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578 BIO-THANATOLOGIE DES NOUYEAU-NÉS.

Certaine quantité de saog ; la vessie était vide ; le gros intestin était rempli de né- •onium ; le cœur était vide ; il y avait dans la tète une liypérémie très pi oncneèe aani hypostase cadavérique. Les os du crftne étaient couverts de sang ; le eadanc ne présentait pas d'autre anomalie. L'absence de tumeur à la tête et le placenta trouvé à cété de l'enfant annonçaient un accouchement très prompt. Par conséqneat la séparation du cordon ombilical tout près de Tanneau n*avait pas produit m la mort par hémorrhagie.

0b8. 387. — Cordon arraché ftrèi dn raiifiM« foiM hémorrhmffU morték.

On trouva, vers le mois de juillet, le cadavre d'un garçon venu à terme etqai présentait une putréfaction très avancée : les épreuves de la docimasie étaient ee» pendant encore possibles, et la putréfaction n'empêchait pas de reconnaître qu'il n'y avait pas eu mort par hémorrhagie. Le cordon ombilir^il avait été arraché tott près de l'anneau. Les poumons étaient d'un rouge brunâtre et laissaient échapper, quand on les incisait, de l'écume sanguinolente ; la veine cave était très rfmplif de sang, il y avait aussi une hypérémie de la cavité crânienne qui faisait attribuer la mort à une apoplexie cérébrale.

Obs. 388. — Cordon ombilical non lié^ $an$ qu'il y ait eu hémorrhagie mortelk.

Cet enfant présentait encore un cordon ombilical ayant une longueur de 12 eeotimètres et qui avait été déchiré ; il avait respiré et n'était pas mortd'hémorriiagie, mais d'une hypérémie du cerveau. Le cadavre avait été trouvé enveloppé avec soin cl empaqueté dans une caisse, ayant à côté de lui le placenta auquel adhérait le reste du cordon long de 38 centimètres. Le placenta pesait 500 grammes, ce qui eit ordinairement le poids de cet organe. Les poumons , couleur rouge brunâtre, étaient marbrés et surnageaient dans l'eau.

Je n'ai cilé ce cas que comme exemple, car les cordons non liés de 12 centimètres, ne donnant pas lieu à des hémorrhagies, se rencontrent tous les jours.

§ 5. •— Déterminer li la mort d'un eniknt • ea liea par la fiaata

de la mère.

Outre les genres de mort spécifiques des nouveau-nés avant, pendant et après raccouchement, que nous venons d'étudier, les enfants peuvent succomber à une foule de genres de mort accidentelle, à propos desquels l'expert a à déterminer s'il y a eu faute de la mère.

La culpabilité de la mère n'est pas douteuse lorsque Ton trouve sur le cadavre de l'enfant des blessures mortelles produites par iusirunienis piquants ou tranclinnls. iorsqu'il y i\ e:i empoisonne-

MORT DE L'BffPAMT. — Y AoT-lL BU FAUTE DE LA MÈRE ? 579

menl ptr l'acide sulttarique, submersion, asphyxie par obstnielioii des voies aériennes, etc., et lorsqu'il est prouvé qu'une tierce personne n'est pas intervenue.

Celte culpabilité est beaucoup plus diflBcile à apprécier si renfant • soceombé à un des genres de mort spécifiques deê nouveau-nés ^e nous avons étudiés plus haut, s'il a élé étouffé dans le lit entre ioi enlises de la oière, s'il est né au milieu d'exeréments qui l'ont asphyxié ; si, abandonné, il a été gelé, ou si seulement il a manqué 4ea premiers soins nécessaires.

Nous devons signaler ici les mensonges hardis que font la plupart 4ea accusées qui, même les plus sottes, savent avec une certaine logique profiter de ce que leur crime n'a pas eu de témoin pour cher* dier à en obtenir l'impunité. Ici, comme partout, l'expert doit mettre de eAté tout sentiment d'humanité exagérée, et ne doit prendre pour guide que les règles de la science et du sens commun.

Or voici ce que ces règles apprennent :

Un aeeouehement précipité peut avoir lieu en secret, mémo cbet les primipares, comme nous l'avons dit plus haut ; il peut se faire alors que l'enfant tombe tout à coup sur le sol et se blesse mortellement à la tête ;

L'enfant peut être étranglé par le cordon ou asphyxié par une compression exercée sur cet organe, il peut mourir d'une hémorrhagie produite par la rupture du cordon ombilical ;

Il est également constaté que les femmes sur le point d'accoucher éprouvent souvent des besoins impérieux i'aller à la ielie ou d'uriner, et que si, dans leur ignorance, elles se mettent au-dessus des Henx d'aisances, l'enfEint peut naître suintement et tomber dans la fesse;

Un accouchement peut avoir Keu 7a femme étmni évaneuie^ par conséquent sans que les conséquences de l'abandon de l'enfÎMl au moment de sa naissance soient imputables à la mère; qoelquefeis même le défont de soins provient de Vignoranee réelle et complète dans laquelle se trouve la mère ; ajoutons que cette excuse est alléguée journellement sans être justifiée, elle ne peut être adaMse que

5S0 BIO-TUANATOLOGIE DES NOUVEaU-NKS.

orsque la mère est très jeune et que sa naïveté et son ineipérience sont hors de doute.

Une autre circonstance à décharge, qui est plus facile à apprécier de la part de Texpert, c'est l'assistance que la femme se prèle i ellemême pendant l'accouchement en tirant avec ses mains U tète de l'enfant lorsque le corps tarde à passer ; on retrouve toujours les traces de cette manœuvre sur le corps de l'enfant, ce sont des empreintes Qe doigts et des égratignures à la figure et au cou. Des blessures plus graves, telles que des fractures du larynx et du eràne, ne sont jamais produites ainsi, car elles supposent une force beaucoup plus grande. Il y a cependant une exception, c'est lorsque le cràoe présente des défauts d'ossification, caralors une pression même légère, telle que celle qu'une femme peut exercer dans cette circonstance, peut produire des fractures (obs. 38A). Cette manœuvre peut aussi produire des luxations des vertèbres cervicales, lorsque surtout le système nerveux étant exalté par la douleur, la femme agit avec une grande force ; je dois cependant ajouter que je n'ai jamais vu un pareil cas^ et qu'il n'y en a pas un seul rapporté par les auteurs; je constate seulement la possibilité de cet accident. Il peut aussi y avoir, par suite de ces etforts de la femme, un véritable étranglement de Tenfant, mais c'est très rare.

Ce qui est malheureusement très difficile à déterminer dans cette question de l'assistance que la femme se donne à elle-même avec ses mains, c'est de reconnaître s'il y a eu mouvement instinctif et impulsion irrésistible, ou intention criminelle. Il faut ici examiner toutes les particularités du cas et chercher s'il en est qui peuvent aider le jugement ; si, par exemple, l'enfant ne présente que de simples égratignures au cou sans autre lésion, il est beaucoup plus probable que l'assistance a eu lieu sans intention criminelle, que si l'enfant présente des traces de violences nombreuses et très graves ( obser- Yalion 390). Mais ce ne sont là que des probabilités.

Pour ce qui concerne les blessures que l'on trouve sur les cadavres des nouveau-nés, il faut pour pouvoir déterminer le degré de culpabilité de la mère, se souvenir de tout ce quia été exposé dans le

MORT DE l'enfant. — Y A-T-IL EU FAUTE DE LA MÈRE? 58i

courant de cet ouvrage et se rappeler que la justice est toujours disposée à voir partout des infanticides.

Il faut se souvenir (p. 551) que la présence d*uue bosse sanguine sur le sommet de la léte n*est que le résultai d'un accouchement laborieux et non d'une violence extérieure ; qu'il ne faut pas confondre (p. 560) le pseudo-sillon strangulatoire des nouveau-nés formé par le pli de la peau lorsque la graisse se refroidit, avec les sillons produits par des liens ; que les cadavres des liouveau-n^iiA^IO^me ceux des adultes, présentent souvent des lésions 'qtiî'^réatilteïit de la chute du corps après la mort, du transport du cadavre, des instruments dont on s'est servi pour les retirer soit de l'eau, soit d'une fosse d'aisances, ou des animaux tels que les rats, les chiens qui rongent certaines portions du cadavre; cela arrive plus souvent pour les nouveau- nés que pour les adultes, parce qu'ils sont jetés plus facilement dans des fumiers, dans des mares, etc., enfln que le caractère dislinclif de toutes ces lésions post mortem c'est l'absence de réaction vitale.

Il est certain qu'en général la culpabilité de la mère est bien plutôt du domaine des jurés que de celui des médecins ; cependant le médecin devant aider autant qu'il le peut la justice dans la recherche de la vérité, a souvent à tirer une conclusion des phénomènes qu'il a observés. Nous allons faire suivre des observations où la culpabilité de la mère était en question ; il s'en trouve aussi (obs. 38'2, 387, 398, 399) dans lesquelles le cadavre de Tenfant a été caché ou par des raisons purement économiques pour éviter les frais d'enterrement ou pour ne pas divulguer une maternité, la grossesse et l'accouchement ayant été ignorés.

Les circonstances atténuantes pour la culpabilité de la mère résultant d'un dérangement mental ont été étudiées dans le premier volume.

Cas. 389. — Abandon (fun enfant, considéré comme la cause de ia mart.

Une fille accoucha le 28 juiUet 18** d'un enfant à terme, vivant et viaMe ^voiqiie chétir ; aussitôt après elle Tenveloppa dans du linge et \p déposa dans une armoire aitiiée dans le fp-enier de la maison. Il y resta pendant dix hearet au boi't

582 UO-THAM ATOLMIB DEê NOUVKAO^lfte.

(iesqueUet il fut trouvé. L'oflicier de Moté trouva l'onfant laio et laui; le n'avait [mm été lié. Cet enfant fut trancporlé h Thôpital, puis dans la prison de a mère, où il reçut les soins nécessaires, et quelques semaines après il mourut.

OA nous posa la question suivante : L'abandon de cet enftint qaî a été eenibté a-t-ll pu être la eauae indirecte de sa moK? Nous répondîmes que l'oa ne ptavvt admettre que l'enfant fût mort d'hémorrbagie ombilicale, puisque le cordon sviil 26 centimètres, et l'enfant n'était pas vigoureux ; on ne pouvait non plus penser qâè la mort avait eu lleo par manque de chaleur, cAr on était an milfeu deaplw frasén duileun, au mois de juillet; le manque de nourriture n'avait pu mm ftm la iaira mourir, car on sait que les nouveau- nés peuvent rester impunément oiéma plusieurs lieuret anaa prendre de nourriture et même sans en éprouver le besoia. Le leap ^ «*eil écoulé depuis sa naissance Jusqu'au moment où il est ttort prouvait du reste aurAbondamment que l'abandon n'était pour rien dans la te ftineste qui devait être attribuée à un état pathologique interne.

Obs. S90. — AccùHchemént ctanâettin. Accusation â^înfanticiée.

Le 1! novembre 18^. la fille H.,., enceinte pour In seconde fois, fut surprise par les douleurs de l'enfantement ; elle prélendit qu'elle avait Jusqu'à ee asumenl ignoré sa grossesse ( ! ). Elle accoucha seule dans sa chambre, elle laissa* dil-eUat son enfant dans le lit avec le placenta sans s'inquiéter s'il vivait ou non. Une sagefemme fut appelée par ceux qui trouvèrent l'enfant ; celle-ci constata qu'il était mort, elle le lava et remarqua au cou de petites écorchures qu'elle attribua à dfis égratignures d'ongles ; « les os de la tète étalent mous et aemUaleot aveir été soumis è: une pression. » Les bras et les mains de la mère que Ton trouva salis par du sang prouvèrent que celle-ci avait été pour quelque chose dans l'accovchôment.

L'Autopsie fut fliite le 1 3 novembre. Le cadavre avait 47 centimètres de lenguet et pesait 3150 grammes, les diamètres de la tète étaient 0,06, 0, Il et 0,13 ; loat prouvait que l'enfant était né à terme. Au côté droit du cou, trois taches rougeàtrei se trouvaient rangers en forme triangulaire, elles avaient la dimension d'une lea* tille, étaient molles à couper, l'épiderme était écorché, mais il n'y avait pas d'ee« ahymose ', ces taches avaient tout à fait l'aspect de celles qui sont produites par das égratignures d'ongles. 11 n'y avait nulle part ailleurs trace de blessure. Le dia- >phragme se trouvait au-dessous dé la cinquième côte ; le foie, les reins et la veine cave contenaient beaucoup de sang, la vessie était vide, les intestins étaient remplis de méeonium. Les épreuves de la docimasie prouvèrent que l'enfent avait respiré ; tout l'os pariétal druit était enduit d'une couche de sang foncé ayant ^épai^seur de 2 millimètres ; a la partie inférieure de Vos pariétal gauche se troevait une extravasation semblable ayant i centimètre de diamètre ; l'os pariétal droit était divisé en deux parties par une tracture semi-lunaire dont les bords étaient dentelés mais non ecchymoses ; sur les deux hémisphères cérébraux se trouvait une txtravasatitin de sang foncé et coagulé ayant 5 centimètres de diamètre ; les vaisseaux de la pie -mère n'étaient pas très rem{)liSf la base du crâne était Inlnala.

Nons déelarémea, dans notre rapport, que l'enfant était venu à terne, qu'i «veit

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