‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 117 sur 166 · SUBVERSION.— OBSERVATIONS. &I · texte numérisé non relu

SUBVERSION.— OBSERVATIONS. &I

Obs. 304. — Suicide par submersion. Mort par asphyxie.

Je fis le 1 5 mars 18^ l'autopsie d*un homme de cinquante ans, qui avait séjourné pendant six seoiaines dans Teau. La couleur du cadavre n'était pas trop altérée. La fifure était seulement d'un brun rouge à sa partie supérieure. 11 n'y avait aucooe trace de chair de poule. Les mains et les pieds étaient très plissés, la langue était derrière les dents, la trachée très pétrifiée. En pressant sur les poumons on voyait monter dans la trachée hesucoup d'eau sanguinolente. Le peu 4e sang que renfermait encore le cadavre était épais, il y en avait relativement beaucoup dans le cœur droit et les grands vaisseaux de la poitrine. Les poumons étaient Ueu foneé, ballonnés, remplis d'eau sanguinolente. L'estomsc vide de chyme contenait 6 à 8 onces d'eau ; la vessie était vide, le cerveau rouge brun putréfié.

Obs. 305. — Suicilepar submersion. Asphyxie,

Au mois de mars 18^, nous fîmes rautop>ie d'un homme de quarante ans« trois jours après sa mort ; il avait séjourné dix huit heures dans l'eau Le cadavre était coloré en rouge à ta figure cl au cou, la langue proéminait entre les dents, il y avait chair de poule, le pénis était rétracté, pas de rigidité cadavérique, mains et pieds faiblement gris et un peu plissés, poumon» ballonnés, trachée injectée et vide. Quand on pressait sur les poumons, il montait une grande quantité d'écume épaisse. Le poumon gauche était peu hypérémique, mais le poumon droit était très rempli de sang Toncé et liquide ; les artères coronaires très gorgées ainsi que le cœur dans ses quatre cavités et l'artère pulmonaiie. L'estomac était plein d'un liquide laiteux, les intestins, la vessie, les reins, le Toie, la rate normaux, mais la ^eine cave très hypérémique

Obs. 306. — Mort par submersion. Asphyxie,

Au mois de janvier 1 8^, à une température de moins de 8 degrés Réaumur, nous fîmes Tautopsie d'une jeune fille qui avait séjourné sept jours dans l'eau ei était restée deux jours à la morgue avant d'être disséquée, le cadavre était encore très frais ; pas de rigidité cadavérique, forte cliair de poule, poumons ballonnés tsns être hypérémiques ; larynx et trachée remplis d'écume rose dont la quantité devenait plus considérable lorsqu'on pressait sur les poumons ; muqueuse du larynx iajectée. Cœur droit plus que le cœur gauche rempli de sang liquide dans lequel nagent des caillots ; chyme aqueux dans l'estomac ; reins hypérémiques, matrice remplie de sang coagulé (menstrues). La veine cave était peu remplie.

Par conséquent, asphyxie par suffocation.

Obs. 307. — Mort par submersion. Asphyxie.

Un noyé de trente-quatre ans présentait des poumons très ballonnés, eontenant de Ttau et de l'air, et devenus si volumineux, qu'après les avoir fait sortir de la caiHé peelorale pour les examiner, il fallut les inciser en beaucoup d'endroits pour

Ali PARTIE THANATOLOGrQITE.

les faire rentrer. Toute la muqueuse de la trachée était ii^jectce et remplie d'eau et d*écume ; en pressant les poumons, on voyait monter dans cette trachée une graude quantité d'eau écumeuse. Le cœur droit était plein de aang liquide ; le cœur fauche, Tartère pulmonaire et la veine eave étaient modérément remplis. L'estomae, sim aliment, renfermait un peu d*eau et quelques morceaux de vase qui adhéraieirt i la muqueuse, il y avait chair de poule aux membres inKneurs, et rétraetioo trèi prononcée du pénis; c'était un cas type d'asphyxie par hypérémie pulmonaire.

Obb. 906. — Sttdmei'fiofi par accident, Hypérémk tf» eawr.

Un garçon de cinq ans tomba par accident dans une fbsse d'aiaancaa ei a'y noya. 11 n'y avait ni chair de poule ni congestion cérébrale. Les poumons battoanéa contenaient peu de sang. La trachée était pâle et vide ; en pressant sur les poumons, il n'y montait ni eau ni écume. Le cœur droit et l'artère pulmonaire contenaient beaucoup de sang liquide, le cœur gauche était vide. L'estomac contenait du chyme et une cuillerée d'eau pure ; mais on n'y trouva rien de ce qui pouvait provenir de Is fosse dans laquelle Tenfiint avait été noyé. Tons les nnlres orgnnes étaient normaux.

Ou. 309. — Lok mort de VmfatU nomeau-né X... ett-èUe due à U sybm&rtkm T

Au mois d'octobre 18**, on retira de Teau let^davre d'un garçon ooaveau^aé ; il présentait tous les signes d'un enfant à terme et viable. La tète, par suite de la putréfaction, était déjà verdâtre, le tronc l'était moins, mais tout Tépiderme était détaché, ht diaphragme était entre la septième et la huitième cdte. L'eatomac était vide ; les gros intestins contenaient du méconium ; la vessie était vide ainsi que la veine cave ascendante ; le foie et la rate étaient déjà putréfiés. Les poumons étaient roses el faiblement marbrés, ils crépitaient et ne contenaient presque pas d'écume sanguinolente ; à leur surface inférieure, il y avait de petites bulles de putréfaction ; ils nageaient tous deux, ainsi que leurs morceaux. Le larynx et la trachée, devenus d'un Touge brun par suite de la putréfaction, étaient vides ainsi que l'œsophage. Il n'y avait pas de sable ni de vase dans les organes. Le cerveau était transformé en une bouillie rose, les sinus étaient exsangues, la base du crâne intacte.

Considérant que si les poumons nageaient, ce ne pouvait être à cause de la putréfaction qui n'était pas assez avancée pour amener d'elle-même ce résultat, considérant la position très basse du diaphragme et la couleur des poumons, nous jugeâmes que l'enfant avait dû respirer après sa naissance, mais que l'autopsie ne permettait de rien préciser quant au genre de mort, vu l'état de putréfaction du cadavre ; nous ajoutions cependant que, n'ayant trouvé aucun signe de la mort par submersion, ce genre de mort n'était pas probablement celui auquel avait succombé l'enfant.

Ob8. 310. — Infanticide^ blenuretà la Cé(e, mort par tvbmenian.

On trouva dans l'eau au mois de juin le cadavre d*un nouveau-né. Il était asaet conservé, la tète présentait seulement une couleur brune ; la peau des mains et des

SUBMERSION . — OBSERVATIONS. Al 5

pieds élail pi issée et grisâtre, ce qui prouvait que le cadavre avait séjourné plusieurs heures dans Teau. Le placenta tenait encore à Tenfant au moyen du cordon qui était intact. A la tête il y avait des plates, sept à droite et trois à gauche du crâne; de plus quatre à la joue gauche, trois au front, une à la lèvre supérieure, en tout ëix-hnit; elles ataient été produites, les unes par des instruments tranchants, les aitres par des instruments piquants ; elles étaient entourées d'ecchymoses. Outre cda, 11 y avait encore deux égratignures au cou, des ecchymoses aux joues, aux lènes, dans la région des omoplates, au hras gauche, au coude droit et à tous les 4i%te du pied droit. Ces plaies et ces ecchymoses étaient des preuves évidentes de fioleoces exercées sur l'enfnnt pendant sa vie.

Le diaphragme était entre la cinquième et la sixième côte, l'estomac contenait une evillerée d'eau jaunâtre ; les poumons étaient ballonnés, leur couleur était rouge clair et marbrée. Il y avait trois ecchymoses sous-pleurales sur le lobe supérieur du poumon droit ; mis dans l'eau, les deux poumons nageaient ; ils présentaient de la crépitation quand on les pressait, et on voyait sortir du sang écumeux lorsqu'on y fusait des incisions. La trachée contenait un peu d'écume sanguinolente, le cœur était vide* toute l'aponévrose du crâne était couverte d'un épanchement gélatinelaafuia. Les deux pariétaux et le frontal droit étaient (hicturés en plusieurs SBdroits, toute la surface du cerveau était couverte de sang foncé, les artères méibfées étaient gorgées de sang, et on voyait à la base du crâne un épanchement 46 sM>g épais moitié coagulé.

H'après tous ces signes, il était certain que l'enfant avait vécu et que les vio* avaient été exercées sur lui de son vivant. D'un autre cété, il était égalecertain que ces violences n'avaient pcis causé la mort, car l'état de l'esto* et des poumons prouvait qu'il était entré dans l'eau vivant et qu'il y avait eu par submersion. Or, il était peu probable que l'enfant eût vécu longtemps avoir reçu les blessures que nous avons mentiom^s, il avait donc dû être jeté à l'eau tout de suite après les mauvais traitements.

Ow. 311. — Diiignoslic certain d'un cas de mort par suhmertion malgré Vélal

ée putréfaction aioancée.

Kons fîmes, à la fin du mois de mars, l'autopsie d'un homme que Ton avait retiré de Vema et qui y avait séjourné au moins quatre ou cinq mois. La tète était tout â iMt iinuie, la poitrine et le ventre étaient verts, l'épiderme s'était détaché, le pénis était très rétracté. Le cerveau était très putréfié et anémique, les poumons étaient afU>sés et également anémiques. Les gros vaisseaux et le cœur contenaient encore •n peu de sang épais ; la trachée était vide, sa couleur était d'un brun cuivreux ; las poiHBons preaaés ne faisaient pas monter d'écume. Dans Testomac, U y avait wm éemi-cuUlerée de vase qui adhérait à la muqueuse. La vessie contenait un peu é*nine, la veine cave un peu de sang.

Le contenu de l'estomac ne pouvait laisser aucun doute sur le genre de mort.

il(5 PARTIE THANATOLOGIQDB.

S 4. — Béierminer s'il y • &«te d'un tietf.

Il est toujours très difficile de déterminer si une submersion a été le résultat d'un crime, d'un accident ou d'un suicide, lorsque l'on n*a pour baser son jugement que les symptômes trouvés sur le cadaTre* Or, malheureusement cetle circonstance se présente souTont, car les cadavres n'étant onlinairement trouvés que longtemps après la mort, il est impossible d'établir leur identité par suite des ravages de U putréfaction.

J'étudierai ce problème avec soin en mettant jli profit les ressources que m'a offertes mn longue expérience.

i"" Lorsqu'un cadavre est retiré de l'eau, la première chose qu'il faut chercher à savoir, c'est si le corps est entré dans l'eau vivant ou morly c'est-à dire s'il est mort par submersion ou d'une autre manière. Dans ce dernier cas, il est inutile d'aller plus loin; c'est ce qui arrive souvent pour les nouveau-nés que l'on trouve dans l'eau, mais qui y ont été jetés déjà morts; pour les adultes, c'est rare; nous en avons cependant rencontré un exemple assez curieux : ua individu voulant se donner la mort , se plaça sur le bord d'uno rivière les jambes dans l'eau, il se tira un coup de pistolet et tomba mort dans la rivière. Ces cas ne sont pas difhciies a juger, outre l'absence des signes de la mort par submersion, on a les phénomènes de la mort violente à laquelle a succombé le décédé.

2° Lorsque l'on a acquis la conviction que l'on a affaire à un noyé, il peut se présenter sur le cadavre des blessures de toutes sortes, il est nécessaire de déterminer alors si ces blessures ont été reçues pendant la vie ou après la mort du noyé.

Lorsque les blessures ont été reçues pendant la vie, tantdl c'est un homme sortant d'une orgie dans laquelle il y avait rixe, et ({ui, blessé en plusieurs endroits, tombe dans l'eau par accident ; un autre qui veut se suicider, se blesse de différentes manières et se décide enfin ù se jeter à l'eau. Il peut arriver aussi que ces blessures aient été produites par les tentatives de résistance d'une victime que des

SUnMKRSION. — Y A-T-IL FAUTE D'hN TIKRS? 417

malfaiteurs veulent noyer, ou bien cela peut <*lre un suicidé qui, en se précipitant dans Teau, se blesse contre des rochers, des vaisseaux, des poteaux, etc.

Lorsque les blessures ont été faites aprè» la mort, tantôt c'est parce que le cadavre a été poussé contre des glaçons, contre les piliers d*un pont, contre des bateaux, des poteaux, etc.; tantôt ces blessures ont été produites par des rats d*eau qui sont venus le ronger, ou bien ce sont des rames, ou bien enfin peut-être les crochets qui ont servi à le retirer de l'eau.

Naturellement dans tous ces cas, il sera nécessaire de rechercher avec soin s*il y a des signes de réaction vitale autour de la blessure. Malheureusement ici, comme nous l'avons déjà fait plusieurs fois remarquer, on est exposé aux erreurs, car les cadavres étant ordi- Dsirenient livrés à Taulopsie dans un état de putréfaction [avancée, il est facile de confondre les épanchements sanguins du tissu cellulaire produit par le phénomène d*exosmose avec ceux qui sont le résultat de l'ecchymose. Celte erreur est d'autant plus facile que la putréfaction donneauxrégions unecoloration qui obscurcit le diagnostic. M. Siméons, médecin légiste distingué, dit avec raison à l'occasion d'un mémoire sur ce sujet : « Il faut être bien réservé dans de telles questions, et » ne pas se presser d'attribuer à des violences extérieures des soulèi vemenls de Taponévrose épicrânienne avec épanchement de sang. » Lorsque le corps d'un noyé a séjourné pendant un certain temps i dans de l'eau à température moyenne, et qu'il est resté ensuite un i certain temps exposé à l'air et surtout aux rayons du soleil, la tête et » le C011 du cadavre prennent un aspect tout particulier; ils se gon-

> flent jusqu'à devenir méconnaissables, la peau devient d'un bleu i noirâtre, l'aponévrose épicrânienne se décolle, les paupières proémi- » nent et forment des hémisphères également d'un bleu noirâtre; le

> nés se gonfle et laisse couler un liquide saoieux et sanguinolent, » les lèvres et le cou se gonflent aussi et révèlent cette couleur

> bleu noirâtre ; du sang noir est épanché sous l'aponévrose épi- » crânienne, dans les paupières ainsi que dans beaucoup «Tendroits

> du tissa cellulaire sous- cutané ; ce sang est ordinairauMP* i

il 8 PARTIE THANATOLOGIOUE.

» mais quelquefois aussi il est coagulé, boueux. Il faui uae grandeba- » bitude pour distinguer ces épanchemeuts de ceux qui sont produils > par les violences extérieures exercées sur la tête pendant la vie. i

3"" Dans la résolution de la question de la faute d*un tiers, toutes les circonstances accessoires ont de l'importance et doivent être prises en considération. '

Un cadavre trouvé dans l'eau sans vêtement pendant l'été pourra être celui d'un baigneur noyé par accident. Un homme ayant une profession qui le met continuellement en contact avec l'eau, tel que le batelier, le pêcheur, le tanneur, et qui est trouvé noyé, pourra avoir été victime d'un accident survenu dans l'exercice de ses fonctions , lorsqu'il n'y aura pas des preuves du contraire. Des gens trouvés attachés à des pierres ou ayant dans leurs poches des lettres expliquant leur projet de suicide auront été probablement victimes d'un suicide, tandis que des blessures se trouvant aux mains et au visage» une casquette, un bâton, une arme quelconque n'appartenant pas au décédé et trouvés sur le rivage, enfin des traces de= pas multiples et désordonnés sur la rive font penser à la faute d'uia tiers.

A"" Pour savoir si un noyé a été victime d'un assassinat, il im* porte de s'enquérir de la nature du liquide dans lequel il a succombé, et de la profondeur de ce liquide.

Ici se présente une question assez délicate : un homme peut-il se noyer dans un liquide lorsque, étant debout, sa tête est hors de ce liquide? A cette question nous répondrons oui, surtout lorsque cet homme est connu comme épileptique ou comme adonné aux boissons alcooliques; car alors, s'il tombe même dans un ruisseau des rues, il peut s'y noyer aussi bien que dans un fleuve. Il faut aussi prendre en considération les caprices des suicidés qui sont souvent étranges : ainsi il eu est qui chercheront la mort au loin dans un marais peu profond, et non dans un fleuve voisin, parce que l'eau coulante et profonde leur fait peur.

5*" Il arrive souvent que le problème de la faute d'un tiers se rattache à cette question : combien de temps le décédé a-l-t7 te-

SUIIMEUSION.— Y A-T IL FAUTf. Ï)'UN TIERS? 419

jùurné dans l'eau F Cette question se préseule onlinaireinent pour les enfaats Douveau-nés, car alors il s'agit de savoir si le moment de la mort coïncide avec celui de Taccouchement. Il est impossible de donner une réponse complètement exacte, mais avec un peu d'exp^^rience on peut assigner des époques approximatives d'après Tétat de la putréfaction.

Nous avons exposé plus haut les phénomènes de la putréfaction dans Pair, nous allons étudier brièvement la putréfaction dans Fmu. La différence importante entre ces deux ordres de phénomènes, c'est que dans la putréfaction dans l'eau il n'y a jamais momiûcation, et que l'oo rencontre ordinairement la saponification. Les principaux agents qui agissent sur la pulréfaction dans l'eau sont la température et l'état du liquide. Pour la température, nous pouvons établir la proportion suivante : lorsqu'on hiver la température de l'eau est de — 11 à — 16 degrés centigrades, la putréfaction dans l'eau en deux ou trois mois avance aussi vite qu'eu huit jours en été lorsque la température est de ■{• il à + 22 degrés. Quant à l'état da l'eau, son influence est sensible, ainsi un cadavre qui est porté dans une eau coulante se putréfie, cœlerii paribusy beaucoup plus lentement qu'un cadavre qui reste immobile dans un marais.

Quand il s'agit de déterminer, d'après l'état delà pulréfaction, pen« dant combien de temps un cadavre a séjourné dans l'eau, il est important que l'expert sache depuis combien de temps il en a été relire et dans quelles conditions il est resté exposé à l'air. En effet, un cadavre qui est resté un certain temps dans l'eau et qui est exposé à l'air se putréfie très vite, surtout quand les rayons du soleil peuvent l'atteindre. J'ai souvent vu des noyés qui avaient été retirés de l'eau encore bien conservés, et qui, exposés aux rayons du soleil, étaient envahis par la putréfaction deux et trois fois plus vite qu'ils ne l'auraient été s'ils étaient restés dans l'eau. C'est pourquoi on ne saurait trop recommander aux juges d'instruction de faire en sorte que l'autopsie des noyés ail lieu aussi promptement que possible, il suffit quelquefois de vingt-quatre heures pour ôter à l'autopsie toute chance d'u- UUlé.

&20 PARTIE THANATOLOGIQUE.

Il y a pour la pulréfaction dans l'eau un phéDomëne caractéristique qui a déjà été signalé parOrrila,Le8ueur,M. Deverg[te et H. Siméons, et sur lequel j'ai également depuis longtemps attiré Tattention : il consiste en ce que sur les cadavres qui séjournent dans l'eau, li putréfaction commence par la tête et le cou, et descend de haut en bas, tandis que ceux qui séjournent dans l'air commencent â se potrélier par l'abdomen, et sont envahis ensuite en haut et en bas. Ce phinomène ne manque jamaisy mais il ne peut pas, comme on l'a cru, se joindre aux preuves de la mort par submersion , car j'ai acquis la conviction qu'après n'importe quel genre de mort il peut se présenter, et qu'il ne résulte que du séjour dans l'eau.

Un cadavre qui est resté dans l'eau dix huit heuretk la température moyenne de Tété, ou trente heures à la température moyenne de l'hiver, présente, outre les plis des mains et des pieds, une coloration livide du visage, des oreilles et du reste de h tète, tandis que le reste du corps a conservé si couleur normale, et que les téguments de l'abdomen ne présentent pas encore de coloration verdâtre. Des incisions pratiquées dans la figure ne révèlent pas la présence d'ecchymoses ; seulement lorsque le décédé a succombé à une hypérémie pulmonaire, on voit déjà alors une écume blanchâtre quelquefois à grosses bulles devant la bouche et le nez. Bientôt sur la teinte rouge livide que nous venons de décrire apparaissent des taches bleu verdâtre d'abord aux oreilles, aux tempes, à la nuque, ensuite sur le cou et sur la poitrine, ces taches s'élargissent peu à peu suivant le temps que le cadavre reste dans l'eau.

Un cadavre qui est resté dans l'eau de trois à cinq semaines en été, et de deux à trois mois en hiver, présente la tètej le cou et une partie de la poitrine colorés en vert sale marbré de rouge foncé; c'est ce que M. Devergie désigne à tort, à mon avis, sous le nom de € brunâtre i . Â côté de cette coloration des parties supérieures, le reste du corps n'est souvent'pas changé.

A quoi attribuer cette marche particulière de la putréfoction ? La cause en est inconnue : les uns disent que cela tient à ce que, quand le cadavre surnage dans l'eau, la tète est le plus souvent au-dessous

SUBMERSION. — Y A-T-IL FAUTE bVH TlEhS? A21

de U surface du liquide ; d'autres prétendent qu'au contraire le plus souvent la tête des noyés est au-dessus de l'eau, tandis que le reste du corps est plus ou moins plongé, qu'alors la partie supérieure du corps étant exposée aux rayons du soleil se putréfie plus promp« temeot.

Lorsque le cadavre continue à rester dans l'eau, la putréfaction fait des progrès rapides, et tous les phénomènes que nous avons décrits plus haut en parlant de la putréfaction en général, ne tardent pas à se manifester. Le cadavre se gonfle, des bulles se forment en abondance sous l'épiderme qui ne tarde pas à se détacher, le corps revêt en entier une couleur uniforme d'un vert foncé. La peau est sillonnée de veines qui fornoent de gros cordons d'un rouge sale, les traits sont tout à fait méconnaissables, la couleur des pupilles a disparu, les ongles sont détachés ou restent suspendus à des lambeaux de peau, le scrotum et le pénis sont gonflés et défigurés ; devant de pareils phénomènes, on peut déclarer que le cadavre a séjourné dans l'eau de cinq à six semaines, si cela est pendant l'été, et de trois i quatre mois, si cela est pendant l'hiver.

Si le cadavre reste encore abandonné dans l'eau, la putréfaction continue, mais, plus on est loin du moment de la mort, plus il est difficile de déterminer depuis combien de temps il est dans l'eau, car lespA^om^^ restent longtemps stationnaires dans les hauts isgrés de la putréfaction. On voit alors , après Atit^ ou dix sstnaines en été et cinq ou six mois en hiver, l'aponévrose épicrânienne qui se détache, quelques lambeaux pendent çà et là autour du crâne, et il suffit de passer dessus une éponge pour que tous les cheveux disparaissent, les yeux ont coulé au dehors, ordiaiirement les rats d'eau ou d'autres animaux ont rongé certaines parties du corps, surtout les doigts et les mains ; quelquefois même les oe des membres supérieurs et les côtes sont trouvés disséqués à nu ; des myriades de vers couvrent la figure et remplissent les cavités qui communiquent avec l'extérieur ; cert-iins membres sont séparés du tronc par suite de la destruction des articulations ; le cadavre est inoostrueux, il est tout à fait noir et laisse exhaler une odeur intec

422 PARTIE THANATOLOGIQUE.

un certain nombre de muscles sont saponifiés, quelquefois la force expansive des gaz produits par la putréfaction a livré passage & ces derniers qui ont franchi les muscles et même les os du crftne; lé sexe est impossible à reconnaître.

On verra, à l'observation 320, quels sont les ravages produite sur un cadavre par un séjour dans l'eau de plusieurs années.

Quant à la chronologie de la putréfaction des organes ilitefiies, elle est la même dans l'eau que dans l'air, voyez ce que bous en avons dit page 87.

Obs. 312. — Suicide douteux. SubmertUm,

Un homme Agé de quarante^tfux ans, d'nne constitution robuste, était sorti de chez lui le 2 janvier pour faire «n payement dans une affaira da titteUe. Il aralt dans ce but pris avec lui une pièce dont la possession était d'une immense impor* tance pour d'autres personnes. A partir de ce jour il disparut sans qu*on enteni!U parler de lui. Dix semaines après, on trouva son cadavre dans Teau, fl avait dans sa poche la quittance de la somme payée, mais 11 n'avait plus li pièM ittptfrtaato. Oa apprit qu'il avait changé de religion, et qu'une sévère puniUon l'attendait, lertqu'il rentrerait dans sa patrie. Cette raison pouvait jusqu'à un certain point être considérée comme sufAsanle pour expliquer te suicide, mais la disparition de ta pièce en diminuait beaucoup la valem*, car elle fliiftait Mitpçùntiet uff efifffe ; IMiaaî en ordonna une autopsie légale.

Le cadavre, après un temps aussi long passé dans l'eau, était très putréfié, il présentait partout, excepté à la tùte qui était noire, une couleur verdâtre, l'épiderme était partout détaché, les yetix étaiefit proéminents, là lànfrte ètàîi étraifglée entre les dents, la pointe, gonflée, sortait en dehors de 4 millimètres. Il n'y avait aucune blessure à Textérieur. Les poumons étaient ballonnés et anémiques. La trachée-artère, dont la muqueuse offrait une couleur d'un brun noir produite parla putréfaction, conterfafC un peu d'écume «angtlnolénte. Vai d*eatr darfi II trachée ni dans les poumons. Le cerveatt était déjà transformé M ifnê bouillie rose, les os du crâne étaient intacts, l'estomac contenait une petite quantité de chyme, mais pas d'eau. L'estomac, le duodénum et Tœsophage furent soumis à l'anaTyse chimique, mais on n'y trouva pas une seule trace de poison ; tes veines de t'épiploon et du mésentère, ainsi que lês gros vaiséeatrx 9è l'àbdetnen et le àein droit, étaient très hypérémiques, à la partie gauche du cou on voyait un ailloo blanc, superficiel, non ecchymose, allant jusqu'à la nuque.

Voici de quelle manière nous rédigeâmes nos conclusions :

1° Le décédé est nïort par asphyxie.

2*^ 11 est probable que cette asphyxie ait été produite par la submersion.

3^ Le haut degré de putréfaction ne permet pas d'expliquer la nature do sillon trouvé au cou.

SUBMERSION — Y A-T-IL FAUTE d'UW TlERS*f — OBSERVATIONS. 428

4* n est impossible de trouver dans les phénomènes scientifiques la réponse h cette question : la submersion est-elle due à un suicide, â un accident ou à un Beurtre ? Mnsieurs Jours après, on trouva la pièce importante en mains sûres ; le suielde devint alors une certitude.

Obs. 813.-— Siikride douteux. Mort par submersion avec blessures à la tête.

Le 8 décembre 18**, nous fîmes l'autopsie d^un homme âgé de quarante ani, boasu, dont le cadavre avait été retiré de l'eau et laissé pendant huit jours dam la chambre des morts.

A la tète il y avait troia blessures semi-lunaires, longues de 3 centimètres ; eDes ne pénétraient pas jusqu^à l'os, elles séparaient seulement superficiellement l'apo* oévrose et offraient des bords asses nets, secs et non ecchymoses. Les pieds et les naina présentaient les plis caractéristiques, mais aucun endroit de la peau ne présentait le phénomène de la chair de poule. La eadavre avait conservé sa oouleur, excepté la tète qui était rougeàtre.

Dana le crâne il y avait une légère hypérémie ; les poumons, très ballonnet, rempUaaaient toute la cavité pectorale, mais contenaient peu de sang ; le poumon fauche renfermait de l'eau beaucoup plus que le poumon droit. Les artères eoro* oairea étaient médiocrement remplies de sang, le cœur gauche était presque vidé, le ceenr droit ne contenait que 1 5 grammes de sang, mais les gros vaisseaux étaient gorgés de sang noir et liquide. Le larynx et la trachée étaient vides et nor^ oiaox, le foie hypérémique. L'estomac était aux trois quarts rempli d'eau claire dans laquelle nageaient des morceaux de pommes de terre ; les vaisseaux du méaentére étaient très injectés ; il y avait hypérémie des reins et de la veine cave ; la vessie était vide.

Sous déclarâmes que :

t* Le déeédé n'était pas mort par submersion ;

3* Les blessures de tète ne pouvaient pas être regardées comme ayant contribué à amener la mort. Elles furent faites au moment même de la mort ou peu de tempa après.

Obs. 314. — Submersion. Est-ce le résultat d'un meurtre ou d*un accidenté

Au mois d'avril 1848 on retira de la Sprée un cadavre qui fut reconnu comme étant celui d'un chef batelier; fl avait disparu de son embarcation depuis le 18 mars su soir. Le jour où l'on remarqua cette disparition, on avait trouvé le secrétaire et on l'était aperçu qu'une somme importante y manquait. Plus tard, un des employéi au service de ce batelier fut trouvé porteur des habits du chef et ayant en sa possession la somme d'argent qui manquait. Il flint dire que ee jour était un de ceux pendant lesquels la révolution se déehatnalt avec fteraur, et foo pensait que f assassin avait mis à profit le désordre général.

Au moment eti je fis TaUtopsie, je ne connaissais aucun de ees détails, le ea« davre avait la tête émreloppée dans une redingote brune que des liens Ibrtement autour du cou, les pieds étaient également liés. Le corps èM <mi

A2A PARTIE THANATOLOGIQUE.

vert grisâtre, par conséquent la putréfaction était assez élevée; Iji langue d'an blea vert et tuméfiée sortait des maxillaires édentés. Pas de sillon strangulaloireau cm, mais on voyait des blessures de tète importantes : une au-dessus de cliaque sourcil de forme triangulaire, une dans la région de l'os pariétal droit, longue de 3 centimètres. Dans deux de ces blessures on trouva des traces d'ecchymoses ; lorsqu'on enleva l'aponévrose épicrânienne, on s'aperçut que tout le crâne avait été écrite jasqu'à sa base ; le cerveau déjà putréfié ne put être examiné ; les poumons, surtout le poumon droit, étaient remplis de sang noir peu liquide ; la trachée et le larynx étaient vides et commençaient à se putréfier ; le cœur et les gros vaisseaux ne contenaient pas de sang ; l'estomac et la vessie étaient vides ; la veine eave coolenait très peu de sang. Il était très facile d'interpréter ces divers phénomènet. Voici dans quel sens nous rédigeâmes notre rapport :

Les signes de la mort par submersion manquent complètement sur ce cadavre, et il est tàcile de prouver que la mort n'a pas été produite ainsi; les blessures de U tète dans lesquelles on a trouvé des traces d'ecchymoses étaient bien aases importantes pour amener cette fin ftineste. Du reste, abstraction fliite des ecchymoses, des blessures aussi terribles que celles-là ne peuvent évidemment pas être produites lotts r«att, quelle que soit la force avec laquelle la tète se rencontre contre des pierres, des rames ou des poteaux. Nous conclûmes donc que la mort était due à des blessures de la tète, lesquelles avaient dû être produites an moyen d'instrument contondant, et que ce n'était qu'à l'état de cadavre que cet homme était arrivé dans Teau.

Tout le monde était bien convaincu que l'accusé était coupable et cependant fk fut acquitté parce que l'on n'eut pas la preuve certaine de l'identité du cadavre. L« veuve fut appelée, mais elle ne donna sur la couleur des cheveoz, l'état des dents, etc., que des réponses vagues qui laissèrent planer le doute.

Obs. 315. — Submersion. Est-ce le résultai d'un accident ou d*un erme?

Un jeune médecin, âgé de vingt-six ans, disparut tout à coup sans qu'on sût es qu'il était devenu ; la dernière fois qu'on l'avait vu, c'était un soir ches un cafe« tier. Trois mois après on retira son cadavre de l'eau, la température avait toujours été au-dessous de zéro, et, comme disait le rapport de police, le corps avait tonjour été sous la glace, c'est ce qui expliquait le peu de progrès qu'avait fait la putréfaction.

Le cadavre était vert, l'épidcrme était détaché, quelques ongles seulement étaient encore fermes, les pieds et les mains étaient plissés. Comme on pouvait s'y attendre, il y avait anémie générale. Le cœur droit contenait quelques coagulations, la trachée et le larynx étaient vides et bruns, les poumons n'étaient plus ballonnés, attendu que presque tous les liquides de l'organisme étaient évaporés, les gros vaisseaux étaient vides ; l'estomac était putréfié et contenait encore quelques restes d'aliments, mais pas de liquide. La vessie était vide. On ne pouvait pas dire grand'chose de positif sur le genre de mort, cependant comme il n'y avait aucune trace d'un autre genre de mort, nous déclarâmes que toutes les vraisemblances étaient pour une mort par submersion.

SUBMCKSION. — Y A-T-IL FAUT!:: D'UN TIERS? — OBSEIiVATlOMS. &25

On. 316. — Submersion. — Est-ce le résultai <fun accident ou d*un crime?

Ud maçon âgé de quarante- huit an^, eut un jour une querelle chez un marchand de vins, puis on le vit prendre le chemin de sa maison ; mais il n'y arriva pas et disparut sans qu'on sût pendant six semaines ce qu'il était devenu.

An bout da ce laps de temps, le 3 avril 18**, son cadavre fut retiré de l'eau, le lapport de la police disait qu'il avait le nez cassé, les yeux tuméAés et des ble*- •ores à la tète ; nous ne trouvâmes de tout cela que les paupières gonflées par •«ita de la putréfaction. Le corps était vert, l'épiderme était détaché, on ne pouvait donc pas s'attendre, d'après un tel degré de putréfaction, à pouvoir encore trouver les phénomènes de la mort par submersion ; en effet, la cavité crânienne était anémique, le cerveau n'était plus qu'une bouillie verdâtre ; les poumons étaient cependant eneore ballonnés et contenaient beaucoup de sang foncé, les gros vaisseaux en contenaient également une certaine quantité ; il y ayait 60 grammes de lang foncé et coagulé dans le cœur droit, 30 grammes dans le cœur gauche ; la tracliée et le larynx étaient vides et colorés par la putréfaction ; la veine cave contenait peu de sang, mais dans le foie il y en avait beaucoup, ainsi que dans les reins ; la vessie était à moitié remplie.

Nous déclarâmes que le décédé n'avait pas succombé à des blessures ; que le haut degré de la putréfaction ne permettait pas de déterminer avec certitude le geore de mort, mais qu'il était très vraisemblable qu'il y avait eu mort par suhmer-

On. 317. — Submersion; les jambes du cadavre liées. Y a-t-il eu crime f

Le cadavre d'un homme de vingt-six ans fut retiré de l'eau, ayant les deux fortement serrées avec une bande de cuir ; au maxillaire inférieur il y avait trois cicatrices firalches de la grandeur d'une pièce de 50 centimes. Ces ctrcooatances amenèrent Tautorité â demander l'autopsie légale.

I« cadavre était très frais ; il y avait chair de poule sur tout le eorps ; les pieds •I lea mains présentaient les plis caractéristiques du séjour dans l'eau ; la langue striait daa maxillaires de 4 millimètres ; rien d'anormal dans la tète ; les poumons étaient ballonnés, marbrés, gorgés de sang foncé, liquide et écumeux ; la trachée ci le larynx étaient très iiyectés et remplis d'une écume épaisse ; le cœur droit CTuttnfM beaucoup de sang foncé et liquide, le cœur gauche était vide ; les gros Tslsaoauf et la veine cave étaient remplis de sang ; l'estomac ne renfermait pas d'aHnaniits. maia 90 è 190 grammes d'eau chiire ; la vessie avait â rintérienr une dfllerée d'urine.

D n'y avait pas à hésiter à déclarer une mort par submersion ; l'absence de traces de résistance indiquait que les jambes avaient été liées par le sujet lui-même st que par conséquent il y avait eu suicide. Il n'est pas rare que ceux qui veulent Bwitre fin à leurs jours prennent ainsi de minutieuses précautions pour être cerlaius d'arriver au résultat qu'ils désirent.

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Obs. 318. — Submersion, Rupture du cerveau, Y a-t-U eu slrangulaikm w

écrasement ?

t5n homme de soixante ans Ait trouvé mort dans le canal, dans une potUton assez extraordinaire, il était debout dans Feau. Il avait ses vétementa ; au-deisoi de sa cravate se trouvait un fichu de cotoa qui serrait le cou très fortement. U laifgue était derrière les dents ; la couleur du cadavre n*avait pas été altérée. Tonte la moitié gauche de la figure y compris les paupières avait un aspect rouge bleo, des incisions pratiquées dans cette région montrèrent qu'il y avait la de véritables ecchymoses ; au haut de la tête qui était chauve, il y avait une tache longue de S centimètres, large de 2 centimètres d*un rouge brun, non ecchymosée ; une antre, longue de 2 centimètres et large de 1 centimètre, se trouvait au front aoKlesmi de l'œil gauche ; au-dessous des deux rotules on voyait plusieurs taches ecchymos6es ; sur la partie postérieure de l'hémisphère gauche du cerveau se trouvait une extravasation sanguinolente de l'épaisseur de 2 millimètres. Au ventricule droit du cerveau se trouvait un épanchement de 15 grammes de sang foncé et coagulé; cette extravasation avait été produite par une rupture de l'organe de I centimètre de diamètre qui partait de ce ventricule et traversait toute la substance du cerveau. A la base de l'hémisphère gauche il y avait de nombreuses extravasations sanguines au milieu desquelles on voyait une autre rupture à bords ecchymoaés. Le cervelet présentait également de petites extravasations en grand nombre. Les sinii contenaient peu de sang ; la base du crâne était intacte ; les deux poumons normaux contenaient peu de sang ; l'artère pulmonaire était très remplie de sang foncé et liquide ; le larynx et la trachée étaient vides et normaux; dans le cœur droit, il y avait no grammes de sang (bncé et liquide ; dans le cœur il l'en trouvait peu ; le foie renfermait peu de sang : la veine cave était gorgée ; on troen dans l'estomac 90 à 100 grammes d'eau pure. Les autres ofganes ne prétentaieil rien d'anormal.

Il était évident que les blessures de tète, dont nous avons énuroéré lee terrMes résultats, avaient causé la mort. D'un autre oôtét ees blessures ne pouvaient être k suite ni d'une strangulation dont nous n'avons trouvé aucune trace au cou malgré la présence du lien, ni de la submersion, car le cadavre a été trouvé dans l'eau debout, la tète au-dessus de la surfoce de l'eau, c'est probablement dans celte position qu'il est entré dans l'eau, et il a été trouvé sans qu'il eût changé de place ; enfin comme dernière preuve, ajoutons que nous n'avons trouvé aucun des signes de la mort par strangulation ou par submersion. Les ruptures du cerveau, les nombreuses extravasations sanguines annoncent que ce sujet a été victime d'une violence extérieure très énergique qui écarte toute idée de suicide.

Obs. 319. — Submersion, Strangulation ou mort accidentelle.

Le cadavre d'un enfant nouveau-né, A terme, fut trouvé le 28 juillet 18^ dans un tonneau rempli d'eau qui se trouvait au milieu d'une èour ; le corps était enveloppé d'un linge de coton qui était fortement serré autour du cou au moyen d'une bande large de 5 centimètres. La fille, mère de l'enfant, fut découverte, elle avoua

SUBMEllSION. — Y A-T-IL FAUTE D't?{ TIKRS? — OBSERVATIONS. 427

re accouchée sans témoin dans la nuit du 26 au 27 juillet ; elle entendit son ilSint crier après sa naissance, mais elle s*évanonit presque aussitôt, et lorsqu'elle

réveilla, Tenfant était mort à côté d'elle.

Le corps de Tenfant ne présentait pas l'aspect chair de poule ; du cdté gauche 1 eou, il y avait un sillon insignifiant jaune clair, mou, ayant 2 centimètres de Qg et 2 millimètres de large sans trace d'ecchymoses ; les os crâniens étaient très filtrés ; les veines du cerveau étaiêtit hypérémiffues, et on voyait à la hase du âne deux eztravasations ayant les dimensions d'une pièce de 50 centimes.

C«tt lA tout ee qae nous trouvâmes digne de remarque à l'intopsie ; il n'y avait » un seul signa pouvant être interprété comme produit de la submersion. Mow «laràmes que l'enfant était mort d'apoplexie cérébrale et qu'il n'avait été mis IBS l'eau que privé de vie. Quant à la cause de cette apoplexie, nous déclarâmes fH était possible qu'il y eût eu strangulation, que cependant le^ Agnet tfû c<ra tÊbmi très pea certains, qu'an eonCralre rien ne s'opposait k ee qne la récit de la Ire ne fût vrai, car l'apoplexie cérébrale est l'aiTection â laquelle saeeombeiit éÉoairainent les enfants abandonnés au moment de leur naissance (I).

Om. SiO.'^SquêMe d'un noyé trouvé après â$ux am de séjour dont Vetnu

Oa professenr de l'Université disparut le f mars 1854. Malgré les feeherches (plna minutieuses il fut impossible de savoir ce qu'il était devenu. Plus de deum f après, le 5 juin 1856, on trouva dans le canal, près de Charlottenbourg, un seleità dépouillé presque complètement des parties molles; le pied gauche avait laanré sd forme et était complètement saponifié ; danl la région des fesses on fait éfaienient des paquets d'adipocire, ainni qu'au-dessotts des arcades sygo* ttiqnes ; les yeux saponifiés étaient encore dans leurs cavités ; le membre supéur droit et la moitié du gauche manquaient ainsi que le pied droit ; séparés par Kè de la destruction de leurs liens articulaires, ils avalent quitté le reste du rf0; la partie supérieare du sternum seule restait. Le crâne, le maxillaire infé« lar et les trois premières vertèbres cervicales étaient détachés et furent trouvés tàth an cadavre. i

llàlfré ^ette terrible Mutilation, on put encore constater l'identité du décédé. Le )n au professeur reconnut le gilet contenant une bourse, la botte qui se tronvait leora au pied gauche, et le bas qui présentait encore les initiales de son nom. ras noterons une particularité intéressante. Le frère nous dit que le décédé avait le tumeur osseuse au côté gauche du crâne, nous retrouvâmes en effet à l'os parié- Igiaehe cette tuméurqui avait la grosseur d'une noix.

(I) Voy. l'obs. 79.

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