BLESSUHES MORTELLES PRODUITES PAR ARMES A FEU
reiia de loin, thèse qui pourrait devenir de la plus haute importance
dans les cas criminels. Car, dans des cas indubitables de suicide par
arme à feu, je n*ai trouvé ni le noircissement ni les marques de
brûlures. Dernièrement un fabricant d'instruments se suicida, et on
trouva dans sa poche une lettre dans laquelle il disait que la cause
de son suicide était un amour malheureux Le cadavre fut trouvé
dans le parc, mais il n*y avait pas d'arme à côté de lui, le projectile
pointu quUI avait préparé lui-même, avait traversé le cœur. La plaie
a^ait une fomie presque régulièrement triangulaire, dont chaque
^^lé avait de 2 centimètres et demi à 3 centimèlrt^s. Les bords
étaient nets, lisses, non ecchymoses et ressemblaient plus à une
coopure qu'à une plaie par arme à feu ; ni aux bords, ni au cou, ni
^ b figure il y avait un seul grain de poudre brûlée.
Si le projectile frappe un endroit couvert de vêtements, Tou-
^6rture faite aux vêtements est plus petite que celle du corps à
cause de l'élasticité des étoffes, il peut ne pas les traverser et
^ pousser dans le corps, de sorte qu'il su£Qt de tirer les véte<-
'Dents pour faire sortir la balle. Ces derniers cas sont très rares,
^ais il arrive souvent que de simples lambeaux d'étoffes entrent
dans la plaie.
Le canal de la plaie ne peut être examiné ordinairement que lors-
40*il traverse des parties assez dures, par exemple les muscles des
■nembres, du dos et des fesses. Mais il n'en est pas de même pour les
parties molles. Parmi elles, l'organe qui laisse le plus facilement
^ivre les traces du projectile, c'est le cerveau ; quand on le coupe
*^ec précaution par couches, on reconnait le canal par un sillon de
Inmillie sanguinolente qui traverse la masse saine. Dans le cœur aussi
<^peot quelquefois retrouver la direction du canal; cependant, ordi-
ittirement, le cœur est tout à fait déchiré par les armes à feu, ainsi
<|Qe les poumons, le foie et la rate. La direction du canal dans les
intestins est également difficile a reconnaître, parce que, pour s'o-
neoter , il est nécessaire de déranger les intestins, et par conséquent
i^ direction du canal. Dans tous ces cas, c'est seulement la direction
^l'entrée et de la sortie s'il y en a une, qui peut servir à baser un
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jugement. Dans certains cas, et c*est assez fréquent, la balle se { elle-même des directions différentes, glisse sur les surbces Us» fait des ricochets sur les os durs, etc., et sort par un endroit auqi on est loin de s'attendi'e. Ainsi s^expliquent les cas qui frisent miracle, où la vie reste saine et sauve, par exemple après des coi par armes à feu dans le cou, qui ne percent pas la carotide, mais d les projectiles font le tour de la région.
La théorie de Bégin est très hasardée, il dit que l'on peut rac naître encore par Tétat des cicatrices Touverture d'enlirte et Vow ture de sortie. La cicatrice de la plaie d^entrée, dit-il, est ronde, c eaye, profonde, la peau est uniformément plissée de la périphérii centre, %a même temps blanche et dure, tandis que la cicatrice di plaie de sortie est plus petite, irrégulière, proéminente, fornaa fente. Il est évident que trop de circonstances peuvent modifie forme des cicatrices pour que l'on puisse accepter une telle règle; reste, en médecine légale, ce point n'a pas de valeur : car si blessé a vécu assez longtemps pour que la cicatrisation se formi saura dire lui-même aux juges dans quelle direction le coup yenu.
$ 2. -> Xzpéri«no«f ikites ftur le o«davr«.
Mes expériences sur le cadavre ont prouvé la différence de réi tance des organes morts et des organes vivants (page 183 et sui' J'ai trouvé pour les blessures par armes à feu les mêmes résoi que pour les blessures par instruments contondants.
Des balles d'un demi-pouce de diamètre tirées avec un pist( ordinaire contre l'apophyse zygomatique à une distance de quatr> cinq pieds, ne sont pas entrées, ont contondu des parties et sont re nues par ricochets. De même pour les grains de plomb tirés coi des c^tes.
A une distance de trois pieds je tirai avec un pistolet ordinaire l'arrière-tête gauche d'un cadavre d'homme adulte, la balle enl mais resta dans l'ouverture d'entrée qu'elle plomba comme une d
BLESSURES PAR ARMES A FEU. -r- EXPÉRIENCES SUR LE CADAVRE. 208
creuse. Il n'y avait pas la moindre fracture des os crâniens. Combien ies os d*un ^i?ant ne seraient-ils pas moins résistants !
Une balle pointue tirée à une distance de trois pieds contre le ventre d*un adultç couvert de quatre couches de linge, entra dans le corps et s'arrêta dans les muscles du dos, la balle n'avait pas entraîné avec elle des lambeaux de linge.
Une balle pointue provenant d'un fusil tiré à la distance de six pas
eontre le côté gauche de la tête d'un noyé de vingt-quatre ans, entra
dans les parties molles, fractura la voûte du crâne sans déchirer les
parties environnantes, et sorlitdu côté droit, le canal put être reconnu
très facilement dans le cerveau, dont la substance n'était détruite
€f^aux endroits où la balle avait passé, mais bien entendu sans épan-
ctiement de sang. Les plaies de la peau et des os avaient la forme
c^aractéristique des coups par balles pointues sans déchirures et
sans coloration des bords.
De la même distance on tira avec une balle ronde sur un autre noyé, entre la troisième et la quatrième côte, avec un fusil, la balle traversa le corps et en sortit. La plaie d'entrée était comme faite avec un emporte-pièce, on pouvait très bien suivre le canal, ce <|ui n'aurait pas été possible sur le vivant. La balle avait percé à iK^rds nets le lobe supérieur du poumon gauche, l'aorte, le corps de la cinquième vertèbre dorsale, le lobe supérieur du poumon droit H élait sortie en formant une ouverture à bords moins nets.
Tous les cadavres sur lesquels on tira des coups de fusil dans le
cerveau, présentèrent dans cet organe un canal très reconnaissable,
parce qu'il n'y avait aucun épanchement qui gênât l'observation ; il
i^'estpas besoin de dire que les bords des plaies ont toujours gardé
^'aspect cadavérique. Par cette raison, on ne peut confondre les
coups tirés pendant la vie avec ceux qui sont tirés après la mort.
Om. 109. — Plaie par arme à feu dans le poumon et la moelle épinière.
Cq braeonnier toi tné par un conp de fusil ; la balle avait suivi une marche aiiea *^Qlière : entrée dans la main gauche, elle était sortie du bras par la région du radhu; ^ était arrivée dans VaisseUe gauche, avait fracturé la première et deuxième c6te,
20i PARTIE THANATOLOGlQUe.
avait pénétré au-dessous de la clavicule dans le thorax du côté gauche, le vaisseaux, et avait déchiré la pointe du^ poumon gauche; là elle était pi dans le corps de la troisième vertèbre dorsale, avait déchiré la moelle épi était restée dans les téguments du dos où on l'a trouvée.
Obs. 110. — Plaie du foie par arme à feu.
Le cas suivant a un intérêt plus psychologique que médico-légal.
Le maçon Klebe vivait avec une concubine ; il soupçonna que son fils i vingt et un ans, voulait séduire sa maîtresse ; voulant se venger, et poitn jalousie, il se décida à le tuer. La scène du crime fut des plus extraord Le ftls dormait dans le même lit que son frère cadet, un petit garçon ; il I dans ses bras. Le père s'approcha la nuit de ses enfants, tenant d'une m lietite lampe, de l'autre un pistolet chargé ; il se baissa au milieu du lit aii pas blesser le plus jeune , mit le pistolet contre le ventre de son flla 4 partir l'arme, et le tua sur le coup !
Nous trouvâmes à l'autopsie tout le foie et la vésicule du Ael réduits en I il n'y avait que le lobe de Spiegel conservé. 1 kilogramme de sang liquide était épanché dans la cavité abdominale. La balle avait encore traversé interne de la rate, et était entrée dans la huitième vertèbre dorsale. Ce pèr turé fut condamné à mort et exécuté.
Obs. 111. — Coup de feu dans Cépiploon et l'intestin grêle.
Pendant les exercices de la garde nationale, une femme de cinquante ans par accident. Elle se trouvait à vingt pas, la balle d'un fusil entra dam gion hypogastrique droite et sortit au bord droit du sacrum. La blessée vécu! deux jours.
La plaie d'entrée avait des bords renversés en dehors par suite de la putri commençante, inégaux, ecchymoses, de la largeur de 6 millimètres; ces b contenaient pas de marques de poudre brûlée à cause de réloignement. U de la plaie dorsale étaient également renversés en dehors, mais pas ecchymi balle avait traversé l'épiploon et avait déchiré une partie de l'iléon. Dansl abdominale il y avait des fèces et 250 grammes de sang coagulé. Tout le était anémique.
Obs. 112. — Plaie de léte mortelle par arme à feu.
Pendant la révolution de 1848 à Berlin, la garde nationale avait tué deux ii Un d'eux avait reçu trois blessures par armes à feu dans la tète, l'une à l'an droit du frontal, avait fait une plaie déchirée, presque triangulaire, de giieur de 2 centimètres, l'autre, à 1 centimètre à droite de la première, s une plaie de la grandeur d'une pièce de 50 centimes à bords déchirés ; la tn à la tubérosité de l'os pariétal droit, avait i centimètre de diamètre.