‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 152 sur 166 · MORT DE L*ENFANT. — Y A T-IL EU FAUTE DE LA MÈRE? &8S · texte numérisé non relu

MORT DE L*ENFANT. — Y A T-IL EU FAUTE DE LA MÈRE? &8S

respiré et qu'il était mort d'apoplexie cérébrale. Ce genre de mort , disîons-ooiis, peut avoir lieu chez les nouveau nés par cause interne, mais le plus souvent, «1 c'est ce qui a eu lieu dans le cas qui nous occupe, celle apoplexie est due à lUM violence extérieure ; les deux extravasalions sanguines trouvées sur les pariétaux sont également dues à la même caute, car elles ne pourraient provenir d'un accouchement laborieux qui, du reste, n'a certainement pas eu lieu ; enfm la fracture de l'os pariétal en deux parties prouve également cotte violence extérieure. Cette dernière a dû être faite par contusion, soit par un choc de la tète contre un corps dur, soit par une pression énergique exercée sur cette région. Les trois taches qui ont été trouvées au cou proviennent d'égralignures faites avec des ongles et font donc admettre que la violence a été exercée avec les mains. Les jurés déclarèrent la mère coupable, et cells-ci fut condamnée.

Trois ana plus tard, l'observation 380 se présenta ; les circonstances étaient lés métnes qwe dans ce cas, et là les aveux de la mère prouvèrent que notre conclusion avait été juste.

Obs. 391 . — Naissance au milieu d'excréments.

Une ftlle qui avait caché sa grossesse sentit, à l'époque à laquelle elle devait accoucher, le besoin d'aller à la selle et s'accroupit sur une chaise percée en boia haute de 45 centimètres à peu près. Après avoir satisfait abondamment le besoin qui la tourmentait, l'enfanl sortit tout à coup, d'après ce qu'elle raconta, et tomba dans la caisse. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il en fut retiré privé de vie.

Deux jours après, nous ftmes l'autopsie ; tout le corps était couvert de fèces, le diaphragme était entre la cinquième et la sixième côte ; la trachée, l'œsophage et l'estomac étaient vides. Les poumons, d'un rouge brunâtre, n'étaient pas marbréa et étaient très contractés, ils ne crépitaient pas et ne laissaient pas éehapper da l'écume sanguinolente quand un les incisait, mis dans l'eau, ils y gagnaient la fond.

Nous déclarâmes que l'enfant était mort-né ; par conséquent il n'y avait à rendra personne responsable d'un crime.

Obs. 392. — Naissance dans les excrémenls.

Une femme, se trouvant à la fin de sa première grossesse, raconta avoir éprouvé à plusieurs reprises un besoin pressant d'aller à la selle, et que, s'élant mise sur une chaise percée, son enfant naquit tout à coup et tomba avec le placenta dans la caisse remplie de fèces. Un témoin raconta avoir trouvé l'enfant la tète plongée dans la matière.

Nous en fîmes l'autopsie d'après l'ordre du tribunal. L'enfant était à terme ; sur la langue, dans la bouche et même dans l'estomac, il y avait des parcelles de fèces ; le diaphragme était à la cinquième céte ; les poumons d'un bleu foncé étaient parsemés de taches roses, ils n'allaient pas jusqu'au péricarde et étaient tachés d'ecchymoses péléchiales ; mis dans l'eau, ils surnageaient complètement excepte quelques morceaux ; in^^iséâ, ils crépitaient et laissaient échapper de l'écume san-

ftM BlO-THANATOLOGie DES IfOUVfSAU XÉS.

futnolente ; le sang était très foncé ; le cœur était vide, la muqaeuse de U traehée était d'un rose clair (le cadavre était très frais), les veines du cerveau et les mu étaient remplis de sang ; il y avait donc submersion dans les matières fécales.

Obs. 393. — Nouveau'né tiré d'une fosie iT aisances-

Une femme raconta qo'étant accouchée au-des«us d'un seau vide, et croyant son enfant mort^né, elle le jeta dans une fosse d'aisances. Nous fîmes raotofisie de l'enfant, et nous reconnûmes que les choses n'avaient pas dû se passer ainsi. L'enfant était venu à huit mois et avait le diaphragme situé entre la quatrième et la cinquième céte ; l'estomac était rempli d'un liquide jaunâtre ayant l'odeur des < fèces ; le foie et la veine cave étaient remplis de sang ; les poumons étaient un pea rétractés. Mis dans l'eau ensemble, ils nageaient ; mais, coupés en petites parcelles, le lobe supérieur du poumon gauche et beaucoup de morceaux du poumon droit gagnaient le fond du vase ; quand on les incisa, il en sortit beaucoup d'écume sanguinolente foncée, et on entendit un bruit de crépitation ; le larynx, la trachée et l'œsophage étaient vides ; le cerveau était trop putréfié pour qu'il fût permis de l'examiner. On pouvait cependant reconnaître qu'il y avait hypérémie des vaisseaux de la pie-mère. Nous déclarâmes que l'enfant avait vécu peu de temps après u naissance et était mort par submersion dans des fèces liquides.

Obs. 394. — Naissance au milieu d*excrémenls,

(Vêtait également une femme qui était à la fin de sa première grossesse ; dis sentit le besoin d'aller à la selle et s'absenta du cercle de famille. Au bout d'ot certain temps, ses sœurs la trouvèrent sans connaissance à côté de la chaise percée. Le sol était taché de sang. L'ouverture de la chaise avait 28 centimètres de diamètre, les bords en étaient également tachés de sang. On trouva au fond du meuble l'enfant mort au milieu des fèces. La mère, traduite en justice, raconta qu'elle n'aurait eu aucune raison pour cacher son accouchement, attendu que son amant devait l'épouser dans quelques mois ; elle déposa qu'elle avait bien senti quelque chose sortir de ses parties génitales, mais qu'elle ne s'était pas rendu compte de ce que c'était, et que bientôt elle avait senti ses forces l'abandonner; à partir de ce moment, elle ne se souvint de rien.

Nous nmes l'autopsie de l'enfant. Les poumons remplissaient complètement U cavité et surnageaient dans l'eau ; leur couleur était rouge bleuâtre marbrée; incisés, ils laissaient échapper de l'écume sanguinolente exhalant l'odeur de fèces. Le diaphragme était entre la cinquième et la sixième côte ; le cœur contenait beaucoup de sang ; la trachée était injectée et remplie de fèces jusque plus bas que sa bifurcation ; il y avait également des matières fécales dans l'œsophage ; le foie était foncé et hypérémique ; l'estomac était aux trois quarts rempli de fèces ; la veine cave contenait une certaine quantité de sang foncé. L'aponévrose épicrànienoe n'offrait pas à sa surface interne d'extravasation sanguine ; les méninges étaient très remplies de san«^.

11 y avait eu là certainement mort par submersion dans les matières fécales. Il

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était probable que raccouchement avait eu réellement lieu sur la chaise percée, Tabsence d'extravasation sanguine à l'extérieur du crftne prouvait, en effet, que l'accouchement avait été précipité; d'un autre cété, il aurait été difficile d'expliquer autrement la présence de taches de sang.

Obs. 395. — Naissance dans des fèces ; y a-t-il eu infanticide prémédil à?

Uoe Aile primipare raconta que, se trouvant à l'époque de son accouchement, elle sentit un pressant besoin d'aller à la selle, et qu'étant assise sur la chaise percée, l'enfant sortit tout à coup et tomba, après quoi elle s'évanouit. Le rapport de l'agent de police qui était venu constater les faits disait que l'enfant avait été jeté daus la caisse après sa naissance, attendu qu'on n'avait pas trouvé de placenta et que le cordon semblait avoir été coupé.

Nous Hmes l'autopsie : l'enfant était du sexe féminin et à terme (longueur 51 centimètres, poid^ 3500 grammes), les diamètres de la tète et des épaules étaient également ceux de la maturité ; dans la cavité buccale il j avail des traces lAe fèces : le diaphragme était situé entre la cinquième et sixième céte ; l'estomac était complètement rempli de fèces liquides ; la veine cave contenait une certaine quantité de sang foncé, pas très liquide ; le thymus était très grand ; les poumons mis avec le cœur dans l'eau gagnaient rapidement le fond du vase, sans le cœur ils descendaient lentement au fond ; leur couleur était exactement celle de la rate ; le lobe moyen du poumon droit offrait quelques places plus claires de la grandeur d'une lentille, les bords des deux poumons avaient également une couleur plus claire ; cet organe était parsemé d'ecchymoses pétéchiales ; les lobes des poumons, séparés les uns des autres et mis dans l'eau, étaient submergés, mais le lobe moyen du poumon droit descendait très lentement au fond de l'eau ; incisés, les poumons ne crépitaient pas, excepté à quelques endroits ; ces mêmes endroits laissaient échapper un peu d'écume sangninoleute, et pressés kous l'eau, laissaient monter à la surface du liquide quelques bulles d'air, ils étaient, du reste, très bypérémiques, la muqueuse de la trachée était injectée ; les os de la tète étaient intacts, tant le cerveau était hypérémique.

Nous déclarâmes dans notre rapport : l'enfant est né à terme et viable, il a respiré quelques instants, peut-être n'a-t-il fait que deux ou trois inspirations. La mort est venue par asphyxie ; nous n'attribuons pas une grande importance à la situation de la langue entre les dents, ni à la présence d'ecchymoses pétéchiales, qui peuvent se trouver chex les enfants mort-nés; mais les raisons qui nous font penser qu'il y a eu asphyxie sont : l'injection de la trachée, l'bypérémie des poumons et du eerveau. Celte asphyxie a été produite par la submersion dans les matières fécales.

On nous demanda si les faits présentés par l'autopsie pouvaient prouver qu'il y avait eu infanticide criminel avec préméditation. Nous répondîmes que le récit de la femme était scientiffquement possible. La supposition de l'agent de police que la femme a jeté son enfant dans la fosse après sa naissance est inadmissible, attendu que les épreuves de la docimasie ont prouvé qu'il n'y avait eu que quelques inspi-

586 BIO thanatologie: D£S nouveau-kjés.

rations d'air de la part de Tenfant, tandis que si la femme, étant «ccoucbée n'iaparti où, avait pris son enfant et Tavait porté dana les lieux, il y aurait eu des pliét»* mènes de respiration tout différents. L'agent de police rapporte que le cordon lai i semblé avoir été coupé ; il n'en est rien, attendu que nous avons trouvé les bardi dentelés et inégaux annonçant une déchirure. Quant à l'absence du placenta, il est probable que celui qui a vidé la chaise percée n'a pas reconnu cet organe an milieu des fèces, attendu qu'on ne l'a retrouvé nulle part. Nous déclarâmes donc (pit les faits présentés par Tautopsie excluaient toute idée de préméditation.

Obs. 396. — Enfant retiré d*%me fosse d'aisances ; y a-t-it eu crime?

Le 9 mars, un bomme« en entrant dans les lieux d'aisances , entendit aortir ée la fosse des cris d*enlant et s'aperçut que le siège des lieux était tacbé de sang ; k sang formait sur le sol une trace que Ton pouvait suivre dans la cour el qui aHail jnsqu'à la chambre de la Aile K.... Cet homme appela des voisins i son aide, et l'enflint ftit retiré. Le propriétaire de la maison déclara Tavolr retiré Ivi-méoM viiHiiN, la fosse avait été vidée la veille, et l'enfant avait reposé sur une substance molle et non liquide. La fille K... raconta qu'e'Je sentit les donleers de l'enfantement beaucoup plus tdt qu*e]le ne le pensaK, qu'au milieu de ses leurs, elle avait éprouvé le besoin d'aller à la selle, et qu'au moment de la lion, l'enfant était né précipitamment, la cordon s'était cassé, et l'euftint élaft tombé dans la fosse.

L'enfont mourut deux jours après sans que nous ayons pu savoir à queBe affediea il avait succombé, et nous fuîmes chargé d'en foire t'autopsie, n était né i tems, la tête était plus petite qu'on ne le voit ordinairement. Il n'y avait pas de Uessars à l'extérieur. La mort avait eu lieu par hypérémie cérébrale.

Nous déclarâmes, pour répondre à une question du juge d'instruction, qu'il n'y avait aucun rapport entre la cause qui a produit la mort et les circonstances qui ont accompagné sa naissance. Car si la chut3 de l'enfant avait causé sa mort, on aurait constaté d'abord des lésions extérieures, puis une Un plus prompte ; ce n'aurait pas été seulement deux jours après la cause que reffet se serait produit. Le récit de la femme nous parait croyable, car tout ce qu'elle dit est scientîfiqœmeot possible, vu qu'elle était multipare et que la tête de l'enfant était extraordinairement petite.

0b8. 397. — Enfant relire de Veau,

Le cadavre d'un garçon né à terme et viable f\it retiré de l'eau. La doeinasis prouva qu'il était mori-né. 11 avait subi les phénomènes de la putréfaction dans Kesu comme les cadavres des adultes ; tandis que l'abdomen et les parties génitales avaient encore conservé leur couleur normale, la tôle était d'un gris sale et la poitrine était verdâtre. Le cordon, ce qui est assez curieux, était lié au moyen d'un cordon de chanvre. Qui avait pu faire cette ligature ? Si la mère est accouchée •eule en cachelte el a voulu jeter son enfant mort, pourquoi avoir lié le cordon? Une sage-femme ou une garde-malade n'aurait pas exécuté cette opération d'ans manière aussi grossière. Ces questioM sont restées sans réponse, fiar la raison que

MORT DK L*BlfPAllT. «— Y A-T^IL M FAUT» K Là MÈRE? 587

la mèi% s'a pas M réUranvée. il ati piabaMa qva à'aafiial avaU M jaU paiir ériUr lea frais d*a«i«rraa9aat.

Om. 398. — Cadavre d'unnowmm^é trouvé dam Veau^ la (été ayamt été icéée.

Au mois d'octobre 18**, on retira de l'eau le cadavre d'un enfhnt mâle I ttrfAè. La putréraction était telle, qu'on ne put examiner que l'extérieur. On put reconnaître cependant que le crâne avait été scié comme on le fait ordinairement dans les autopsies, et que les téguments avaient été recousus ; le crâne était vide ; évidemment un médecin avait fait l'autopiia da Ml enfant, et probablement les parents l'avaient jeté pour s'éviter les frais de l'enterrement.

Obs. 399. — Ùadawed^tm nouveau-né retiré d'un poêle.

Là doefoMSia démontra fêê cet enliiit avait reipiré (I). La ttort avait été due à «ne apoplexie produite par une cause ioteme ; on avait trouvé Tanfiat dans im poêle dans lequel on ne fiiisait pas de feu et enveloppé dans un liage, nous déclara* mes qu'il avait été déposé là étant mort, probablement pour raison d'économie. La ■1ère fbl trouvée. Cétait nn« bonne masa vayagaant avec ta nMUréaie ; alla avaiUi avair donné le jour è cet enteni qui» après avair véan quelque taÉi|M, était wtoti Ne sachant ce qu'elle devait en faire, ignorant les usages du pays,' elle l'avait déposé à l'endroit où on Ta trouvé, espérant bientôt quitter Berlin.

Om. AOO. — Étramglêment du cordon. -«- Apoplea^. — > Àcoouckêmont anm

Vaide de la mère.

Nous ftmes, au mois da janvier 18**, l'autopsia d'un anbntmâla» à tarmc, qni avait le cordon enroulé quatre fois autour du cou. La longueur du cordon était da 80 cenllmètres ; Il n'avait pas été lié et présentait des bords Inégaux et dentelés. La nvéra était kiconnun . La aadavra pesait 8800 grummaa «t était long éa Bt ca» timètres *, las diamètres de la téta étaient grands, 0,08, 0,11, 0,13» le diamètre des épaules 0,13. Il n'y avait pas de blessure k la téta ni de sillon au cou; on voyait saulanient à la nuque une strie blanchâtre longue de 5 centimètres et larga de T iniUJMièIrèt, ftiolla et nan èeeiytMMéa. Ba «M droit 4k iou, fta trouvaiani six taches rassemblant à des écorebures at ayant la groasenr d'un patit pals d'un rouge clair, molles, qui étaient évidemment des égratignures. A Tangla gauche du maxillaire inférieur se trouvait une tache ayant la dimension d^une pièce de 50 centînies, bleuâtre at eechymbsée. $mr h joua gauche on voyait égalament una étorekon rassemblant aux prèeédantaa ; la vaasie était vida, ta ractnn rea^ili, l'anua couvert détaches de méconium. Le poumon droit était revètud'uue couleur uniforme brune analogue k celle du foie, il était rétracté, et gagnait le fond de l'eau ; le poumon gauche couvrait presque enllèremenl le péricarde, il était rose marbré de Meu, arépilait et laissait échapper da l'écnaie languénetanta ; ta cerveau était bypéré* mique, et il y avait k sa base une extravasation de sang foncé et épais. L'autopsie

(1) Lo poumons de e«l eiifant sont reprcwatés dans Paila», plandie VI, l|fk 16.

588 BIO-THANATOLOGIB DES NOUVEAU-ITÉS.

n'indiquait pas comme cause de mort autre chose que rélraDgleroeni d« cerdoa;li développement anormal de Fenfant pouvait faire supposer un accouchement tardil, et on pouviit admettre que les blessures trouvées au cou avaient été probablemeot produites par les mains de la mère voulant hâter elle-même sa délivrance en tirant l'enfant par la tète (I).

APPENDICE

AO PARAGRAPHE DE L'EMPBTSÉME PULMOlfAIRE DES NOUVEAU-NÊS (page 519).

L'impression de cet ouvrage était déjà terminée, lorsque M. Hecker a publié dans les Archivée d'anatomie pathologique de H. Yirchow, 1859, XYI, p. 635, son remarquable travail sur l'empiiysème pulmonaire des nouveau-nés, dans lequel se trouve une observation très intéressante qui ne doit pas être passée sous silence.

Le cadavre encore frais d'un nouveau-né fut ouvert (au mois de mars) six heures après la naissance ; Tenfant était mort-né. Déjà une heure avant la naissance, on avait cessé d'entendre les bruits du cœur. Quand on ouvrit la poitrine, on vit les poumons très gonflés, surtout le gauche qui couvrait le péricarde, c tout à fait comme lorsque la 1 respiration a été effectuée ; les poumons n'étaient pas rouge brun, » comme ceux des fœtus, ils étaient couleur claire, d'un rouge gris et » spongieux. Les deux poumons nageaient ainsi que leurs plus petites

> parcelles ; ils étaient remplis de sang ; des incisions pratiquées » dans leur tissu laissaient échapper beaucoup de sang écumeux. Il y

> avait surtout aux bords un véritable emphysème, comme quand on

> a insufflé de Tair dans les poumons dans un cas d'asphyxie ; on

> voyait en effet de grandes bulles d'air; la trachée-artère était vide,

> la muqueuse un peu injectée ; le cœur contenait beaucoup de sang » foncé et coagulé. >

Ce cas est sans contredit très important, je n'en connais pas dans la science d'aussi net. Evidemment cet enfant a respiré, il a fait des

(I) Voyez les observations 158,231, 233 à 244, 279, 278, 300,309, 310, 391, 322,324.

APPENDICE AU § DE L*EMPHYSÈIfE DKS NOUVEAU -KÉS. 580

inspirations éQerg:iqu«s clans Tutérus, si énergiques qu'un certain nonibre de vésicules pulmonaires se sont déchirées et qu*il en est résulté un emphysème traumatique analogue à celui qui est produit par une insufflation exagérée On comprend la possibilité de cette respiration intra-utérine quand on lit In suite de Tobservation : c L'enfant, à partir du moment de la perte des eaux jusqu'à sa mort, » a eu, pendant dix-sept heures^ le temps de respirer; U sage* > femme a fréquemment examiné les diamèlres pelviens de la mère, » a plusieurs fois même introduit la moitié de sa main ; ainsi "ue » libre entrée de l'air a été plusieurs fois offerte au contenu de la » matrice. » Il y avait donc là toutes les conditions nécessaires au vagissemen t u térin .

Faisons observer que ce cas a nécessité l'intervention des secours de l'art ; ce n'était pas un de ces accouchements rapides qui ont lieu en secret comme tous ceux dont les fruits sont présentés au médecin légiste.

Ce cas prouve la possibilité d'une respiration précoce dans la matrice dont personne ne doute plus aujourd'hui, mais il ne change rien à ce que nous avons dit de Vemphysime pathologique que l'on a allégué comme renversant tout le crédit de la docimasie pulmonaire; il modifie seulement de la manière suivante l'aphorisme que nous avons énoncé p. 522 :

// n'y a pas encore dans la science d'exemple authentique d'emphysème congénital se développant spontanément dans les poumons d'un fœtus lorsque les accouchements sont terminés sans l'intervention des secours médicaux; par conséquent on ne doit jamais y dans la pratique médico-légale ^ attribuer à cette affection la surnatation des poumons des nouveau^nés qui sont nés clandestinement sans V assistance d'une personne de Vart.

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