INSPECTION D£S VÊTEMENTS. — TACHES DE SPERME
J'ai déjà expliqué ailleurs (1) combien sont insuffisantes toutes les épreuves faites sur le sperme au mojen des sens, surtout au moyen de la vue et de l'odorat. Les chemises présentées au médecin légiste M sont pas ordinairement des chemises fines, souvent changées, blan» ches comme celles qui couvrent les personnes de la classe aisée, pas même les chemises encore relativement propres des persotnnes de la classe moyenne, ce sont les chemises portées depuis longtemps, grossières, salies, puis an moins en lambeaux, sur lesquelles, fèces, urine, mucus, sang des règles, punaises, saletés de toutes espèces forment un mélange repoussant, et au milieu desquelles il est presque imposable de retrouver par la vue ou l'odorat les taches de sperme. Les méthodes préconisées par Orûla sont toutes incertaines et très pénibles. Mais le procédé de Lassaigne (2) se recommande par sa simplicité ; nous l'avons essayé avec succès.
Les taches suspectes sur du linge blanc, pas sur de la laine, car die contient du soufre, sont mouillée» avec du plorobate de potasse et séchées à une température de plus de 20 degrés centigrades. Après quelques minutes la tache devient d'un jaune sale ou même d*on jaune soufre, si la tache provient d'une matière albumineuse (cootenanl du soufre), mais le réactif ne colore pas les taches de 'P^me ni toute autre tache qui ne provient pas d'une substance albu- ^euse, telle que la gomme, l'amidon, la dextrine. La coloration J'Qiie d'une tache traitée de cette manière prouve donc que la tache ^ provient pas de sperme, mais le contraire ne prouve rien.
^'épreuve la plus importante est donc toujours celle du mi- ^'^^^tcope. Mais il faut avoir soin de ne pas frotter ni presser le ''^ceaa de linge afin que les spermatozoaires ne soient pas détruits. *^ puis recommander la méthode de M. Koblank (3), qui est très
^^ple. On découpe un morceau du linge contenant une tache sus- P^le, on le trempe dans une soucoupe de porcelaine contenant de
(1) Veber Nothzucht und Paderastiey dans ma Vkrleljahrsschrift^ I, p. 21 et *^Wanlea.
(2) Annal, d'hygiène publique, 1858, p. 406.
(3) lurDiagnoiUkder SaoÊhenfiecke, dam ma Vierieljûhrsschrifl ^ lit, p. 140.
iOO PABTIE THANÀTOLOGIQUE.
Teau distillée rroide, puis doucement^ avec un balon de verre, on îm ii bien imbiber le linge ; après un quart d'heure on met une goutte cte celte eau sur l'objectif du microscope, et Ton constate facilement la présence des spermatozoaires, s'il y en a. Or, il suffit d'avoir vu une fois un spermatozoaire pour ne jamais se tromper ; j'ai pu ea reconnaître sur des taches datant d'un an ; Bayard (1) dit les avoir vus après trois ans ; Rilter (2) après quatre ans, ce que l'on peo( admettre si le linge n'a pas été frotté ni manipulé.
Avec le temps les spermatozoaires se décomposent, et il n'est pas rare alors de trouver des têtes et des filaments séparés, mais la pré^ sence d'an seul spermatozoaire donne encore la certitude que Foi a aRaire à une tache de sperme.
Lorsque, après un examen approfondi, un œil exercé n'a pas trouvé de spermatozoaires, on doit déclarer qu'il est possible, mais qu'il n'y a pas de preuve que la tache ait été produite par du sperme (3).
S 5 . — Yaehet d'aeide tvlfariqae.
Nous parlerons en détails de l'acide sulfurique, car c'est le poison qui est le plus souvent employé comme moyen de suicide ou de meurtre d'enfants nouveau-nés.
J'ai observé toute une série d'empoisonnement d'enfants par l'acide sulfurique ; il arrive des cas où la tentative de l'empoisonnement ne réussit pas; dans d'autres l'enfant n'avale que quelques gouttes, vomit, et, secouru par la médecine, ne meurt pas, ou du moins longtemps après ; ce sont des cas dans lesquels le coupable, qui est ordinairement la mère, nie, et les taches ou les trous qui se trouvent sur les vêtements sont les seules preuves que l'on puisse alléguer contre elle. Car, dans de tels cas, lorsque la mort arrive après une longue maladie, ni l'ouverture du cadavre, ni l'analyse
(1) Annales d* hygiène publique, 1839, juillet.
(2) Loc. cU.f p. 224.
(3) Voir vol. 1, partie spéciale, p. 87.