‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 29 sur 166 · AUTOPSIES TARDIVES. — SECONDE AUTOPSIE · texte numérisé non relu

AUTOPSIES TARDIVES. — SECONDE AUTOPSIE

le jugement dans de pareils cas ne doit être donné qu'avec une grande précaution. On ne peut pas donner ici des règles générales, il faut envisager à part chaque cas particulier.

Obs. 18. — Blessures de tête trouvées sur un cadavre déjà disséqué.

Un ouvrier avait été bleisô à la téta par une barra de far. Il avait élé tranaporté dana un hôpital, at après sa mort, on avait fait la dissection avant que le juge d'in-» itniction eût pu être prévenu.

Charfé de faire une seconde autopsie, nous trouvâmes la cavité crânienne vide, le cerveau disséqué avait été mis dans la cavité abdominale ; la base du crâne était fracturée, le cunéiforme, l'ethmoïdal et la partie orbitale du frontal étaient en plusieurs fragments, et, en admettant que ces lésions eussent été causées par la blessure, on pouvait déterminer facilement quel avait été le genre de mort. Si, ce qui n*a pas eu lieu, on avait donné suite à Taffaire, si l'on avait demandé un rapport en nous communiquant Thistoire de la maladie dans l'hôpital, on aurait pu, personno a*en doutera, juger le cas avec certitude.

Obs. 19. — Rupture du foie, fractures de edtet trouvées sur un oadawre déjà

disséqué.

Ca ouvrier avait été écrasé par une voiture. Un médecin avait disséqué le cadavre ^lû nous fut présenté dans Tétat suivant : La tète n*avait pas été ouverte, la poitrine et le ventre étaient cousus comme toqjours après les dissections.

A côté du cadavre on nous présenta un foie qui avait une déchirure longitudinale. L'estomac et les intestins étaient détachés dans la cavité. DaiKi la poitrine, les poumons anémiques avaient été beaucoup incisés, ainsi que le cœur qui était tout à fait vide. Le cerveau était normal, on ne pouvait plus voir s'il y avait eu hémorrhagie interne dans la cavité abdominale. Outre la rupture du foie qui, comme cela arrite ai souvent, ne s'annonça par aucune trace extérieure, il y avait encore quatre eôtes cassées.

Nous jugeâmes que si le foie qu'on nous a présenté était celui du décédé (ce dont on s'assura par des témoins), et si la rupture avait été faite pendant la vie, ce qui était vraisemblable, il était certain que la blessure avait été mortelle.

Ots. 20. — Blessure par arme à feu de V artère axillaire. Autopsie faite sur un

cadavre déjà disséqué.

Le iO février 1851, le garçon K..., âgé de trois ans, jouait avec un fusil qui éiiil raeté chargé depuis l'année 1848, le coup partit et l'atteignit à l'aisselle droite, lae abondante hémorrhagie eut lieu immédiatement. Le garçon fut transporté dans on hépital, où il mourut le 15 du môme mois.

Le 22, le cadavre nous fut présenté pour l'autopsie légale, il avait été préalablenent disséqué dans l'hôpital. Il manquait à l'artère axillaire droite un morceau de iOcentimètres de longueur; l'interne de Thôpital présenta ce morceau coupé après

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la mort ; il y avait une ligature avec une flcelle rouge, et, à 1 centimètre de celte ligature, une ouverture de la grandeur d'une tôte d'épingle. Dan» l'aisselle on voyait trois ouvertures rondes à bords nets, de 8 à 10 millimètres de diamètre, qui traversaient les téguments. Un pouce plus bas se trouvait une blessure à bords nets (blessure de l'opérateur). Les poumons et le cœur avaient été beaucoup incisés, mais leur couleur était très pâle. Le foie, la rate, les reins étaient kicisés et très pftles, la veine cave était presque vide. La cavité crânienne n'avait pas été ouverte, les méninges étaient pâles et anémiques, les sinus complètement vides de sang, le cerveau et le cervelet étaient très pâles.

Nous déclarâmes : 1® ce garçon est mort d'hémorrbagie ; 2* cette hémorrbagie a eu lien par une blessure de l'artère axillaire droite ; 3° celte blessure a dû nécessairement amener la mort (1). Ici l'autopsie préalable ne gêna pn rien l'autopsie légale.

Obs. 21 . — Blessures ietéleiur un cadavre déjà disséqué.

Un garçon de cinq ans avait été, dix jours auparavant, frappé à la tête avec une cuvette. Il était mort et avait été disséqué dans un hôpital.

J'en fis une nouvelle autopsie par ordre du tribunal : il y avait au front, à droite, une plaie horizontale' moitié cicatrisée, sur laquelle on avait fait des points de suture presque cicatrisés. On avait réséqué un morceau triangulaire de l'os frontal , le cerveau avait été disséqué, mais on voyait très bien qu'il avait été enduit de pus dans une grande étendue. La base du crâne était intacte, tous les organes de la poitrine avaient été disséqués. Nous pûmes conclure : 1* que le garçon était mort d'une affection da cerveau ; 2* qu'on pouvait admettre, avec vraisemblance, qu'elle avait été cauajitpir la blessure à la tète (2).

C, Cadavres exhumés, fragments de cadavres.

LÉGISLATION. — Code pénal prussien, § 46. Des crimes punis par la mort se prescriront par trente ans révolus ; des crimes punis au maximum, par une privation de liberté de plus de dix ans, se prescriront par vingt ans révolus ; des crimes punis par une privation de liberté moins longue, se prescriront par dix ans révolus.

Des- délits punis au maximum d'un emprisonnement de plus de trois mois, se prescriront par cinq années révolues ; les autres délits par trois années révolues.

Ces périodes commencent à compter du jour où le crime ou le délit a élé commis.

Il y a des cas dans lesquels l'exhumation d*un cadavre est demandée, parce qu'elle est nécessaire pour Tinstruction d'un crime. En général, cette exhumation est demandée spontanément par le juge. Il

(1) Cello rëponie était nëcesMir» toas l'ancien Code. (9) Voir encore les obs., 23, 31.

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