‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 38 sur 166 · INSPECTION EXTÉRIEURE DES CADAVRES. — BLESSURES · texte numérisé non relu

INSPECTION EXTÉRIEURE DES CADAVRES. — BLESSURES

peadaDl pas de trace de lésien extérieure ! Lea poumons étaient anémiqaea, et le cenreau était gelé (1).

2^ Très souvent on trouve, sur des cadavres qui ont succombé à

une mort violente, une ou plusieurs taches au Tront, sur le visage,

aux membres supérieurs et inférieurs, aux coudes, au dos des mains,

aux malléoles, aux tibias, etc. Ce sont de petites taches delà grandeur

de un ou un demi-centimètre, ordinairement rondes, rouges ou

rooges brunes, plus ou moins parcheminées, qui, lorsqu'on les

incise, montrent les capillaires de la peau plus ou moins remplis

de sang, mais ne présentent pas d'ecchymose proprement dite. Ces

taches peuvent embarrasser le médecin. Elles demandent, en effet,

«ne attention et une *description spéciales lorsque la mort du

sujet est entourée de circonstances suspectes ; car, prises pour des

ecchymoses, elles pourraient donner l'idée d'un combat préalable de

résistance entre l'assassin et sa victime.

Ces pseudo-ecchymoses sont le résultat de la chute du corps au moment de la mort ou du glissement du cadavre contre un corps dur, et n'ont, par conséquent, aucune analogie avec la cause de la mort. EDes se produisent avec une grande facilité par le transport du cadavre.

De nombreuses expériences sur le cadavre m'ont prouvé que ces [Meudo- ecchymoses peuvent se produire encore plusieurs jours après li mort, ainsi que d'autres lésions de la surface du corps qui, à première vue, pourraient être prises pour des phénomènes de réaction. Plus on fait ces expériences près de l'instant de la mort, et plus ces phénomènes se montreront d'une manière frappante. Si on frotte une ?ir1ie du corps avec une brosse épaisse qui excorie un peu, ou que ion traîne le cadavre par les pieds sur un sol raboteux, on verra spis vingt-quatre ou trente-six heures des phénomènes qui pourraient facilement être pris pour le résultat d'une réaction pendant la vie. Ce soQt des taches rouge vermillon, se distinguant bien de la couleur du ^adtrre, des croûtes ou eschares d'un brun jaune sale, parchemi-

'H Viir d'antre» ca» nonibrcnx de Uessara» graves des» iiartie» dure» el uiuUo» miis> Irace cx- >^^«>«4iuhs obNmtioi» 54, SS, 91, 93, 95, 90. 97, 103 et aelre».

9& PARTIE TUANÂTOLOGIQUE .

nées, duces à couper. Ces expériences prouvent que rexplicalion que nous avons donnée de ce phénomène est exacte.

Les expériences de Ëngel viennent à Tappui de ce que je viens de dire, chacun pourra les répéter avec le même succès. Eogeldii: « Quand on excorie la peau d'un cadavre, c^est-à-dire qu'on sépare l'épidernie par un Trotlement, elle sèche plus vite qu'à tout autre endroit, car l'évaporation devient beaucoup plus rapide* Si cette excoriation est faite pendant la vie, le résultat est le même. On peut donner la couleur que l'on veut à la peau du cadavre, d'après la place que l'on choisit ; ainsi, si l'on excorie la peau à un endroit où les hypostases sanguines ne peuvent pas se former, la plaie sédiée et parcheminée aura une couleur jaune brun clair, transparente aux bords; mais lorsque l'on fait une excoriation à une place ou les hypostases sanguines peuvent se former facilement, la peau devient d'un noir brun. Dans aucun de ces cas on ne peut distinguer si l'excoriation a été faite pendant la vie ou après la mort* a

Nous ne pouvons pas assez insister sur ces observations, car les cas où ces faits ont donné lieu à des conclusions erronées et fiinestes se sont présentés souvent.

3° La question suivante se rattache à ce que nous venons de dire : Une blessure trouvée sur le cadavre a-t-elle été faite pendant la vie ou après la mort?

Quand on considère combien sont rares les expériences en médecine légale, on peut s'expliquer les erreurs nombreuses qui se sont transmises traditionnellement dans cette science, en pratique et en théorie, de livres en livres, de professeurs à élèves, d'experts à experts. C'est surtout à propos de celte question que cela saute aux yeux.

En théorie on admet que les blessures faites sur le vivant se distinguent des blessures faites sur le cadavre, par la présence de pb^omènes de réaction, tels que les infiammations, hémorrhagies, suppurations, tuméfactions, cicatrisations des bords de la plaie, granulations, etc. Celui qui a fait une piqûre à un cadavre et qui n'a trouvé aucun de ces ph'nouènes croit avoir constaté cette théorie.

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