CONCLUSION. 5S
ecchymoses produites par l'étranglement du cou par le cordon même lorsque reofanl est mort-né, ainsi que les ecchymoses sous- pleurales et sou8-péricardiales des enrants qui sont également indubitablement mort- nés.
Donc, nous pouvons conclure que ni la présence des ecchymoses ni celle du sang coagulé ne peuvent prouver qu'un enfant a respiré.
$ 10. — Ck>ne1atiooa
On peut admettre qu'un enfant a vécu, c'est- â-dire qu'il a respiré pendant ou après sa naissance lorsqu'il présente les phénomènes solvants :
1® Le diaphragme situé entre la cinquième et la sixième côte ;
2® Les poumons remplissant à peu près la cavité pectorale;
3* Les poumons tachés de marbrures bien circonscrites ;
A* Les poumons surnageant dans l'eau ;
if* De l'écume sanguinolente s'échappant de cet organe lorsque, après l'avoir incisé, on exerce sur lui une légère pression.
Ces principaux phénomènes importants peuvent être complétés par d'autres, tels que l'état de l'ombilic, le diamètre du noyau d'ossifleation, surtout lorsque, soit le genre de mort, soit la putréfaction ne permet pas de constater la présence des principaux phénomènes que nous venons d'énoncer.
5 11. — Oireonstances dam lesquelles îl est iculile de rechercher
si l'enfant a respiré.
Avant de se poser cette question : l'enfant a-t-il vécu? il est nécessaire de se demander : l'enfant était-il viable? Il est évident que ce second problème domine le premier. Voici les circonstances dans lesquelles il est inutile d'aller chercher des indires de respiration :
4* Lorsque le fœtus n'a pas atteint cent quatre-vingt jours ou lorsque, le fœtus étant un monstre, la vie était impossible ;
2* Lorsque l'enfant a déjà perdu son cordon ombilical et que le nombril est cicatrisé ;
S* Lorsque par l'ouverture de l'abdomen on acquiert la preuve
blh BIO-THANATOLOGIE DiiS NOUVEAU-NÉS.
évidente de la vie après la naissance, par exemple, lorsque Voq trouve les traces d'une digestion régulièrement accomplie. De pareils cas se présentent rarement au médecin légiste, excepté lorsqu'un enfant, qui a été nourri pendant deux ou trois jours, vient à mourir, et que les parents le jettent pour éviter les frais d'un enterrement.
A" Lorsque l'état du cadavre démontre jusqu'à l'évidence qu'il était déjà putréfié dans la matrice de sa mère. Il est impossible de ne pas reconnaître tout de suite un enfant qui est resté putréfié dans la matrice. Ce n'est pas, comme d'habitude, le gonflement des parties molles, le détachement de l'épiderme, la couleur verdâtre, l'odeur infecte que l'on rencontre sur ces cadavres. D se produit par la macération dans l'eau de l'amnios, une putréfaction toute particulière impossible à méconnaître. D'abord, l'odeur eihalée par le cadavre a quelque chose de doux, de fade, de pénétrant, qui est bien plus désagréable que celle des autres cadavres pntréfiés. La couleur est également très différente ; elle n'est pas verte, elle est rouge cuivre ; il y a toujours des excoriations qui ont plus oo moins la couleur des muscles; ces excoriations, selon qu'elles sont plus ou moins récentes, sont plus ou moins rouges et présen* tent un fond plus ou moins dur; elles sont en général humides, huileuses, et laissent suinter un liquide infect, aqueux et un peu sanguinolent. Le cadavre a aussi une forme remarquable; il n'est plus terminé par des contours arrondis ; il devient aplati et s'élai^t ; l'abdomen et le thorax perdent leur voussure ; Taplatissement d'avant en arrière donne aux parties latérales la forme elliptique ; la tête, dont les os sont devenus mous et mobiles, s'aplatit également ; les joues sont reléguées aux parties latérales ; le nez est enfoncé.
L'état d'un enfant qui est resté putréfié dans la matrice est difficile à décrire d'une manière précise. Cependant ce que nous venons d'en dire prouve assez qu'il y a là une putréfaction particulière. Il est inutile d'ajouter que, lorsque l'expert verra un cadavre dans cet état, il pourra se dispenser d'avoir recours à la docimasie et affirmer que l'enfant n'a pas vécu.
COM^lVIf DB TEMPS UN ENFÀMT A-T*II« V^GU ? 5ft5
S i2* — Ooaibieo de temps un eofiiiit ••l-il wéûuf Hepui* çombiep
de temps est-il mort?
Ces deux questions sont toujours posées par le juge d'instruction pour compléter le prucès-verbal de Tautopsie. Lorsque l'expert a déclaré que Tenfant a vécu, on comprendra facilement combien les réponses à ces deux questions Font utiles à la justice. La première lert à déterminer s*il y a eu infanticide, c'est-à-dire meurtre comnÎB c pendant ou immédiatement après la naissance » ; la seconde ilétenninant l'époque de l'accouchement peut être d'une grande utilité pour retrouver la mère.
Les réponses à faire ne peuvent être soumises à des règles générales. Ici, il faut considérer toutes les particularités du cas spécial. Si un enfant est bien portant, robuste , s'il a respiré sans obstacle, il est difficile dédire s'il a vécu une demi-beure ou une heure, ou même cinq heures. S'il s'agit d'une vie ayant duré deux ou trois jours, nous en avons déjà parlé (page i70), en établissant les phénomènes présentés par l'enfant «nouveau-né ».
Quant à la seconde question, elle se résout pour les enfants, comme pour les adultes, d'après les degrés de la putréfaction. Il est léceasaire desavoir où le cadavre a été trouvé, depuis combien de tempi on l'a trouvé et où il a séjourné depuis ce moment. Quand, outre ces renseignements, on tient compte de la température ambiante, du genre de mort, on peut trouver une réponse assez ap- [iroximative.
taa. 387 à 352. — Docimask pratiquée sur da cadavret dont la putréfaction
était déjà avancée.
Oas. 337. — Le cadavre d'un enfant nous fui présenlé à l'aulopsie. Il était né i tenne, très putréfié ; la peau était couleur verdâtre, il avait été trouvé dans l'aaa ; tout les organe», par conséquent les poumons aussi, étaient remplis de vésieales produites par l'évaporation des liquides sous l'action de la putréfaction ; les poumons étaient brun foncé, compactes, ils n'offraient pas d'écume sanguinolente ; mis dans l'eau, ils gagnèrent le fond du vasej aussi bien étant entiers que divisés •n de nombreuses parcelles.
Oia« 3)8. — U même choie eut lieu pour une fille trouvée également daot
538 BIO-THAKATOLO«S DES |f01]V8A|i<'HÉS .
s||poinatique, et se perdant dans le oôté gauckie de la figure ; eur la réfioo de I'm pariétal, ce sillon était la couleur rouge brun, oiaia il n'Mait uulle pari mtky moaé ; la vouaaure du diaphragme était entre -U quatrième et la eiuquièsM céte; les poumons étaient d'un roug*". brun marbré de bleu ; à la aurfliee poatérieure de poumon droit et au bord supérieur du poumon gauche on voyait des bulles provenant de la putréfaction. Quand on incisait l'organe, on entendait de la crépitation et on voyait s*écouler de l'écume sanguinolente ; mis dans l'eau, les poumons surnagèrent complètement ; le cœur était vide, il y avait une hypérémie du cervefiu encore très visible. Nous admîmes qu'il y avait eu mort par apoplexie cérébrale, qu'on ne pouvait dire si cette apoplexie était due à une violence extérieure, itaais qu'évidemment le sillon trouvé à la tête n'avait aucun rapport avec cette cause de mort, car il provenait d'un lien qui avait été posé là après la mort.
Obs. 349.— A la fin du mois de mai le cadavre d'une fille née à terme fut ùré d'une fosse d*aisance ; sa couleur était verdâtre, l'èpiderme était détaché en de nombreux endroits, le cordon ombilical était encore adhérent au corps, il était lon| de 5 centimètres, et momifié, il n'avait pas été lié, on voyait, au contraire, qu'il avait dû être arraché. Au-dessous de l'aponévrose épicrântenne se trouvait un épanchement de sang assez considérable ayant un aspect gélatineux qui avait été certainement produit par l'accouchement, comme cela arrive ai souvent ; nulle part il n*y avait trace de blessure. La couleur des poumons était brun foncé, parsemée de marbrures en plusieurs endroits ; ces organes étaient parsemés de bulles provenant de la putréfaction ; incisés, ils laissèrent entendre un bruit de crépitation, e( on vit s'en écouler de l'écume sanguinolente ; mis dans l'eau, ils surnagèrent très franchement ; le diaphragme était situé entre la cinquième et la sixième côte. Nous déclarâmes que celte enfant avait vécu après sa naissance, et que l'autopsie n'avait pas donné d'indices de mort violente.
Obs. 330. — On trouva dans l'eau le cadavre d'une fille nouveau-née ayant une ficelle liée légèrement autour du cou, le diamètre du noyau d'os&ification de la partie inférieure du fémur n'était long que de 2 milimètres. Le corps était d'an gris verdâtre, le cordon, qui adhérait encore, était long de 40 centimètres, et n'avait pas été lié ; il n'y avait pas de sillon autour du cou ; la voussure du diaphragme était située entre la cinquième et la sixième côte ; les poumons remplissaient la cavité pectorale, leur conleur était d'un rouge brun parsemé de marbrures ; il y avait sur la surface de cet organe un grand nombre de bulles produites par la putréfaction ; incisés, ils présentèrent de la crépitation, mais on n'en vit pas sortir de l'écume sanguinolente, il faut tenir compte pour l'interprétation de ce dernier phénomène du haut degré de la putréfaction. Les deux poumons nageaient dans l'eau, il est vrai que le cœur et le foie nageaient aussi. On ne pouvait donner dans ce cas un jugement médico-légal bien positif, mais il n'y avait cependant pas lieu pour l'expert de déclarer son incompétence, caria position du diaphragme, la couleur et l'étendue des poumons mettaient toutes les vraisemblances du côté de la vie de l'enfant. Quant au lien trouvé autour du cou, nous n'hésitâmes pas à décla-
DÛCmiSlE . — OBSP AVATIOUiS . 539
rar qu'il avait été mis après la mort. Noub apprîmes en effet par la suite que la cadavre avait été repôché au moyen d'un bâton autour duquel se trouvait une ficelle.
Obs. 351.— On retira de Teau le* cadavre d'une fille qui paraissait être née à huit mois; elle ne présentait pas encore de noyau d'ossification. La putréfaction était trèa avancée ; le diaphragme était situé entre la quatrième et la cinquième eôte ; les poumons étaient d'une couleur rouge vermeille sans marbrures, ils étaient trèa rétractés et ne présentaient aucune trace d'écume sanguinolente quand on ineiaaitleur tissu, il y avait çà et là sur l'organe des bulles produites par la putréhetîon ; les poumons, le thymus, le cœur et le fuie nageaient complètement dans faau. Nous déclarâmes que l'enfant était mort-née.
Obs. 353. — * On trouva pendant l'été le cadavre d'une fille nouveau«née gisant dans l'eau at placé dans un sac cousu avec soin. Celte enfant était évidemment I (arme (longueur, 50 centimètres; poids, 3500 grammes), le noyau d'ossiflealÎMi de l'extrémité inférieure du fémur avait un diamètre de 4 millimètres. La ctsiaur dn corps était d'un gris verdâtre ; Tépiderme était détaché ; le diaphragme était à la aaptième côte ; le foie, couleur noire, couvert de bulles de putréfaction, swnagMÎt dans l'eau ; la rate et les reins avaient une consistance pultacée ; Testonac, bruni par la putréfaction, était vide ainsi que la vessie; les poumons remplissaient la poitrine, leur couleur était rose ssle, ils étaient parsemés de marbmres et couverts de bulles de putréfaction ; incisés, ils crépitaient et laissaient spercevoir, malgré l'anémie provenant delà putréfaction, de l'écume sanguinolente ; Biia dana l'eau, ils surnageaient. Il n'y avait nulle trace de blessure. Nous déclarlmea que cette enfant avait vécu ; le juge d'instruction nous demanda combien de temps avait duré cette vie après la naissance, il nous fut impossible de répondre à eeite question, nous pûmes seulement dire que la vie avait dû avoir une durée de plusieurs jours.
Obs. 353 à 360. — Immersion et sumatcUion partielle des poumons.
Les cas qui vont suivre ne sont pas rares, ce sont ceux dans les- (uels un seul poumon surnage dans Teau, ou bien une portion d*un loumon surnage, tandis que Tautre est submergée. Il faut dans ces ïas combiner tous les signes de la vie, car répreuve hydrostatique à die seule ne peut que laisser dans le doute.
Obs. 353. — Le cadavre d'une fille nouveau-née f^t trouvé dans le canal ; la puréfection était très avancée ; le corps était long de 40 centimètres et pesait 3500 ^mmes, nous déclarâmes que cette enhnt était venue au monde après huit mois 1» froaanaae. U n'y avait de blessure nulle part ; le poumon droit présentait des Ndteada putrélisction, le poumon gauche n'en effarait pas. Le poumon droit sumao IWH dana l'eau, le gauche était submergé. Le poumon droit ayant été découpé en m frand nombre do morceaux, quatre*de ces morceaux seulement surnagèrent, Im «rtna gagnèrent le fond de l'eau ; lea incisions pratiquées dana le tiaaii de
5iO BIO-THANATOLOGIE DES NOUVEAU-NÉS.
l'organe n'offrirent ni crépitation, ni écume Mnf^'nolente ; la eoutevr était 4'an brun roageàtre sans aucune marbrure. La grande putréfaction «Yalt produit une anémie générale. Nous admîmes que vraisemblablement cette enfiuit avait yèeii.
Obs. 354. — Un garçon à terme fut mis au monde avec le secours du forceps et mourut bientôt après. Les traces de Tinstrument étaient visibles sur le cadavre, comme cela arrive ordinairement, on voyait à une des narines , au front et à la région occipitale, des écorchures parcheminées. Au-dessous de Taponévroie épicrânienne se trouvait une extravasation sanguine assez abondante, les vaisseau de la pie-mère étaient très remplis, et ce qui est assez rare, toute la base du crâne était couverte d'un épanchement sanguin ayant l'épaisseur de 2 millimètres. U couleur du poumon droit était brun clair avec des taches rongeâtres, celle du poimon gauche était brun foncé, mais ne présentait pas de taches; le poumon droit, incisé, présentait une faible crépitation et un peu d'écume sanguinolente ; le gauche n'offrait aucun de ces phénomènes. Tous les morceaux du poumon droit sumigeaient, excepté trois ; ce même poumon, incisé et pressé sous l'eau, laissait échspper des bulles d'air qui montaient à la surface du liquide ; le poumon gauehegagmit le fond du vase. Il est évident qu'ici le poumon droit seul avait commencé à respirer.
Obs. 355. — Le cadavre d'une fiile née à terme (le noyau d'ossiftcation de l'extrémité inférieure du fémur avait 4 millimètres) fut trouvé au printemps dans les champs. Trois jours après nous en fîmes l'autopsie : la couleur du corps était déga d'un gris verdâtre ; le diaphragme était situé entre la quatrième et la cinquièSM céte. Le thymus était couvert de bulles provenant de la putréfaction ; les pouasans étaient très rétractés; la couleur du poumon gauche était d'un brun uniforme, celle du poumon droit était rose parsemé de marbrures ; réunis au cœur, les deux poumons gagnaient \h fond de l'eau ; le poumon droit surnageait dans l'eau, et lorsqu'on le poussait vers les portions inférieures du liquide, il remontait à la surface; le poumon gauche gagnait le fond; quand on coupa les poumons en plusieurs morceaux, on vit le lobe supérieur du poumon droit surnager, tandis que les deux autres lobes Turent immergés ; les deux poumons ayant été coupés en un grand nombre de petites parcelles, le quart à peu près du poumon droit surnagea flans l'eau, et à peine trois petites parcelles du poumon gauche ; aucun autre organe ne surnageait ; les poumons n'étaient pas encore altérés par la putréfaction, et je ferai observer de plus que le poumon droit crépitait quand on pratiquait dans son tissu des incisions, et laissait échapper une petite quantité d'écume sanguinolente, tandis que le poumon gauche ne présentait pas ce phénomène. Évidemment cette enfant avait un peu respiré, l'air était plus entré dans le poumon droit que dans le poumon gauche, comme cela arrive ordinairement.
Obs. 356. — Le cadavre d'une fille fut retiré de la rivière vers le mois de juillet, le haut degré de putréfaction indiquait que le corps avait dû séjourner plusieurs semaines dans l'eau, car la tète était noirâtre, le tronc présentait une teinte verte à peu près uniforme, l'épiderme était détaché, le diaphragme était aituéun peu audessous de la cinquième côte. Les poumons , brun clair, étaient un peu parsemés
DOClMASll!;. — OBSERVATIONS. Ô&l
de marbrures et remplUsaient la cavilé pectorale, ils étaient entourés de nombreuses bulles provenant de la putréfaction. Les incisions pratiquées dans le tissu ne pré* MBiaient ni crépitation ni écume sanguinolente ; mis dans l'eau, cet organe sur- BtfMÎt ; découpés en petites parcelles , quatre morceaux du poumon gauche et deux la poumon droit furent submergés ; aucun autre organe ne restait à la surface de *itn. Nous déclarâmes que l'enfant avait probablement vécu quelques instants ipfèt sa naissance ; il va sans dire que l'on ne pouvait rien dire du genre de morL
Om. 357. — Le 1*' novembre 18**, on trouva dans le bosquet d'un jardin le adavre d*un garçon nouveau-né qui nous fut présenté pour l'autopsie, étant encore Ifis frais. Le diaphragme était situé entre la cinquième et la sixième côte. Les povBona étaient d'un rouge brun, celui du côté droit présentait quelques taches ■I peu plus claires ; les poumons réunis au cœur gagnaient le fond de l'eau, le poonoo droit surnageait, le poumon gauche était submergé ; quatre morceaux du poomon droit gagnaient le fond, ainsi que tous ceux du poumon gauche. On pouvait admettre dans ce cas que l'enfant avait respiré pendant quelques instants après SI naissance.
Obs. 358. — Le cadavre d'un garçon nouveau- né fut retiré de l'eau an mois de {■ift. n présentait l'aspect type des corps ayant séjourné dans l'eau, la couleur était partout d'un vert noirâtre. Le diaphragme était situé entre la troisième et la quatrièoM côte. Les poumons, très rétractés, étaient couleur chocolat et ne présentaient pas de marbrures, ils étaient garnis de nombreuses bulles de putréfaction surtout èi edié droit. Réunis au cœur, ils surnageaient dans Teau ; le poumon droit seul smiageait aussi, mais le gauche gagnait le fond de l'eau. Incisés, ils ne présentaieni ni crépitation ni écume sanguinolente ; coupés en petits morceaux, tout le ponmon droit restait à la surface, plus de la moitié du poumon gauche gagnait le fcad. La sumatalion était évidemment due ici à la putréfaction. L'enfant était
IMftHDé*
Ois. 359. — Le cadavre d'un enfant fut trouvé dans l'eau au mois d'août, le cardon et le placenta adhéraient encore. Le cadavre était gris, tout l'épiderme était détaché ; le poumon droit avait la couleur du foie et gagnait le fond de l'eau ; le powDon gauche, également brun et sans marbrures, était couvert de buUes de patréCMtion et surnageait. Cette surnatation d'un seul côté était due ici à la putrébetion, aussi ne pouvait-on pas dire si l'enfant avait vécu ou non.
tes. 860. — - C'était un enfant mort après quatre jours de pneumonie, par oonaéqoent ce n'était plus un nouveau-né. Il y avait hépatisation rouge des deux poui, et tous les morceaux hépatisés gagnaient le fond de l'eau, tandis que les morceaux, quoique ne crépitant pas, surnageaient.
Ois. 361 — Une fille née à huit mois sans difficulté, présenta un phénomène rare. Bientôt après sa naissance elle se mit à râler et à cracher le sang ; elle vécut un jour et mourut. Les poumons étaient très foncés, le gauche seul présentait quelques marbrures claires \ le poumon droit était atteint d'une telle hypérémie que par de petites incisions le sang eu coulait à Oots, les cellules du tissu
5AS BIO-THANATOLOGIE DES NOUYEAU-NÉS.
imlmonafre avaient été détruites par les épanchements sanguins. Iln'y avait que les morceaut de couleur claire des doux poumons qui surnai^ent dans Teaii, tovile reste était submergé, il y avait au cœur beaucoup d'eccfaymosek (létéehiales, les veines coronaires étaient gorgées de sang. C'était certainement un cas rare d'apoplexie pulmonaire chez un nouveau-^né. (Pour les cas de surnatation d'un seul poumon, voyez encore les observations 243 et 400.)
Obs. 362 à 366. — Insufflation ayant été ^aliquée iur des nouveat/Mkés Mmmù
à une autopsie légale.
Nous avons déjà exposé plus haut quelles sont les raisons pour lesquelles on n'i pas à tenir compte de la possibilité d'une insufflation dans les autopsies légales. 11 faut en effet toujours des circonstances toutes particulières pour que Ton ait i prendre en considération cette opération ; ces circonstances se sont présentées dans les cinq observations suivantes :
Obs. 362. — Une bonne accoucha en secret chez ses maîtres qui la cbassèreot aussitôt après. Elle erra sans asile avec son enfant (c'était en février) jusqu'à ce qu'elle pût trouver un refuge dans un hôpital. L'enfant était mort quand elle entra dans l'établissement, mais elle prétendit l'avoir entendu crier peu de temps aupi* revant ; on essaya de le rappeler à la vie en le mettant dans un bain chaud» en le frottant, etc., mais Sans avoir recours à une insufflation.
Nous fûmes chargé d'en fiiire l'autopsie. Le diaphragme était situé entre la qtntrième et la cinquième côte ; l'estomac et la vessie étaient vides, il y avait beâttconp de méconium dans les intestins ; la veine cave était remplie de sang ; les poumons avaient une couleur' rose marbré de bleu ; incisés, on vit de l'écome sanguinolente en sortir, et on entendit un bruit de crépitation ; ils nageaient franchement dans l'eau ; le cœur était anémique, la trachée vide, le cerveau hypérémique. Quoiqu'il fût possible qu'on eût insufflé de Pair, nous déclarâmes que l'enfiint avait vécu et était mort d'une hypérémie cérébrale.
Obs. 363. — Une fllle naturelle naquit au huitième mois sans donner signe de vie. La mère prétendit que l'enfant n'avait pas crié ; un médecin fut appelé. Celui-ci ferma le nez de l'enfant et lui insuffla de l'air bouche à bouche, cet air n'était pas entré dans Testomac, car nous le trouvâmes vide et affaissé. Le diaphragme était situé entre la quatrième et la cinquième côte ; le foie et la veine cave contenaient beaucoup de sang épais ; le poumon droit remplissait la cavité tboracique, le poumon gauche était rétracté; les deux poumons étaient d'un brun elair et marbrés çà et là. Le lobe moyen du poumon droit était remarquable par une coloration rouge vermeille ; incisés, les deux poumons crépitaient et laissaient échapper de l'écume sanguinolente ; ils nageaient dans l'eau complètement tous les deux, la trachée était vide et normale, le cerveau était hypérémique et offrait de petites extravasations. Que conclure de ces phénomènes? La coloration du lobe moyen du poumon droit montrait que l'insufflation avait réussi à introduire de l'air dans Torgane, mais la couleur d'un brun clair, les marbrures, la sumatation des plus petits morceaux des poumons, la crépitation et surtout la grande quantité de
DOCIM ASIE . — 0BSBRVATI0N8. 6ft8
iBf contenu dans les poumons ne pouvaient Mre le résultat de rinsufflation. Nous éelarâmes donc que Tenfant avait vécu après sa naissance, et était mort d*apo* Init eérélirale.
Obs. 364.— Une Aile fut accouchée par une sage-femme d'un garçon à terme (lon- OMir du corps, 47 centimètres ; poids, 3000 grammes ; noyau d'ossification, 4 milmètres). L'accouchement avait duré cinq heures, et d'après ce que disait la sagemme, l'enfant était mort-né. Nous déclarâmes, d'après l'autopsie, que l'enfant avait ^u, alors la sage- femme dit qu'elle ne pouvait pas assurer que l'enfant n'avait 18 tait quelques inspirations parce qu'une couverture lui avait caché pendant les lemiers instents la vue de l'enfant.
Voici quels furent les résultats de l'autopsie : le cadavre était encore frais, on aH au mois d'avril ; le diaphragme était situé entre hi cinquième et la sixième Mi. Le foie, la rate et la veine cave étaient assez hypérémiqnes ; Pestomac, la »aie et le rectum étaient vides. Les poumons remplissaient ta cavité pectorale, le Munon gauche touchait de son bord interne la surface antérieure du péricarde ;
couleur des poumons était rouge vermeille, il y avait quelques marbrures ; it dans l'eau, ils nageaient avec et sans le cœur; incisés, ils crépitaient et laistieot échapper de l'écume sanguinolente ; la trachée était vide, le cœur droit anéiqlie, le cœur gauche contenait quelques gouttes de sang ; il y avait à la région icipiiale un dépôt sanguin gélatineux comme après les accouchementa laborieux ; s veines de la pie-mère et tous les sinus étaient hypérémiques. Nous déctarâmes ae l'enfant avait vécu, qu'il était mort d'apoplexie cérébrale.
Oftt. 36ft. — C'était encore ime sage-femme accusée d'homicide par imprudence, ne femme se trouvant sur le point d'accoucher, fit prévenir une sage-femme qui arriva pas asses vite, la femme accoucha seule, s'évanouit, et l'enfant fut étouffé ma le lit. Une autre sage-femme fut appelée et arriva quelques heures après l'évésment, elle fit des tentatives pour rappeler l'enfant à la vie en lui insuCQant dt lir trois fois bouche à bouche.
Nons fîmes l'autopsie, voici quels en furent les résultats principaux : les poumons aient d'un brun clair, marbrés, œdémateux, et contenaient beaucoup de sang. s remplissaient presque complètement la cavité Ihoracique, ils présentaient des ïchymoses sous-pleurales et nageaient complètement ; la trachée était injectée, le contenait de l'écume, il y avait une hypérémie au cerveau. Il est certain, après ce qui précède, que, outre l'insufflation, de l'air était entré dans les voies tiennes parle fait de la respiration, l'enfant était mort asphyxié; les nombreuses ridités cadavériques que nous trouvâmes à la partie antérieure du corps prouvémt qu'il avait reposé après sa mort un certain temps sur le ventre.
Oes. 366. — Un garçon pesant 3750 grammes fut asphyxié en naissant, on lui itttfDa immédiatement de l'air qui parvint bien jusqu'aux poumons, mais sans lerap- Bler à la vie. Nous en fîmes l'autopsie, et nous trouvâmes ce qui suit : les pouloos remplissaient presque complètement la cavité pectorale, ils étaient d*une raleur rouge vermeille assez ctaire et sans trace de marbrure, on voyait à leur
bki BIO'TUAMATOLOGIE DES NOUVEAU-NÉ&
surface des bulles sous-pleurales nombreuses et asses frandes, confluentes, proisoant évidemment de cellules déchirées ; sur le poumon droit il y avait des ecchv moses sous-pleurales assez foncées, ayant la grandeur d'une pièce de SOcentimei; il y en avait de plus petites sur le péricarde et sur le diaphragme. Les poomoai nageaient complètement ; Tenfant était certainement mort-né ; la sumatation se pouvait être produite par la putréfiictton dont il a*y avait pas de trace, et Tinsufflition seule en était la cause.
Ob8. 367 et 368. — ÉUU de la trestte el du rectum.
Quoique nous ayons déjà dit plus haut que la vessie et le reclim n'offraient pas de sérieux arguments dans la question de la respintion d*un nouveau-né, je rapporterai les deux cas qui suivent etqsi confirment nos principes à cet égard, parce que là la naissance eut lieu en présence de témoins qui affirmèrent que les'enfanls étaient mort-nés.
Obs. 367. — Une fille à terme vint au monde privée de vie en préeenee de plusieurs voisins de la mère. Le diaphragme était entre la troisième et la qnalrièaw côte, les poumons, couleur du foie, étaient compactes et ne crépitaieat pas, ib ae laissaient également pas s'échapper des incisions de l'écume sanguinolenla; les poumons gagnaient le fond de l'eau dans leur entier, aussi bien que tonqa'ils étaient divisés en petites parcelles ; cependant le rectum était rampU, et la wuà ne contenait pas une goutte d*urine.
Obs. 368. — Une fille à terme vint au monde sous les yeux de plusieurs membres de la famille, elle poussa un cri et mourut aussitôt après d'hémorrhagie cérébrale, comme on le sut plus tard d'après les résultats de l'autopsie. La docimasie démontra une très courte respiration, de plus la vessie était remplie d'urine, et le rectum de fèces.