INSPECTION DES TÊTEXENTS.— TACHES DE SANG
loré, etc. MM. Buchner et Simon ont le mérite d'avoir simplifié la méthode de Teichmann, et d'avoir rendu la production des cristaux d'hématine facile dans la pratique médico-légale. Ces messieurs ont même trouvé du sang sur na. pantalon déboucher, datant de huit ans, et qai n'avait pas servi depuis un an et demi, au moyen de la pro<« dactiondes cristaux d'hématine (4). Voici quelle est la méthode qu'ils emploient : une goutte de sang ou de liquide coloré par du rouge de saag est mêlée avec de l'acide acétique concentré, et on fait éva* porer lentement dans un verre de montre, sous une lampe à alcool, ou dus un fourneau, ou même à l'air libre. Puis, quand on met la maise sèche sous le microscope, on voit, s'il y avait du sang, une gnode quantité de cristaux d'hématine, tantôt séparés, tantôt réunis en frand nombre. Ce sont des rhomboïdes de couleurs différentes, ttttôt un peu jaunes, ou jaune foncé, ou jaune rouge ; tantôt d'an rouge sale ou rouge plus fohc^ ; la grandeur est différente, ils K placent en croix ou en étoiles ; quand il y a très peu de sang, ces cristaax forment des tablettes très minces qui paraissent incolores. Ds se réunissent alors en réseaux fins. J'ai obtenu un résultat très >et en expérimentant une tache de la grandeur d'un noyau de cerise leot à fait pâle, provenant de sang des menstrues, qui se trouvait sur on liage depuis trois mois (2).
Si le sang est séché sur du bois, du métal ou des étoffes, on met ce morceau de bois ou de métal dans une éprouvette, quand cela est possible, et on y verse de l'acide acétique concentré ; on laisse ma* *er jusqu'à ce que l'acide soit coloré, et on laisse évaporer le ^ide. Si le sang est vieux, il vaut mieux chauffer l'éprouvette que de lasser simplement macérer jusqu'à ce que l'acide soit coloré, et puis * évapore. Teichmann considère comme nécessaire d'ajouter du sel ib solution acide du sang; nous pouvons dire, avec MM. Buchner et
(1] Buebner et Simon, R»eherchet sur les cristaux éChëmatine et de leur impor^ ^ m médecine légale. Ârchio fur pathol. Anatomie und Physiologie, neue ^t y voL !•' et 2* cahiers. 185», p. 50.
(S) Oa trouve de très bonnes planches représentant ces cristaux dans Tatlas de ^' Finke. Allai de chimie physiologique, 2« édit. Leipzig, 1858.
156 PARTIE THANATOLOGIQUE.
Simon , qu'il est inutile d'ajouter du sel si le sang est frais ; c'eil nécessaire si le sang a été la\é par Teau, ou privé de ses sels parli pluie> par l'humidité du sol ou de l'air ; il est inutile de dire que ce sont justement les cas qui se présentei%en matière médico-légale. Et puisqu'on ne peut pas savoir d'avance si de telles influences n'jMit pas eu lieu, ces messieurs recommandent avec raison, pour de teh cas, de faire d'abord une épreuve sans ajouter du sel, et si Ton n-i pas de résultat, de faire une seconde épreuve en ajoutant du sel. Quant à nous, puisque nous voyons que la réussite est plus certiiac en lyoutant du sel, nous conseillons de le faire dans tous les cas. Il suffit d'iyouter un très petit morceau de sel de cuisine, à l'acide acétique avant de faire bouillir ou macéra. Malgré toutes ces pré? cautions, on ne réussit pas toujours du premier coup, on doit tôtjours alors répéter l'expérience qui est si facile. Aussi il faut toujours partager le liquide que l'on a à explorer en plusieurs parties, et opérer sur chacune d'elles l'une après l'autre.
Ajoutons cependant que des expériences réitérées faites avec k même acide, mais avec du sang différent, du sang frais, sec, da sang déposé sur de la toile, du bois, de la terre, etc., nous ont prouvii à nous comme à d'autres micrographes, que les épreuves ne réussissaient pas toujours. Il s'ensuit que quand on trouve ces cristaux, oi a une preuve sûre que l'objet soumis à l'expérience contient di sang, mais qu'un résultat négatif ne peut pas prouver que Vobjei soumii à V expérience ne contient pas du iang.
Ob8. 77. — Déterminer s'il y a des taches de sang sur du drap brun.
On m'envoya des morceaux de drap brun tachés et provenant du vêtement d'«i homme accusé d'avoir fait des blessures graves, j'avais à déterminer ai les tachei avaient été produites par du sang ou par d'autres matières, et, si taches de sang U ; avait , depuis combien de temps s'y trouvaient-elles ? Je fis ces recherches ayei l'assistance d'un chimiste, M. Schacht.
Voici quel fut notre rapport : « Les taches de sang qui se trouvent sur des étofléi de coton non colorées se reconnaissent facilement, mais il en est autrement lonqiM les taches se trouvent sur des étoffes de laine colorées. Avant de commencer notri analyse, nous avons taché de sang du drap brun analogue à celui que l'on nous
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» présenté; nous avons laissé sécher, et nous avons pendu le morceau de drap dans «ne éprouvette pleine d'eau, de manière que ce morceau restât à une distance de ieueentimètres du fond du verre. Quelques minutes après, le rou^^ du sang se dirifss vers le fond en traînées et s*y ramassa, tandis que le reste du liquide se colon en jaune. Après quelques heures le morceau de drap fut été et séché ai ati- CMS frocs de la tache de sang ne put être reconnue. Le liquide agité prit une coutev miliNtne d'un rouge brun. Par les réactifs connus : l'ncide azotique, l'eau cUorarée, l'hydrate de potasse, la teinture de galle, nous reconnûmes les éléments dsniif.
Cette opération terminée, nous prîmes le morceau de drap envoyé et nous l'examinâmet lous le microscope. Le tissu de l'étoiTe était coloré, mais on ne pouvait voir aocime substance déposée sur le drap. On mit quatre morceaux dans l'eau où oa lot pendit comme nous l'avions fait précédemment. Mais, môme après 72 heures l'es» n'était pas colorée, et tous les réactifs restèrent sans effet. Les morceaux fvreot 6tés et séehés, les taches étaient intactes. Un autre morceau fut gratté aux poiotseolorés, on traita avec l'eau distillée : l'eau ne fut pas colorée et les réactifs Ancatiaipuissants. D'après cela, nous conclûmes que les taches rouges se trouvant nr loi morceaux de drap envoyés ne provenaient vraisemblablement pas de sang.
Ok. 78. -. Déterminer si les lâches trouvées sur une blouse sont du sang ou du
goudron,
Oq m'envoya de la province de Posen une blouse sur laquelle se trouvaient des l'ches tospectes, qui, parleur coloration foncée, par leur roideur et par leur dis* Ptotion psraissaient être des taches de sang; l'accusé. prétendait que c'était des **te de goudron. Sous un microscope grossissant 500 fois on ne vit aucun glo- ^ do sang, même dans des endroits où l'étoffe n'avait évidemment été ni frottée ni hiée.iprès cette opération, on brûla des filaments de l'étoffe provenant des places ^*(liées, tous les assistants perçurent une odeur de poix ou de cire à cacheter, ce ^ certainement corroborait les déclarations de l'accusé.
^c fis l'examen chimique avec l'assistance de M. Schacht. On prit quelques places ^* plos foncées ; l'un des morceaux fut pendu dans une petite quantité d'eau dis- ISléedo manière à ne toucher ni le fond ni les parois du vase. Même deux jours "P'^on ne vit aucune traînée colorée, l'eau resta claire et la matière -colorante de réioiB ne foi changée ni en quantité ni en qualité. Un autre morceau fut chauffé te loe éprouvette et les vapeurs, essayées avec le papier de tournesol agirent **inte acide et non comme oleolr ; nous fimes une contre-épreuve ; nous mouil- 1^ «n morceau d'étoffe de coton avec deux taches de sang : l'étoffe séchée fut F^rlaiée en deux parties et nous flmes avec ces deux morceaux les mêmes expériences. Dans l'une, la matière colorante se détacha par l'action do l'eau distillée ^leflt voir très nettement dans la solution au moyeu des réactifs connus ; dans la *CMde, les vapeurs qui se développèrent par l'action de la chaleur furent nette- *cit ammoniacales comme celles de toutes les matières azotiques. Ainsi les taches ^ b blease que nous avioas d'abord explorées n'étaient pas du sang.
158 PÀRTIB THANATOLOGIQUB.
Pour déterminer leur nature, nous trailâmes les taches de la blouse avee d- Talcool concentré, elles devinrent plus claires mais ne disparurent pas ; la at> lution laissa après l'évaporation une substance goudronneuse. Les mèniea morcaM: furent ensuite traités avec de l'hoile de térébenthine : les taches disparurent «me plétement et il se déposa une poudre d'un gris-noir dans la solution de térébatt thine, qui, traitée avec des acides, montra un mélange de charbon» d'arfitoi d'oxyde de fer. Nous dûmes alors déclarer en concluant que les tachea ea qoeititt n*étaient pas du salig, mais que très probablement elles provenaient da goodroa m d'une substance analogue (1).
$ 3. — Reoherehc de taehci de Aom.
Les résultats de la défécation des adultes, ainsi que le méconiiin des nouveau-néS) se laissent reconnaître facilement sous le micreS' cope, ainsi que par l'analyse chimique (2).
Le médecin-légiste se trouve très rarement à même de hm cette analyse. Quant à moi, mes observations^ quoique nombreuses, ne m'ont pas offert un seul cas de celle espèce, car les jugei d'instruction prennent sur eux de déterminer la nature de ces taches. Par exemple, dans un cas affreux, une fille fut violée par quatn malfaiteurs dont l'un évacua ses excréments dans la chambre, ] trempa un linge qu'il fourra dans la bouche de la fille én< nouie. J'avais à constater le fait du viol aux parties génitales do b fille, mais on ne m'a pas présenté le linge souillé.
$ 4. — Recherche des taches de sperme.
Très souvent, les médecins- légistes sont requis à examiner di linge de corps ou de lit pour déterminer si les taches qui s'y trou vent sont des taches de sperme. Jamais celte question ne m'a él posée pour le linge d'un cadavre, et la littérature médicale n'ofEn que quelques cas de cette dernière partie de la question. J'ai eu i expertiser deux cas de viol suivi de meurtre, mais dans aucun d'eiu il n'a été nécessaire d'explorer le linge. Cependant il est possible qui cette question se présente.
(I ) Ces deux ob8« se présentèrent avant la découverte des cristaux d'hématine. {2) Voir Lassaigne» toc. cU. p. 125. Robin et Tardieu, Annales d'hyg. 1857, p. 374.