TACHES DE SANG SUR LES INSTRUMENTS
nombreuses méthodes préconisées par les auteurs anciens étaient lius ou moins insuflBsantes.
Si les instruments sont luisants, comme ceux qui servent à Tusage
dés ouvriers, et qu'il y ait dessus du sang frais séché, les taches
seront faciles à reconnaître, car elles ne se confondront pas avec
des taches d'une autre nature^ surtout avec des taches de rouille.
Les taches de sang alors sont rouge clair s'il n'y a qu'une couche
«ù«ce sur le fer, elles sont rouge foncé s'il y a une couche épaisse de
sanjr.
On peut facilement distinguer les taches de sang des taches de roûlle en chauffant l'instrument, le sang se détache et laisse la surface du métal pur, tandis que la chaleur n'a aucun effet sur les taches de rouille. Lorsque le sang est séché depuis longtemps, on ne peut phis, par le seul aspect, le distinguer de la rouille. On trouvera plus bas une bonne méthode diagnostique, elle devra être contrôlée par ' Texaroen des cristaux d*hématine.
Les taches fraîches de sang sur des portes, meubles, tapis de couleurs claires, sont faciles à reconnaître. Pour les taches fraîches de ^Dg sar du bois foncé, sur des manches bruns de couteaux ou de It^ches, les portes brunes, les tapis et meubles foncés, j'ai employé >vec succès le procédé découvert par MM. OUivier et Pillon. Il con- ^ à éclairer les taches suspectes avec une lumière artificielle, par s^ple une bougie que l'on approche très près; on voit alors briller, sor II couleur foncée des objets, des taches d'un rouge brun; car, lorsqu'il y a peu de tachas et qu'elles sont petites, il est impos- ^le de les voir par la seule lumière du jour. Si le sang est fraîchement séché, il n'est ordinairement pas difficile de le reconnaître au otoyen du microscope; on peut aussi reconnaître encore très distinctement* les globules. Mais cette dernière ressource, excellente, fait défaut si le sang est séché depuis longtemps, s'il a été mouille et &'il est redevenu sec, s'il est mêlé à d'autres substances, si lesétoff'cs sor lesquelles le sang a jailli ont été frottées ou lavées, car alors les Sloboles sont détruits et les micrographes les plus exercés ne sont pl»8 eu état de les trouver.
IIA PARTIE THANÂTOI^GIQUË.
Le procédé de Barruel a fait beaucoup de bruit, il consiste A traiter le sang par l'acide sulfurique et de distinguer de quel animal il provient par l'odeur spécifique qui s'exhale et qui est l'odeur caractéristique de l'animal. Mais si déjà la perception des couleurs est assez délicate dans les expertises médico-légales, il est encore plus dangereux d'avoir recours à l'odorati puisque aucun sens, plus que ce dernier, n'oflre autant de différences individuelles. Du reste, la méthode de Barruel n'est pas infaillible, comme le prouvent les eipé* riences frappantes de Chevallier (1). Ce dernier traita, d'après la métliode de Barruel, du sang de mouton, de bœuf et d'homme; il se fit assister de quelques personnes. Chacune d'elles nota de son côté ses impressions d'odorat, et il se trouva que, si toutes furent d'accofd dans quelques cas, dans d'autres les uns déclarèrent du sang d'honune ce qui était du sarig de bœuf! Nous conclurons que la méthode de Barruel doit être rejetée dans les affaires criminelles lorsqu'il s'agit de distinguer le sang d'homme du sang d'animal, et surtout lorsqu'il s'agit de différencier le sang de plusieurs animaux ; car elle ne repose que sur une base insuffisante et qui peut induire dans de graves erreurs.
Par le microscope on peut, avec certitude, distinguer le sang d'homme du sang d'animal, lorsque celui-ci est assez frais et a été préservé des influences funestes que nous avons énuméréesplus haut; c'est ce que prouve le cas suivant qui donna lieu à une expertise de la députation scientifique, dont notre grand physiologiste, Jean MCdler, fut le rapporteur.
Obs. 55. — Déterminer s'il y a sang d^homme ou sang d^oiseau.
Un homme avait été renvoyé Je son appartement avec violence par son proprié^ taire. U prétendait en être devenu malade ; mais on soupçonnait que le sang qui s'écoulait de Tanus n'était pas du saug d'homme, mais du sang de pigeon mis avec intention.
Deux médecins rapportèrent que le sang qui s'était écoulé du 30 janvier au 3 février, de Touverture de l'anus, avait été examiné par eux, le 22 juillet (ainsi six mois après), à l'aide du microscope, et qu'ils avaient trouvé que ce n'était que du sang d* oiseau. Au mois de novembre, on consulta le Collège médical de aeconde instance qui répondit que l'examen du sang n'était plus possible. Le juge d'instruction
(i) Annalei d^hygiènepubliquct 1853, avril.