D0GIMÀ8IB. PULMONAIRE. — COULEUR DES POUMONS
d'hypérémie ayant causé ou accompagné la mort, on trouve les poumons d'un rouge brun s'approchant de la couleur du foie avec des taches d'un rouge plus clair, ce qui rend ces poumons, même pour l'œil exercé, semblables à ceux du fœtus.
Cest surtout la présence de taches marbrées qui offre un rensei* gnement pour le dta^no^/tc, car elle ne se rencontre jamais sur les poumons du fœtus.
Les variétés de couleur trouvées sur les poumons des nouveau-nés qui n'ont pas respiré tiennent soit à des essais d'insufflation, soit à la potréùiction des poumons, soit à un état anémique après une mort par hémorrhagie. Mille fois j'ai insufflé en présence de mes élèves de l'air dans les poumons au moyen d'un soufflet. En un instant, les poumons dans tous les cas ont pris en se boursouflant une couleur rouge écrevisse qui s'est étalée uniformément dans tout le tissu sans aucune disposition marbrée. La couleur du poumon putréfié à un assez haut degré, non pas celle du poumon qui ne fait que commencer à se putréfier et dont la couleur n'a pas encore eu le temps de changer, présente une lividité terne, caractéristique et un peu noirâtre, non pas d'un noir analogue à celui de l'encre ou du charbon, mais d'un Boir conuoe celai du sang qui est resté longtemps exposé à l'air. '
Les poumons dis enfants mort-nés qui ont succombé à une hémorriiagie sont tf'nn gris rouge pâle et présentent des marbrures bleues noirâtres qui ne peuvent être confondues avec les taches marbrées des poumons qui ont vécu à cause de ce fond pâle caractéristique.
Telle est, d'après mes nombreuses observations, la description que je croîs devoir donner des poumons des nouveau-nés. J*ai évité de rendre cette description trop minutieuse, car elle serait beaucoup moins claire et beaucoup plus facile à induire en erreur.
Je conclus, en un mot, que tout poumon qui se présente avec des taches marbrées a respiré^ et permet de croire à la vie de l'enfant. Mais sans ces taches marbrées on ne peut pas sur le fond seul de la couleur tirer un résultat certain.
Ce que nous venons de dire des poumons entiers, est aussi vrai pour les fractions de poumons. Ainsi, dans certains cas où l'on trouve
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des poun.ons incomplètement remplis par une respiration faible, on peut certainement désigner (|^'après la couleur, les portions de poumon qui surnageront, sans crainte de se tromper.
F. CONSISTANCE DU TISSU PULMONAIBE, ATÉLECTASUC, HYPÉMÉMnE, RftPATISATMX.
Entre le tissu du poumon d'un enfant qui n'a pas vécu, et cdù d'un enfant qui a respiré, la différence est sensible. Le tissu pulmonaire du fœtus en effet est compacte, résiste à la pression du doigt, et ressemble à celui du foie ; au contraire, le tissu des poumons qui ont respiré est crépitant, spongieux et cède facilement à la pression. Il faut cependant tenir compte des degrés intermédiaires et des altérations pathologiques qui rendent cette diiïérence beaucoup moins reconnaissable.
Il peut arriver d'abord que la respiration ait été incomplète, et alors les portions de l'organe dans lesquelles l'air n'a pas pénétré sont restées à l'état fœtal. Cet état a été appelé atéUclasie des pou* monê par HM. Legendre (1) et Jœrg (2).
On aurait tort de donner à celte atélectasie le titre de maladie, ce n'est autre chose que l'état fœtal des poumons dans lesquels, par une cause quelconque, la respiration n'a pu s'effectuer. Ce n'est donc pas la cause de la mort, mais plutôt l'effet. Cet état particulier du poumon ne peut en rien diminuer la valeur de la docimasie pulmonaire, au contraire elle donne à ce critérium une exactitude plus grande, puisque, quand les poumons sont à certains endroits atélectasiques, non-seulement on peut dire que l'enfant a respiré, mais on peut préciser que cette respiration a été incomplète et de courte durée.
Elsâsser a décrit très bien les différentes formes d'atélectasie : c Si » tout un lobe du poumon est resté à l'état fœtal, la limite de sépa- » ration des parties qui n'ont pas respiré est facile à reconnaître, mais
> ordinairement, il n'en est pas ainsi, et l'on trouve au milieu des
> lobes de petites portions qui sont restées fœtales, tandis que d'autres
(i) Legendre, Maladies de V enfance, Paris, 18it\ (2) Ed. Jœrg. Fœlwlunge im gébomen ICtnde, 1835.