‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 143 sur 166 · ENFANTS NÉS VIVANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS NÉS VIVANTS

Moyenne.

MttlmmB

Minimum.

Ainsi les proportions de Ploucquet sont donc tout à fait inexactes, nous ne nous en étonnons pas, pdisqu'elles étaient basées sur une ieule observation. L* étude qui précède noiis montre que la différence qui peut exister en moyenne ehtre le poids du poumon d*un enfant qui a respiré et celui d'un enfant m^t-né, loin d'être de moitié, peut varier de 1 : ô3 à 1 : 60. Malheureusement les diff^érences qai existent entre le maximum et lé minimum de ces poids sont trop considérables |iOur que Ton puisse ériger en critérium dtagrtostiqtil} la pro-

DOCIHASIE PULMONAIUE. — ÊPAKUVE UTDUOSTATIQUË . 515

portion qui existe entre le poids dti poumon et celui du corps entier. Du reste, rien ne s'explique plus facilement que ces différences dépendant de l'individualité du sujet, du degré de putréfaction, et du genre de mort auquel a succombé le nouveau-hé ; en effet, je ferai settleitient remarquer quelle grande différence on peut trouver entré le poids d*nn poumon hypérémiqUe par suite d'asphyxie, et celui d'an poumon complètement anémique par suite d'hémorrhagie. Dans le premier cas, tiôus avons trouvé AO grammes, dans le second 28 grammes. Notre conclusion est que la règle de Ploucquet est inexacte et que Vépreuve du poids des poumons est sans valeur daHs ta docimasie pulmonaire (1).

H, 8URNATAT10M DES POUMONS DAMS L'EAU. — DÛCIMASIE BTDROSTATIOUE.

En continuant de suivre Tordre dans lequel on traverse les différentes phases de la docimasie pulmonaire, nous arrivons à la fameuse épreuve hydrostatique qui consiste à s'assurer si le poumon nage sur Teao ou gagne le fond. Cette surnatation subit des modifications diverses.

Tantôt les deux poumons réunis au cœur et au thymus nagent fran« chôment et complètement, de sorte qu'ils remontent immédiatement sar l'eau lorsque l'on essaye de les immerger vers le fond du vase ; si dans ces cas on sépare les poumons du cœur et du thymus, ils surnagent à plus forte raison.

Tantôt les poumons réunis au cœur et au thymus montrent une certaine tendance à gagner le fond, mais se tiennent pourtant encore dans les couches supérieures du liquide, et surnagent franchement aussitôt qu'on les a séparés du cœur.

Il peut arriver qu'un seul poumon surnaî;c, ordinairement c'est le poumon droit, parce que sa bronche est plus courte et plus large, et que l'air y outre par conséquent plus facilement, j'ai cependant va la samatation du poumon gauche seul. (Obs. 359, 3ol, 399.)

Enfin quelquefois il n'y a que quelques lambeaux de l'organe qui

(I) Le règlement prussien a supprimé d'après nus conseils celle épreuve.

ne gagnent pas le fond, quand on a coupé le poumon en un grand nombre de petites parcelles, comme on ne doit jamais négliger de le faire.

Quant à la manière d'exécuter celte épreuve, je rappellerai les dispositions légales du règlement : le vase doit avoir au moins 35 cenliroètres de profondeur et 20 à 25 centimètres de diamètre, il doit être rempli d'eau pure et froide ; M. Devergie conseille d*instiluer une contre-épreuve avec de Teau chaude, mais les raisons qu'il donoe ne sont pas suffisantes pour faire admettre en principe celte contreexpérience.

Cette épreuve iiydrostatique a rencontré des adversaires acLamés. Voici quelles sont les trois objections importantes qu'ils ont soulevées : les poumons d'un enfant mort-né peuvent nager dans Teau sans qu'il y ait eu respiration, 1° quand ils ont été soumis à une insufflation artificielle ; 'i"* quand il s'est développé un emphysème spontané ; 3* quand la putréfaction est assez avancée pour avoir produit l'évaporation des liquides du cadavre ; à^ enfin des poumons qui oni évidemment respiré peuvent gagner le fond de Teau. Nous allons étudier et réfuter ces quatre objections en ayant toujours devant les yeux le côté pratique et en profitant des nombreux matériaux dont notre longue expérience nous permet de disposer.

1° Insufflation artificielle, — C'est une opération par laquelle on introduit artificiellement de Tair dans les bronches -, on la pratique sur le cadavre de différentes manières, soit avaut, soit après avoir ouvert la cavité thoraciquc, soit lorsque les poumons ont été retirés, soit lorsqu'ils sont restés à leur place, soit avec un instrument, soit sans instrument.

Il est très facile, lorsque les poumons ont été retirés de la cavité thoracique, de pratiquer Tinsufilation en adaptant à la trachée un appareil et en soufilant un peu ; immédiatement on voit que l'organe se gonfle, il devient spongieux, il perd la couleur semblable à celle du foie qu'il avait, et devient vermeille^ rouge écrevisscy mais sans trace de marbrure. Je n'ai jamais vu que l'însuflSation ait donné aux poumons une autre couleur que celle-là, et je m'étonne

DOCIMASIE PULMONAIRE. —ÉPREUVE HYDROSTATIQUE. 5t7

que Ton ait tant discuté sur la nuance des poumons qui ont été soumis à cette opération.

L'expérience réussit moins bien lorsque Ton place le tube du soufflet dans la bouche, sans avoir disséqué le cadavre, il arrive assez souvent alors que Tair poussé, au lieu d'entrer dans la trachée, pénètre en partie dans l'œsophage et l'estomac, on voit immédiatement l'abdomen se gonfler, et quand on fait ensuite l'autopsie, on aperçoit les intestins et l'estomac ballonnés anormalement par l'air introduit comme ne pourrait le produire même In putréfaction.

Enfin il est très difficile d'insuffler de l'air dans les voies aériennes sans le secours d'instrument, soit en se mettant bouche contre bouche le nez étant fermé, soit en soufflant dans les fosses nasales la bouche étant tenue close. On a beau exercer une pression sur la région stomacale, presque toujours l'air passe dans l'œsophage. Ebftsser, qui a fait avec grand soin de nombreuses expériences à ce sujet, raconte : c Sur hb expériences d'insufflation essayée sans avoir i ouvert la cavité pectorale, on a complètement réussi une seule » fois y on n'a réussi qu'à moitié 3 A fois, et 10 fois on a échoué.

> Cependant ces expériences furent pratiquées avec beaucoup de

> soin et de précaution. » Or, lorsque l'insufflation est pratiquée pendant la vie, c'est ordinairement à ce procédé, boache à bouche, que l'on a recours. S'il faut tant de difficultés pour obtenir à peine Dne insufflation partielle, dans quelles conditions défavorables pour cette opération ne se trouvent pas les enfants que le médecin légiste a il expertiser, eux qui d*ordinaire reçoivent le jour en cachette, sans témoin, et dont on ignore l'existence jusqu'au moment où l'on trouve leurs cadavres abandonnés? Quelquefois il peut arriver qu'un médecin ou une sage-femme a donné des soins à l'enfant et fait des essais d'insufflation, mais c'est excessivement rare ; dans toute ma longue carrière, je n'en ai rencontré que cinq exemples qui seront rapportés plus bas (obs. 362 à 366). On a alors ordinairement des renseignements précis à cet égard par les dépositions du médecin , et en supposant que ces renseignements viennent à manquer, ne peut-on pas distinguer un poumon contenant de

518 pfq-Tj^iMATptOGIE DES N0UY^U-9ÉS.

Tair qui y a été i|[)troduit par la respiration d'un poumop dam lequel Tair a été insufflé? Dans certains cas, c'est très [lossibte. Ce n'est pas lorsque l'enfant a fait quelques inspirations et que l'insufflation a été pratiquée incomplètement, alors c'est réellemenl tr^s difficile, et je suis de l'avis d'Elsa^r lorsqu'il dil que ni h voussure du thorax, ni l'extension des poumons, ni la couleur, ni le poids, ni la crépitation ne peuvent servir de renseignement^ fnais si l'enfant est mort-né^ s'il n'a pas fait une seule inspiraMoOt et si l'insufflation artificielle a été pratiquée , la couleur rouge vermeille , l'absence de taches marbrées d'une teinte plus foncée et nettement circonscrites pourront très bien indiquer qu'il n'y a pas eu respiration. Il faut ajouter que, lorsque l'air a pénétré par le fait de la respiration, le poumon contient beaucoup plus de sang, par cofiséquent en faisant des incisions dans le poumon, si ce dernier a respiré, il en sortira de l'écume sanguinolente ; s'il a été insufflé, }\ n'en sortira que quelques gouttes de sang ; quant au bruit de crépitation, il est le même dans les deux cas.

Quelquefois on peut reconnaître qu'il y a eu insufflation par un autre critérium, c'est lorsque les poumons présentent cet état particulier que nous avons appelé hyperaérie en parlant de la mort par s^bme^sion. Un certain nombre de vésicules se déchirent, et il se forme dan le parenchyme de véritables cavités distendues par l'air ; on voit à la surface des poumons des cloches blanchâtres qui soulèvent la plèvre et qui ne sont autre chose que des bulles d'air qui ont rempli les vésicules pulmonaires. Cette hyperaérie, cet emphysème artificiel ne se remarquent que lorsque l'insufflation a été assez con sidérable.

Il est erroné de prétendre que par la pression exercée sur un pou mon on peut en extraire l'air qui y a été insufflé; car de quelque manière que l'air ait pénétré dans les vésicules pulmonaires, il est impossible de l'en faire sortir, même si l'on met une parcelle de poumou sur le sol et si on la comprime avec tout le poids du corps ; le morceau comprimé mis dans Teau surnagera encore. Il n'y a que lorsque l'on déchire les vésicules que l'air peut eu sortir, si, au lieu de

DOCIMASIE PULjjlÛKAIBE. — ÉPIiEUV^ HVppOSTATIQUE . 619

press^r snr le sol le fragment de pôumou, on frolle avec le pied; si après cette opération Ton jette le fragment dans Teau, il gagnera le fond.

^ résumé, les principaux phénomènes devant lesquels se trouve le médecin légiste )prsqu'il a affaire à un poumon însufQé sont : Crépitaliat^ sans écume sanguinolenU quand on incise les poufno,ns; décj^irurii d'un certain nombre (fe vésicules avec hyper air ie ; çouleur rouge vermeille sans taches marbrées^ quelquefois aussi de Vair introduit par mégarde dans l'estomac et les intestins,

2° emphysème pulmonaire des nouveau-nés. — Nous venons de voir plps haut qup l'invention, et non la découverte de Ploiicquet, est sans aucune valeur, il en est de même de ce que Ton a dit du soidisant emphysème pulmonaire congénital des nouveau-ni^s, affection qui rendrait la dociroasie très incertaine, puisqu'elle permettrait à des poumons qui n'ont pas respiré de pouvoir nager sur l'eau. Des observateurs distingués ont déjà exprimé des doutes sur la valeur de culte objection, et pourtant on la trouve encore mentionnée dans tous les écrits des médecins légistes. Il y a déjà longtemps (1) que j'ai posé cette question : t Qui a jamais vu un enfant venant au monde avec un emphysème pulmonaire? >

Est-ce Chaussier? Ce dernier raconte avoir vu des enfants mort-nés qui étaient sortis de l'utérus par les pieds après une version difficile, et dont certaines parcelles du poumon ne gagnaient pas le fond de l'eau par suite de la présence de l'air qu'elles contenaient. Ce|a vient, dit-il, de ce qu'il a eu une contusion faite au poumon pendant l'eitraction difficile de l'enfant par les pieds, cette contusion a produit un épanchement sanguin dans le tissu pulmonaire et par suite de la décomposition de ce sang, il s'est formé un corps gazeux. Or, quel rapport peuvent avoir de tels exemples avec les cas qui se présentent en noédecine légale ? Chaussier ne parle que d'accouchements très difficile nécessitant l'assistance d'une personne de l'art, tandis que les enfants que l'expert a à examiner sont mis au monde en cachette, les accouchements ont eu lieu vite, les mères sont seules.

(1) GprkM. leèchmoffnungen, 1, p. 98, 3« édit.

520 BIO-THANATOLOGIE DES IfOUYEAU-llÉS.

Henke parle de n trois observations > ; noas avons déjà ea occasion de faire justice de la manière dont cet aalear sait bâtir des théories. Le seul cas qu'il cite en détail est celui de W. Schmidt. Si on Ut ce cas, on voit que c'est une fille qui a respiré pendant vingtquatre heures après sa naissance ! Cette enfant vint à ternie chétive et après un accouchement laborieux, c elle mourut vingt-quatre heures après sa naissance sans avoir crié > (sic!). Les poumons, encore finis quand on fit Tautopsie, nagèrent avec et sans le cœur; au lobe moyen du poumon droit on vit des cavités remplies d'air. L'enbnt était née le 2 mai, ainsi au printemps; on ne dit pas combien de temps s'écoula entre le moment où elle moufut et celui où l'on pratiqua l'autopsie ; puis Henke cite, non pas une observation, mais une opinion d'Alberti,et enfin il s'appuie sur les commentaires d' Edimbourg ^ et parle d'un cas qui ne s'y trouve pas.

Les observations de Meyn et de Michaelis sont plus importantes, ce sont elles qui servirent de base au mémoire de Hauch (De Vempkysème pulmonaire des nouveau-nés^ Hambourg, 18A1). Dans le cas de Meyn, les poumons avaient absolument l'aspect des poumons du fœtus, et cependant, mis dans l'eau, ils nagèrent ; à leur surface extérieure, se trouvaient de petites bulles blanchâtres qui s'effaçaient quand on les pressait, ces bulles étaient produites par un soulèvement du tissu cellulaire qui réunit la substance pulmonaire à la plèvre. Il est évident que ces bulles provenaient de la putréfaction ; en effet, Taulopsie ne fut faite qu*après dix jours; pendant un cer« tain temps le cadavrt) avait séjourné dans un lit de plume, puis dans Teau, enfin dans un local fermé. La température était chaude (25 mars). Il devait donc y ttso'ir putréfaction avancée.

Dans le cas de Michaelis, c*était une fille mise au monde en cachette et née avant terme, qui, d'après le dire de la fille-mère (quel témoignage!), était mort-née et ne sortit de l'utérus qu'avec Tassistance delà main même Je la mère, c Le poumon gauche parvenait à peine jusqu'à la pointe du cœur, le poumon droit atteignait la surface antérieure du cœur ; les deux poumons étaient très rouges, on y voyait de nombreuses taches rouges, surtout à la surface postérieure (nous

DOCIMASIE PULMONAIRE. — éPRBUVE HYDROSTATIQUE. 521

ne disons rien du poids, car il ne poorrait rien prouver), ils nageaient avec le cœur et le thymus; quand on les incisait, on remarquait de la crépitation, et il en sortait une écume fine; les plus petits fragments des deux poumons surnageaient franchement, tous les organes de la poitrine contenaient une grande quantité de snng. > Et c*est cette obsenration qu'on nous cite comme exemple d'emphysème congénital des nouToau-nés ! II n'y a pas le moindre doute à avoir sur la vie extra-utérine de cet enfant, il a certainement respiré et assez longtemps, quoi qu'en dise la mère.

Mauch cite encore un cas comme preuve de cet emphysème qui n'est pas plus concluant que les autres. Dans un accouchement très grave ayant duré quatre jours, on se décida à pratiquer la céphalotripsie ; le cadavre de l'enfant fut disséqué, t le cordon entourait le cou, le bras était détnché du corps, les os du crâne étaient tous fracturés j». En voilà assez pour prouver que l'accouchement n'a pas eu lien sans l'assistance d'un tiers; ce n'est pâs un accouchement clandestin, ce n'est donc pas un cas de médecine légale dans lequel on ait intérêt è constater si l'enfant a vécu ; n'importe, examinons les résultats de l'autopsie : t Les poumons avaient une couleur bleufttre (on ne dit pas s'il y avait des taches marbrées); ils présentaient des bulles d'air sur les bords (on ne dit pas de quelle nature étaient ces bulles); les poumons avaient l'aspect de ceux qui ont respiré, une portion de l'organe surnageait dans l'eau, et comprimée sous l'eau, laissait monter à la surface des bulles d'air et du sang; quand on laissait ces parcelles de poumon un certain temps abandonnées dans l'eau, elles finissaient par gagner le fond. » Celte dernière circonstance doit faire douter de l'exactitude de tonte l'observation, cnr jamais une portion de poumon surnageant dans l'eau ne gagnera le fond c au bout d'un certain temps >. L'observateur ajoute que le cœur était également emphysémateux et nageait seul dans l'eau. D'un autre côté, on ne dit rien de l'état général du cadavre relativement i son degré de putréfaction, on ne sait pas combien de temps après !a mort l'autopsie a été pratiquée, on ne sait pas si, pendant l'opération très grave qui a été pratiquée, une cMe D'est pas venue blesser le pou*

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OHHà, et si l'on n'avait pas affiiire là à un emphysème traumitique. Cette observation enfin n'est pas asses précise pour être prise eu Gonsidéralion.

Nous conduons de tout ce qui précède :

/{ n'y a pas encore dan$ la science i'ewempU auihentiqut d'fmphysime congénital se développunt sponiqf^ment 4an$ lt9 pimmons d'un fœtus ; donc qn ne doit jqmais dans la prqtiqm médico^égale attribuer à cette affection la sumatation des poumons.

i"" Putréfaction des poumons. — La troisième objection qpe l*oa bit à la docimasie hydrostatique est • ce]|^-ci : Les poumons d*un fœtus peuvent nager lorsque, par suite de la putréfaction, il s*esl dégagé des gaz dans Tintérieur de l'organe, et alors celte sumatalion est à tort mise sur le compte d'une vie après la naissance.

Cette objection n'a que les apparences de la vérité, car il est iadle de voir lorsqu'un poumon contenant asses de gas pour nager doit cette faculté à de l'air qui a été respiré ou à un gaz produit par la putréfaction. D'abord il est certain, nous en avons bien souvent en la preuve, que les poumons sont parmi les organes qui se putréfient les derniers (voy. page &2)« Il y a, il est vrai, des exceptions, mais elles sont très rares. Il s'ensuit que, lorsque les poumons d'un cadavre encore frais nagent sur l'eau, on n'a pas à tenir compte de la putréfaction de cet organe.

Il y a, en outre, à considérer l'aspect du poumon putréfié sur lequel je me suis étendu dans la partie générale de ce volume. Il n'y a pas différence dans le phénomène de la putréfaction lorsque l'enfant est mort-né ou lorsqu'il a vécu; on voit dans tous les cas des bulles d'air sous-pleurales de la dimension d'un grain de millet, quelquefois d'un haricot, qui sont isolées ou groupées à la surface du poumon, surtout à la base. Ces bulles sont un signe presque certain qu'il y a eu commencement de putréfaction ; l'insufflation énergique peut bien en produire quelquefois d'analogues ; mais, comme nous venons de le démontrer plus haut, il n'y a pas ordinairement à tenir compte, en pratique médico-légale, de la |K>ssibilité d'une insufflation. Quand la

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première période de la pulréfi^ctioD est passée, il a'y a plus dapger d'erreur, lorsque l'organe perd le brillant de son enduit séreux, lorsqu'il devient gris, noirâtre, boueux, infect. Dans ce dernier cas cepeiidaat, la docimasie hydrostatique peut être d'uii certain secours, si, par exemple, des poumons d'un cadavre d'enfant déjà vert gagnent le fond de l'eau, comme je l'ai vu quelquefois ( voy. oba. 337 à 3^2). Il m'est arrivé de proGter de cette preuve négative, et dans des cas où le cadavre était putréfié, j'ai pu nier la posr sjbilité de la vie de l'enfant ; il se trouve même parmi mes observations deux cas (3Â0 et 3dl) dans lesquels le cœur et le foie étaient si putréfiés qu'ils surnageaient, tandis que les poumons gagnaient le fond de l'eau.

Une autre question relative à la surnatation des poumons putréfiés peut encore se présenter, c'est celle-ci : des poumons surnageaqt à cause de leur putréfaction peuvent-ils, s ils sont laissés dans l'eau, perdre au bout d'un certain temps leur pouvoir de surnager, et gagner le fond du vase?

M. Mascbka (1) a fait à ce sujet des expériences décisives. Je suis h même de confirmer les assertions de cet observateur distingué. Si par des piqûres on détrpit toutes les bulles de gaz sous- pleurales, alors les poumons qui auparavant surnageaient, s'enfoncent vers le fond de l'eau : cette opération est difficile à pratiquer lorsque ces bulles soi^t très nombreuses ; lorsqu'elle réussit à amener l'immersion des poumons, on a la preuve que la surnatation antérieure n'était due qu'à la putréfaction et que l'enfant n'a pas respiré. Quant aux poumons putréfiés laissés sur l'eau pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, ils finissentpar gagner le fond, comme il est facile de le comprendre, car l'organe se dissout, les bulles de gaz formées par les liquides se frayent un passage, et l'on a pour résultat une masse lourde, pullacée, divisée en plusieurs fragments C'est ce même phénomène qui se présente dans le cadavre de l'enfant, excepté la division en fragments, par suite des progrès de la putréfaction. Vais

(I) Prager Vierteljahrsschrifî, 1857, I, §9-

52& BlO-THAMàTOLOGlE DES IfOUVBâU^lliS.

* celte expérience ne peut avoir qa'on intérêt théorique, car elle B*esl d*aiicone utilité dans la pratique médico-légale.

h"" immersion des poumons malgré la respiration. — On i prétendu que des poumons ayant respiré peuvent gagner le fond le l'eau dans certaines circonstances, par exemple, lorsqu'ils sont dans un état d'atélectasie, d*hypérémie, d'hépatisati jn ou de lBb«culisation. Nous avons déjà parlé en détails de ces états patholo* giques(page 508).

Il y a plusieurs années j'ai ouvert le cadavre d'un enfant qui avait vécu huit jours, et dont cependant loutes les parcdies des poumons gagnaient le fond de l'eau ; ils présentaient la couleur et la consistance de ceux dès enfants qui n'ont pas respiré. D'après les renseignements recueillis sur la maladie et d'après ce que nous vtmes lorsque nous incisâmes le tissu pulmonaire, il fut facile de reconnaître qu'il y avait eu hépatisalion rouge. Unautre enfant ayant vécu deux jours et qui était venu au monde avec un peropbigus, mourut d'une pneumonie unilatérale. Le poumon gauche, d'un rose bleuâtre, nageait complètement sur l'eau, le poumon droit hépalisé et rougefttre gagnait le fond. J'ai déjà communiqué (obs. SAS) l'exemple d'un enfant mort asphyxié, dont un des poumons hypérémique gagnait le fond de l'eau, tandis que l'autre surnageait. Je rapporterai plus bas d'autres cas analogues (obs. 353 à 361). J'ai observé encore un cas très intéressant: c'était une fille, née à huit mois, d'une mère syphilitique ; l'enfant était chétive et avait un pemphigus aux membres inférieurs; les poumons étaient d'nn rose bleuâtre avec des marbrures claires, et étaient parsemés de tubercules jaunâtres dont quelques-uns avaient acquis la dimension d'une petite noix ; en pressant les poumons avec les doigts on sentait une certaine densité et de la crépitation. Avec le cœur, ils gagnaient le fond de l'eau ; néanmoins, vu les marbrures, nous pensions bien que l'enfant avait respiré. Séparé du cœur, le poumon gauche gagna encore le fond, tandis que le poumon droit resta dans une des couches supérieures du liquide; les petits lambeaux que l'on forma en coupant les deux poumons giignèrent en grande majorité le fond

DOCIMASIE PULMONAIRE. — INCISIONS UANS LES POUMONS. 525

du vase ; mais quelques-uns restèrent à la surface ; il me paraissait donc très probable que l'enfant avait vécu peu de temps, à peu près qninie minutes.

Que prouvent ces observations? Qu'il faut tenir compte de l'état pathologique du poumon ; qu'il faut toujours ajouter à la docimasie hydrostatique les autres épreuves de couleur, de consistance, de contenu des poumons, de voussure du thorax, de hauteur du diaphragme. Il n'en est pas moins vrai que l'épreuve hydrostatique est la plus importante et ne doit rien perdre de son crédit précieux.

/. IMCISIOMS DAMS Lk SUBSTANCE DES POUMONS.

Une [erreur assez répandue est celle qui consiste à croire que les poumons du fœlus ne contiennent pas de sang; c'est faux, car cet organe est nourri comme tous les autres par des artères qui lui apportent le principe de l'assimilation ; mais sitôt que la respiration omunence, que la petite circulation s'établit, une nouvelle et bien plus grande quantité de sang afiSue dans l'organe, et cette augmentation est facilement appréciable. Malheureusement, il manque è Teipert qui a un cadavre de nouveau-né à disséquer, un des termes de la comparaison : la quantité de sang avant la naissance. Cette augmentation dans la quantité de sang contenu dans le poumon entraîne l'augmentation de poids, et nous avons démontré qu'il n'y afiit pas de moyenne que l'on pût admettre comme base de la mesure.

Le seul moyen de reconnaître cette plus grande richesse du sang, c'est de faire des incisions dans le tissu et de presser, alors on entend un bruit de crépitation produit par la combinaison du gaz rengainé dans les vésicules et de l'air ambiant, et l'on voit sortir une écume sanguinolente plus ou moins foncée. Quand les poumons n*ont pas respiré, il faut une pression assez énergique pour voir apparaître un peu de sang dans le tissu incisé, tandis que des poumons qui ont respiré laissent écouler presque spontanément le sang. C'est surioul rétat écumeux du sang et la çr^iiationqui sont des indices de vie, car ils manquent à l'état fœtal.

526 BIO THANATOLOGIE DES N0UTBAU*1IÉS.

Une antre épreuve assez importante est celle qui consiste à inciser lé poumon sous l'èau et à le presser fortement ; s'il a resfHré, on « voit sortir une certaine quantité de bulles d*air qui gagnent M suriace du liquide. Jamais les poumons d'un fœtus ne présenteront ce plinomëne. Il faut cependant ajouter que les poumons insufflés, ainsi que ceux qui sont putréfiés, laisseront entendre le même broit de crépitation et laisseront monter à la surface de l'eau les mènes butles d'air ; mais alors la quantité du sang contenu dans lé poumon sera le signe de ralliement, car vX l'insufflation ni la putréfaction ne produisent une augmentation à cet égard ; par conséquent, il n'y aura jamais, dans aucun des deux cas, de IVctime $anguinolenie.

Nous devons faire cependant observer qu'un poumon qui a certainement respiré peut ne plus offrir de sang ni d'écome sanguinolente, soit parce que la putréfaction a fait évaporer les liquides du cadavre, soit parce que le sujet est mort d'faémorrhagie ; alof s il faut avoir recours aux autres signes de la respiration.

Nous concluons de tout ce qui précède que, torsqu'entneiêani les poumons et en exerçant sur eux Une légère pressiôhj on en toit sortir une assez grande quantité d^écume sanguinolente^ il y a grande probabilité qu'il y a eu respiration.

§ 4. — Hoyau d'ossification de IVztrêmité inférieure du Cémur.

Le règlement prussien ne demande plus Tetamen de certains phénomènes qui autrefois élail exigé, par exemple : l'état des vaisseaux du fœtus, le contenu de la vessie et dû rectum; mais il prescrit de mesurer le noyau d'ossification de Textrémilé inférieure du fémur. Nous en avons déjà parlé en détail page 488, lorsque nous nous sommes étendu sur les signes de la maturité. Les dimensions de ce noyau ont de Timportance pour la détermination de la vie extrautérine. Comme nous l'avons dit plus haut , il y a probabilifé qu'un enfant a vécu après sa naissance quand le point d'ossification a plus de 6 millimètres de diaMèlre, Les exceptions à cette règle sont très rares ; cependant ajoutons que la réciproque

DÉPÔT d'acide URIQUE DANS LES REINS DES NOOTEAU-NÉS. 527

de celte règle n*est pas vraie ; qae quelquefois un enfant est reconnu par les épreuves de la docîmasie coitime ayani vécu, sans présenter cette dimension du nojau d'ossification.

$ 5. — MpM d'aeîde atli|ae dam les tvbef àrinlAref .

Cless est le premier en Allemagne qui ait attiré Tattention sur les dépôts d*acide urique ou d'urates, qui se forment dans les reins des noufeau-nés. Voici comment on peut observer ce phénomène : on coupe l'organe verticalement en deux moitiés, c'est-à-dire dans le sens de sa longueur, puis on écarte les deux parties ; on voit à l'œil no ces dépôts sous forme de stries d'un rouge jaune clair. J'ai fait dessiner et colorier dans l'atlas qui est joint à cet ouvrage, des reins présentant ce phénomène. Si l'on craint de confondre ces stries avec des dépôts graisseux, il suffira du microscope ou même d'une ioQpe pour faire disparaître tous les doutes. Mas observations pertonnelles, jointes à celles de MM. Schlossberger, Virchow, BIsâsser, Bigel, Martin, Hoogeweg, Hodann, ont prouvé que ce phénomène était désormais, acquise la science. M. Schlossberger (1) a affirmé qiie ees dépôts ne se rencontrent jamais que dans le cas où les eafants ont respiré : ce serait donc un renseignement précieux pour le médecin légiste. Cette opinion est partagée par Virchow (2) et Elsâsser (3) ; mais Martin (A) et Weber (5) sont d'un avis contraire ; Hoogeweg (6) et Hodann (7) ne pensent ni comme les premiers, ni comme les seconds ; ils prétendent seulement que ce phénomène ne peut que servir de renseignement, offrir une plus ou moins grande probabilité pour la vie de l'enfant et se joindre ainsi aux épreuves de la docîmasie pulmonaire.

(1) Archiv fur phynol. Heikunde, 1850, IX, p. 547.

(2) Verhandlungender GeseUschàft fUr G elmrtshiUfe in Berlin, IS47, H, p. 70. (S) Loe, cit. p. 77 .

{4)Jenaische Annalen fiir Phys. und Ued. 1850, p. 126.

(5) Beit, zup<Uhol. Anat. der yeugebornen, Ktel, 1854.

(6) Voyez ma Vierteljahrsschrifiy Vil, 1» p. 33.

(7) JahresbericfU dcr scfilesisclien Gesèllschafc fur voUerl. CuUUir, 1854. Breslau.

528 BIO-THANATOLOOIE DKS NOUV£AU-KÉS.

On n'est pas non plus d*accord sur la question de savoir si c'est un phénomène physiologique ou pathologique. Enfel (1), Virchow, Martin et Hodann opinent dans le premier sens, et en trouvent la raison dans les grandes révolutions de la vie végétative de Fenfant. Heckel (2), Faber (3) ne voient là qu'un phénomène pathologique; enfin, Schlossberger reste indécis entre ces deux manières de voir. De tout ce qui précède, il ressort clairement que la question n'est pas résolue, et l'on peut conclure que la présence ou rabsenee de défais d'urates dans les tubes urinifêres ne peut faire admettre ni rejeter la possibilité de la vie d'un enfant après sa naissance.

Weber dit {h) avoir trouvé dans quelques cas rares des traces de graveSIe dans les tubes urinifêres d'enfants morts pendant l'accouchement. Lebmann (5) trouva aussi dans la vessie d'un enfant mort* né de nombreuses traces de gravelle, puis, s'étant livré à des recherches microscopiques j il trouva, dans un certain nombre de cas, des granulations foncées et brillantes situées dans les tubes urinifêres. Schwartz (6) raconte deux observations d'accouchement dans lesquels les enfants furent extraits avec le forceps et naquirent avec de faibles mouvements du cœur et moururent bientôt après. L'un des enfants avait des traces de gravelle dans le bassinet des reins ; le second avait des dépositions d'acide urique ayant une coloration rosâtre.

H. Schuize (7) a rapporté le cas suivant :

Un enfant provenant d'un accouchement ayant duré trois jours ne présenta, en arrivant au monde, aucune trace de respiration; le rein droit présentait dans quelques-unes de ses pyramides des dépôts d'acide urique. Un cas analogue concernant un mort-né fut rapporté en 1858. J'ai pu examiner moi-même ces deux reins.

(i) CEsterr. medic^ Wochsnschr. 1842.

(2) Annalen des Charité- Krankenhautes, IV, 2. Berlin, 1853.

(3) Anleitufig 2ur gericht, Vniers. neugeb, Kinder Siuttgard, 1855, p. 145.

(4) Loc, cit.

(5) Neederlandsche WeekblaU. 1853.

(6) Die voneitigcn Athembew, liCipzig, 1857, p. 57.

(7) Deutsche KUnik, 1858.

ÉTAT DU <:ORlH)f« OMBILICAL. 620

insiy comine nous l*avons dit, pour le médecin légiste ce phénohmt est MD8 importance, nous laissons aux physiologistes et aux Ahologistes le soin d*en préciser la cause et la nature.

!• -— l&ttftM au oordoik | aaréole de démareaiion | momification | ehate.

Nous avons parlé page i73 des renseignements que pouvait offrir cordon pour ce qui regarde Tàge du fœtus, nous allons ici étudier tels sont ces changements avant et après la respiration. Il faut ibord se rappeler que. quand le cadavre d'un nouveau-né est lis, il existe sur l'abdomen, tout autour de l'insertion du cordon, 10 auréole rougeâtre qui n'est pas produite par le commencement i travail de détachement de l'organe, par conséquent qui n'est pas I symptAme de vie extra-utérine. Celte auréole se forme déjà dans itéms, el on la remarque aussi bien sur le corps des enfants mortio que sur celui de ceux qui ont vécu. La putréfaction efface m vite cette coloration, soit en donnant à tout l'abdomen la cou- ■rverdâtre que l'on connaît, soit en provoquant le décollement do fidorme.

Un phénomène plus important est celui qui indique le travail de itachement du cordon, c'est une preuve certaine de la vie extra-- 'érine. Il se forme à la base de l'organe un anneau d'une largeur de naillimètres environ qui se gonfle, s'enflamme et offre une légère crétion purulente à l'endroit où l'anneau se continue; cela se pré- Dio ordinairement vers le troisième jour de la vie ; quelquefois la pporation continue de huit à dix jours ; ce signe est également heé par la putréfaction.

Vers la fin du second jour de la vie extra-utérine, le cordon eommce à se momifier. Cette momification a lieu de l'extrémité vers la 80 ; cette dernière est atteinte du quatrième au cinquième jour, lolques auteurs ont considéré cette dessiccation comme un acte Iri (Billard, Hervieux) ; rien n'est plus erroné, comme l'ont prouvé i expériences de MM. Gunz, Elsisser, Meckel et les miennes. Il fit, en effet, de couper le cordon ombilical d'un enfant mort-né| de Cûro sécher à l'air, tantôt à l'ombre dans un endroit sec, tantôt au

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soleil; il est nécessaire que le cordon reste deux fois plus de temps l'ombre qu'au soleil, à peu pris quatreàsii jours au soleil el huilé dsoii jours à Tombre; on a alors un cordon momifié présentant abaolooMit le même aspect qu*un cordon qui est tombé naturellement du corps d'un enfant bien portant ; on a la même surface aplatie, la même tendance à se contourner^ la même colomtidn d'un gris noirâtre ttec transparence des petits taisseaux rougefttres, la même eonsistanca' parcheminée, eiifin, les mêmes changements produits par le séjoar dans l'eau.

Un cordon ombilical momifié qui est laissé pendant une haon dans l'eau, se gonfle un peu, devient flexible et prend une colo* ration d'un gris blanchâtre; il ne faudrait cependant pas croire qa'ea le laissant plus longtemps dans l'eau, il puisse reprendre son état primitif; il conserve toujours un certain degré de consistance parche* minée. Cette circonstance peut être utile lorsque l'expert se trouve en présence d'un enfant qui a été trouvé dans l'eau. Gomme jamais la desiiocation de l'organe ne peut se produire dans un liquide, toutn les fois que ce cordon est parcheminé, on peut en conclare qse l'enfant était déjà mort depuis plusieurs jours lorsqu'il a été jeté dans le liquide.

Le cordon ombilical ne se momifie pas non plus dans rem de l'amnios, et jamais un fœtus qui s'est putréfié dans l'utérus, ne présente la dessiccation de cet organe. Cette remarque peut être également importante, car si une autopsie démontre qu'un enfant est mort-né et que le cordon présente un certain degré de momification, on peut, abstraction faite du degré de putréfaction générale du corps de Tenfant) déterminer approximativement depuis combien de temps l'enfant a quitté Tutérus, par conséquent quel jour il a pu naître.

De tout ce qui précède, on peut conclure que {a momification du cordon ombilical e$t un phénomène de putréfaction cùdavi* rique ayant lieu à l'air ^ et qui ne peut en aucune façon offrir des indices en faveur de la vie extra^-utérine d'un enfant.

Il en est tout autrement de la chute du cordout Celle*ci nes^opèra

EXPULSION DU MÉGONIUM ET DE L*URIlfE. 531

que du quatrième au sixième jour après la naissance. Ajoutons qu*il M impossible de confondre la cicatrice qui résulte de la chute Mtvfelle Mvec celle qui est produite par Farrachemenl de l'organe*

§ 7. — État des voies eirculatoirei fœtales.

Le règlement prussien n'exige pas des médecins légistes l'examen des votes circulatoires du fœtus comme critérium de la respiration ; c'est avec la plus grande raison, car ces voies circulatoires ne disparaissent que longtemps après la naissance ; le trou oval ne se ferme qu'à l'âge de deux ou trois mois. Les artères ombilicales sont, parmi les voies circulatoires du fœtus, celles qui se ferment le plus rite. De huit à dix heures après la naissance, elles commencent déjà ï se rétrécir ; mais l'oblitération complète n'a pas lieu avant cinq à six jours; celle de la veine ombilicale est encore plus tardive. Le conduit veineux du fœtus ne se ferme qu'après un ou deux mois. Il est donc impossible de tenir compte de Tétat de ces organes.

{8. — Sxpaliion dti méeoniiiit» et de Purine.

Autrefois on pensait que l'expulsion du contenu du rectum et de ta vessie était un acte vital ; aussi avait>on l'habitude de rechercher d eelte fonction avait été exécutée par l'enfant après sa naissance. \S seul Aiit de la présence du méconium dans l'eau de l'amnios Nrfll déjà pour montrer que la respiration n'est pour rien dans cet lete ; d'uD autre côté, devant un enfant ayant la vessie pleine et le ^êelam vide, ou réciproquement, que pourrait-on dire? Il est étonlant que pendant si longtemps de pareilles théories aient encours lans la science, tandis i|ue la première sage- femme sait que l'enfant ïê lâche pas toujours son iinge aussitôt après sa naissance. D'un lotre côté, le maniement du corps de l'enfant pour l'essuyer et l'halUtor, peut, par suite d'une pression sur l'abdomen^ produire une npiHsioti de l'urine par cause mécanique, et alors la respiration mil encore n'y être pour rien.

Ainsi) de même que pour le chapitre précédent, nous dirons que

cette fonction n*a aucune importance et ne peut servir d'aoaui secours dans la détermination de la vie après la naissance. Il ne faol cependant pas négliger de toujours examiner le rectum el la vessie, car il peut s'y trouver d'autres résultats intéressants.

$ 9. — Soehymoies.

Les anciens auteurs considéraient la présence d'ecchymoses sur un point quelconque du cadavre, comme un signe très important de la vie après la naissance ; les auteurs modernes n'ont pas changé sensiblement d'avis à cet égard, et ont soutenu que des ecchymoses trouvées sur le corps d'un enfant sont non-aeulement une preuve de vie après la naissance, mais encore une preuve de violence extérieure exercée sur l'enfant.

Or, il est complètement faux de tirer deux pareilles conclusions de la présence de ce phénomène. On trouve, en effet , souvent èm n tète d'enfants putréfiés dans la matrice, et qui, par consé — quent, n'ont certainement pas respiré, des taches plas ou moins grandes , de véritables épanchements sanguins avec destruction des parois des vaisseaux par la putréfaction ; la déchirure des vaisseaux avec épanchement peut également être produite par l'acte de l'accouchement, surtout au-dessous des téguments de la tête. U peut en effet se former à la région occipitale une tumeur qui n'est pas formée par un simple œdème, mais par de véritables ecchymoses ; cela se présente très souvent; la tumeur a l'aspect de gélatine sanguinolente et est située dans le tissu cellulaire ; d'autres fois, plus rarement, au-dessous de l'aponévrose épicrânienne. On trouvera plus loin une description plus détaillée de ce phénomène.

On ne saurait trop recommander aux experts de ne pas prendre ces ecchymoses pour des traces de violence exercées sur l'enfant ou pour des indices d*une chute pendant l'accouchement.

Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit plus haut, de la possibilité de la coagulation du sang après la mort (page 18). Quiconque a vu des cadavres d'enfants mort-nés ne doute pas qu'il puisse y avoir de ces coagulations. Nous devons encore mentionner les

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