‹ Traité pratique de médecine légale v. 2Chapitre 77 sur 166 · BLESSURES PRODUISANT LA MORT PAR CAUSE MÉGANIQUE · texte numérisé non relu

BLESSURES PRODUISANT LA MORT PAR CAUSE MÉGANIQUE

Mesiure, avait vécu encore dix- sept jours. Extérieurement il n'y avait i|Be des

JMoDi peu importantes. A Tangle supérieur et postérieur de l'os pariétal gauehe, il

j aviit une blessure quadrilatère à bords inégaux qui traversait l'os, et par laqiMlle

ie cerveau foisait hernie. A la couche interne de l'os pariétal, il y avait une fracture

m étoile dont quelques fragments pénétraient dans la dure-mère, entourés à$ pus

'tenant d'un abcès qui avait envahi les deux tiers de rhémisphère gauche du cer-

Ce cas n'appartient pas aux blessures par instruments contondants, car l'aile de n'a touché que légèrement l'enfant, et celui-ci est mort par la suppuration »Bisécutive à la blessure. Si nous le rapportons ici, c'est à cause de l'instruit asseï rare qui a fait la blessure.

Ots. 102. — Blesntres de létemorteUespar une chute dans un escalier,

Cn officier supérieur en retraite, âgé de cinquante-trois ans, s'étant grisé, fit les plaisirs de Vénus à ceux de Bacchus. En sortant des bras de la prè- ), il tomba dans l'escalier, se blessa gravement, et au bout d'une heure ce m*éliit plus qu'un cadavre !

A l'autoptie, nous trouvâmes une fissure du crftue traversant tout le pariétal favebe, qui avait produit une hémorrhagie du cerveau comme dans Tobs. 8S. Tout le cerveau et le cervelet étaient enduits d'une couche de sang foncé moitié eoagidé. As mjlieii du pont de Varole se trouvait une extravasation grande comme un noyau de cerise. Dans le cœur il y avait une quantité ordinaire de sang. L'estomac était Tmpli de chyme coloré de vin rouge. La vessie était remplie d'urine claire.

Obs. 103. — Rupture de la rate par une chute dans un escalier»

l'n garçon de six ans fut poussé par un de ses camarades avec toute sa force dans on escalier de quelques marches : il mourut cinq heures après. La cause de la mort avait été une rupture longitudinale de la rate, qui avait partagé l'organe tn deux parties. Et il n'y avait pas de trace de lésion extérieure.

Obs. 104. — Blessures de tête mortelles provenant d*une chute.

U est assex rare de voir après une chute d'une petite hauteur, des fissures de la ^ da crâne. C'est ce que nous observâmes cependant sur une femme de cinquDle-deux ans qui était tombée en montant jusqu'à une armoire et qui était morte ^W|isix heures après.

Extérieurement il n'y avait rien à la tète. On trouva intérieurement à l'os temponi droit, une fissure triangulaire dont l'un des côtés traversait la base du crâne. Aa-deisas de la dure-mère, une coagulation de sang foncé couvrait tout l'hémiiN^ gauche. La pie- mère était exsangue, mais dans la substance des deux hé- Mphères, il y avait une extravasation de sang foncé. Dans le quatrième ventricule ^ 9 avait également une petite extravasation.

19ft PARTIE THAIfATOLOGlQUE.

Obi. 105. — Bl$ssures de tête mortelles produites par une chute.

iilit ce oat, la hauteur était encore moindre. La gravité des blesaureB s'eiplifie parla minceur des oa (3 millimètres). Un homme lige de soixante et doute ans étail tomM de toute sa hauteur dans le vestibule d*uno maison, resta sans connaisiancf paralysé de tout le cAté ^uehe et mourut deux jours après.

Extérieurement il n'y avait qu'une ecclvymose légère de l'angle extérieur deflrf droit. A l'intérieur, la partie écailleuse de l'os temporal droit était détachée. !>*• pariétal droit était séparé par cmq fissures ; sur l'hémisphère droit, au-dessus éil dura* mère, il y avait une extravasation de sang coagulé, pesant 90 grammes, qi avait comprimé le cerveau. Une extravasation plus petite se trouvait i b hase # crâne du cdté gauche.-

Obs. 106. — Fracture du crdne et des vertèbres^ rupture de la moelle épinièrêf

par une chute.

Un maçon Agé du trente-six ans Umba du quatrième étage et mourut jours après.

n y avait une fissure de 4 centimètres au crâne, qui s'étendait ^ la pmi arMIale du flroiitil droit Jusque dans la lame criblée de l'os ethmoldal, de plut, 1 éitttumeiit complet de la neuvième vertèbre dorsale.

Bu tat ettdrait, la dure- mère de la moelle épinière était déchirée et la imel épfliièru rompue. Mous le répétons, ee blessé vécut encore deux jours.

Obs. 107. — Assassinai; plaies deléte.

Martrendorf, jeune homme de dix-huit ans, alla chez un cordonnier qu'il coi uaiaaait, avec l'intentian, comme il l'avoua plus tard, de lui prendre à tout pri uue paire de bottes. Le cordonnier travaillait assis sur une chaise, tout eu pailHi la jeune homme passa derrière lui, prit un marteau et frappa a vee- force et à pli sieurs reprises sur la tète du cordonnier, qui toinlM et mourut bientOl uprè L'assassin raconta ce que j'ai entendu dire souvent par les criminels, qu'aprèsavo frapiié le premier coup, voyant sa victime sans mouvement devant lui, il s'éts senti saisi d'une fureur étrange et avait frappé avec un acharnement irrésistibl (Il y a donc pour ainsi dire une volupté diabolique dans le crime I )

Nous trouvâmes en effet à l'autopsie, 24 blessures de tète qui étaient preafi taules à la figure. L'oreille gauche était presque arrachée et pendait, les plaies avuiai des bords dentelés, moitié nets, moitié contus, d'où l'un pouvait déjà conclut e qut N blessures avaient été faites par deux instruments, l'un tranchant, l'autre c«mtOfidan ou par un seul instrument présentant ces deux états sur des faces diflTérentai L'accusé avoua, en effet, s'être servi des deux côtés du marteau. Il serait fatiguai et superflu d'énumérer toutes les blessures qui ont été consignées au procès- vei bai il suAru de citer les principales, il y avait fracture verticale de la partie écaillaui du temporal gauche, et fracture semi-lutiaire du temporal droit, il y avait aiai une fissure béante de la base du crâne traversant tout l'os sphénoïde. Les veinead

DÉTERMINER S'iL Y A FAUTE D'UN TIERS. 196

la pie-mére, turtont à gauche, étaient gorgées de sang. Une extravtsation de sang com§}iiè correspondant à la fraeture de l'os temporal gauche, dans la grandeur do 50 ceDlimëlres, pénétrait dans le cerveau.

Obs. 108. — Ecrasement du crâne par un coup de hache.

. Uo bomme de soixante ans, aliéné, avait l'idée fixe de vouloir se faire guillotiner.

I^^ur arriver à son but, il se décida à tuer un garçon de douze ans qu'il chérissait.

li 1* invita un jour à venir Taider à couper du bois dans sa cave. Il avait eu le sois

^léposcr des dominos sur le sol de la cave, afin que le garçon en les aperceira^

baissât et que lui, pût profiter de ce moment pour le tuer facilement avec sa

hmebe. C'est ce qui arriva : en entrant dans la cave, 1 enfant se baissa pour ramas-

*«i^ les dominos et G..., paralysé du côté droit, le frappa de la main gaueha

*^wt la hache, loi écrasa le crâne et alla de tvite au bureau de police raeouter ca

^la'il Tenait de faire en priant qu'on le guillotinât bien vile ! Le malhauraux enlaai

lut transporté sanglant à riidpital et y arriva mort.

^oùs trouvâmes, à l'autopsie, la partie supérieure du erâne écrasée. Huit frag- ■>«ata d'of de toutes grandeurs provenant de l'os pariétal gauche, étaient enlbneét ^^n% la dure-mère, un d'eux avait même percé cette meaabrane. L'oa frontal avait *'^ fusures diagonales. La surface du cerveau était parsemée d'extravasaiiont de ^ng coagulé. Les sinuosités da cerveau étaient remplies de sang. Les extravesa- ^^s te continuaient dans la subataoce de rhémisplière gauche. A la base du crâne ^ J avait deux fissures. L'une à l'iile gauche de l'os sphénoïde, l'autre à la baw ^^ l*os occipital. Le malbaureux aliéné fut mis dans une maison de fous.

S 4. — Déterminer s'il y a faute d'un tiers.

Très souvent il s'agit de détermiiifr si le décédé est mort par sa

^^tile (suicide) ou par la faute d'un tiers (homicide). Dans ces cas

t« jugement doit se fonder sur toutes les circonstances du fait, sur

^es combinaisons du i>on sens et enfin sur les résultats de Tautopsie.

Ce que j^enteads par circonstances du fait, ce sont les révélations

verbales ou écrites du décédé qui prouvent son intention de se donner

b iBorty «a bien c'est une circonstance qui prouve que personne n'a

pu pénétrer dans la chambre où a été trouvé le cadavre. Il peut

(lifter des probabilités qui font penser à priori au suicide, lorsque,

pir exemple, le décédé menait une de ces existences qui conduisent

su désespoir, néanmoins il faut que l'autopsie offre des résultats

s'sccordant avec ces probabilités, qui à elles seules ne pourraient

P^ fixer le jugement du médecin.

190 PARTIR THANAT0L06JQUE.

L'autopsie, la posilion dans laquelle on a trouvé le cadavre, Texi men des vêtements, des instruments trouvés , en un mot le cadan avec tout ce qui Tentoure constitueront toujours les éléments les pli importants pour le jugement médico-légal.

Quant à la question : Des hommes morts par suite de blessmn tuant mécaniquement doivent- ils la mort à un suicide, aune impn dence ou à une main étrangère? on ne peut pas y répondre par in seule thèse générale. On peut dire seulement que des blessures pi instruments contondants^amenant la mort doivent être regardée presque avec certitude comme ayant été faites par la main d'un U«n Car combien de fois a-t-on trouvé des suicidés ayant eu recours i « procédé? Pour moi, je n'en connais pas d'exemple. Dans les cas s les blessures n'ont pas été faites par des instruments contondiii on doit, pour se décider, peser avec encore plus de précaution UMU les circonstances particulières du cas.

Si, par exemple, l'endroit où on a trouvé quelqu'un écrasé par ■ chemin de fer n'est accessible qu'à la condition d'escalader une haut barrière, il y aura toute probabilité qu'il y. a eu suicide. Il peut éli plus difficile de juger le cas quand il s'agit d'une chute d'une certain hauteur, par exemple d'un escalier ; dans les affaires de ce genr il arrive souvent que l'accusé prétend que le décédé s'est laissé tombe lui-même. Lorsque le cas n'est pas hors de doute, il est préférable d déclarer franchement son incompétence ou de restreindre son juge ment derrière les probabilités soutenables. Nous avons déjà aïonlr ù l'observation ô8 que souvent l'accusé allègue pour sa défense le raisons les plus probantes qui semblent prouver que le décédé i trouvé la mort par sa faute; ce cas montre que quelquefois l'autopsii peut dévoiler les mensonges et livrer l'accusé ù la justice. Nous aurom du reste à reprendre cette question de la faute d'un tiers pour chaqw genre de mort violente.

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