D0C1MA31E PDLMON AIRE. —POIDS DI::S POUMONS
> oui riéjà subi le contact de Pair, ces lobules restés intacts sont tan-
> tôt à la surface externe de l'organe, tantôt à une profondeur de
> 1 à 2 millimètres, tantôt enfin disséminés irrégulièrement dans » l'intérieur du tissu. Lorsque ces lobules fœtaux sont très nombreux,
> il peut être très difficile de reconnaître si l'enfant a vécu sans avoir » recours à l'épreuve de la submersion dans l'eau. L'épreuve du » toucher et de l'incision ne peut fixer à cet égard. >
Les états pathologiques qui changent le tissu pulmonaire au point de pouvoir induire en erreur, sont l'hypérémie produite par l'as- * phyxie et la pneumonie. L'hypérémie donne au poumon une couleur ibncée qui se rapproche de celle des poumons qui n'ont pas respiré ; les poumons ne crépitent pas , et sont plus élastiques que ceux qui ODt respiré. L'hépatisation rouge et grise produite par la pneumonie se reconnaît par une couleur d'un rouge violet un peu sale et par la firagilité qu'acquiert le tissu ; celui-ci en effet se déchire alors facilement, enfin par la présence d'une exsudation fibrineuse ou albumineose du tissu pulmonaire ; lorsque l'on pratique des incisions dans le tissu hépatisé, il n'en sort pas de l'écume sanguinolente, mais du sérum un peu sanguinolent et du mucus visqueux. Il suffit d'un peu d*babitude pour ne pas confondre ces divers états pathologiques avec l'atélectasie. Du reste, M. Legendre dit lui-même avoir vu des poumons en partie restés fœtaux et en partie devenus hépatisés, et Jcerg rapporte que les enfants qui naissent avec de l'atélectasie meurent c ordinairement » de pneumonie.
C'est ce qui nous porte à croire que ce que M. Legendre entend par alélectasie n'est pas bien nettement défini, que les résultats de cette affection se rapprochent beaucoup de ceux de la pneumonie.
G. POIDS DES POUMONS. ÉPRETJVE DB PLOUCQUET.
Ici encore nous avons la preuve que l'on a tort d'accepter sans examen les doctrines des auteurs. Ploucquet, dont le nom jouit encore d'une grande autorité, a posé le principe suivant : Le poids absolu des poumons est augmenté par le fait de la respiration à cause de b
510 UIO-THANATOLOGIE DES NOUYEAU-llÉS.
plus grande quantité de sang que cette fonction lui amène. Celle thèse fut longtemps acceptée sans réserve, et Ton a admis an nouveau critérium de la vie après la naissance consistant dans la comparaison du poids des poumons avec celui du corps. La proportion, d'après Ploucquet , serait de ^ pour les enfants mort-nés, et -^6 P^^^ '^ enfants qui ont respiré. Voici comment Ploucquet s'exprime dans le Commentarius medicus in processus critninales super homicidium^ iiifanticidium, etc. y 1736 :
€ Sur un enfant du sexe masculin, mort en naissant et sans avoir
> respiré, le poids total du corps, y compris les poumons, était de
> 63 OAO grains, celui des poumons de 702 grains ; le poids total du
> corps était donc à celui des poumons presque comme 67 : 1 . Un
> autre enfant à terme, qui ii*avait pas non plus respiré, donna le » rapport de 70 à 1 . Un troisième, qui, quoique non encore parfai-
> temenl à terme, avait cependant respiré, offrit le rapport de 70 à 2.
> La conclusion de ces faits est que l'afflux sanguin inhérent à la res-
> piration double le poids des poumons, et que le poids de ces » organes qui n'ont pas respiré est au poids total du corps comme » 1 : 70 ; qu'il est comme 2 : 70, ou comme 1 : 35 pour les
> poumons chez lesquels la respiration a eu lieu. >
Ainsi c'est sur trois observations que Ploucquet a bftti une théorie, et de ces trois observations une n'a certainement pas été observée par lui, et les deux autres peut-être ! Ploucquet lui-même écarte tout de suite le premier cas, et ne reparle plus de la proportion j^, il ne reste donc plus que deux observations , et de ces deux enfants l'un était à terme et l'autre ne l'était pas ! Ne serait-il pas miraculeux de voir que ce que l'on a observé sur un cas pris au hasard fût justement la moyenne de ce que l'on observe sur un grand nombre de cas? Or, ce miracle n'a pas eu lieu, la moyenne de Ploucquet n'est pas exacte. Dans le tableau ci-dessous, j'ai noté le poids des poumons et du cœur, comparé au poids du corps entier, de 89 nouveau-nés , dont 26 étaient mort-nés, et 63 avaient vécu.