ÉPOQUE DE L'AUTOPSIE
$ 1. — Moments opportam «I ioopportons»
Comme toutes les autopsies, les autopsies légales doivent être faites
peu de temps après la mort, avant que la putréfaction soit avancée et
iiende difficile un examen approfondi. La législation recommande avec
raison de faire l'autopsie vingt-quatre heures après la mort, car alors
les signes de la mort sont déjà bien évidents et on n'a plus à craindre
une mort apparente. Malheureusement h plupart des autopsies légales
se font plus tard. Cela tient à ce que tantôt le cadavre n'est trouvé
que bien plus longtemps après la mort; tantôt les formalités officielles,
le transport du cadavre au local des autopsies, les difficultés qu'il y a
â réunir les témoins nécessaires pour reconnaître le cadavre, sont de
fréquentes causes de retard.
Le médecin-légiste doit néanmoins faire l'autopsie, même lorsque le moment qui lui est assigné lui paraît inopportun.
Le moment est inopportun, lorsque l'autopsie est faite dans une des circonstances suivantes : 1^ Lorsque la putréfaction lest déjA avancée ; 2^ lorsque l'autopsie du cadavre a été déjà faite par un autre médecin ; 3® lorsque le cadavre a été enterré et est exhumé. C'est là la question des autopsies tardives que nous allons étudier en détail.
S s. — > Aatoptîei tardivef.
A, Putréfaction avancée.
On peut encore recueillir des renseignements précieux sur un ca davre complètement putréfié. Il est certain, en effet, que l'on peut constater les c anomalies des os », les c blessures des os » (par exemple les fractures, les blessures par armes à feu, etc.), les « corps éirangers », surtout des balles, des pointes de couteau, etc.; la présence ou l'absence d'une grossesse à l'époque de la mort (obs. 15),
bh PARTIE THANATOLOGIQfTE.
beaucoup d'empoisonnements, non-seulement par l'arsenic, mais probablement par tous les autres métaux (1). Même la question im^ portante de la vie de Tenfant peut quelquefois être tout à fait résolue sur des cadavres putréfiés ; nous en citerons des preuves. Puis, on peut encore, par l'examen des os, décider si un nouveauné est venu à terme ou non (obs. 29). Enfin, des parties qui ne se décomposent pas, telles que les cheveux et les dents, peuvent servir à déterminer l'identité dans des cas importants. L'observation 31 en donnera un exemple remarquable.
Obs. 17. — Déterminer le genre de morl d^un cadavre tout à fait putréfié.
Par une très grande chaleur d'apût, à 25 degrés Réaumur, un homme bien mis fut trouvé mort daiis la campagne. Les mains étaient couvertes de gants de peau glacée et, dans la droite, il tenait un mouchoir qui, 'dit-on, avait des taches de lang.A côté du cadavre il y avait un couteau de poche, petit, vieux, ébréché, ne coupant pas, qui ne paraissait pas devoir appartenir k cet homme bien mis *, U semblait être taché de sang séché. L'autopsie légale eut lieu.
Le cadavre était déjà vert noir, l'épiderme détaché, des myriades d*astioots couvraientle corps, le cerveau était fluide et coula quand on ouvrit le crâne; maii on pouvait encore constater que cet homme était mort d'une congestion au cœur, car, quoiqu'il y eût déjà l'anémie de la putréfaction générale, le cœur droit et l'artère pulmonaire étaient encore gorgés d'un sang demi-liquide, demi-coègulé. Ajoutes qu'il n'y avait pas la moindre blessure sur le cadavre qui pût faire croire que le couteau eût causé la mort, et que l'autopsie ne donnait aucune preuve d'une mort produite par une cause extérieure. Cette conclusion fut sufllsante pour le juge.
B, Autopsie faite après celle d'un autre médecin.
Il arrive des cas dans lesquels l'ouverture d'un cadavre est demandée par Te tribunal, ce cadavre ayant déjà été soumis à l'autopsie par un autre médecin. Dans cette circonstance on peut encore rendre des services à la justice, car il y a des blessures qui laissent des traces ineffaçables de leur influeuce mortelle, de sorte qu'une seconde autopsie peut encore prouver quelle a été la cause de mort. Dans d'autres cas, on ne peut présenter que des probabilités, mais cela donne toujours aux juges de précieux renseignements. Il va sans dire que
(1) Voir l'obs. 25 dans laquelle nous avons trouvé du mercure dans un cadavre exhumé après cinq mois et demi.