiC tiré des lieux d'aisance, il nous fut présenté très frais, la docima-
sie pulmonaire prouva qu'il n'y avait pas eu respiration, le diaphragme
se trouvait à la quatrième côte, et pourtant il y avait dans l'estomac,
outre le muoes gélatineux ordinaire, une petite quantité de fèces
boueuses ; il y en avait aussi sur la muqueuse de l'arrière-bouche.
Herklin a fait connaître un cas tout à fait semblable. Ce sont là des
observations rares qui ne pourront pas causer de bien grandes
erreurs, si on fait la docimasie avec exactitude, car c'est toujours elle
i08 PARTIE THANATOLOGIQUE.
qui doit être considérée comme le critérium de la vie, et elle montrera si ce qne l'on trouve dans l'estomac est un symptôme de h vie après la naissance ou non (obs. 305).
Il*' Hypérémie des organes abdominaux^ surtout des rdns, de la veine cave, du foie et des veines du mésentère. C'est là un signe général de la mort par asphyxie, et par conséquent de la submersion qui a lieu par asphyxie, mais on ne le rencontre pas si la mort a eu lieu par neuroparalysie. Aussi ce n'est rieo' flMÎns qu'un signe spécifique de la mort par submersion. Dans tons les cas, elle disparaît avec les progrès de la putréfaction.
12^ La plénitude de la vessie ou sa vacuité, n'a aucune valeur; on trouve, en effet, cet organe dans l'état où le décédé le présentait au moment d'entrer dans l'eau. M. Devergie attache une certaine valeur aux urines sanguinolentes, quoiqu'il annonce lui-même que ce phénomène est rare ; je ne les ai jamais vues dans cet état ni chez les noyés ni chez les pendus.
Par tout ce qui précède, je crois avoir prouvé qu'en considérant bien les symptômes diagnostiques de la mort par submersion, ri n'est pas très difficile de constater si un homme est onirc vivant dans Peau et est mort par submersion. En parlant ainsi, je suppose, bien entendu, que Ton a atTaire à des cadavres non encore putréfiés et qui présentent encore des résultats à l'autopsie.
Oas. 292. — Submersion. Mort par neuroparalysie. Présence d*«ai« dan$
l'estomac.
Un garçon de deux ans tomba dans Teau en jouant avec sa bonne, H en Tut retiré mort. A l'autopsie, le cerveau était normal, pas de liquide dans ia trachée ni dans les bronches, quoique répigloUc fût érigée. Anémie des poumons et de toutes les cavités du cœur. Le sang était très fluide et rouge cerise. Ce qui rend ce cas intéressant, c'est que l'estomac était complètement rempli d'eau et que Ton ne pouvait avoir aucun doute sur l'origine de ce phénomène. L'enfant avait eu soif et la bonne avait été lui chercher un verre d'eau qu'il avait bu avec avidité. Tout de suite après l'enfant tombait dans l'eau et mourait.