‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 48 sur 166 · EXAMEN CHIMIQUE DES TACHES DE SANG · texte numérisé non relu

EXAMEN CHIMIQUE DES TACHES DE SANG

Obs. 57. — Déiermintr s*t[ y a du sang d' homme j de bœuf ou de mouton.

Sur l'assassin dont nous parlerons à l'obs. 2S2, on trouva de légères taches de sanf aux manebes et aux poignets de la chemise. Comme la femme étranglée, probablanent par lui, avait saigné du nez, ces taches parurent suspectes. Il déclara que, le lendemain, il avait aidé un boucher à tuer un bœuf, deux moutons et un veau, et que le sang avait jailli sur lui pendant cette opération. Cette déclaration fut reconnue exacte ; c'est pourquoi nous eûmes à examiner ce sang afin de déterminer s'il provenait d'une femme ou d'un animal.

Nofu reçûmes la chemise quinze jours après le fiut ; elle était enveloppée , serrée dans un paquet et n'avait que des taches insignifiantes. On ne pouvait douter qu'elle avait été lavée et frottée , de sorte que l'on pouvait supposer à priori une destruction des globules. Néanmoins la tache la plus grande était conlerrèe, on en mouilla certaines parties avec de la salive examinée d'avance au microscope et ne contenant pas de sang. Le microscope qui fut employé fut le mémo que dans le cas précédent, et nous examinâmes avec l'assistance de M. Dubois laymond, dont le nom est une autorité suflQsante pour ne laisser aucun doute sur le résultat. Malheureusement nous ne pûmes reconnaître même la forme des globales de sang, et, par conséquent, il était impossible de dire si l'on avait affaire à du sang d'homme ou à du sang de mammifère. Les contre-épreuves étaient super- Inès et on dut déclarer aux juges que le diagnostic n'était plus possible.

S 6. — *«^— ^- tthîmiqaa dos taobos do sang sur les îasImmoBti •

La méthode employée par Henri Rose (loc. cit.) est celle que je trouve la meilleure et que j'emploie toujours. Voici comment il agit qund il a affaire à une tâche qui peut, être facilement séparée de rinstroment sans entraîner de débris de matières étrangères : On inet le sang sec en contact avec de l'eau distillée pendant longtemps, sans mtemiption ; on décaifle de temps en temps la liqueur, afin <l*eQ retirer la fihrine non soluble à mesure qu'elle est débarrassée des globales rouges. Le microscope permet de reconnaître très bien celte fibrine, et on peut la comparer très facilement avec de la fibrine obtenue de la même manière avec du sang frais. La solution aqueuse rouge est traitée par des réactifs. Quand on y ajoute de l'eau chlororée en assez grande quantité pour que la liqueur en exhale 'odeur, la couleur rouge disparaît et il se dépose des flocons blancs qoi surnagent à la surface. Tandis que si, dans une partie de la

118 PARTIE THÀNATOLOCTQUE.

liqueur encore rouge, on ajoute de Tacide azolique, il se fait un dépôt gris blanc, et si dans une autre partie on met de la teinture de galle, il se fait un dépôt violet. Mais lorsque la solution rouge est chauffée jusqu'à l'ébuUition, il s'y forme une coagulation plus ou moins épaisse selon la quantité de coloration rouge qui se trouve dans la liqueur ; lorsque la solution n'a qu'une teinte très claire, il ne se fait qu'une simple opalisatiou. La couleur des flocons est d'un rouge sale. Ils se dissolvent facilement par une dissolution de potasse chauffée ; la couleur de cette dissolution est plus ou moins verte, mais elle i^re la particularité que, vue par réflexion, elle est verte, tandis que, vue par réfraction, elle est rouge, ce que l'on reconnaît très bien au moyen d'une éprouvette blanche. C'est le dichroïsme de la matiélre colorante du sang que Berzelius, Lehmann et Brûcke (1) ont décrit.

Si l'on n'a qu'une très petite quantité de sang, par exemple, si Ton n'a traité qu'une petite tache de sang avec l'eau, on ne peut pas avoir recours à toutes ces réactions. H. Rose recommande de faire bouillir la petite solution rouge concentrée et de la traiter avec une solution de potasse. Si alors on a obtenu les phénomènes décrits (dichroïsme), on peut mêler ce fluide alcalin avec de l'ean chlorurée concentrée en excès; il se dépose des flocons blancs. Ou bien on peut n'employer que la moitié de la solution alcaline pour en saturer l'autre à moitié par l'acide azotique, et obtenir le dépôt blanc gris ci-dessus cité.

11 en est autrement lorsque les poussières de sang se trouvent mêlées avec des matières étrangères ; alors il peut être très difficile de traiter chimiquement le sang séché sur du fer ou des instruments de toute sorte, car une grande partie de ces réactions est due à la présence de l'ammoniaque dans le sang. Yauquelin, le premier, a observé que la rouille de fer qui se forme dans l'intérieur des maisons habitées contient de l'ammoniaque; celte observation a été confirmée par Chevallier, Austin et Boussingault.

(1) Brûcke recommande {toc, cit.), pour reconnaître le dichroïsme du sang, une méthode encore plus brève que ceUe qu'emploie H. Rose,

Page 1