‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 114 sur 166 · SUBMERSION. — SYMPTÔMES INTERNES · texte numérisé non relu

SUBMERSION. — SYMPTÔMES INTERNES

sent à lui mettre auparavant du sable entre les ongles. Ajoutons cependant qu'il est encore possible qu'en tirant le cadavre de Teau, du sable pénètre dans les ongles. Dans tous les cas, l'absence de ce signe est tout à fait insignifiante.

8* Dans mes autopsies légales j'ai déjà dirigé l'attention sur on autre signe de la mort par submersion, c'est le raccourcissement du pénis chez des hommes arrivés vivants dans l'eau et noyés. Je l'ai presque toujours trouvé chez les cadavres frais et aucun genre de mort ne le présente aussi constamment. Même après l'envahissement de la putréfaction, on peut très bien voir ce raccourcissement de l'organe. Brellner a fait très ingénieusement la comparaison de ce phénomène avec celui de la chair de poule, il dit que des fibres musculaires, qui se trouvent dans la couche supérieure du derme, entourent les glandes sébacées et les poussent par leur contraction, de sorte que ces glandes proéminent sous Tépiderme en forme de grains, c'est ce qui constitue la chair de poule ; de telles fibres se trouvent également dans le derme du pénis, elles sont la plupart parallèles à l'axe longitudinal du pénis, mais il y en a aussi qui sont transversales (Kôlliker). La contraction de ces flbres musculaires comprime le tissu spongieux, diminue les dimensions du membre, surtout en sens longitudinal ; le même stimulant qui agit sur les fibres de la peau, agira également sur celles du pénis, par exemple, le froid, la frayeur.

1* Hypérémie cérébrale. Nous en avons déjà parlé en détails (page 396). En général elle ne se rencontre pas chez les noyés. Dans tous les cas, la putréfaction efface ce phénomène et irès souvent les noyés sont putréfiés, car ceux-ci sont la plupart du temps retirés de l'eau après un séjour assez long.

2<> SilnGtion de Vépiylolte. Kanzier, dans ses expériences sur les animaux, a vu que Tépiglotte est toujours dirigée en haut après la submersion, quand la dissection a eu lieu avant l'envahissement de n. 26

402 PARTIE TRAlflTOLOGIQITB.

(a putréfaction. Je n*ai pas fait d'expérience sur les animaux, mais pour les hommes je puis dire que la direclion de l*épiglotte est sans ^leur diagnostique. On a observé aussi souvent l'teeclicm que rabaissement de cet organe, et ce phénomène est tout à bit indépendant de la mort par submersion ; la cause en est dans la minière dont a été manié le cadavre et dont le larynx et le cou ont été ouverts.

3* Injection de la muqueuse trachéaley écume dans la irackie. Nous avons parlé (page 326) de ce signe important chez les asphyxiés. On trouve sur les cadavres frais des noyés , morts par asphyxie, la muqueuse trachéale injectée, contenant tantôt quelques petites bulles blanches éparses, tantôt de l'écume réelle, ordinairement blanche, rarement sanguinolente; quelquefois tout le canal est complètement rempli de cette écume blanche et épaisse. Elle se trouve aussi dans les bronches, et on la voit monter dans la trachée, quand on presse sur les poumons.

Je puis affirmer que l'opinion de H. Devergie est erronée, quand il dit que l'écume ne se trouve dans la trachée que lorsque la tète du noyé est remontée à la surface de l'eau et que celui-ci a respiré de l'air atmosphérique; car des hommes qui se sont trouvés accrochés à des poteaux, des vaisseaux, et qui ne sont pas revenus à la surface, d'autres qui se sont munis de pierres lourdes, afin de gagner tout de suite le fond de Teau, ont présenté ce phénomène dans la trachée- artère. En tous cas, cette écume est un mélange du liquide entré dans la trachée, du mucus, du sang des vaisseaux déchirés, avec l'air contenu dans la trachée et les poumons, ce mélange est produit par les derniers efforts de la respiration et doit être regardé comme un signe incontestable de la réaction vitale, c'est-à-dire comme preuve de submersion d'un vivant. Il est cependant possible que l'homme trouvé dans l'eau ait été asphyxié d'une autre manière dans l'air, qu'alors l'écume se soit produite autrement. Hais une telle coïncidence est certainement très rare. Dans ces cas, les autres signes de l'asphyxie viendront en aide pour le jugement. Malheureusement ce phénomène précieux est aussi détruit par la putréfaction ; si cette deniière est

SUBMERStON. — STtfPTiyMES INTEnNES. . AOS

très avtneée, on trouve alors les bronches et la trachée loul è fait vides. L'skMDce de récuine s'explique dans ce cas par la couleur fOQge brut |iroduit par la putréfaction que revêt la trachée.'

A* Im poêùton du diaphragme qui, tantAt est poussé en bas, et IwriM refoulé en haut, a été indiquée comme un signe de la mort par labnersîoii. Hais ce signe dépend absolument de la putréAiction et ■e ptfil pour cette raison avoir aucune valeur diagnostique. Plus la paIrébctioD est avancée, phis l'estomac et les intestins sont boursouflés par des gaz, plus le diaphragme sera poussé en haut et vice

It Uaugmentaiian de vdume des pimmans. Les poumons du d'un noyé ont un volume relativement considérable ; quel que tait Tige du sujet, ils offrent un aspect si particulier que ce signe peut être nommé, pour ainsi dire , thanatognomanique. Ce n'est fie dans des cas très rares,- si la putréfaction de tout le cadavre est très avancée que ce signe manque.

Lea pramoDS frais des noyés remplissent complètement la cavité, aa serreat eeatre les côtes et couvrent tout à fait le cœur, ils paraisattt boursouflés en forme de ballons et ne présentent pas au toucher la sensation ferme et crépitante des poumons ordinaires, mais une aanatioii spengieuae ; après aucun autre genre de mort, on ne trouve ee sigMaasai prononcé; on le trouve seulement, mais bien sensible, apfèa resdème aigu des poumons et quelquefois après l'asphyxie diM les gai irrespirables.

Ce ballonnement des poumons est tantèt une hyper air ie réelle, provenant d'inspirations violentes lorsque la télé du noyé est revenue à la surface de Teau, avant la mort, tantôt il provient de l'entrée du liquide dans les poumons. C'est ce qu'ont prouvé des expériences bilas s«r des aaioMux avec des liquides colorés et par nos propres

des hommes ou enfanU noyés dans des liquides par-

Lorsqu'on incise ces poumons, il en sort une écume aqueuse •a glande quantité. Daniel, Morgagni, de Haen, Metsger, Orfila, et autres ont eu entre eux des controverses sur la possibilité de

hOh PARTIE T8ÂNAT0L0GIQUE.

l*entrée de Teau dans les poumons après la mort; d'autres, tek que Lœffler, Riedel, Kanzier, ont prétendu que l'eaa se pouvait ; entrer après la mort, que par des moyens artificiels. Hais celte discussion, scienliliquement intéressante, est rendue insignifiante pour la pratique par le critérium dont nous venons de parler, Tétat écnmeii du liquide dans les voies aériennes, qui ne peut pas être prodait sur le cadavre par des manœuvres artificielles, telles que des injections, puisque c'est le résultat des efforts respiratoires du mourant.

L'expérience prouve que ce phénomène s'observe non-seulement chez les noyés qui sont morts par asphyxie pulmonaire, mais encore sur ceux qui ont succombé à une neuroparalysie, ce qui augmente beaucoup la valeur diagnostique de ce signe. Nous avons dit plus haut que le signe ne disparaît que quand la putréfaction est très avancée, mais il est encore visible lorsque rècinne de la trachée et le sang du cadavre sont déjà presque tout à fait évaporés; il est inutile de dire que ce signe devient infaillible, si la liquide, dans lequel Thomme s'est noyé, ebt facilement recouoaisiable, par exemple, le jus de fumier, Teau de savon, l'urine, etc., et si on peut le retrouver dans les poumons.

6** Uypirémie du cœur droUy tandis que le cœur gauche est vid ou presque vide. Ce signe est un des symptAmes généraux de I mort par asphyxie, et ne mérite pas par conséquent de nous arrêter De plus , celte hypérémic manque souvent chez des noyés réels dans des cas nombreux où la mort a eu lieu par neuroparalysie. ' en est de même pour :

7* La plénitude de V artère pulmonaire,

8" Vhypérémie des poumons.

V La fluidité du sang qui revêt une couleur cerise est signe le plus constant ; cet étal s'explique par l'empoisonnement sang produit par le manque d'oxygène, ce qui lui fait perdre (acuité de se coaguler.

Ce phénomène s'observe presque toujours dans tous les cas de sus ^

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